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Au fond des bois

France - 2010 - 1h42
film - film francophone
de

Benoît Jacquot

scénario : Julien Boivent, Benoît Jacquot
direction de la photographie : Julien Hirsch
musique ou chansons : Bruno Coulais
avec : Isild Le Besco (Joséphine), Nahuel Perez Biscayart (Timothée), Jérôme Kircher (capitaine Langlois), Bernard Rouquette (docteur Hughes), Mathieu Simonet (Paul), Jean-Pierre Gos (docteur Corvot), Luc Palun (Coudroyer), Jean-Claude Bolle-Reddat (le procureur), Jean-Marc Stehlé (le forgeron), Yvette Peyremorte (la femme de Coudroyer), Tiphaine Benoit (Doris, la fille de Marie)
séances : semaine du mercredi 29 décembre 2010
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 31 samedi 1er dimanche 2 lundi 3 mardi 4
20:00
18:30
16:45
21:55
19:55

synopsis

1865, sud de la France. Joséphine Hughes vit seule avec son père, médecin, dans la maison familiale. Les jours s'égrènent dans une relative monotonie, jusqu'au jour où le docteur Hughes accorde son hospitalité à Timothée Castellan, un vagabond qui se fait passer pour sourd-muet. D'abord effrayée par le jeune homme, Joséphine finit par le suivre dans les bois. De gré ou de force ? C'est là toute la question... Fait divers relaté par Marcela Iacub dans les colonnes de Libération en avril 2005.

notes de production

Entre Benoît Jacquot et Isild Le Besco, un courant naturel s’échange, de ceux où les gestes et regards peuvent suppléer les paroles. Il y a quatre films en commun dans le rétroviseur et une envie réciproque toujours intacte. Ainsi, lorsque le réalisateur commence à imaginer ce rôle, le choix se révèle d’instinct, évident. (...) tant la personne d’Isild, que la comédienne qu’elle est, ont des points de connivence avec le personnage de Joséphine. (...) Son tempérament et son jeu nourrissaient, à leur tour, l’écriture même du personnage.

Suite au refus de plusieurs comédiens français craignant l’image que renverrait le film au public, le choix du personnage de Thimothée s’est alors tourné vers l’étranger. Benoît Jacquot a repensé à un acteur aperçu dans La Sangre brota (1), film argentin qui reçut le Prix du Public à la Semaine de la Critique cannoise en 2008. Il finit de se laisser convaincre quant il découvre à quel point Nahuel Perez Biscayart s’intègre à Timothée, son envie d’entrer dans ce film comme l’étranger qu’il interprète.
(1) Film programé sur les écrans de la Cité en avril 2009. Sa fiche est visible sur le site de la Cité.

A l’instar de son précédent Villa Amalia, la nature joue dans le monde de Benoît Jacquot un rôle majeur. Ici, elle doit être la plus préservée et la plus vaste possible pour retranscrire au mieux le côté homme des bois du personnage principal. Elle se teinte également d’une personnalité à part entière, des lieux qui n’obéissent jamais à une géographie plane, comme une métaphore de l’instabilité des personnages. Une volonté qu’ils soient sans cesse en train de monter ou de descendre, que leur chemin soit toujours escarpé et que revienne en permanence, comme un refrain, l’idée d’ascension ou de chute. La meilleure combinaison des exigences artistiques et financières a amené l’équipe du film à choisir l’Ardèche comme terre d’accueil idéale.

Le tournage a, pour Benoît Jacquot, une valeur primordiale. Ce moment où la pellicule est impressionnée revêt à ses yeux d’une aura presque magique. Cette étape capitale doit être le moment pour le cinéaste où il doit y croire, l’instant où les acteurs doivent eux-mêmes croire et faire croire à un état qui est plus ou moins hypnotique et somnanbulique. A propos de cette expérience-ci, il confesse avoir ressenti un engagement physique de toute l’équipe à un point nouveau, décisif à la réalisation de ce voeu, de cette croyance en la fiction.

Vierge de toutes collaborations précédentes, c’est pourtant à Bruno Coulais que Benoît Jacquot a pensé pour composer une musique pour laquelle il avait déjà une idée en tête. Avant même le tournage, je lui ai demandé d’écrire un concerto pour violon en pensant à un concerto de Berg, A la mémoire d’un ange. Il l’a écrit comme une pièce en soi et je l’ai découverte une semaine avant le tournage (...). Une expérience que le réalisateur ne regrette en rien. Cette partition, très riche, très contrastée, m’a permis de voir mentalement le film avant même de l’avoir tourné.

Parler de croyance avec Benoît Jacquot revient bien souvent à parler d’amour, tant il a fait de multiples études du sentiment amoureux à travers ses films. Lui l’entend selon une double acception. Il y a d’un côté, la croyance dans le lien amoureux, croire celui ou celle qui vous dit je t’aime, cette croyance absolument fondamentale est la source du romanesque, de toutes les joies et de tous les drames car elle n’est jamais une certitude. Et d’un autre côté, il y a la croyance du spectateur à l’égard de ce qu’on est en train de lui montrer, ce qui est le plus déterminant au cinéma car il est impossible, me semble-t-il, de voir un film sans croire !

Difficilement compréhensible, la langue que parle Timothée a été imaginée comme un mélange de provençal, de patois languedocien, d’espagnol et d’italien. Le résultat répond aux critères bivalents du réalisateur : une langue méridionale où le français apparaisse, de temps en temps, pour être à la fois une langue familière, audible et intelligible pour un spectateur français, et aussi étrangère, insaisissable, venue du fond des temps.

A deux ans près, Au fond des bois se déroule exactement à l’époque de L’Histoire d’Adèle H., l’inoubliable portrait, par François Truffaut, de la fille de Victor Hugo en proie à la « religion de l’amour ». Les deux films montrent une jeune femme sous influence, métamorphosée par ses sentiments et ses désirs, suivant éperdument un homme loin de tout ce qui constituait sa vie d’avant. Au-delà de la parenté des costumes, Isild Le Besco, impressionnante dans les états limites, transe et pâmoison, évoque parfois, de façon subliminale, Isabelle Adjani en Adèle...
http://www.telerama.fr/cinema/films/au-fond-des-bois,420442,critique.php

Entretien avec Benoît Jacquot
Quelle est l’origine d’Au fond des bois, qui est votre 18ème long métrage pour le cinéma ?
Dans un journal (Libération), je suis tombé sur une chronique régulière de Marcela Iacub, qui est une historienne du droit, à la fois très savante et très provocatrice, et dont le travail m’avait toujours intéressé...
http://www.cinemovies.fr/fiche_info-20585-prod.html

Benoît Jacquot
Né le 5 février 1947 à Paris.
Il débute sa carrière cinématographique en 1965 comme assistant de Bernard Borderie sur un film de la série Angélique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Jacquot

Marcela Iacub
Née en 1964 à Buenos Aires (Argentine).
Fille d’avocat, elle se consacre à son tour au droit et devient à vingt-et-un ans la benjamine du barreau de Buenos Aires...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcela_Iacub

Bruno Coulais
Né à Paris le 13 janvier 1954.
Il s’oriente progressivement vers le cinéma non par volonté mais suite à une série de rencontres...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Coulais

Isild Le Besco
Née à Paris le 22 novembre 1982.
A d’abord fait des études de danse à mi-temps avant d’intégrer l’école Estienne...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Isild_Le_Besco

Nahuel Perez Biscayart
Né le 6 mars 1986 à Buenos Aires (Argentine).
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/10/12/la-performance-de-nahuel-perez-biscayart_1424527_3476.html
http://www.cinemovies.fr/perso-Nahuel+Perez+Biscayart-1-2-0.html

extrait(s) de presse

Le Point - Isild Le Besco, une actrice étrange à la présence énigmatique.
Les Inrocks - Qui est le plus fasciné, ici, par les forces qui circulent devant nous ? La jeune fille, le vagabond, le cinéaste ou le spectateur (n’oublions pas les liens de parenté depuis longtemps établis entre hypnose et cinéma) ?
Télérama - Un cinéaste n'est-il pas ce vagabond mystificateur, qui fait faire des choses incroyables à une actrice avant qu'elle ne passe à autre chose, plus forte de toutes les larmes versées bon gré mal gré ?
Libération - Au fond des bois est l’histoire de 1 + 1. Une attraction, un coup de foudre. Peut-être une hypnose, une possession...
Positif - Le tour de force d'Au fond des bois (...) tient en particulier à sa manière irrévérencieuse, presque scandaleuse, voyant son sujet (le viol), d'éclaircir les rapports de Joséphine et de son kidnappeur...
Chronic'art - Au fond des bois a avant tout le mérite de restaurer une certaine confiance en Benoît Jacquot, cinéaste inégal mais talentueux qui a eu tendance à se fourvoyer ces derniers temps dans des entreprises de pure démonstration de style...
Excessif - Une œuvre singulière et prenante...
Les Cahiers du cinéma - Il faut avaler pas mal de couleuvres pour accepter ce qui relève d'un volontarisme confus...