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hedy lamarr : from extase to wifi

Bombshell: The Hedy Lamarr Story
USA - 2017 - 1h26
sorti en France le 6 juin 2018
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Alexandra Dean

avec : Hedy Lamarr, Mel Brooks, Richard Rhodes, Jeanine Basinger, Peter Bogdanovich, Diane Kruger, Anne Helen Petersen, Robert Osborne...
séances : semaine du mercredi 15 août 2018
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synopsis

Des débuts fulgurants dans "Extase" aux prémices des nouvelles technologies chères à notre ère digitale, c’est un double portrait de l’autrichienne Hedy Lamarr. L’un, très officiel, est celui d’une actrice qui fascina le monde par sa beauté et sa liberté sexuelle exacerbée. L’autre, plus intime, est celui d’un esprit scientifique insoupçonné. Obsédée par la technologie, Hedy inventa un système de codage des transmissions qui aboutira au GPS et bien plus tard au Wifi. Il s’agit d’une invitation contemporaine à redécouvrir une figure complexe, celle d’une enfant sauvage partie conquérir Hollywood pour fuir son mari pro-Nazi.

notes de production

Hedy Lamarr est une actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne naturalisée américaine, née Hedwig Eva Maria Kiesler le 9 novembre 1914 à Vienne (Autriche-Hongrie) et morte le 19 janvier 2000 à Casselberry (Floride).

Au cours de sa carrière cinématographique, elle a joué sous la direction des plus grands réalisateurs : King Vidor, Jack Conway, Victor Fleming, Jacques Tourneur, Marc Allégret, Cecil B. DeMille ou Clarence Brown.

Hedy Lamarr est l’une des plus célèbres actrices parues entièrement nues au cinéma. C’est dans Extase, un film tchèque de 1933, antérieur à sa carrière hollywoodienne

Outre sa carrière au cinéma, elle a marqué l’histoire scientifique des télécommunications en inventant, en collaboration avec le compositeur George Antheil, pianiste et inventeur comme elle, la « technique Lamarr », un système de codage des transmissions par étalement de spectre, ancêtre des techniques toujours utilisées actuellement pour, entre autres, les liaisons chiffrées militaires, la téléphonie mobile ou dans la technique Wi-Fi.

En 1941, en collaboration avec George Antheil, Hedy Lamarr propose son système secret de communication4,5,6,7 applicable aux torpilles radio-guidées, qui permettait au système émetteur-récepteur de la torpille de changer de fréquence, rendant pratiquement impossible la détection de l’attaque sous-marine par l’ennemi. Il s’agit d’un principe de transmission (étalement de spectre par saut de fréquence) toujours utilisé pour le positionnement par satellites (GPS, GLONASS…), les liaisons chiffrées militaires, les communications des navettes spatiales avec le sol, la téléphonie mobile ou dans la technique Wi-Fi8.

Hedy Lamarr a bien d’autres centres d’intérêts que son métier d’actrice et, de ses conversations avec son ami, le compositeur d’avant-garde George Antheil, est née l’idée de cette invention9. Lamarr avait pris connaissance de technologies de différentes armes, dont celles de systèmes de contrôle de torpilles, lorsqu’elle avait été mariée (de 1933 à 1937) à Friedrich Mandl, un très important fabricant d’armes autrichien9, converti au catholicisme pour faire commerce avec l’Heimwehr autrichienne10. Antheil, quant à lui, était familier des systèmes de contrôle automatiques et des séquences de sauts de fréquence qu’il utilisait dans ses compositions musicales et ses représentations9. Dans le but d’aider les Alliés dans leur effort de guerre, ils proposent leur invention à une association d’inventeurs dans le domaine, le National Inventors Council (en), en décembre 1940, puis décident de déposer le brevet, le 10 juin 1941, en rendant cette invention immédiatement libre de droits pour l’Armée des États-Unis9.

Le Bureau des brevets américain détient en effet, cosignée par Hedy Lamarr11, la description d’un système de communication secrète pour engins radio-guidés, appliqué par exemple aux torpilles. Le brevet intitulé Secret communication system (brevet des USA no 2 292 387) du 10 juin 1941 (enregistré le 11 août 1942)12 décrit un système de variation simultanée des fréquences de l’émetteur et du récepteur, selon le même code enregistré (le support utilisé étant des bandes perforées)12. Mais cette idée ne fut pas mise en pratique à l’époque9,8, bien que la Marine américaine eût, dans les années 1950, un projet de détection de sous-marins par avions utilisant cette technique9.

Plus tard, les progrès de l’électronique font que le procédé est utilisé — officiellement pour la première fois par l’Armée américaine — dans la crise des missiles de Cuba en 19627,9 et pendant la guerre du Vietnam9. Lorsque le brevet est déclassifié, le dispositif est également utilisé par les constructeurs de matériels de transmission, en particulier depuis les années 19809. La plupart des téléphones portables mettent à profit la « technique Lamarr ».

Hedy Lamarr a rétroactivement reçu le prix de l’Electronic Frontier Foundation américaine en 199713,7. À titre posthume, elle et George Antheil ont ensuite été admis au National Inventors Hall of Fame en 20149.

extrait(s) de presse

Télérama - Emaillé de nombreuses images d’archives (dont une interview inédite par téléphone de l’actrice, disparue en 2000), ce documentaire captivant lève le voile sur Hedwig Kiesler, née à Vienne dans un milieu bourgeois et cultivé, qui, très tôt, fait parler d’elle en tournant Extase (1933).
Les Fiches du Cinéma - Hedy Lamarr fut sans conteste l’une des plus belles et fascinantes star de la grande époque. Elle fut aussi, on le sait moins, une scientifique remarquable. Alexandra Dean lui rend hommage avec ce film riche, vivant, chaleureux et subtilement féministe.
Le Nouvel Observateur - Vie et passion de Hedy Lamarr, née Kiesler à Vienne et devenue "la plus belle femme du monde" à Hollywood dans les années 1940. (...) Son système est aujourd'hui utilisé dans le wi-fi et le Bluetooth. Le documentaire d'Alexandra Dean en fait une héroïne féministe, et c'est justifié.
Libération - "From Extase to Wifi" nous fait découvrir une Hedy Lamarr en saut de fréquence, impossible à fixer sur une seule onde. (...) Le documentaire, en ce sens, se déploie au diapason de cette dissection et reformation de mécanismes, creusant dans l’histoire de la Lamarr, détaillant les rouages, l’envergure de cette femme.
Les Inrocks - "Hedy Lamarr: from Extase to Wifi", (...), vise moins à ressusciter une actrice injustement oubliée (malgré ses rôles pour Cecil B. DeMille, Jacques Tourneur, Edgar Ulmer) qu’à rétablir la complexité de celle qui souffrait de devoir se cacher derrière “son masque”, ce visage sublime qui rendait ses interlocuteurs silencieux, la privant elle aussi de parole.