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vénus noire

France - 2010 - 2h44
sorti en France le 27 octobre 2010
sélection officielle Venise 2010
Interdit en salle aux moins de 12 ans.
film - film francophone
de

Abdellatif Kechiche

scénario : Abdellatif Kechiche
direction de la photographie : Lubomir Bakchev, Sofian El Fani
musique ou chansons : Slaheddine Kechiche
avec : Yahima Torres (Saartjie Baartman), André Jacobs (Hendrick Caezar), Olivier Gourmet (Réaux), Elina Löwensohn (Jeanne), François Marthouret (Georges Cuvier), Michel Gionti (Jean-Baptiste Berré), Jean-Christophe Bouvet (Mercailler), Jonathan Pienaar (Alexander Dunlop), Olivier Loustau (le capitaine de hussards)
séances : semaine du mercredi 27 octobre 2010
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 31 lundi 1er mardi 2
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séances : semaine du mercredi 3 novembre 2010
mercredi 3 jeudi 4 vendredi 5 samedi 6 dimanche 7 lundi 8 mardi 9
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séance spéciale :
* Ciné mardi : soirée Abdellatif Kéchiche Repéré au Festival de Venise en 2000 avec La Faute à Voltaire, Abdellatif Kéchiche a réalisé un parcours sans faute. L’Esquive (4 César) et La Graine et le mulet (4 César) ont confirmé le talent de ce prodige qui a su donner ses lettres de noblesse à l’émotion, ce sentiment cher à Desnos lorsque celui-ci évoquait le 7ème Art. Une soirée somme toute évidente. 2 films pour 5 € (2.50 € + 2.50 €).
séances : semaine du mercredi 10 novembre 2010
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
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séances : semaine du mercredi 17 novembre 2010
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
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synopsis

Paris, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine : "je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes". Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l'Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l'icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d'une ascension dorée...

notes de production

Appel à casting pour Abdel Kechiche : merci d’être Vénus !
(article paru en 2008)
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18423782.html

Après d’infructeux castings à la recherche de l’interprète idéale de Saartjie, Abdellatif Kechiche s’est rappellé la rencontre d’une femme dans la rue, trois ans plus tôt. Il se souvient : Yahima, je l’ai vue pour la première fois en 2005 (...). J’avais été saisi par sa présence et des traits qui m’ont fait immédiatement pensé à Saartjie. Lorsque il prend la décision de la recontacter pour lui faire passer des essais, il comprend assez vite avoir fait le bon choix. La légèreté avec laquelle Yahima prend la vie l’a conforté, il avait trouvé son actrice : j’ai compris que je pourrai la pousser loin dans l’émotion sans qu’elle en soit meurtrie.

Sur un thème aussi pénible, il y a parfois un décalage émotionnel entre un scénario et un tournage. Ecrire il la frappe est une chose mais le tourner en est une autre. Voir un personnage souffrir, notamment lors des scènes dans les salons libertins n’a apparemment laisser personne indemne et pleinement serein. Il y avait donc un réél défi pour un réalisateur à montrer humainement une vérité insoutenable. Il précise ses intentions sur la réalité du tournage : je me suis laissé guider autant par la préparation en amont que par ce qui jaillit de l’instant. C’est l’acteur, son émotion, sa violence et son rythme qui vous donnent la sensation que c’est dans telle direction qu’il faut aller… Comme sur mes films précédents, j’ai essayé de faire en sorte que le plateau soit un lieu de création et non pas d’exécution.

A l’écoute des acteurs, le regard du réalisateur est tout autant celui d’un artiste que d’un être humain. Jamais il se permet de juger Saartjie, pour qui il voue une fascination depuis plus de 10 ans, ni aucun autre des personnages. Sur le tournage cette conviction s’est traduit par un respect absolu de l’acteur. Et la solidarité sur le plateau s’est révélée d’une force évidente, poussant l’actrice principale vers une naturelle confiance, nécessaire à un tel rôle. La plupart des personnages restant opaques, l’implication du spectateur devient nécessaire, active par réaction essentielle devant un tel spectacle.

Parmi les nombreuses humiliations que Saartjie a subi au cours de sa vie, celles à but prétendument scientifique n’étaient pas les moins avilissantes. Le moulage de sa tête, destiné à poursuivre des études post-mortem en est une preuve. Un avantage à cette situation s’est révélé cependant, celui d’avoir permis à Abdellatif Kechiche de faire la rencontre de ce visage. Un moment qui l’a profondément ému. J’ai été saisi d’émotion par son visage. Il parle d’elle mieux que personne. (...) Elle inspire le détachement, l’abnégation la plus totale, et l’intelligence. Elle doit en savoir sur la nature humaine… confesse-t-il, avant de conclure. En rencontrant son image, j’ai éprouvé le devoir de raconter son histoire.

Par ce qu’elle révèle de l’inhumanité barbare qui peut animer un être humain face à la différence, l’histoire de Saartjie est proprement universelle. Son interprète expose ainsi son point de vue sur la résonnance contemporaine à prêter à cette histoire : elle est un symbole, forcément. (...) Le film transmet l’idée simple et universelle que l’on a tout à apprendre des autres. Et apprendre, ça signifie respecter ce qui nous est étranger : un physique, une culture, un langage. C’est cela être humain.

Pour son premier rôle cinéma, l’actrice d’origine cubaine Yahima Torres s’est confronté à une interpétation complexe et physique. Elle confie que les scènes de danse, esssentielles à la narration, ont été les plus intenses à préparer : en amont, j’ai pris des cours de chant, de danse africaine même si j’avais acquis de bonnes bases à Cuba ! (...) Même pendant le tournage, j’ai continué à m’entraîner pour être en phase avec l’énergie déployée par Saartjie.(...). Pour résister et la faire exister.

Sur la base des documents qui ont permis au réalisateur de construire son récit, la personne de Saartjie était réellement une artiste. D’après ces textes, on sait que la jeune femme jouait en effet d’un instrument, avait des prédispositions pour le chant, et dansait très bien. Ce qui déclenche chez le réalisateur cette formule, triste. Une artiste complète dont le drame est peut être qu’elle n’a jamais pu s’exprimer, parce que ce n’est pas ce que l’on attendait d’elle

Venus Hottentote
De son vrain nom Sawtche, cette jeune femme originaire de la tribu des Khoïkoï en Afrique du Sud, serait née aux alentours de 1789. Emmenée à Londres en 1810, elle devient esclave, puis est vendue. Elle devient alors un animal de foire eu égard à sa morphologie hors du commun : hypertrophie des hanches et des fesses (stéatopygie) et organes génitaux protubérants. Par la suite, elle devient objet sexuel. A sa mort, à Paris, en 1815, elle est transformée en sujet d’étude. Elle est disséquée au nom du progrès des connaissances humaines. Son corps est moulé, son squelette et son cerveau sont prélevés et ses organes génitaux sont placés dans des bocaux de formol. Jusqu’à 1974, le moulage et le squelette sont exposés au musée de l’Homme à Paris. Sa dépouille est finalement rendue en 2002 à l’Afrique du Sud, qui, selon les rites Khoïkoï, la brûlera sur un lit d’herbes sèches.
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/venus-noire,157018-note-81201

Un album du même titre (Kechiche et Renaud Pennelle) sort chez Emmanuel Proust et sera en vente à la Librairie de la Cité.

Entretien avec Abdelatif Kechiche
La psychologie ne suffit pas à résumer la complexité d’un être.
Le psychologisme limite même la compréhension de l’être humain. l’image seule révèle parfois beaucoup plus de nuances dans la nature humaine que toutes les tentatives d’explications psychologiques...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/venus-noire,157018-note-81196

Abdellatif Kechiche
Né à Tunis le 07 décembre 1960.
Après avoir débuté au théâtre dans une adaptation de Federico Garcia Lorca, Abdellatif Kechiche joue dans une pièce d’Eduardo Manet au théâtre national de l’Odéon...
http://www.evene.fr/celebre/biographie/abdellatif-kechiche-18095.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdellatif_Kechiche

Entretien avec Yahima Torrès
Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de la Vénus hottentote ?
Je savais peu de choses à propos de Sarah jusqu’à ce qu’Abdel m’en parle. on s’était rencontré par hasard à Belleville en 2005, alors qu’il préparait La Graine et le mulet...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/venus-noire,157018-note-81197

Entretien avec Olivier Gourmet
Comment avez-vous nourri le personnage de Réaux, dont les traces historiques restent éparses ?
Sur la Vénus noire, il y a effectivement beaucoup d’informations, mais lorsque j’ai tapé le nom de réaux sur internet, je n’ai quasiment rien trouvé ! Abdel avait évidemment mené une enquête plus poussée...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/venus-noire,157018-note-81199

Olivier Gourmet
Né à Namur le 22 juillet 1963.
A la fois bourru et mystérieux, Olivier Gourmet impose sa carrure dans le cinéma d’auteur contemporain...
http://www.evene.fr/celebre/biographie/olivier-gourmet-24522.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Gourmet

Entretien avec François Marthouret
Que saviez-vous du destin de Saartjie et du rôle joué par Georges Cuvier ?
Je n’avais que le souvenir confus du fameux moulage que j’avais vu exposé au Musée de l’homme Je ne savais rien des détails de la vie de cette femme, ni de son calvaire jusqu’en 2002, avec la restitution de ses restes à l’Afrique du Sud... Quant à Cuvier, je ne connaissais que le nom de sa rue...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/venus-noire,157018-note-81200

François Marthouret
voir fiche du film Aliker
http://www.citebd.org/spip.php?film24

extrait(s) de presse

Excessif - Le quatrième film d'Abdellatif Kechiche risque fort de faire parler de lui tant son sujet n'est pas ordinaire...
Jeune Afrique - En tournant Vénus noire, Kechiche sait qu’il aborde un sujet polémique...
Critikat - Vénus noire est un procès dont le spectateur est l'accusé...
Libération - Mostra. Un Kéchiche intransigeant au milieu d’autres films foutraques...
L'Express - Le thème peut rappeler l'Elephant Man de David Lynch...
Ecran large - Kechiche dresse, au-delà de la fresque historique, un triste bilan du regard colonial européen sur la population africaine...
Mon cinéma - «À partir du moment où on est plusieurs à regarder, on se sent moins responsable»...
Fluctuat - Inutile de préciser qu'on attend avec impatience le premier film d'époque de Kechiche...