la femme du fossoyeur - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Facebook Twitter YouTube instagram familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > la femme du fossoyeur

la femme du fossoyeur

The Gravedigger’s Wife
Finlande, Allemagne, France, Somalie - 2021 - 1h22
sorti en France le 27 avril 2022
film - version originale sous-titrée en français
de

Khadar Ahmed

avec : Omar Abdi , Yasmin Warsame , Kadar Abdoul-Aziz Ibrahim
séances : semaine du mercredi 27 avril 2022
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
21:00
11:00
15:45
21:00
11:00
21:00
21:00
18:30
séances : semaine du mercredi 4 mai 2022
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
16:00
18:45
11:00
18:30
16:15
séances : semaine du mercredi 11 mai 2022
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
16:15
19:15
11:00
14:30*
séance spéciale :
* dernière séance le dimanche 15 Mai à 14h30

synopsis

Guled et Nasra sont un couple amoureux, vivant dans les quartiers pauvres de Djibouti avec leur fils Mahad. Cependant, l’équilibre de leur famille est menacé : Nasra souffre d’une grave maladie rénale et doit se faire opérer d’urgence. L’opération coûte cher et Guled trime déjà comme fossoyeur pour joindre les deux bouts : comment réunir l’argent pour sauver Nasra et garder une famille unie ?
- voir la bande annonce

notes de production

Naissance du projet
La Femme du fossoyeur s’inspire d’un événement réel qui s’est produit au début des années 2010, lorsque le bébé du frère de Khadar Ahmed est mort. Il s’agit du premier décès dans la famille de ce dernier, après leur déménagement d’Afrique en Finlande. Le metteur en scène se rappelle :
"J’avais 16 ans. Je suis né en Somalie et quand la guerre civile a commencé, nous avons déménagé en Éthiopie, le pays d’origine de ma mère. Le rituel d’enterrement en Finlande était nouveau pour nous. Il fallait une semaine pour organiser les funérailles, appeler l’imam, appeler les autorités et traiter avec l’hôpital."
"Ce n’était pas facile. Mon frère aîné m’a dit : Sais-tu combien il est facile d’enterrer quelqu’un en Somalie et en Éthiopie ? Il m’a expliqué qu’il y avait toujours beaucoup de fossoyeurs devant l’hôpital, attendant que quelqu’un meure, et ils l’enterraient en quelques heures."
"Traditionnellement, dans l’Islam, les enterrements ont lieu dans les 24 heures après le décès afin de protéger les vivants de tout problème sanitaire. Puis, je me suis souvenu de tous ces fossoyeurs que je croisais sur le chemin de l’école : qui sont-ils ? que font-ils là ?"
Tournage serré
Le tournage du film a duré 21 jours. Khadar Ahmed et son équipe avaient un planning très serré. De plus, tous les acteurs n’avaient jamais fait de cinama (y compris Yasmin Warsame et Omar Abdi). Il ajoute : "Je n’ai trouvé l’enfant, Kadar Abdoul-Aziz Ibrahim (qui joue leur fils Mahad) que deux semaines avant le début du tournage. Tout faire en 21 jours avec des acteurs non-professionnels était très difficile. Nous n’avons jamais fait de lecture sur table ni beaucoup de répétitions, mais j’ai eu beaucoup de chance d’avoir ces comédiens."
Pauvreté extrême
L’opération de Nasra coûte 5000 $ : c’est le salaire annuel d’un fossoyeur. Et Guled n’a que deux semaines pour trouver cette somme : "En Afrique, beaucoup de gens meurent pour de toutes petites choses. La situation sanitaire en Afrique subsaharienne est démente, les gens n’ont pas suffisamment accès aux soins. Il faut y remédier car 5000 dollars au final ce n’est rien."
"C’est un héritage post-colonialiste : ces Africains ont tout eu, puis ils ont été abandonnés par les colonisateurs, sans système social. Une opération comme celle-ci serait facile à obtenir dans les pays occidentaux. Dans ce monde post-colonial, les occidentaux ont laissé les Africains sans outils pour survivre", confie le réalisateur Khadar Ahmed.
Qui est Khadar Ahmed ?
L’écrivain-réalisateur finlandais Khadar Ahmed est né à Mogadiscio en 1981. Il a réalisé plusieurs courts métrages à succès, comme The Night Thief en 2017, et est aussi scénariste : il a écrit le long métrage de fiction Unexpected Journey avec le réalisateur Samuli Valkama et le court métrage Citizens, récompensé à Locarno et à Angers (réalisé par Juho Kuosmanen).
La Femme du fossoyeur est son premier long métrage. Le film a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2021.
Statut social
Khadar Ahmed a décidé de ne montrer que les parties les plus pauvres de Djibouti, le métier de fossoyeur étant l’une des professions les moins bien payées du pays : "J’ai beaucoup discuté de l’univers du personnage principal avec Antti Nikkinen, qui est le chef décorateur, et avec le directeur de la photographie, Arttu Peltomaa."
"Nous avons pensé qu’il serait tout simplement bizarre de montrer la vie de cet homme, son environnement, et puis de le voir se promener au milieu de ces bâtiments modernes et magnifiques, dans des rues bordées d’arbres avec beaucoup de circulation. Nous voulions que son entourage et son environnement reflètent son statut social."
Casting sauvage
Les acteurs professionnels somaliens étant très peu nombreux n’importe où dans le monde, Khadar Ahmed a réalisé un casting sauvage dans les rues (à l’exception de son ami Omar qui a joué dans le premier court métrage qu’il a écrit, Citizens). Le cinéaste précise :
"Et la manière dont j’ai trouvé Yasmin est assez drôle. C’est une « super top model ». En 2013, elle a fait une campagne pour la collection d’été d’H&M, placardée partout à Helsinki. Je me souviens que je suis sorti du métro et j’ai vu une énorme affiche d’elle. Puis je l’ai cherchée sur Google."
"Elle est complètement différente sur chaque photo. Elle a cette beauté unique et si flexible que vous pouvez la faire ressembler à un homme âgé, ou à une jeune et très belle femme. Je savais qu’elle serait parfaite pour le rôle de Nasra."
"Pour Kadar Abdoul-Aziz Ibrahim, qui joue le rôle de leur fils Mahad, nous sommes allés dans une école près de l’hôtel où nous étions logés. Il y avait environ 50 enfants par classe. Je me suis présenté aux élèves, en expliquant ce que je faisais."