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come as you are

The Miseducation of Cameron Post
USA - 2018 - 1h31
sorti en France le 18 juillet 2018
Sundance Film Festival 2018 : Grand Prix du Jury - fiction américaine
film - version originale sous-titrée en français
de

Desiree Akhavan

scénario : Desiree Akhavan, Cecilia Frugiuele,
d'après l'oeuvre de : Emily M. Danforth
direction de la photographie : Ashley Connor
musique ou chansons : Julian Wass
avec : Chloë Grace Moretz (Cameron Post), Sasha Lane (Jane Fonda), John Gallagher Jr. (révérend Rick), Forrest Goodluck (Adam Red Eagle), Jennifer Ehle (docteure Lydia Marsh), Quinn Shephard (Coley Taylor), Emily Skeggs (Erin), Emily Skeggs (Erin), Dalton Harrod (Jamie)...
séances : semaine du mercredi 5 septembre 2018
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
20:45
16:30
11:00*
18:30
20:30
séance spéciale :
* séance matinale : tarif 3,50€

synopsis

Pennsylvanie, 1993. Bienvenue à God’s Promise, établissement isolé au cœur des Rocheuses. Cameron, vient d’y poser ses valises. La voilà, comme ses camarades, livrée à Mme Marsh qui s’est donnée pour mission de remettre ces âmes perdues dans le droit chemin. La faute de Cameron ? S’être laissée griser par ses sentiments naissants pour une autre fille, son amie Coley. Parmi les pensionnaires, il y a Mark l’introverti ou Jane la grande gueule. Tous partagent cette même fêlure, ce désir ardent de pouvoir aimer qui ils veulent. Si personne ne veut les accepter tels qu’ils sont, il leur faut agir...

notes de production

Come as you are est tiré de The Miseducation of Cameron Post, un roman pour adolescents signé Emily M. Danforth. La réalisatrice Desiree Akhavan a été impressionnée par l’ouvrage lorsqu’elle le découvre en 2011 : "Le livre traite avec justesse du passage à l’âge adulte, à travers un personnage qui s’avère être gay. Bien que l’homosexualité de Cameron soit centrale dans le récit, on n’a pas le sentiment d’être face à une histoire n’existant que par son sujet gay. À aucun moment le livre ne semble condescendant, moralisateur ou prétentieux. On s’y identifie très bien et on y trouve la même justesse que dans tous les meilleurs romans pour adolescents."
Le long métrage se concentre sur les 200 dernières pages du roman où Cameron se retrouve dans un centre de reconversion.

Après avoir découvert le roman d’Emily M. Danforth en 2011, la réalisatrice Desiree Akhavan décide de s’y pencher à nouveau en 2015. Elle suggère le projet à sa productrice Cecilia Frugiuele qui accepte de se lancer dès la lecture du livre. Le précédent film d’Akhavan, Appropriate Behavior (inédit dans les salles françaises), traitait déjà de l’identité sexuelle d’une jeune femme.

Pour écrire Come as you are, la réalisatrice et scénariste s’est basée sur son expérience personnelle puisque plus jeune, elle avait suivi un traitement pour trouble alimentaire au sein d’un centre de rééducation : "J’aime beaucoup les histoires se déroulant dans des centres de rééducation et j’ai toujours voulu réaliser un projet qui parlerait de ce qu’on peut ressentir dans cet environnement. Tout est fait pour « aller mieux », mais qu’est-ce que cela veut dire au fond ? Chacun a sa propre perception de ce que cela peut signifier. Il y aussi des alliances qui se forment selon la volonté profonde de chacun d’aller mieux ou non. Ça m’a frappé quand je lisais le livre : que signifie « aller mieux » quand de simples prières ne peuvent pas avoir d’effet sur l’homosexualité de quelqu’un. Voilà le noyau autour duquel nous avons commencé à écrire le scénario avec Cecilia [Frugiuele]."

Lorsque, en septembre 2016, Chloë Grace Moretz entend parler de Come as you are, elle est à un tournant de sa carrière d’actrice. Après avoir été à l’affiche de films de studio comme Kick-Ass 2, Laisse-moi entrer ou Hugo Cabret, l’actrice souhaitait "prendre un peu de recul et donner un nouveau souffle à ma carrière". Elle ajoute : "Je voulais m’investir dans des films qui me touchent et m’inspirent personnellement, et qui ont une véritable portée. J’ai lu le scénario en une heure. J’ai appelé mon frère et je lui ai dit : « Tout d’abord, c’est l’un des scripts les mieux écrits qu’il m’ait été donné de lire. Et, deuxièmement, cela correspond exactement à la voie que je souhaite suivre dans ma carrière. »"

Lors de la pré-production de Come as you are, Desiree Akhavan désespérait de trouver l’interprète de son héroïne, Cameron Post. Lorsque sa directrice de casting, Jessica Daniels, l’informe que Chloë Grace Moretz est intéressée par le projet, la réalisatrice est étonnée : "Jessica m’a collé un post-it en face de moi disant que Chloé souhaitait nous rencontrer. Je ne l’avais pas vu venir parce que Chloé avait fait des choix de carrière éloignés de mon univers. J’ai encadré ce post-it et il est aujourd’hui encore affiché dans ma chambre."
Les deux femmes étaient sur la même longueur d’ondes dès leur première rencontre, comme le raconte l’actrice : "Desiree et moi souhaitions que ce film soit avant tout un film positif. On ne voulait pas donner de quelconque leçon aux spectateurs, mais simplement leur montrer des adolescents qui, pour la première fois, rencontrent d’autres homosexuels comme eux."
La réalisatrice ne tarit pas d’éloges sur sa comédienne : "Chloé a une telle gamme de jeu, elle n’est jamais unidimensionnelle. C’est un vrai virage par rapport à ce que beaucoup de gens connaissent d’elle. Elle a apporté une certaine assurance à Cameron, une conscience d’ellemême en même temps qu’une certaine vulnérabilité. C’est un équilibre qui n’est jamais simple à atteindre et elle a assuré."

Dans le rôle d’Adam, le meilleur ami de Jane, on retrouve Forrest Goodluck, révélé par The Revenant dans lequel il joue le fils de DiCaprio. Il s’est tout de suite très bien entendu avec sa partenaire de jeu, Sasha Lane, qui a découvert à son contact une culture amérindienne différente de la sienne : "Adam est un Lakota et, selon sa culture, il se définit lui-même comme un Winkte. Il ne se vit donc pas comme homosexuel, bisexuel ou transsexuel. La traduction littérale de Winkte est « tué par la femme », ce qui signifie que l’esprit masculin d’Adam a été tué par une femme et que seul l’esprit de cette femme est resté. C’était la première fois que j’entendais parler des Winktes et, grâce au film de Desiree, j’ai pu en rencontrer et écouter leur perception des choses. C’était fascinant d’en apprendre davantage à ce sujet !"

Le tournage de Come as you are a débuté en octobre 2016 et s’est déroulé pendant 23 jours à l’hôtel Reidlbauer de Saugerties, dans l’état de New York.

La réalisatrice a collaboré avec la directrice de la photographie, Ashley Connor, pour développer l’esthétique du film. Toutes les deux ont souhaité utiliser beaucoup d’éclairage naturel et se sont inspirées de photos de Nan Goldin, des films de Lynne Ramsay ainsi que de Safe de Todd Haynes.

Le film était encore en tournage lors de l’élection présidentielle de 2016. La réalisatrice témoigne : "Je leur ai dit : « Je préfère passer cette journée avec vous, à faire un film en réponse à tout ce climat. Oui, c’est la merde mais au moins, on fait quelque chose. Et, je préfère toujours agir. »" Sasha Lane se rappelle : "C’était un jour vraiment difficile. Mais, en même temps, c’était incroyable de se dire que nous faisions quelque chose qui compte, quelque chose qui avait une importance face aux événements qui se passaient".

extrait(s) de presse

Culturopoing.com - Un vivifiant plaidoyer pour la différence, nous embarquant sur un chemin de croix quand on préfère gambader hors des sentiers battus.
Le Figaro - À travers son héroïne, magnifiquement interprétée par Chloë Grace Moretz, la cinéaste offre un hymne à la liberté et à l'identité, en maniant à merveille l'ironie contre les conventions.
Le Parisien - Irradié par le doux visage juvénile et la sensualité de Chloë Grace Moretz, « Come as you are » met la lumière sur ces établissements religieux et archaïques qui existent toujours aujourd’hui aux Etats-Unis. Il aborde avec subtilité la question de la découverte, par des adolescents, de leur homosexualité.
Le Nouvel Observateur - Loin des clichés, le film reste sur les rails d'un cinéma indépendant américain qui tient sur ses acteurs plus que sur ses intuitions de mise en scène.