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qu’un seul tienne et les autres suivront

France - 2009 - 1h59
sorti en France le 9 décembre 2009
prix Michel-d'Ornano festival du cinéma américain Deauville 2009 - prix Louis-Delluc 2009 du premier film - prix Lumière 2010 du meilleur espoir féminin (Pauline Étienne)
film - film francophone
de

Léa Fehner

scénario : Léa Fehner, Catherine Paillé
avec : Farida Rahouadj (Zorha), Reda Kateb (Stéphane), Pauline Étienne (Laure), Marc Barbé (Pierre), Vincent Rottiers (Alexandre, le petit ami de Laure), Dinara Droukarova (Elsa, la petite amie de Stéphane), Julien Lucas (Antoine), Delphine Chuillot (Céline, la sœur de François), Michaël Erpelding (François, l'amant du fils de Zorah), Edmonde Franchi (la mère de Stéphane), François Fehner (le juge), Stéphanie Fatout (la femme du pressing), Nacer Belhaoues (Mokrane)
séances : semaine du mercredi 9 décembre 2009
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
14:45
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séances : semaine du mercredi 16 décembre 2009
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
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séances : semaine du mercredi 23 décembre 2009
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
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synopsis

Zorah, pour faire le deuil de son fils, mort en France, décide de se rendre à Marseille pour comprendre ce qui s'est passé. Elle réussit à devenir la nounou de Céline, la sœur de François, l'amant et meurtrier de son fils. François est en prison et attend son jugement. Elsa et Stéphane forment un couple à la dérive qui vit toujours chez les parents de ce dernier. Elle se prostitue à l'occasion et Stéphane vit de petits boulots qu'il ne réussit pas même à remplir. À la suite d'un accident, Elsa se retrouve aux urgences où Stéphane vient la chercher. Il rencontre Pierre, un truand local, qui, frappé par son extrême ressemblance avec un ami incarcéré, lui propose de prendre sa place en prison lors d'une visite au parloir...

notes de production

Qu’un seul tienne et les autres suivront a été présenté à Venise dans le cadre de la section Venice days (1) (ou Giornate degli autori).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Venice_Days_Award

Qu’un seul tienne et les autres suivront est le premier long métrage de Léa Fehner. Née à Toulouse en 1981, elle a étudié à l’Insas (2) en Belgique avant d’intégrer la Fémis (3) (département scénario), dont elle est sortie diplômée en 2006 avec les félicitations du jury. Elle a ensuite été lauréate de la 9e session Emergence (4), organisme qui encourage les projets de jeunes réalisateurs.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_sup%C3%A9rieur_des_arts_du_spectacle_et_des_techniques_de_diffusion
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%A9mis
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Emergence_%28cin%C3%A9ma%29

Léa Fehner revient sur la genèse du projet : lorsque j’habitais Toulouse, mon collège jouxtait une prison, la prison Saint Michel (5). Mes amis et moi étions fascinés par ce voisinage et tentions tout le temps de voir quelque chose derrière les murs, à travers les grilles. Pour moi, il y a eu un choc fondateur : un jour, une femme est arrivée et a fait un parloir sauvage. Elle s’est mise à hurler des choses très intimes pour que son mari l’entende depuis sa cellule. Et cette image ne m’a plus quittée. Alors, il y a six ans, j’ai commencé à travailler pour SEP 91 (soutien écoute prison) à Fleury Mérogis (6), une association qui prend en charge les familles en attente de parloir (...) J’y ai fait de nombreuses rencontres, souvent très fortes, des amitiés se sont liées, et j’ai commencé à vouloir parler de ces histoires que je traversais... A peu près au même moment, et dans un autre genre, il y a eu aussi une série de photos qui m’ont marquée, celles de Mathieu Pernot (7), Les hurleurs, des scènes de parloirs sauvages (...) De toutes ces visions accumulées depuis l’adolescence, émergeait très fortement une question qui est celle du lien. Pourquoi en prison, certains tiennent et d’autres pas ? Pourquoi certains abandonnent ceux qui sont dedans et d’autres leur sacrifient leur propre liberté ?
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_Saint-Michel_%28Toulouse%29
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_d’arr%C3%AAt_de_Fleury-M%C3%A9rogis
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Pernot

Qu’un seul tienne et les autres suivront a été tourné dans un centre de détention du sud de la France. Les parloirs avaient lieu uniquement les samedis et les dimanches, ce qui nous évitait de perturber les visites des familles avec le tournage, se souvient Léa Fehner. On a pu filmer l’extérieur, le parvis, mais aussi l’intérieur, les portiques, la cour, les couloirs. Le parloir quant à lui, a été construit en studio pour que l’on soit libre de créer la scénographie nécessaire à la mise en scène de la dernière scène. Caractéristique symptomatique de l’éternelle mise au ban des prisons, la nôtre se trouve dans un no man’s land. Elle n’était pas desservie par les bus et les familles sans voitures devaient marcher 4 km pour y accéder. Autour, on voit des éoliennes, c’est tout. Mais la carte postale olfactive est beaucoup plus saisissante encore, parce que la prison est située entre une usine de cellulose, un abattoir et une décharge...

Sur les 3 histoires que raconte le film, deux sont inspirées de la réalité. Laure, la très jeune fille amoureuse d’un garçon qui se retrouve en prison, m’est apparue, une fois, à Fleury Mérogis, raconte Léa Fehner. Une gamine, perdue dans un immense sweatshirt, très jolie, et qui venait voir son "cousin". Sa présence avait quelque chose d’incongru, elle était tellement jeune, tellement pas à sa place, j’ai eu envie de raconter ça, la rencontre de la prison et de ce corps-là, de jeune fille. Zohra, la mère dont le fils a été assassiné, m’a été inspirée par une amie de ma mère, une Algérienne dont le fils était mort dans un camp militaire pendant la guerre. Elle ne l’avait appris que trois jours plus tard et m’a confié : "Ce qui m’a été le plus insupportable, c’est qu’au moment où mon fils est mort, je n’ai rien ressenti". Comme si le lien de la chair avait dû la prévenir par je ne sais quel moyen ! Le drame de la mort d’un enfant me touche particulièrement (...) Pour la troisième histoire, celle de Stéphane, qui semble apparemment plus romanesque, plus éloignée de moi, c’est la notion d’identité, la difficulté de prendre sa vie en main, la peur de ne pas devenir celui qu’on aimerait être que j’ai eu vraiment envie de travailler, parce que j’y étais moi-même confrontée.

Après avoir incarné Jordy le gitan dans Un prophète (8), Reda Kateb se retrouve de nouveau dans un univers carcéral.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_proph%C3%A8te

Qu’un seul tienne et les autres suivront a reçu le prix Michel D’Ornano (9) lors de la 35ème édition du festival de Deauville (10). Créé en 1991, ce prix, décerné par la presse anglophone, récompense un premier film français, dans le but d’aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_d’Ornano-Valenti
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_cin%C3%A9ma_am%C3%A9ricain_de_Deauville

Léa Fehner a fait jouer ses parents dans le film : son père (qui dirige une troupe de théâtre itinérant) interprète le juge, et sa mère interprète la femme prise en stop par Stéphane.

Entretien avec Léa Fehner
"Qu’un seul tienne et les autres suivront" : le titre est un peu énigmatique, d’où vient-il ?
Je voulais un titre qui soit comme un appel, une parole de résistance, une injonction à " tenir " face à l’adversité que chacun de mes personnages traverse. Quelque chose qui parle aussi du courage que chacun déploie au cœur de son histoire. Une idée à laquelle... je tiens, à l’évidence, puisque j’ai déjà fait un court-métrage qui s’appelait : " ceux qui tiennent les murs "...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/qu-un-seul-tienne-et-les-autres-suivront,133443

Léa Fehner
Née le 15 octobre 1981 à Toulouse.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9a_Fehner

Catherine Paillé
http://www.imdb.com/name/nm1771591/

Farida Rahouadj
Née le 23 avril 1965 à Salon de Provence.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Farida_Rahouadj

Reda Kateb
Né le 27 juillet 1977 à Ivry-sur-Seine.
Remarqué pour son rôle dans le film Un prophète de Jacques Audiard...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Reda_Kateb

Pauline Étienne
Née à Ixelles (Belgique) le 26 juin 1989.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_%C3%89tienne

Marc Barbé
Né le 6 mai 1961 à Nancy.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Barb%C3%A9

Vincent Rottiers
voir fiche du film L’Ennemi intime
http://www.citebd.org/spip.php?film1228

Dinara Droukarova
Née Dinara Anatolievna Droukarova à Leningrad le 3 janvier 1976.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dinara_Droukarova

Julien Lucas
https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Lucas

Delphine Chuillot
https://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_Chuillot

Michaël Erpelding
https://fr.wikipedia.org/wiki/Micha%C3%ABl_Erpelding

Edmonde Franchi
http://www.imdb.com/name/nm0289934/

François Fehner
http://www.imdb.com/name/nm0270449/

Stéphanie Fatout
http://www.imdb.com/name/nm0268898/

Nacer Belhaoues
http://www.imdb.com/name/nm3395148/

extrait(s) de presse

La Croix - Un premier film magistral (...) Une intensité dramatique exceptionnelle.
Marianne - Avec une maîtrise étonnante, une fluidité abrupte, Léa Fehner passe d'une histoire à l'autre, pas de transitions, de chevilles artificielles et inutiles.
Le Figaro - On est soufflé par la puissance dramatique, la force des plans, la maîtrise de la narration (...) Un véritable kidnapping émotionnel.
Charlie hebdo - Léa Fehner ne cède pas (ou si peu) au romantisme des trajectoires humaines qui s'entrecroisent, ni au mysticisme un peu cheap des coïncidences de la vie.
Le Nouvel obs - Un premier film choc.
Paris match - Ce beau portrait d'une humanité blessée est celui de la dignité retrouvée.
Libération - Pour son premier long métrage, Léa Fehner signe un récit tout en fureur.
Positif - Le film inverse l'espace carcéral pour faire du monde extérieur une sorte de "no man's land" de la douleur.