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la planète sauvage

ciné môme
France, Tchéquie - 1973 - 1h12
Prix spécial du jury Cannes 1973 Prix Saint-Michel Bruxelles 1974
accessible aux enfants à partir de 5 ans
film d'animation - film francophone
de

René Laloux

scénario : René Laloux, Roland Topor
d'après l'oeuvre de : Stefan Wul
direction de la photographie : Lubomir Rejthar, Boris Baromykin
musique ou chansons : Alain Goraguer
voix : Jennifer Drake (Tiwa), Eric Baugin (Terr), Jean Topart (maître Sinh), Jean Valmont (Terr adulte - le commentateur)
séances : semaine du mercredi 11 avril 2012
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
14:30*
séance spéciale :
* dimanche 15 à 14:30 présenté par Gilles Ciment dans le cadre de "Positif fête ses 60 ans" en partenariat avec la Charente libre et... Positif source Tamasa distribution tarif unique 3,5 €
séances : semaine du mercredi 18 avril 2012
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
14:30
14:45
14:45
14:30
14:30

synopsis

Sur la planète Ygam, vivent des androïdes génats appelés les Draags. Ils élèvent de minuscules êtres humains qu'ils surnomment Oms. Mais un jour, l'Om de la jeune Tiwa se révèle plus intelligent et va déclencher une révolte...

notes de production

Les images du film (1 073 plans) sont créées à partir des dessins de Roland Topor dans les studios d’animation Jiří Trnka de Krátký Film à Prague. L’animation emploie la technique du papier découpé. Le tournage a mobilisé 25 personnes durant trois ans et demi.

Avant tout, c’est une épopée, un western surréaliste.
René Laloux

La Planète sauvage est un film important par sa démarche même : cest le premier long métrage d’animation réellement adulte et explrant d’autres voies que celles du gag ou de la caricature. Certes on peut objecter que le Sous-marin jaune, Fritz the cat et même avant La Bergère et le ramoneur ne s’adressaient pas aux enfants (1). Mais restaient dans le champs restreint que la tradition a assigné au cinéma d’animation : celui du gag ou du rêve, de la détente et de la caricature, de la joliesse aussi. Où les auteurs de La Planète sauvage innovent c’est en soumettant tout leur film au propos du scénario, propose de science-fiction qui n’a plus aucun rapport avec les gags fulgurants de Chuck Jones (2) où les évolutions bouclées de Blanche-neige. Ici, l’animation est considérée come totalement majeure (plus riche dit René Laloux que la prise de vue réelle) et le film n’est pas traité, au niveau de l’esprit, même si les moyens sont différents, autrement que les long métrages traditionnels...
François Chevassu in La Saison cinématographique 73
(1) Yellow submarine, film d’animation de George Dunning (1968) d’après une chanson des Beatles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yellow_Submarine_%28film%29
Fritz le chat, film d’animation de Ralph Bakshi d’après Robert Crumb, qui eut la particularité d’être interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_le_chat_%28film%29
La Bergère et le ramoneur (1953), première adaptation animée par Paul Grimault du conte d’Andersen (1845) avant Le Roi et l’oiseau (1980).
(2) Chuck Jones, qui a su, en son temps, créer des personnages mythiques parmi lesquels Bugs Bunny, Daffy Duck, Elmer Fudd, Bip Bip et Vil Coyote...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chuck_Jones

... On a tout dit sur la beauté des dessins de Topor : ce qu’on n’a peut-être pas assez souligné, c’est la rigueur de son scénario, très supérieur au roman de Stéfan Wul dont il est tiré. Vu sous l’angle psychanalytique, le film est une série de variations sur les rapports du petit enfant et de ses parents et surtout sur l’abîme que crée entre eux la différence de taille. Le malentendu commence à la naissance : nous voyons sortir de l’œuf une sorte de lézard qui se précipite sur le premier animal du voisinage pour se faire dorloter ; or l’animal n’est pas sa mère, il n’appartient pas à son espèce et il l’avale. Tout se résume en cela : parents et enfants n’appartiennent pas à la même espèce, il n’y a pas de communication possible entre eux. Au mieux, l’enfant est pour ses parents, comme les Oms pour les Draags, un petit animal domestique qu’on dorlotte et que parfois on torture ; devant ces géants tout-puissants, sa seule ambition est de prendre sa revanche un jour, de détenir à son tour le pouvoir de vie et de mort - et d’en user. Les géants ne sont d’ailleurs pas vraiment des adultes ; ce sont des enfants dans des grands corps, et les Draags eux-mêmes, pour faire l’amour, passent par l’intermédiaire de statues géantes où ils s’installent à la place de la tête comme des appendices minuscules. C’est dans cet équipage que les Oms les attaquent, faisant voler les statues en éclats et saccageant les géniteurs en plein coït : scène étonnament révélatrice du contenu névrotique du film...
Jacques Goimard in Positif n° 156 (février 1974)

En 1973, La Planète sauvage fait l’effet d’une bombe dans le monde du cinéma. Présenté au vingt-sixième festival de Cannes, il obtient le prix spécial du jury et reçoit, à sa sortie en salles, un excellent accueil de la critique comme du public. Un accueil qui ne se limite pas à la France puisqu’il est couronné, dans la foulée, lors du festival de science-fiction de Trieste (prix du jury international), au festival d’Atlanta (grand prix du film d’animation avec médaille d’or) et au festival de Téhéran.
Ce succès ne sera jamais démenti. Pour la première fois, en effet, un réalisateur français offrait aux spectateurs une œuvre à la fois intelligente et distrayante. Un dessin animé ne souffrant pas du fameux complexe disneyen, c’est-à-dire sachant imposer son propre style visuel et s’adresser à un public d’adultes comme d’enfants. La Planète sauvage a donc créé un précédent dans le sens où le film a su faire abstraction du handicap fondamental de l’animation : le rapprochement automatique dessin animé-enfants...
Le scénario de René Laloux et de Roland Topor est d’une rigueur exemplaire... Fable philosophique et politique, La Planète sauvage prône le pacifisme (via a révolte) et la tolérance, en contournant intelligemment les clichés en évitant toute démagogie.
Sur la forme, le charme poétique du film réside essentiellement dans le contraste opposant, d’un côté, la naïveté cruelle qui se dégage du dessin expressionniste de Topor et, de l’autre, la mise en scène lyrique de Laloux...
La Planète sauvage reste tout simplement l’un des plus grands films de science-fiction jamais réalisés.
Fabrice Blin in Les Mondes fantastiques de René Laloux

Entretien avec René Laloux
La plupart des réalisateurs de films d’animation mettent en scène leur propre graphisme. Vous apportez pour votre part l’animation aux dessins des autres. Comment se passe ce type de collaboration ?
J’agis d’abord comme un explorateur d’univers graphique, puis comme un coauteur - pour être certain de ce que je retrouverai au montage - enfin comme un chef d’orchestre qui cherche à transmettre à tous les musiciens (pour nous l’équipe de fabrication) sa conception de l’œuvre à jouer dans l’esprit, le style et le rythme souhaités. Avec Topor, la collaboration se situe surtout au niveau de la conception...
Gilles Ciment in Positif n°412 (juin 1995)

René Laloux
Né à Paris le 13 Juillet 1929, il exerce divers métiers tout en s’adonnant à la peinture. En 1955, il est moniteur à la clinique psychiatrique de Cour Cheverny. Un de ses spectacles de théâtre de marionnettes et d’ombres chinoises qu’il monte avec les malades se transforme en film 16mm acheté par Frédéric Rossif. Suit Les Dents du singe, film animé en papier découpé. En 1964, René Laloux réalise Les Temps morts avec Topor. Puis toujours avec Topor, il anime et réalise Les Escargots. Avec les producteurs Valio et Damiani, René Laloux réalise La Planète sauvage qui sort en 1973. Le film remporte le prix spécial du jury à Cannes. En 1977, avec Michel Gillet, René Laloux monte un studio à Angers pour mettre en chantier un long métrage inspiré de dessins de Caza : Les Hommes machines, d’après un roman d’Andrevon. Mais faute d’argent, ce projet ne dépassera pas les 10 minutes. En 1977, René Laloux décide de réaliser Les Maîtres du temps d’après un roman de Stefan Wul (L’Orphelin de Perdide). En 1996, à la faveur du premier siècle du cinéma, il publie Ces dessins qui bougent, une somme sur cent ans de cinéma d’animation. Dans cet ouvrage subjectif, entre manifeste et auto-portrait où il distingue les conteurs et les peintres, il n’hésite pas à porter quelques jugements parfois à contre-courant, avec son franc-parler coutumier. Sa plume le conduira par la suite vers le pamphlet : Au secours !... Je suis né paraît à compte d’auteur en 2000, suivi l’année suivante de Et alors ! Le futur c’est pour quand ? second volume de pensées, aphorismes et maximes qui suivent un chemin escarpé où le moraliste s’égare parfois dangereusement. Renouant avec la pédagogie en dirigeant un temps le Département d’imagerie numérique du Cnbdi d’Angoulême (3), Laloux s’était définitivement installé sur les remparts de la cité charentaise. C’est dans son appartement-atelier, entouré de ses toiles récentes, que je lui rendis une dernière visite amicale, une semaine avant sa mort, survenue le 14 mars 2004. Nous avions notamment parlé de Un Monde tout neuf, son nouveau projet de long métrage d’animation... Il meurt le 14 Mars 2004.
Gilles Ciment (Source : Crac)
(3) http://lin.citebd.org/

Un immense auteur et poète à qui l’on n’a laissé que peu d’occasions d’exprimer son talent, comme trop souvent dans l’histoire du cinéma d’animation…
http://www.fousdanim.org/dossiers/encyclopedie/bios/Rene_Laloux.php

Roland Topor
Touche-à-tout de génie, Prévert à l’humour noir selon l’expression de René Laloux, Roland Topor (1938-1997) est né à Paris de parents émigrés polonais. Il s’inscrit aux Beaux-Arts et publie pour la première fois des dessins et des contes dans les revues Bizarre, Arts, le Rire, Fiction. De 1961 à 1965, il collabore à Hara-kiri dont il partage le goût pour l’humour décapant et cynique et fonde Panique avec Arrabal, Jodorowsky, Sternberg et d’autres. L’univers de Roland Topor est marqué par le surréalisme, la science-fiction et les romans noirs. Peintre, Topor participe à de nombreuses expositions en France et en Europe dont celle de Panique en 1972 au Grand Palais. Une grande rétrospective Topor, la mort et le diable lui sera consacrée au Münchener Stadtmuseum en 1985. Il touche également au théâtre, notamment en compagnie de Jérôme Savary, tantôt pour le scénario et la mise en scène, tantôt pour les décors et les costumes. On le retrouve aussi à la télévision avec deux émissions décalées, Merci Bernard pour les adultes en 1982 (avec Jean-Michel Ribes) et Téléchat pour les enfants en 1983, (avec Henri Xhonneux). Tout au long de sa vie, Topor publie bon nombre de livres et de recueils de nouvelles, souvent restés confidentiels, tel Le Locataire chimérique (4).
Roland Topor découvre en 1960 Les Dents du singe que René Laloux a réalisé avec les malades de la clinique psychiatrique de La Borde. Il fait la connaissance du réalisateur. Une complicité s’instaure qui durera dix ans. Après Les Temps morts (1964) et le succès international des Escargots (1965), les producteurs André Vaglio-Cavaglione et Simon Damiani, invitent les deux hommes à réfléchir à un long-métrage. Laloux et Topor forment tout d’abord le projet d’une adaptation non expurgée du Gargantua de Rabelais. Mais sceptiques sur l’accueil que pourraient en faire leurs producteurs, notamment au vu du budget nécessaire, les deux hommes portent finalement leur choix sur un roman de Stefan Wul, Oms en série, paru en 1957 aux éditions Fleuve Noir, et relevant d’un registre pour lequel ils se passionnent l’un et l’autre : la science-fiction.
(4) Adapté au cinéma Par Roman Polanski (Le Locataire, 1976) avec Roman Polanski et Isabelle Adjani dans les rôles principaux.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Locataire_%28film%29

Stefan Wul
Oms en série, dont est adaptée La Planète sauvage, est le cinquième roman de Stefan Wul. René Laloux et Roland Topor en proposent une version à la fois fidèle et libre. Du récit original, ils conservent l’argument fondamental : sur la Planète Ygam habitée par les Draags, géants bleus aux yeux rouges, les humains, asservis et domestiqués, sont devenus des Oms, des êtres dégénérés au service de leurs nouveaux maîtres ; mais peu à peu, menés par le jeune Terr, ils trouvent les moyens de leur émancipation. Pour ce qui est de la trame narrative, le film s’attache essentiellement à la première période du roman ; la suite - c’est-à-dire l’odyssée des Oms - est jugée plus faible par Laloux et Topor. Des motifs nouveaux, visuels et dramaturgiques, viennent enrichir l’univers de Wul avec lequel ils entrent en osmose, offrant au final l’impression idéale d’une œuvre collective. Stefan Wul n’a pourtant pas directement participé à l’écriture du script : il ne rencontre René Laloux et Roland Topor qu’à une seule occasion, en 1966. La réussite de l’adaptation est à mettre au crédit exclusif du réalisateur, dans sa capacité à accoucher le génie débordant de Topor et à faire consonner deux univers singuliers, l’un littéraire, l’autre graphique, créant ainsi l’espace propre du cinéma.

Oms en série
Roman de science-fiction de l’auteur français Stefan Wul paru en 1957...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Oms_en_s%C3%A9rie

René Laloux
Né le 13 juillet 1929 à Paris, décédé le 14 mars 2004 à Angoulême.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Laloux

Roland Topor
Né à Paris le 7 janvier 1938, décédé le 16 avril 1997.
Avec Fernando Arrabal et Alexandro Jodorowsky, il est l’un des créateurs du mouvement Panique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Topor

Stefan Wul
Né Pierre Pairault le 27 mars 1922 à Paris et décédé le 26 novembre 2003, également connu le nom de Lionel Hudson.
Ces romans sont aujourd’hui considérés comme des classiques dans le monde de la science-fiction...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Wul

Alain Goraguer
Né le 20 août 1931 à Rosny-sous-Bois.
A signé une partie de son œuvre sous le pseudonyme de Milton Lewis...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Goraguer

Jean Topart
Né le 13 avril 1922 à Paris.
Son interprétation la plus célèbre reste celle de l’inquiétant sir William dans Rocambole, feuilleton-phare de Jean-Pierre Decourt...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Topart

extrait(s) de presse

La Planète sauvage - Graphiquement, l'univers de Roland Topor est inimitable et illustre le roman de Stefan Wul à merveille...
Ciné club de Caen - Laloux met en scène une réflexion sur l'intelligence, la société, la politique et, finalement, sur la nature même de l'humanité.
Culturopoing - "La Planète sauvage" est le film d’une époque, mais traverse les âges en gardant tout son intérêt...
Arte - René Laloux était davantage un peintre qu’un grand dessinateur...