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Une Séparation

Jodaeiye Nader az Simin
Iran - 2010 - 2h03
Ours d'Argent de la Meilleure actrice (Sarina Farhadi, Sareh Bayat, Leila Hatami) Ours d'Argent du Meilleur acteur (Shahab Hosseini, Peyman Moadi, Asghar Farhadi) Ours d'Or (Asghar Farhadi) Golden globe 2012 meilleur film en langue étrangère
film - version originale sous-titrée en français
de

Asghar Farhadi

scénario : Asghar Farhadi
direction de la photographie : Mahmood Kalari
musique ou chansons : Sattar Oraki
avec : Leila Hatami (Simin), Peyman Moadi (Nader), Shahab Hosseini (Hodjat), Sareh Bayat (Razieh), Sarina Farhadi (Termeh), Babak Karimi (le juge), Ali-Asghar Shahbazi (le père de Nader), Shirin Yazdanbakhsh (la mère de Simin), Kimia Hosseini (Somayeh), Merila Zarei (madame Ghahrae)
séances : semaine du mercredi 6 juillet 2011
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:30
21:00
18:30
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18:30
21:00
séances : semaine du mercredi 13 juillet 2011
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
21:00
18:30
21:00
18:30
16:30
séances : semaine du mercredi 18 janvier 2012
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
16:30*
19:00
21:00
14:00
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae 3 euros pour tous grâce au Pass Télérama (valable pour 2 personnes) aux séances indiquées ci-dessus.

synopsis

Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable…

notes de production

Asghar Farhadi raconte comme lui est venue l’idée du film : j’étais de passage à Berlin, où je travaillais sur le scénario d’un autre projet. Un soir, dans la cuisine, j’ai entendu une musique iranienne qui venait de la pièce voisine. Tout à coup, j’ai été envahi par des souvenirs et des images d’une tout autre histoire. J’ai essayé de les chasser de mon esprit, et de me concentrer sur le scénario que j’écrivais. Mais il n’y avait rien à faire : les souvenirs et les images s’étaient enracinés en moi. Ils ne me lâchaient pas : même dans la rue et dans les transports en commun, ce début d’intrigue qui venait d’ailleurs me poursuivait. J’ai fini par accepter l’idée que je me sentais de plus en plus proche de cette histoire. Donc, je suis retourné en Iran, et je me suis mis à travailler sur ce scénario, qui allait devenir celui d’Une Séparation.

L’intention d’Asghar Farhadi était de susciter des interrogations. Selon lui, c’est au spectateur de trouver des réponses.

Le tournage s’est essentiellement effectué en décors naturels à l’exception des séquences du bureau du juge et du tribunal, pour lesquelles l’équipe a dû construire de toutes pièces dans deux écoles désaffectées, faute d’avoir été autorisée à tourner en ces lieux.
Contrairement aux apparences, le film n’est pas inspiré de faits réels, comme l’explique le réalisateur : ce qui peut donner cette impression, c’est une certaine dimension documentaire présente dans le film. C’est parce que j’ai mené un important travail de recherche auprès de juges, de tribunaux et que j’ai consulté de nombreux conseillers juridiques pendant la phase d’écriture, que le film est très proche de la réalité actuelle.

Avec Une Séparation, Asghar Farhadi a souhaité faire un film universel. A la fois politique et humain : dans la mesure où mes histoires sont nourries de ces rapports humains, je ne pense pas qu’elles soient spécifiquement iraniennes mais plutôt accessibles au plus grand nombre, par-delà les frontières géographiques, culturelles ou linguistiques. Selon moi, ce qui caractérise également cette histoire, c’est qu’elle n’a pas été conçue de façon unilatérale ou caricaturale. Autrement dit, elle permet aux spectateurs d’entrer dans l’histoire par différents biais, en fonction de leur sensibilité, et d’en tirer leur propre interprétation. Par exemple, en Iran, plusieurs spectateurs ont vu ce film comme un film politique. D’autres spectateurs, au contraire, m’ont dit que c’était un film sur l’éthique des relations humaines. D’autres encore l’ont perçu comme un drame humain. J’en suis ravi car quand j’ai commencé à écrire ce film, je voulais vraiment que chacun puisse avoir un regard et un point de vue personnel sur l’histoire.

Les murs vitrés présents dans le film évoquent la fragilité des personnages mais aussi les différentes strates de la société iranienne et les différentes facettes des personnages.

Les personnages d’Une Séparation ne sont pas manichéens. Une volonté assumée par Asghar Farhadi : dans mon travail, que ce soit au théâtre, au cinéma ou à la télévision, j’ai toujours essayé de ne pas concevoir de personnages totalement négatifs. Cela ne veut pas dire que mes protagonistes ne commettent pas d’actes répréhensibles ou d’erreurs mais j’essaye à chaque fois d’expliquer leurs actes et souvent, le spectateur s’aperçoit que ces personnages ne commettent pas délibérément ces agissements mais qu’ils sont poussés par une force extérieure. Personnellement, je ne crois pas du tout au manichéisme consistant à distinguer héros et anti-héros, gentils et méchants. Je pense qu’aujourd’hui ce genre de conception a un côté totalement désuet et artificiel.

Une Séparation s’intéresse à la classe moyenne iranienne, une catégorie complexe selon le réalisateur : en raison de l’instabilité économique, nous n’avons pas en Iran de distinction de classes bien établies et on peut passer rapidement d’une classe à l’autre. Suite à la guerre contre l’Irak, beaucoup de familles aisées sont devenues plus modestes, après avoir tout perdu. Elles ont néanmoins conservé la culture et les moeurs de leur milieu d’origine. Il y a aussi beaucoup de changements dans le sens inverse, avec des personnes qui se sont rapidement enrichies sans bénéficier, quant à elles, de la culture de leur nouvelle classe sociale. La classification du niveau de vie entre classes pauvres, moyennes et riches, tiennent compte de leurs biens et de leurs revenus mais pas nécessairement du niveau de culture et des moeurs inhérents à leurs milieux respectifs.

A travers deux femmes très différentes, Une Séparation dresse le portrait en creux de la femme iranienne si mal comprise en Occident. Asghar Farhadi témoigne : les spectateurs occidentaux ont souvent une image très déformée de la femme iranienne qu’ils voient comme soumise, confinée aux travaux domestiques et déconnectée de toute activité sociale. Il y a sans doute un certain nombre de femmes iraniennes qui vivent ainsi, mais pour la plupart, elles sont engagées dans la vie sociale, et avec bien plus de volontarisme que les hommes. Les deux catégories de femmes sont présentes dans le film, sans que je porte sur elles un jugement ou que j’en fasse des héroïnes. L’affrontement entre elles n’est pas celui du bien et du mal. Ce sont simplement deux visions contradictoires du bien. Et c’est en cela qu’il s’agit d’une tragédie moderne. Le conflit éclate entre deux entités positives, et j’espère que le spectateur ne souhaitera pas que l’une triomphe au détriment de l’autre.

Les personnages féminins du film donnent l’impression d’être plus téméraires que les hommes. Selon le cinéaste iranien, les femmes luttent davantage pour tenter de retrouver les droits qui leur ont été confisqués. Elles sont à la fois plus résistantes et plus déterminées.

Le rythme très saccadé du film sert à rappeler combien la vie peut être trépidante dans la capitale iranienne. Ce que je voulais surtout, c’était montrer le rythme de la vie à Téhéran, et faire ressentir ainsi la pulsation de cette ville. Je pensais donc que pour traduire ce tempo très rapide, il fallait partir à la fois d’un découpage comportant beaucoup de plans et d’une caméra constamment mobile. Avec ces deux dispositifs réunis, on pouvait traduire le rythme de cette ville, la tension et la nervosité des personnages. Quand j’évoque le rythme, il ne s’agit pas de rapidité dans l’action. Certes, le rythme de la vie iranienne peut paraitre lent, mais ce qui rend la rend véloce chez nous, c’est la succession de petits moments de la vie quotidienne. Et c’est ce qui se passe dans le film. En fait, il y a énormément d’événements qui se succèdent les uns aux autres et qui chamboulent la vie des protagonistes, confie Asghar Farhadi.

Pour choisir les acteurs principaux, Asghar Farhadi a pris son temps : en général, je prends mon temps pour choisir mes comédiens, et ce film n’a pas fait exception à la règle. Mon choix se porte davantage sur les capacités de jeu d’un acteur que sur son apparence physique ou son visage. Par conséquent, je fais faire des essais à tous les candidats potentiels, afin de voir s’ils sont proches du personnage ou pas. Pour ne pas gêner ses acteurs, il a souhaité de pas faire part de ses réflexions d’ensemble sur le film. Selon lui, les comédiens n’ont pas besoin de connaître le sens général du film, en revanche ils doivent s’efforcer de se concentrer sur la personnalité et les motivations de leur personnage. Les répétitions sont pour lui d’une grande importance. Elles permettent aux acteurs d’entrer dans la peau des personnages. A la suite de ces répétitions, presque aucun changement n’a été fait.

Peyman Moadi et Shahab Hosseini étaient déjà présents au générique d’A propos d’Elly. Leila Hatami quant à elle était présente dans Low heights, écrit par Asghar Farhadi

Entretien avec Asghar Farhadi
Votre film réunit trois choses apparemment difficiles à concilier : l’écriture théâtrale, le documentaire et le récit policier…
En effet, on peut penser de prime abord que ces trois aspects ne peuvent pas coexister. Comment peut-on avoir à la fois une approche théâtrale et documentaire ? Ou faire un documentaire et une histoire « à énigme » ? Essayer de mêler les trois peut nuire à la cohérence d’un film. Dans beaucoup de films iraniens « hyperréalistes », on sent que les réalisateurs ont cherché à éviter le côté narratif. Ils ont peut-être raison, parce qu’on peut se dire que dans la vraie vie, il n’y a pas ce genre de suspense...
http://www.evene.fr/cinema/actualite/une-separation-interview-asghar-farhadi-ours-d-or-3308.php

Asghar Farhadi
(en persan : اصغر فرهادی), né en 1972 à Khomein Shahr (près d’Ispahan). Après avoir intégré l’Institut du Jeune Cinéma, il poursuit son parcours à l’université de Téhéran, d’où il sort diplômé en 1998 avec une maîtrise de mise en scène. Le bilan de ces dix ans de formation est déjà imposant : tournage de six courts métrages, scénarios et réalisation de deux séries pour la télévision. En 2001, les portes du cinéma s’entrouvrent grâce à Ebrahim Hatamikia avec lequel il coécrit le scénario de son film, Low heights, chronique du Sud-Ouest de l’Iran qui reçoit un bel accueil critique et public. Il réalise ensuite Danse dans la poussière, Belle ville, La Fête du feu et A propos d’Elly...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Asghar_Farhadi

Leila Hatami
(en persan : لیلا حاتمی), née le 30 septembre 1972 à Téhéran.
Première apparition dans le film Leila (1996) réalisé par Dariush Mehrjui...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Leila_Hatami

extrait(s) de presse

Critikat - Un film d’une grande ampleur...
Le Monde - Asghar Farhadi use des théâtres intimes pour distiller l'idée qu'en Iran le mensonge et la manipulation se pratiquent à tous les niveaux...
Le Parisien - Un film qui palpite d’humanité.
Le Point - Un thriller psychologique...
Ouest France - Des récompenses amplement méritées pour un cinéaste qui avait déjà décroché un Ours d'Argent à la Berlinale avec son précédent long-métrage, "A propos d'Elly"...
Télérama - Le film trouve d'emblée le ton... un peu à la manière des frères Dardenne...
Les Inrocks - Asghar Farhadi confirme son statut de cinéaste qui compte, et qui parvient à bousculer l’idée qu’on se fait de l’Iran tout en élargissant notre image du cinéma iranien.
Libération - C’est là un film nerveux, presque animal, porté par une caméra qui ne tient pas en place mais qui, partout où elle se positionne, trouve le bon angle, la bonne vitesse, la bonne distance...