l’étrangleur de boston - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Acheter vos billets musée en ligne
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > l’étrangleur de boston

l’étrangleur de boston

ciné répertoire
The Boston strangler
Usa - 1968 - 1h56
sorti en France le 30 octobre 1968
Nomination au prix Edgar Allan Poe du meilleur film 1969.
film - version originale sous-titrée en français
de

Richard Fleischer

scénario : Edward Anhalt
d'après l'oeuvre de : Gerold Frank
direction de la photographie : Richard H. Kline
musique ou chansons : Lionel Newman
avec : Tony Curtis (Albert DeSalvo), Henry Fonda (John S. Bottomly), George Kennedy (inspecteur Phil DiNatale), Mike Kellin (Julian Soshnick), Sally Kellerman (Diane Cluny), Hurd Hatfield (Terence Huntley), Murray Hamilton (sergent Frank McAfee), Jeff Corey (John Asgeirsson), Carolyn Conwell (Irmgard De Salvo), William Marshall (Edward W. Brooke), James Brolin (sergent Phil Lisi), George Voskovec (Peter Hurkos), Leora Dana (Mary Bottomly), Jeanne Cooper (Cloe), Austin Willis (docteur Nagy), Lara Lindsay (Bobbie Eden), Eve Collyer (Ellen Ridgeway), Tim Herbert (Cedric), Shelley Burton (David Parker), Matt Bennett (Harold Robin), Gwyda Donhowe (Alice Oakville), George Furth (Lyonel Brumley), William Hickey (Eugene T. O'Rourke), Alex Rocco (détective à l'appartement de la dixième victime), Enid Markey (Edna)
séances : semaine du mercredi 17 février 2010
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
18:30*
séance spéciale :
* Mardi fantastique : Tueurs stars En partenariat avec Hidden Circle

synopsis

Boston, 1962. Une vieille femme est retrouvée étranglée à son domicile. Les mobiles du crime sont inexplicables. Au cours des deux années suivantes, douze autres femmes sont assassinées dans des circonstances similaires. Le procureur général Bottomly est désigné pour prendre l'affaire en main. Un jour, Alberto DeSalvo, un modeste ouvrier, est arrêté par la police pour avoir pénétré dans un appartement par effraction...

notes de production

En 1968, soit dix ans après Les Vikings (1), Tony Curtis et le réalisateur Richard Fleischer se retrouveront pour les besoins du long-métrage L’Étrangleur de Boston.
Le criminel avait été interprété par Victor Buono quatre ans plus tôt dans Le Tueur de Boston (2) de Burt Topper.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1157
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tueur_de_Boston

Véritablement habité par son rôle, Tony Curtis livre dans L’Étrangleur de Boston une performance exceptionnelle, la meilleure de sa carrière pour beaucoup d’analystes. Ainsi, lors d’une scène où son personnage doit pleurer tout en déambulant le regard dans le vide, l’acteur sera effectivement ailleurs, du propre aveu du réalisateur Richard Fleischer. Un réalisateur qui regrettera amèrement par la suite que l’acteur gâche son talent dans des productions comme la comédie Gonflés à bloc (3). Tony Curtis sera cité au Golden globe du meilleur acteur pour sa performance.
Richard Fleischer eut pourtant le plus grand mal à convaincre les producteurs (4) de s’attacher les services du comédien. Trop beau et trop gentil, l’acteur ne faisait pas assez étrangleur à leur goût. Le cinéaste contacta donc Tony Curtis, et lui demanda de prendre une photo maquillé en étrangleur de Boston (avec une bosse sur le nez) et habillé de vêtements défraîchis. Devant le résultat, saisissant de réalisme, Richard Fleischer montra le cliché à Richard D. Zanuck (5), lui demandant son avis sur ce type. Réaction du producteur : fantastique ! Il est parfait pour le rôle, mais est-ce qu’il sait jouer ?...
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gonfl%C3%A9s_%C3%A0_bloc
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/20th_Century_Fox
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/26e_c%C3%A9rhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_D._Zanuck
À l’origine, Fleischer désirait un acteur inconnu pour jouer Albert DeSalvo afin d’accentuer le caractère documentaire du film. La production voulait une tête d’affiche et pensa en premier à Warren Beatty (6), puis Ryan O’Neal (7). Près de 2 000 comédiens furent auditionnés, parmi lesquels Anthony Perkins (8), James Caan (9), Peter Falk (10), Horst Buchholz (11) et Robert Redford (12). qui ont aussi été suggérés.
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1248
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ryan_O%27Neal
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1783
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film841
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1438
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Horst_Buchholz
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Redford

L’Étrangleur de Boston est le premier film à adopter la technique dite du split-screen (13) ou image multiple, qui présente plusieurs scènes ou angles de prises de vue d’une même scène sur un même écran. Convaincu de l’apport de ce procédé pour son film, Richard Fleischer eut le plus grand mal à convaincre les producteurs, qui craignaient de perdre l’attention du public qui ne saurait alors plus où regarder. Une bobine d’essai lui fut accordée, et il put ainsi démontrer aux pontes de la Fox (4) le bien-fondé de son idée. Cette technique sera par la suite utilisée dans L’Affaire Thomas Crown (14), L’Ultimatum des trois mercenaires (15), Carrie au bal du diable (16) ou plus récemment dans Snake eyes (17) ou Time code (18).
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cran_divis%C3%A9
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Affaire_Thomas_Crown_(film,_1968)
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film1170
(16) http://www.citebd.org/spip.php?film1552
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Snake_Eyes_(film,_1998)
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Timecode_(film,_2000)

C’est lors d’une visite à l’Exposition universelle de Montréal (19) en 1967 que je vis pour la première fois une nouvelle forme de langage cinématographique qui me parut offrir d’excitantes opportunités. Ces films expérimentaux se présentaient sous la forme d’écrans multiples et d’images fragmentées. Pour moi il était tout aussi clair que cette technique ne pouvait pas s’adapter à n’importe quel type de film : sa spécificité nécessitait une histoire adéquate où elle pourrait renforcer l’intrigue pour ne pas devenir un simple gadget tape à l’œil. (...) Or il se trouve qu’à mon retour à Hollywood, la 20th century fox (4) me proposa d’adapter L’Étrangleur de Boston. Je sus tout de suite que c’était le genre d’histoire qui se prêtait à merveille à l’utilisation de ces techniques : il était évident que l’individu était un schizophrène, une personnalité multiple classique, et quoi de plus approprié que l’utilisation d’écrans multiples et d’images fragmentées pour transposer son cas à l’écran ? De plus, plusieurs scènes du récit nécessitaient l’emploi d’un montage en parallèle, comme les interpellations par la police des habituels suspects ou ces femmes terrorisées de Boston qui achetaient des serrures renforcées, des armes à feu, des couteaux ou des chiens de garde, bref tout et n’importe quoi. Comme tous ces événements se déroulaient en même temps dans chacun des quartiers de la ville, il me semblait intéressant de recourir à cette nouvelle technique plutôt qu’à l’habituel style de montage montrant une image après l’autre.
Deux autres éléments furent également très importants pour le film : le scénario de Edward Anhalt et le casting de Tony Curtis qui était assez osé car allant complètement à contre-courant de son image habituelle. Je dus combattre pour obtenir qu’il soit engagé. Sa performance est étonnante et aurait du lui valoir une nomination aux Oscars ; peut-être sa personnalité empêchera-t-elle les gens du cinéma de le nominer...
Je crois que le film est très réussi et de nouveau, avec la seconde partie du film, je m’attachais à montrer les tourments de l’esprit d’un individu, ce qui est toujours difficile à rendre à l’écran. Il y a pas mal d’effets visuels dans le film dont les gens ne s’aperçoivent pas et qu’ils ne sont d’ailleurs pas censés remarquer. Ces effets doivent "travailler" votre subconscient, ainsi dans la dernière partie du film, petit à petit, au fil des séquences, j’enlevais toute couleur au film. Les ultimes séquences sont presque entièrement blanches ; je changeais même l’uniforme de Tony Curtis à cet effet.
Richard Fleischer in L’Étrangleur de Boston de Stéphane Bourgoin (20)
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_universelle_de_1967
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Bourgoin

La dernière séquence du film, dans laquelle l’étrangleur revit en mimant l’attaque de l’une de ses victimes dans une pièce entièrement blanche et vide, demanda un énorme travail de préparation. Richard Fleischer répéta ainsi avec Tony Curtis en amont du tournage, durant une semaine. Les deux hommes se retrouvaient dans une pièce vide en compagnie d’une jeune actrice face à une caméra. L’attaque était filmée avec l’actrice, comme elle se serait réellement passée, puis sans elle, Tony Curtis reprenant la scène seul face à l’objectif. Les deux hommes analysaient ensuite la vidéo pour retenir les bons moments et abandonner certains gestes, jusqu’à obtenir la séquence parfaite. Pendant plusieurs mois, la scène fut ensuite laissée de côté, pour n’être reprise que le jour du tournage : Tony Curtis livra une performance exceptionnelle.

L’Étrangleur de Boston marque le retour au polar du réalisateur Richard Fleischer, huit ans après Le Génie du mal (21 et Drame dans un miroir (22, tous deux portés par Orson Welles. Durant ce laps de temps, il dirigera une comédie d’action Le Grand risque (23, un péplum Barabbas (24), un film fantastique Le Voyage fantastique (25), une comédie L’Extravagant docteur Dolittle (26), et le documentaire promotionnel Think Twentieth (27), annonçant les prochaines sorties de la Fox (4).
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_G%C3%A9nie_du_mal
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Drame_dans_un_miroir_(film)
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Risque
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barabbas_(film)
(25) http://www.citebd.org/spip.php?film1554
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Extravagant_Docteur_Dolittle
(27) http://www.imdb.com/title/tt0338496/combined

Visiblement fasciné par les serial-killers (28), Richard Fleischer mettra à nouveau en scène un sombre psychopathe, trois ans après L’Étrangleur de Boston, dans L’ Étrangleur de la place Rellington (29) avec Richard Attenborough, dans lequel un tueur assassine des femmes et viole leurs cadavres.
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tueur_en_s%C3%A9rie
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trangleur_de_la_place_Rillington

Quatre ans avant L’Étrangleur de Boston, Tony Curtis et Henry Fonda s’étaient déjà donné la réplique dans la comédie romantique Une Vierge sur canapé (30).
A l’interprétation intense de Tony Curtis s’ajoute un maquillage exceptionnel, qui déforme légèrement le visage du comédien. Un faux-nez, conçu par le maître John Chambers (31) (La Planète des singes) (32), permit ainsi de rapprocher son physique de celui du véritable Albert DeSalvo.
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_vierge_sur_canap%C3%A9
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plan%C3%A8te_des_singes_(film,_1968)
(32) https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_DeSalvo

L’Étrangleur de Boston est adapté du livre-enquête de Gerold Frank. Le détective qui traqua l’étrangleur de Boston et le procureur chargé de l’affaire ont également participé à la production en tant que conseillers, afin de donner le plus de réalisme possible au film. Une vision réaliste, froide, clinique et quasi-documentaire qui choqua Albert DeSalvo (32), qui intenta un procès pour diffamation aux studios. Il sera débouté le 11 octobre 1968.
Initialement attaché au projet en tant que scénariste, Terence Rattigan (33) sera finalement évincé pour avoir choisi de traiter le récit sous l’angle de la comédie. L’adaptation du roman de Gerold Frank et l’écriture du scénario seront finalement confiées à Edward Anhalt.
Une voix-off fut ajoutée à la fin du film lors de sa première diffusion à la télévision en 1974, révélant que Albert DeSalvo (32) fut assassiné en prison en 1973, et que de nombreux experts arrivaient à la conclusion qu’il n’était pas le véritable l’étrangleur de Boston, mais seulement la victime d’un esprit dérangé...
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Terence_Rattigan

Des tests Adn (34) ont été pratiqués en 2001 sur la dernière victime de l’étrangleur de Boston ainsi que sur ses vêtements ; ils ne correspondaient pas à Albert DeSalvo, mais à 2 individus distincts. A ce jour, l’affaire n’a donc toujours pas été résolue et l’enquête reste ouverte...
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_g%C3%A9n%C3%A9tique
Cette histoire a inspiré les Rolling stones pour leur célèbre Midnight rambler (35) dans l’album (Let it bleed - 1969).
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/Midnight_Rambler
L’étrangleur (1998), roman de Manuel Vazquez Montalban (36) (le père de Pepe Carvalho), narre l’histoire d’un plombier particulier qui se prend pour Albert DeSalvo...
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_V%C3%A1zquez_Montalb%C3%A1n
Plus récemment (2009), une bédé (37) a été adaptée sur cette histoire par Serge Fino (38), sur un scénario d’Elie Chouraqui (39).
(37) http://www.actuabd.com/+Elie-Chouraqui-fait-revivre-l-affaire-de-l-etrangleur-de-Boston+
(38) https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Fino
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lie_Chouraqui

Autres adaptations
- 2006 The Boston strangler de Keith Walley
https://www.cinemotions.com/The-Boston-Strangler-tt66491
- 2008 The Boston strangler de Michael Feifer
https://www.cinemotions.com/The-Boston-Strangler-L-etrangleur-de-Boston-tt66501

(...) Car telle est la vérité existentielle dévoilée par le film : le Mal a pour vrai visage celui du common man. L’Étrangleur de Boston affirme à sa puissante manière filmique que la propension à l’inhumain se loge chez chacun des hommes. Y compris - et peut-être surtout... - chez ceux affichant la normalité la plus ostensible. Tel, bien entendu, DeSalvo (32) montré par Richard Fleischer, lors d’une séquence sise au milieu du film, dans son intimité familiale. Le tueur/violeur y apparaît d’abord comme un père aimant : on le voit prendre affectueusement sa fille sur ses genoux, composant alors une image semblant là encore s’inspirer de celles, idéales, de Norman Rockwell (40). Parent attentif, DeSalvo est en outre un mari affectueux qui n’omet pas d’embrasser sa femme avant de quitter le domicile familial parce qu’un travail urgent l’appelle. Bon père, bon époux, DeSalvo est enfin dépeint comme un citoyen conscient et responsable, ému presque aux larmes par la mort du président Kennedy (41) dont les obsèques sont alors retransmises par la télévision. Et c’est ce même père/mari/citoyen répondant à toutes les exigences de la norme sociale dominante qui, quelques scènes plus tard, se transformera en un impitoyable tueur/violeur... faisant ainsi la démonstration que le Bien et le Mal - sous leurs formes les plus radicalement antagonistes - peuvent cohabiter en un seul et même individu. Une réalité ontologique que John S. Bottomly, le magistrat en charge des investigations sur l’étrangleur, découvre par ailleurs non sans trouble puisqu’après avoir arrêté DeSalvo, il en viendra bientôt à s’interroger sur sa propre dualité, comme si le tueur agissait en lui tel un miroir. Lors d’une séquence de dialogue nocturne avec son épouse, l’on entend en effet le juriste - pourtant campé par l’icône achevé de l’Américain modèle qu’est Henry Fonda - confesser à sa femme que la traque du maniaque prend désormais pour lui des allures de jeu, lui procurant même un véritable plaisir. Des paroles qui font irrésistiblement penser aux Chasses du comte Zaroff (42), cette autre et surréaliste démonstration de la duplicité de l’âme humaine...
http://www.dvdclassik.com/critique/l-etrangleur-de-boston-fleischer
(40) https://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Rockwell
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_de_John_F._Kennedy
(42) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chasses_du_comte_Zaroff

(...) Alors que la première partie semble se conformer aux règles imposées d’un genre balisé, la deuxième heure qui nous met en présence du meurtrier est bien plus ambigüe, et donc savoureuse. Non seulement le criminel n’est pas montré comme un monstre, mais bien comme un malade mental qui devrait être aidé au lieu d’être poursuivi par la justice, mais les auteurs osent faire du personnage du flic interprété avec droiture par Henry Fonda un homme implacable, capable de prendre du plaisir à interroger les suspects jusqu’à les faire craquer. On assiste ainsi à un renversement des valeurs qui est tout à fait savoureux. Magnifiée par l’interprétation magistrale de Tony Curtis, cette seconde partie ose pénétrer dans l’esprit dérangé du criminel, usant de flashs abrupts décrivant les actes odieux du tueur, tout en divisant l’écran (13) à l’aide d’un décor constitué de miroirs. Lors d’un final absolument bouleversant, Fleischer va jusqu’à éliminer tout décor afin de signifier la perte de réalité du personnage, anticipant ainsi les audaces formelles d’un George Lucas (on pense à son THX 1138) (43). Énorme succès à sa sortie, L’Étrangleur de Boston peut aujourd’hui être considéré comme un pur chef d’œuvre, tant il anticipe de plusieurs années l’émergence du nouvel Hollywood par son traitement sans concession d’un sujet difficile. Des cinéastes comme William Friedkin (44) ou Brian De Palma (45) lui doivent assurément beaucoup.
http://www.avoir-alire.com/l-etrangleur-de-boston-la-critique-le-test-blu-ray
(43) https://fr.wikipedia.org/wiki/THX_1138
(44) http://www.citebd.org/spip.php?film1550
(45) http://www.citebd.org/spip.php?film1810

(...) Si tous les acteurs sont remarquables (Fonda, Kennedy, Hamilton que l’on retrouvera, plus tard, en shérif véreux dans Les Dents de la mer) (46), c’est évidemment la composition de Curtis qui marque le plus. La justesse de son jeu sert admirablement le point de vue, l’objectif du film : présenter l’étrangleur certes comme un dangereux meurtrier, dont les actes sont évidemment hautement condamnables, mais aussi comme un être humain qu’il faut soigner, traiter.
L’Étrangleur de Boston prend donc le contrepied de nombreux polars de l’époque en approfondissant la dimension psychologique et en humanisant le meurtrier. En cela, le propos du film est particulièrement éclairé. En France, l’on croisera également un personnage de tueur à la fois effrayant et troublant au cinéma : celui du fameux boucher joué par Jean Yanne dans le film éponyme (47) de Claude Chabrol, sorti deux ans après L’Étrangleur de Boston.
http://www.citizenpoulpe.com/l-etrangleur-de-boston/
(46) http://www.citebd.org/spip.php?film1347
(47) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Boucher

(...) L’image va elle aussi précéder et accompagner ce fractionnement, en se scindant souvent en deux ou plusieurs cadres (13). Parfois traités en très gros plans, ils permettent de suivre simultanément plusieurs actions et réactions. Réactions du tueur ou de ses victimes, actions des autorités, des médias ou de la foule y trouvent leur place, conférant au spectateur une vision démultipliée mais également fragmentaire des situations. Un puzzle savamment orchestré qui intrigue, inquiète et pousse à la réflexion.
Mais, en dépit de cette liberté de style, Richard Fleischer demeure extrêmement fidèle au fait divers initial sur lequel son scénariste et lui ont effectué de nombreuses recherches. Et il va explorer à la fois les aspects psychiques de ces meurtres, mais aussi les répercutions sociales et politiques qu’engendre dans une ville ce genre de tragédie. A la façon d’un documentaire, il nous fait pénétrer dans le quotidien des Bostoniens, un quotidien dans lequel il va, par petites doses, instiller la peur et le chaos. Et de la même manière, posée, mesurée, mais terriblement efficace, se dévoileront ensuite les méandres de la psychologie du meurtrier.
Nul sensationnalisme, ni voyeurisme ne viennent entacher cette chronique. Jamais les viols n’y sont ouvertement montrés, seuls quelques plans d’une beauté macabre et suggestive viennent les évoquer au fil des scènes.
Maîtrisé, percutant, inquiétant, dérangeant, L’Étrangleur de Boston n’a, malgré le passage du temps, pas pris une ride. Et il continue de témoigner du désarroi profond dans lequel le désordre mental poussé à un tel paroxysme va plonger à la fois l’individu qui y est confronté et la société dans sa globalité.
https://www.sueursfroides.fr/critique/the-boston-strangler-2701

Richard Fleischer
Né le 8 décembre 1916 à Brooklyn et décédé le 25 mars 2006.
Fils d’un des pionniers de l’animation Max Fleischer, créateur de Popeye, Betty Boop, Richard Fleischer poursuit un cursus de psychologie, avant de rentrer dans le département d’art dramatique de Yale, ou il monte une troupe de théâtre...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Fleischer

Edward Anhalt
Né à New York, 28 mars 1914, décédé à Pacific Palisades le 3 septembre 2000.
http://www.imdb.com/name/nm0030019/

Gerold Frank
Né le 2 août 1907 à Cleveland, décédé le 17 septembre 1998 à Philadelphie.
http://www.imdb.com/name/nm0290940/

Richard H. Kline
voir fiche du film Soleil vert
http://www.citebd.org/spip.php?film1325

Lionel Newman
Né le 4 janvier 1916 à New Haven (Connecticut), décédé le 3 février 1989 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_Newman

Tony Curtis
Né Bernard Schwartz le 3 juin 1925 à New York et décédé le 29 septembre 2010 à Henderson (Nevada).
Fils d’immigrés hongrois, Tony Curtis se lance dans le cinéma après un passage chez les Marines. Remarqué dans des productions indépendantes, il se voit rapidement proposer un contrat par Universal pictures...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Curtis

Henry Fonda
voir fiche du film 12 hommes en colère
http://www.citebd.org/spip.php?film512

George Kennedy
Né le 18 février 1925 à New York et décédé le 28 février 2016 à Boise (Idaho).
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Kennedy

Mike Kellin
Né Myron Kellin le 26 avril 1922 à Hartford (Connecticut) et décédé le 26 août 1983 à New York.
Son rôle le plus marquant restera celui du père de Brad Davis dans le film Midnight express...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Kellin

Sally Kellerman
Née le 2 juin 1937 à Long Beach (Californie).
Surtout connue pour son rôle de lèvres en feu dans M*A*S*H de Robert Altman...
http://www.imdb.com/name/nm0001419/

Hurd Hatfield
Né William Rukard Hurd Hatfield le 7 décembre 1917 à New York, décédé le 26 décembre 1998 à Rathcormac (Irlande).
Il a été Dorian Gray dans le célèbre film d’Albert Lewin...
http://www.imdb.com/name/nm0368836/

Murray Hamilton
voir fiche du film Les Dents de la mer
http://www.citebd.org/spip.php?film1347

Jeff Corey
voir fiche du film L’Opération diabolique
http://www.citebd.org/spip.php?film1381

Carolyn Conwell
Née le 16 mai 1930 à Chicago et décédée le 22 octobre 2012 à Long Beach (Californie).
http://www.imdb.com/name/nm0176804/

William Marshall
Né William Horace Marshall le 19 août 1924 à Gary (Indiana), décédé le 11 juin 2003 à Los Angeles.
Il est surtout connu pour avoir tenu le rôle titre dans le classique du film de blaxploitation, Blacula, le vampire noir...
http://www.imdb.com/name/nm0551234/

James Brolin
voir fiche du film Le Voyage fantastique
http://www.citebd.org/spip.php?film1554

George Voskovec
Également appelé George Voskovec après sa naturalisation, né le 19 juin 1905 à Sázava (Bohême), décédé le 1er juillet 1981 à Pearblossom (Californie).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ji%C5%99%C3%AD_Voskovec

Leora Dana
Née le 1er avril 1923 à New York où elle est décédée le 13 décembre 1983.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Leora_Dana

Jeanne Cooper
Née Wilma Jeanne Cooper le 25 octobre 1928 à Taft (Californie), décédée à Los Angeles le 8 mai 2013.
Paradoxalement, elle est surtout connue pour son rôle de Katherine Chancellor dans le feuilleton tv Les Feux de l’amour...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Cooper

Austin Willis
http://www.imdb.com/name/nm0932270/

Lara Lindsay
http://www.imdb.com/name/nm0512257/

Tim Herbert
http://www.imdb.com/name/nm0378630/

Shelley Burton
http://www.imdb.com/name/nm0123721/

Gwyda Donhowe
http://www.imdb.com/name/nm0232514/

George Furth
voir fiche du film Le Shérif est en prison
http://www.citebd.org/spip.php?film1777

William Hickey
voir fiche du film Little big man, les extravagantes aventures d’un visage pâle
http://www.citebd.org/spip.php?film1778

Alex Rocco
Né le 29 février 1936 à Cambridge (Massachusetts) et décédé le 18 juillet 2015 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Rocco

Enid Markey
http://www.imdb.com/name/nm0548402/

extrait(s) de presse

Citizen Poulpe - Tony Curtis est proprement hallucinant dans le rôle...
Critikat - Richard Fleischer se sert de ce fait divers célèbre comme point de départ d’un film ambitieux qui propose un état des lieux des rapports de l’Amérique avec la violence et sa représentation...
Devildead - "L'Étrangleur de Boston" est un film à part dans la grande famille des descendants de "M le maudit"...
Culturofil - Une fois que le meurtrier est attrapé, on bascule dans un tout autre film...
Ecran Large - Brian de Palma est en train de préparer une nouvelle version de "L'Etrangleur de Boston" immortalisé par Richard Fleischer...
Télérama - Une mise en scène moderne (pour l’époque) qui sert un regard cru mais humain sur le crime...
DvdCritiques - "L'Etrangleur de Boston" est un bon polar, emmené par de bons acteurs...
Au 3ème Oeil - Etude de Stéphane Bourgoin sur le cinéaste Richard Fleischer, passant en revue la totalité de ses films.