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bronson

Bronson
Gb - 2009 - 1h32
sorti en France le 15 juillet 2009
prix Sang neuf festival international du film policier Beaune 2009
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Nicolas Winding Refn

scénario : Nicolas Winding Refn, Brock Norman Brock, Kelly Marcel
direction de la photographie : Larry Smith
avec : Tom Hardy (Charles Bronson / Michael Peterson), Matt King (Paul Daniels), James Lance (le prof d'arts plastiques), Kelly Adams (Irène), Amanda Burton (mère de Michael Peterson)
séances : semaine du mercredi 9 septembre 2009
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
21:15
19:30
18:00
14:30
20:25
16:00
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synopsis

1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement...

notes de production

La parole à Nicolas Winding Refn : c’est grâce au producteur Rupert Preston (1), qui a distribué tous mes précédents films, que je me suis intéressé à Bronson. Il m’a donné le scénario, en pensant que j’aurais peut-être envie de le mettre en scène. Mais, honnêtement, j’ai un peu hésité parce que j’avais déjà réalisé plusieurs longs métrages sur des personnages violents, et en particulier des hommes. Après avoir lu le scénario, et en avoir discuté avec Rupert et le producteur exécutif Allan Niblo (2), on s’est dit qu’on pouvait donner au film une ampleur inattendue. Au fur et à mesure de nos discussions, j’ai commencé à trouver ce projet de plus en plus exaltant et, par chance, j’ai réussi à me libérer pour le tournage car à l’époque, je travaillais sur Le Guerrier silencieux, Valhalla rising (3). [...] J’ai décidé de consacrer le film au "personnage" de Charles Bronson, plutôt qu’à Michael Peterson (4), son vrai nom. Personnellement, je ne suis pas en mesure de le juger puisque je n’avais aucune idée préconçue à son sujet, et que je ne savais rien de ses exploits qui ont fait la Une des magazines. A partir de là, le thème du film est devenu le changement d’identité. En outre, contrairement à la plupart des films de prison qui traitent de l’évasion, j’ai trouvé intéressant d’explorer ce monde étrange qu’est l’univers carcéral, en montrant qu’il pousse certains détenus à rester délibérément en prison, ou que ces derniers tentent de se battre contre le système tout en étant soumis à une organisation extrêmement autoritaire.
(1) https://www.imdb.com/name/nm0696486/
(2) https://www.imdb.com/name/nm0629242/
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Guerrier_silencieux
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Bronson_(prisonnier)

Durant la phase de pré-production, Nicolas Winding Refn souhaita rencontrer Michael Peterson (4), alias Charles Bronson. Mais n’étant pas de nationalité britannique, le ministère de l’Intérieur ne lui donna pas l’autorisation. Toutefois, le détenu le plus célèbre de Grande-Bretagne envoya une lettre au cinéaste, lui proposant un entretien téléphonique de 20 min. Nicolas Winding Refn lui demanda alors s’il accepterait d’écrire un morceau de dialogue qu’il pourrait intégrer dans le scénario et utiliser en voix-off.

Avant Tom Hardy, Jason Statham (5) et Guy Pearce (6) avaient été pressentis pour incarner Bronson.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jason_Statham
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film319

L’une des particularités ou marque de fabrique de Nicolas Winding Refn est de tourner ses films dans l’ordre chronologique. Bronson n’échappe pas à la règle.
Lors de la première du film en Grande-Bretagne, un scandale a éclaté. Une personne a diffusé une bande audio, qui s’est révélée être un message enregistré par le vrai Michael Peterson (4), à propos du film qui allait être projeté. Étant sous le coup d’un régime carcéral spécifique, beaucoup se sont demandés comment un tel enregistrement avait pu sortir de prison sans l’accord du ministère de l’Intérieur, qui n’était de plus pas au courant de l’existence de cette bande audio.

Amanda Burton, qui joue dans ce film le rôle de la mère de Michael Peterson (4), est surtout connue pour celui du docteur Samantha Ryan qu’elle interprète dans l’excellente série britannique Affaires non classées (7).
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaires_non_class%C3%A9es

Faux biopic totalement subjectif à propos d’un homme qui s’exprime principalement par les poings, le nouveau film du Danois Nicolas Winding Refn descend directement d’Orange mécanique (8), de Trainspotting (9) ou de la série télé culte Oz (10). Car ce que vient nous raconter le réalisateur d’Inside job (11) et de la fameuse trilogie Pusher (12) est une représentation quasi onirique d’un cogneur, à la fois frappadingue fini mais aussi artiste reconnu depuis désormais de nombreuses années. Ou comment celui qui est connu outre-Manche comme le détenu qui aura coûté le plus cher à la justice britannique amoche la gueule de son prochain dans un état de fureur toujours hypnotique, parfois érotique (Tom Hardy, impressionnant bloc de virilité et de charisme animal), en devenant acteur de son propre spectacle et metteur en scène de sa propre vie grâce à sa communication basée essentiellement sur le bourre-pif. Entre quartiers de haute sécurité et hôpitaux psychiatriques, face à des chiens ou à de simples matons, entre co-détenus et aliénés doux-dingues, ce portrait au vitriol d’un fou qui malgré tout garde toute sa raison, pourrait être défini comme l’image d’un artiste croquée par un autre artiste, une sorte de vision fantasmée d’une icône, comme en témoignent d’ailleurs les nombreuses interventions clownesques devant un parterre de spectateurs anonymes et amorphes. Fougue et jeunesse pour habiller cette œuvre réellement singulière, Bronson se concentre donc plus sur la psychologie et l’état d’esprit de l’homme que sur ses actes purs et durs, là ou il aurait été plus que facile d’en faire un simple film de taulard passant son temps à se castagner. Alors certes ce portrait arty est un peu rapide et aurait probablement mérité un traitement un peu plus poussé vu la personnalité dudit détenu, d’autant que l’enfermement mental et social, cette aliénation de la bête en cage, continue à travailler l’esprit du spectateur bien longtemps après la projection, un peu comme ces œuvres qui tendent à devenir cultes dans l’avenir mais dont on ne perçoit pas la force totale sur l’instant. Mais le film reste l’une de ces bonnes baffes à retardement que peu d’œuvres arrivent encore à obtenir.
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Bronson-2787.html
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Orange_m%C3%A9canique
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Trainspotting_(film)
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Oz_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Inside_Job_(film,_2003)
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pusher_(film,_1996)

(...) Michael Bronson Peterson (4) est un comédien né, dont il est parfois difficile de savoir si la folie est réelle ou simulée. En témoigne dans le film la représentation de son séjour dans une unité psychiatrique. Stylisation visuelle et déformation sonore sont évidemment à leur paroxysme dans cette partie du film, où le spectateur s’enlise au côté d’un personnage déstructuré, qui ne songe qu’à retrouver une cellule ordinaire. Pas une fois, le film ne montre un quelconque désir d’évasion ou le développement d’une idéologie particulière chez Bronson. Ses mouvements de rébellion apparaissent comme des caprices, telle cette prise d’otage pendant laquelle sa seule revendication consiste à demander de pouvoir écouter de la musique. Si Michael Peterson n’a pas choisi sa première réclusion, en devenant Bronson le prisonnier le plus dangereux de Grande-Bretagne, il provoque les prolongations successives de ses peines (initialement requises pour des délits mineurs) pour rester sur le devant de la scène médiatique. Cette mécanique est soulignée dans des passages théâtraux, où un Bronson vêtu d’un costume et maquillé avec extravagance, tel un personnage de Gotham city (13), se donne en spectacle devant une salle tétanisée par la folie autoritaire de ce surprenant show-man. Ce dispositif scénique permet plus ou moins de structurer le film en chapitres, en soulignant (s’il en était encore besoin) le caractère mégalomane et démesuré d’un individu plus intelligent qu’il ne veut bien le faire croire. Le sous-texte de ce film-portrait consisterait donc à dénoncer cette soif compulsive de gloire et de reconnaissance, qui alimente tant de programmes de télé-réalité basés sur l’enfermement et l’isolement des candidats. Mais il n’est pas sûr que le réalisateur souhaite provoquer une quelconque réflexion chez le spectateur. Les intertitres finaux proposent en effet de consulter le site marchand vendant les œuvres picturales de Bronson et invitent le spectateur à écrire au détenu et à partager la fascination Nicolas Winding Refn pour un homme devenu une étrange bête de foire…
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/bronson/
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gotham_City

Entretien avec Nicolas Winding Refn
Est-ce que le vrai Charlie Bronson a vu le film ?
Non. Il n’a pas le droit. Quand nous avons fait le film, il vivait toujours en isolement complet. Et il n’a pas le droit de regarder la télévision ou quoi que ce soit dans ce genre. On m’a raconté qu’il avait écouté le film au téléphone et qu’il l’avait bien aimé. Mais je ne sais pas si c’est vrai. Charlie Bronson devait être transféré dans une prison avec moins de contraintes au moment de la sortie du film. Mais au final il est dans une prison différente, mais avec aucun privilège, il ne peut voir personne, il ne peut avoir de contacts avec personne. Il est complètement enfermé, loin du monde...
https://www.ecranlarge.com/films/interview/901399-interview-nicolas-winding-refn-bronson

Nicolas Winding Refn
voir fiche du film The Neon demon
http://www.citebd.org/spip.php?film1718

Brock Norman Brock
https://www.imdb.com/name/nm0635431/

Kelly Marcel
https://www.imdb.com/name/nm0545150/

Larry Smith
voir fiche du film Calvary
http://www.citebd.org/spip.php?film1501

Tom Hardy
voir fiche du film Mad Max : fury road
http://www.citebd.org/spip.php?film1580

Matt King
https://fr.wikipedia.org/wiki/Matt_King

James Lance
https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Lance
voir aussi fiche du film A Very englishman
http://www.citebd.org/spip.php?film1065

Kelly Adams
https://www.imdb.com/name/nm1433549/

Amanda Burton
https://www.imdb.com/name/nm0123511/

extrait(s) de presse

Positif - Héritier de Kubrick dans la revendication du cinéma comme expérience non-verbale, Winding Refn excelle à combiner les images et le son...
Libération - Il y a treize ans, Nicolas Winding Refn secouait son Danemark natal comme un prunier avec son premier film, "Pusher"...
Télérama - Un Charles Bronson peut en cacher un autre...
Excessif - Le film possède toutes les caractéristiques de la bombe qui va tout dévaster sur son passage...
Evene - Le résultat est troublant, dérangeant et jubilatoire...
Sur la route du cinéma - Tom Hardy est un acteur hallucinant qui réussit une prestation comme on n’en voit que dans la filmo des plus grands...
Culturofil - L’univers carcéral dépeint dans ce film fait retrouver par certains aspects les sensations de l’inimitable série "Oz"...
Critikat - Dépoussiérant le cinéma danois et bousculant Lars Von Trier du haut de son piédestal, le jeune Nicolas Winding Refn jongle entre noirceur, austérité et humour...