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la belle et la bête

ciné môme - ciné répertoire
France, Luxembourg - 1945 - 1h36
sorti en France le 29 octobre 1946
prix Louis Delluc 1946
accessible aux enfants à partir de 8 ans
film - film francophone
de

Jean Cocteau

scénario : Jean Cocteau
d'après l'oeuvre de : Madame Le Prince de Beaumont
direction de la photographie : Henri Alekan
musique ou chansons : Georges Auric
avec : Josette Day (Belle), Jean Marais (Avenant / la Bête / le Prince), Marcel André (le père), Mila Parely (Félicie), Nane Germon (Adélaïde), Michel Auclair (Ludovic), Raoul Marco (l'usurier), Christian Marquand (un laquais)
séances : semaine du mercredi 14 juillet 2010
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
14:30
14:45
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séances : semaine du mercredi 21 juillet 2010
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
14:30
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séances : semaine du mercredi 15 janvier 2014
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
14:00
11:00
11:00
séances : semaine du mercredi 22 janvier 2014
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
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synopsis

À la campagne vit un marchand au bord de la faillite avec ses six enfants : trois fils, et trois filles, dont Belle. Deux de ces filles sont ignobles, égoïstes et ont un mauvais caractère ; elles traitent leur sœur, Belle, comme une domestique. Un jour, le père part en voyage d'affaires ; avant de s'en aller, il promet à ses filles de leur rapporter des cadeaux. Pour Félicie et Adélaïde de belles robes et pour Belle une jolie rose. En route, il s'égare dans une forêt où il trouve un château étrange ; il y remarque une rose qu'il décide de prendre pour Belle. C'est au moment où il la cueille qu'apparaît le propriétaire du château, un monstre doté de pouvoirs magiques, à l'aspect mi-humain mi-animal. Le châtelain condamne le marchand à mort, à moins que ce dernier ne lui donne une de ses filles. Belle accepte de se sacrifier et s'en va vers le château...

notes de production

La Bête ne serait-elle pas plus belle que le prince charmant ; et même, ne serait-elle pas plus belle que Belle ?
Personne ne peut répondre à cette question. Tout le mystère de la beauté du film y est contenu.
Noël Simsolo in La Saison cinématographique 1971 (Ufoleis)

Juste après la deuxième Guerre mondiale, Jean Marais a proposé à Jean Cocteau de faire un film qui se baserait sur deux œuvres du XVIIe siècle et XVIIIe siècle. L’une, dont le titre et la majeure partie du contenu narratif, est le conte de fées de Madame Le Prince de Beaumont, publié pour la première fois dans l’anthologie Le Magasin des enfants, ou dialogues entre une sage gouvernante et ses élèves, Londres 1757. La seconde source narrative du film est aussi un conte de fées : La Chatte blanche de Madame Marie-Cathérine d’Aulnoy, publié quelque 60 ans auparavant, dans une des premières anthologies du genre des Kunstmärchen (contes littéraires) imprimées en France : Les Contes des fées, Paris 1697-1698. De ce conte, un seul motif évocateur se trouve dans le film : les domestiques, ayant été transformés par magie, en sont réduits à leur seuls bras et mains, encore prêts à servir.

Cocteau a trouvé l’idée excellente : non seulement elle coïncidait avec les rêves qu’il avait eus dans son enfance, mais elle lui offrait une nouvelle possibilité cinématographique : mettre en scène des contes de fées. À première vue ce film est différent du précédent pour lequel Cocteau avait écrit le script et qu’il avait dirigé, mais tous les deux travaillent sur des mythes et créent une ambiance d’une beauté qui dérange. Dans son esprit le film reste fidèle à ces deux contes de fées mentionnées, mais la mise en image est de Cocteau et de personne d’autre. Il a ouvert une voie qu’emprunteront après lui des metteurs en scène, comme Ingmar Bergman, François Truffaut et Vincente Minnelli. L’œuvre d’Alexandre Arnoux, La Belle et la bête, pièce de théâtre publiée en 1913 en Belgique, aurait aussi inspiré ce film. L’intrigue du film est plus proche de cette pièce que du conte original, notamment dans la mise en situation de l’intrigue, l’absence de la fée, etc.

Au départ, Jean Marais avait pensé à une tête de cerf. Il semble qu’en faisant cette proposition, il se souvenait d’un détail dans La Chatte blanche, où le heurtoir à la porte du château magique de la Chatte blanche/la princesse est en forme d’un pied de biche ou chevrette. Cette proposition suivait les lignes narratives de ce conte de fées, et aurait eu évoqué aussi de loin le mythe de Cernunnos, dieu celtique des bois à tête de cerf (1) ; mais Jean Cocteau pensait que les spectateurs trouveraient une telle tête ridicule pour une bête féroce et dangereuse. Moulouk, le chien de Jean Marais servit de modèle pour le visage de la bête.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cernunnos

Il fallait environ trois heures pour fixer le masque de la bête, et une heure pour chaque griffe. Les dents du monstre étaient accrochées à celles de l’acteur par de petits crochets, ce qui n’était pas très pratique pour manger. La bête carnivore se nourrissait donc essentiellement de nourriture en bouillie (on peut lire ces témoignages de Jean Marais dans l’autobiographie qu’il a rédigée).
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_1946%29

En pleine mode réaliste, La Belle et la bête crée la surprise et remporte un immense succès. Jean Cocteau, qui signe ici son film le plus populaire, le définissait lui-même comme un rêve dormi debout.

Jean Cocteau souffrait depuis plusieurs mois de graves affections de la peau qui ne s’arrangèrent pas sur le tournage. La lumière des projecteurs le blessait et le réalisateur travaillait avec un chapeau sur lequel il fixait un linge noir percé de deux trous pour les yeux. Un médecin exigea qu’on l’hospitalise au plus vite à Pasteur car il pouvait mourir sous quarante-huit heures d’un empoisonnement du sang. Jean Cocteau accepta et fut sauvé par une injection de pénicilline. Elle avait spécialement été importée de New York car il n’y en avait pas en France à cette époque. Le réalisateur tint tout de même à finir le film lui-même.

Le film se tourna dans l’immédiate après-guerre (du 27 août 1945 au 11 janvier 1946), où les conditions de travail n’étaient pas des plus confortables. L’équipe connut notamment des difficultés à trouver de la pellicule et souffrit de la restriction d’électricité, des pannes de courant ou encore de l’absence de lumière de studio. Elle dépendait le plus souvent de la lumière du jour. Jean Cocteau insistait d’ailleurs pour filmer sous toutes les conditions dans le but d’évoquer la beauté qui vient par hasard. Lorsque la scène nécessitait plus d’éclairage, on utilisait des torches et des arcs de magnésium. Les déménageurs des décors travaillaient même souvent à la lumière des chandelles.

Les scènes de la maison de Belle furent tournées au Manoir de Rochecorbon en Indre-et-Loire, et les extérieurs du château de la Bête au château de Raray près de Senlis.

Le monde de Belle n’est pas photographié de la même façon que celui de la Bête. Les extérieurs du premier sont largement éclairés car réels. Et ses intérieurs sont influencés par les peintures des maîtres flamands et hollandais, surtout celles de Vermeer (1632-1675). Le monde de la Bête, sombre et mystérieux, se réfère quant à lui aux gravures de Gustave Doré (1832-1883), qui illustra notamment les contes de Perrault. Je faisais mon film sous son signe déclara Jean Cocteau.

L’assistant de Jean Cocteau sur le film est René Clément (2), qui n’avait à l’époque réalisé que des courts métrages ou documentaires. Parallèlement à La Belle et la bête, il travaillait sur son premier long La Bataille du rail (2). Le film, sorti avant celui de Cocteau en février 1946, remporta le Prix international du jury et le Prix du scénario au Festival de Cannes 1946. Certains plans de La Belle et la bête ont personnellement été tournés par René Clément, notamment les scènes du village de Belle.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Cl%C3%A9ment
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_du_rail

Jean Marais demanda à André Paulvé de le payer 500 000F de plus qu’à son dernier film, pour le punir de ne pas avoir payé son contrat du projet avorté de Juliette ou la clé des songes (3) en 1941. Devant le refus de Paulvé, Jean Marais demanda finalement un pourcentage sur les recettes qui lui fit gagner au final bien plus que ses exigences.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_ou_la_Cl%C3%A9_des_songes_%28film%29

Jean Marais faillit refuser le film lorsqu’il sut qu’il serait masqué presque tout le film. Pour les mêmes raisons, et alors que la préparation était bien avancée, c’est le producteur André Paulvé qui voulut finalement renoncer au projet. Jean Cocteau proposa de faire un essai, et Jean Marais suggéra de choisir la scène la plus émouvante du scénario. La femme du producteur pleura à la projection et André Paulvé changea d’avis.

Jean Marais imaginait au départ une Bête à tête de cerf mais Christian Bérard lui démontra que la Bête devait effrayer, et ne pouvait être en conséquence un herbivore mais un carnivore. Le fameux masque fut confectionné par un grand perruquier parisien du nom de Pontet. Chaque poil était monté sur une toile de tulle divisée en trois parties que l’on collait sur le visage du comédien. Le maquillage, très pénible, prenait cinq heures chaque jour : trois heures pour le visage et une heure pour chaque main. Certaines dents furent recouvertes de vernis noir pour leur donner un aspect pointu, et les canines pourvues de crocs tenus par des crochets en or. Ainsi déguisé, Jean Marais put seulement se nourrir de purées et de compotes durant le tournage.

Marcel Pagnol qui venait de rompre avec Josette Day, demanda à Jean Cocteau de l’engager pour le rôle de Belle. La rencontre fut organisée autour d’un dîner chez Lili de Rothschild. Josette Day se présenta au dîner toute bouclée, maquillée, apprêtée ; ce qui ne correspondait pas à la vision de Jean Cocteau. Le costumier-décorateur Christian Bérard l’emmena aux lavabos, lui trempa la tête, attacha ses cheveux en chignon et la ramenant à table, s’exclama : voici Belle !

Jean Marais était mobilisé à l’époque mais Jean Cocteau obtint du général Leclerc une permission spéciale pour que l’acteur puisse tourner. Jean Marais devait en contre partie signer toutes les semaines une feuille de présence aux Invalides à Paris. Il rejoignit sa division en Allemagne à la fin du tournage.

Jean Cocteau tournera tous ses films suivants avec Jean Marais : L’Aigle à deux têtes (4), Les Parents terribles (5), Orphée (6) et Le Testament d’Orphée (7).
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Aigle_%C3%A0_deux_t%C3%AAtes_%28film%29
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Parents_terribles_%28film%29
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Orph%C3%A9e_%28film%29
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Testament_d%27Orph%C3%A9e

La Belle et la Bête en images
1899 La Belle et la Bête (production Pathé frères)
1946 La Belle et la Bête de Jean Cocteau
1952 La Fleur écarlate dessin animé de Lev Atamanov
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fleur_%C3%A9carlate_%28film,_1952%29
1962 La Belle et la Bête de Edward L. Cahn
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_1962%29
1976 La Belle et la Bête (tv) de Fielder Cook
1979 La Belle et la Bête de Juraj Herz
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_1978%29
1987 La Belle et la Bête de Eugene Marner
1987 / 1990 La Belle et la Bête (série tv) avec Linda Hamilton, Ron Perlman...
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29
1991 La Belle et la Bête de Gary Trousdale et Kirk Wise (prod. Disney)
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_1991%29
1997 La Belle et la Bête 2 : le Noël enchanté (prod. Disney)
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_2_:_Le_No%C3%ABl_enchant%C3%A9
1998 Le Monde magique de la Belle et la Bête (prod. Disney, vidéo)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_magique_de_la_Belle_et_la_B%C3%AAte
2009 La Belle et la Bête de David Lister
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_2009%29
2011 Sortilège de Daniel Barnz
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sortil%C3%A8ge_%28film%29
2011 Once upon a time (série tv)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Once_Upon_a_Time_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29
2012 Beauty and the Beast (série tv) - inédit en France
http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauty_and_the_Beast_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29
2014 La Belle et la Bête de Christophe Gans
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Belle_et_la_B%C3%AAte_%28film,_2013%29
201 ? La Belle et la Bête de Guillermo del Toro
http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Emma-Watson-elle-rejoint-Guillermo-Del-Toro-pour-la-Belle-et-la-Bete-3116192

Jean Cocteau
Né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte, décédé le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cocteau

Madame Le Prince de Beaumont
Née Vaimboult le 26 avril 1711 à Rouen et décédée le 8 septembre 1780 à Chavanod.
Pédagogue, journaliste et écrivain français, auteur de nombreux contes devenus des classiques de la littérature d’enfance et de jeunesse...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne-Marie_Leprince_de_Beaumont

Henri Alekan
Né le 10 février 1909 à Paris et décédé le 15 juin 2001 à Auxerre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Alekan

Georges Auric
Né Georges-Abel-Louis Auric à Lodève (Hérault) le 15 février 1899 et décédé à Paris le 23 juillet 1983.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Auric

Jean Marais
De son vrai nom Jean Alfred Villain-Marais. Né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, décédé le 8 novembre 1998 à Cannes...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Marais

Josette Day
Née à Paris le 31 juillet 1914, elle commence une importante carrière d’actrice de cinéma français en 1919, à l’âge de 5 ans avec le cinéma muet tout en suivant à partir de l’âge de 9 ans, une formation de petit rat de l’opéra de Paris...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Josette_Day

Marcel André
Né Marcel, Auguste, Victor André le 2 janvier 1885 à Paris où il est décédé le 13 octobre 1974.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Andr%C3%A9

Mila Parely
Née Olga Colette Peszynski à Paris le 7 octobre 1917 et décédée à Vichy le 14 janvier 2012.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mila_Par%C3%A9ly

Nane Germon
Née Germaine Hélène Nannon le 10 juin 1909 à Paris et décédée le 6 mars 2001 à Asnières-sur-Seine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nane_Germon

Michel Auclair
Né Vladimir Vujovic à Coblence le 14 septembre 1922 et décédé le 7 janvier 1988 à Saint-Paul-en-Forêt (Var).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Auclair

Raoul Marco
Né le 22 novembre 1892 à Paris où il est décédé le 3 avril 1971.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Marco

Christian Marquand
Né le 15 mars 1927 à Marseille et décédé le 22 novembre 2000 à Ivry-sur-Seine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Marquand

extrait(s) de presse

Wikipédia - L'une des versions les plus anciennes de ce conte est sans doute celle d'Apulée, Amour et Psyché (extrait de l'Âne d'Or), qui date du IIe siècle...
Télédoc - Dans ce conte de fées sans fée, la magie est avant tout celle du langage cinématographique...
Il était une fois le cinéma - Oeuvre mythique et fantastique où la poésie pénètre les images...
Télérama - Rien n'a vieilli, le sortilège est intact. Merveille !
Horreur - Le film de Cocteau supporte très bien le poids des années qui passent et demeure un classique du cinéma fantastique français.
Krinein - La Belle et la Bête est un clas­sique à la magie in­tacte...
àVoir-àLire - Ce conte pour tous publics est un sommet de la poésie symboliste et le film le plus populaire du cinéaste.
Les Ecrans de Claire - Une bonne partie de la poésie dans le film est véhiculée par les tissus portés par les personnages. Ces derniers nous font voyager dans une sphère spatio-temporelle qui intrigue et subjugue à la fois.