Les Mains en l’air - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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Les Mains en l’air

France - 2010 - 1h30
film - film francophone
de

Romain Goupil

scénario : Romain Goupil
direction de la photographie : Irina Lubtchansky
avec : Valeria Bruni Tedeschi (Cendrine), Hippolyte Girardot (Rodolphe), Linda Doudaeva (Milana), Jules Ritmanic (Blaise), Louna Klanit (Alice), Louka Masset (Ali), Jeremie Yousaf (Claudio), Drama Sarambounou (Youssef), Romain Goupil (Luc), Malika Doudaeva (mère de Milana), Sissi Duparc (mère de Claudio)
séances : semaine du mercredi 17 novembre 2010
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
20:30*
séance spéciale :
* Rencontre avec Romain Goupil, dans le cadre d'une soirée organisée en partenariat avec L’Eesi (Ecole européenne supérieure de l’image). Tarif préférentiel de 2.50 € aux étudiants des écoles de l'image (sur présentation d'un justificatif).

synopsis

22 mars 2067, Milana se souvient de ce qui lui est arrivé, il y a soixante ans… En 2009, Milana, d’origine tchétchène, est élève en classe de CM2 à Paris. Ses copains, sa bande, ce sont Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef. Mais un jour Youssef, qui n’a pas de papiers, est expulsé. Puis, c’est au tour de Milana d’être menacée. Se sentant alors en danger, les enfants décident de réagir. Ils prêtent serment de toujours rester ensemble et organisent un complot pour sauver Milana…

notes de production

Romain Goupil explique ce qui l’a conduit à réaliser ce film : d’abord une sensation d’impuissance face aux effets de la politique de reconduite à la frontière des sans-papiers. Il y a eu, notamment, le cas de ce petit garçon, à Amiens : lorsqu’on a frappé à la porte de chez lui, son père s’est sauvé par les toits, il a voulu le suivre, est tombé, et s’est retrouvé dans le coma. Puis cette jeune femme, à La Villette, qui en entendant Police, a essayé de sortir par la fenêtre, et s’est tuée en tombant. Cet homme, à Joinville, qui pour échapper à des contrôleurs du métro se jette dans la Marne et se noie…
Dans quel état d’angoisse devaient vivre ces gens pour en arriver à des choses aussi extrêmes ? Et le point de départ c’est également le fait que ces pratiques et leurs conséquences étaient, dans le contexte électoral de 2007 et sont toujours aujourd’hui, revendiquées par des hommes politiques, qui comptent sur cela pour gagner des points dans l’opinion publique.

Le metteur en scène Romain Goupil revient sur ses choix de format : je préfère le 35 mm à l’image numérique HD. La caméra utilisée permet de combiner les avantages du numérique et du 35, en particulier pour les perspectives et la profondeur de champ. Et en plus, elle s’appelle red ! On a pu tourner en longueur et multiplier les angles pour créer des sortes de jeu ou de joutes, entre les enfants, sans avoir à se préoccuper du coût de la pellicule, puisque nous étions en numérique.

Si le projet a été spécialement prévu pour l’actrice, cette dernière a longtemps été réticente. Valeria Bruni Tedeschi a beaucoup contribué à dessiner son personnage, elle a choisi les vêtements et la coiffure de Cendrine, et a inventé pour elle un rapport très particulier à la féminité, au fait d’être mère.

Sur la bande son, seuls les moins de dix-huit ans pourront percevoir les sonneries des portables de la bande d’enfants, qui sont leurs signes de ralliement, inaudibles pour les adultes puisqu’il s’agit d’ultrasons.

Le film, dans son prologue et son épilogue, change de temporalité, mais pour quelle raison ? Le metteur en scène Romain Goupil explique : pour s’extraire de la gangue nauséabonde dans laquelle nous sommes plongés en ce moment, et qui fait que nous risquons de finir par réfléchir dans des termes inacceptables, d’entrer dans un débat dont il est évident que dans 50 ou 60 ans il sera considéré comme une indignité totale, dans sa formulation même. Il y a l’idée que les responsables de cette situation, comme les lâches qui ont refusé d’aider Sarajevo et qui ont détourné leurs yeux du Rwanda et de la Tchétchénie, peuvent déjà préparer leur discours de repentance pour dans 50 ans. Milana adulte décrit une situation devenue incompréhensible en 2067 – ce qu’on a fait subir aux enfants en France dans la première décennie des années 2000 – cela me permet de poser la question : combien de temps faut-il pour s’apercevoir que ce qui se passe maintenant est simplement inadmissible ?

Le réalisateur a souvent utilisé les moments qui suivaient les prises et durant lesquels les enfants blaguaient entre eux. En les incluant dans le film, il a mis en avant leurs rapports alors très spontanés.

La phrase du début du film Je ne me souviens plus qui était président de la République en 2009 a semblé délicate, au vu de la nouvelle situation familiale de Valeria Bruni Tedeschi : ça a compliqué les choses pendant une période et puis, finalement, tout le monde a décidé de passer outre, commente le réalisateur.

Romain Goupil
Né en 1951 à Paris.
Ses deux premiers courts-métrages sont réalisés à l’âge de 16 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Romain_Goupil

Valeria Bruni Tedeschi
Née à Turin le 16 novembre 1964.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Valeria_Bruni_Tedeschi

Hippolyte Girardot
Né le 10 octobre 1955 à Boulogne-Billancourt.
Sa carrière cinématographique ne débutera pourtant réellement qu’au début des années 1980...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Girardot

extrait(s) de presse

Critikat - Le cinéaste militant Romain Goupil fait se confronter la violence d’un thème comme l’expulsion à un groupe d’enfants qui entre à sa manière en résistance...
Excessif - Les Mains en l'air s'ouvre, comme Titanic, sur le visage ridé d'une vieille dame qui évoque ses souvenirs d'enfance...
Films actu - Il faudrait peut-être donner un peu plus souvent la parole aux enfants.
Le Figaro - Romain Goupil évite l'écueil en abordant le problème sous l'œil des enfants...
Le Point - Les Mains en l'air est, avant tout, un beau film d'enfants, et même un film pour enfants...
Les Inrocks - Goupil trouve une hauteur d’enfant dans le récit de cette petite fugue, qui n’est jamais forcée ou artificielle...
Libération - Romain Goupil a choisi le ton volontiers espiègle d’une comédie animée par des enfants...
Télérama - Une fable politique mais ludique, dont les héros sont des enfants...