le gendarme de saint-tropez - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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le gendarme de saint-tropez

ciné môme
France, Italie - 1964 - 1h35
sorti en France le 9 septembre 1964
Victoires du cinéma français (Nuit du cinéma) 1965 : meilleur acteur Louis de Funès
de 7 à 77 ans
film - film francophone
de

Jean Girault

scénario : Richard Balducci, Jacques Vilfrid et Jean Girault
direction de la photographie : Marc Fossard
musique ou chansons : Raymond Lefebvre, André Pascal
avec : Louis de Funès (maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot), Geneviève Grad (Nicole Cruchot, fille de Ludovic), Michel Galabru (adjudant Gerber), Jean Lefebvre (Fougasse), Christian Marin (Merlot), Guy Grosso (Tricard), Michel Modo (Berlicot), France Rumilly (la religieuse en 2 CV), Claude Piéplu (André-Hugues Boiselier), Maria Pacôme (Mme Émilie Lareine-Leroy), Fernand Sardou (le paysan au tracteur), Patrice Laffont (Jean-Luc)...
séances : semaine du mercredi 1er août 2018
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
16:30
14:30
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séances : semaine du mercredi 8 août 2018
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
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synopsis

Suite à une promotion, le gendarme Cruchot quitte son petit village provincial pour prendre se nouvelles fonctions dans la commune de Saint-Tropez. Sa fille unique, la charmante Nicole est folle de joie et ne tarde pas à se faire une foule de nouveaux amis « yé-yé » tout en s’attirant de sacrés ennuis, tandis que Cruchot prend activement la direction d’opérations difficiles et délicates…

notes de production

Trente-cinq ans après la mort de Louis de Funès, la reconnaissance critique et artistique a considérablement évolué à son égard. Outre les nombreux hommages et éditions exclusives de la presse spécialisée et généraliste, le réalisateur Stéphane Brizé (En guerre) interviewé par Télérama en juin 2018, cite comme films lui ayant fait aimer le cinéma : « tous les gendarme avec Louis de Funès » et « Quatre aventures de Reinette et Mirabelle » d’ Eric Rohmer. Parmi d’autres cinéastes contemporain(e)s admirant le comédien sans avoir pu travailler avec lui, Alexandre Astier, intarissable, lui a dédié sa série télévisée Kaamelott. On peut en outre entendre dans la scène finale du dernier épisode de la série, Dies Irae, le thème principal du film Jo signé par Jean Girault réalisateur du gendarme, pendant que la phrase de dédicace apparaît à l’écran.
Dans les années 80, malgré un César d’honneur remis par Jerry Lewis en personne, la critique intellectuelle demeura longtemps inversement proportionnelle à la postérité mondiale du comédien (alors l’acteur français le plus célèbre et le plus rentable, avec Pierre Richard), à de notables exceptions dont Valère Novarina qui publie aux éditions Actes Sud en 1986 un éloge, Pour Louis de Funès : « Il n’était pas de bon ton de l’apprécier. Ce n’était pas assez chic. Alors que c’était un très grand acteur de théâtre. J’ai fait parler Louis de Funès comme quelqu’un d’autre a fait parler Zarathoustra ».

Programmé à Angoulême en prélude complice au festival du film francophone, ce retour sur grand écran du plus populaire des acteurs hexagonaux, trouve naturellement sa place sur les écrans de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image. Son visage et sa gestuelle ont en effet été croqués par nombre de talents illustres ou méconnus de l’histoire du neuvième art, de Tibet à Arthur de Pins en passant par Gotlib, Edika, ou encore Morris qui dans l’aventure de Lucky Luke Le bandit manchot (scénarisée par Bob de Groot et publiée en 1981 aux éditions Dargaud), offre dans une séquence de douze planches un rôle anonyme et mémorable au comédien césarisé. Albert Uderzo, dessinateur d’Astérix, a de son côté participé graphiquement aux décors de L’avare co-réalisé par Louis de Funès en 1980 d’après la pièce de Molière. Et s’il n’est pas avéré que le personnage fourbe, obséquieux et autoritaire composé par l’acteur ait pu influencer René Goscinny et Jean Tabary pour leur machiavélique Iznogoud (dont la première histoire complète paraît en janvier 1962), leurs popularités croissantes et parallèles ne cesseront de souligner de savoureuses parentés, jusqu’à un projet non abouti de long-métrage consacré au conspirateur qui veut devenir calife à la place du calife (imaginé par René Goscinny et Pierre Tchernia dès 1971, le développement du script, interrompu en 1977 par le décès du scénariste, ne sera pas repris par Patrick Braoudé pour son film Iznogoud, sorti sur les écrans en 1995 avec Michaël Youn dans le rôle-titre). En 1995 dans la série d’animation franco-britannique Iznogoud diffusée pour la première fois sur Canal +, le doublage du personnage par Gérard Hernandez évoque souvent la diction nerveuse de Louis de Funès, cependant qu’Henri Guybet son partenaire dans Les aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, compose la voix de l’homme de main Dilat Laraht.

À défaut d’avoir coiffé lui-même le turban du grand vizir, Louis de Funès croise l’industrie du dessin animé à d’autres reprises. Ses propres emprunts au Donald Duck de Walt Disney sont manifestes, d’une chorégraphie en complet blanc à (re)découvrir dans ce premier gendarme, jusqu’à un numéro vocal hors-texte dans L’avare cité plus haut. Souvent moins connu, son apport posthume au cinéma d’animation est toutefois notable. Tel un retour à Disney, il inspire ainsi le personnage du tyrannique chef Skinner dans Ratatouille réalisé par Brad Bird en 2007. Huit ans plus tard, Jamel Debbouze lui offre dans Pourquoi j’ai pas mangé mon père une consécration autrement appuyée, annoncée puis revendiquée : grâce au procédé de capture de mouvement, Louis de Funès sert de modèle au personnage de Vladimir, les animateurs utilisant des images de ses films. Sur petit écran, dans l’épisode 23 de la série Il était une fois la vie d’Albert Barillé, on retrouve le comédien dans son rôle et costume d’Harpagon. Autant d’hommages ou clins d’oeil qui rappellent à certains spectateurs entre deux générations, la voix complice du comédien sur une adaptation discographique des Aristochats sortie en 1982.

Plusieurs bandes dessinées ou ouvrages graphiques lui ont été intégralement consacrés, dont la biographie Louis de Funès, une vie de folie et de grandeur de François Dimberton, Alexis Chabert et Magali Paillat, publié en 2014 aux éditions Delcourt.

Imaginé par Richard Balducci après une rencontre insensée avec un gendarme assez débonnaire en poste à Saint-Tropez, le film raconte les aventures de Ludovic Cruchot, un gendarme très « service-service », muté dans la cité balnéaire de Saint-Tropez, sur la côte d’Azur, avec le grade de maréchal des logis-chef. Il y découvre une brigade où il fait bon vivre et participe aux obligations estivales et aux nombreuses activités détente de sa brigade, dirigée par le quelque peu surpassé adjudant Gerber.

Ludovic Cruchot est interprété par Louis de Funès, autour duquel tout le film a été construit. L’adjudant Gerber est joué par Michel Galabru et les autres gendarmes par Jean Lefebvre, Christian Marin et le duo Grosso et Modo. Nicole, la fille de Cruchot, est incarnée par Geneviève Grad. Conçu comme « une petite comédie sans prétention », avec un budget peu élevé, le film est tourné de juin à juillet 1964, en extérieurs à Belvédère et à Saint Tropez ainsi qu’aux studios de la Victorine. La bande originale est composée par Raymond Lefebvre et comprend la chanson Do You Do You Saint Tropez, qui remportera un franc succès.

Sorti en salles le 9 septembre 1964, Le Gendarme de Saint-Tropez rencontre à la surprise générale un succès considérable, arrivant en tête du box-office français de l’année 1964 avec plus de 7,8 millions d’entrées. L’accueil critique est partagé mais Louis de Funès remporte une Victoire du cinéma pour son interprétation. Installé pour la première fois en haut du box-office, l’acteur abordant la cinquantaine voit sa carrière et sa célébrité définitivement lancées : la même année, il fera de l’ombre à Jean Marais dans le premier volet de la trilogie Fantômas réalisée par André Hunebelle, et débutera le tournage du Corniaud de Gérard Oury l’associant à Bourvil.
Ce triomphe inattendu entraînera la réalisation d’une suite, Le Gendarme à New York, dès l’année suivante, puis d’autres, formant finalement une série composée de six films, dont le dernier est sorti en 1982, quelques mois avant la mort de Louis de Funès qui participa officieusement à la réalisation de cet ultime opus co-signé par Tony Aboyantz, suite au décès de Jean Girault sur le tournage.

Outre Jean Girault son « réalisateur-fétiche » et des partenaires devenus complices très réguliers de Louis de Funès après ce premier épisode (des comédiens Michel Galabru, Grosso et Modo jusqu’au chef décorateur Sydney Bettex, en passant par le compositeur Raymond Lefebvre et l’affichiste Clément Hurel), on peut s’amuser à reconnaître parmi les « yé-yé » très remuants, le futur journaliste et animateur de télévision Patrice Laffont, alors tout jeune comédien. Le père de son ami Michel Sardou compose quant à lui un placide cultivateur, dans la grande tradition de l’âge d’or des seconds rôles. Hormis Fernand Sardou, défilent ainsi Claude Piéplu, Maria Pacôme, Jean Droze, Nicole Vervil, Raoul Saint-Yves, Daniel Cauchy, ou encore France Rumilly qui apparaît pour la première fois en religieuse serviable et dangereuse conductrice de 2CV : une idée de Louis de Funès, développée par l’expertise des cascades de Gil Delamare puis Rémy Julienne dans cinq des films de la saga.

D’autres collaborateurs de première importance n’iront pas quant à eux jusqu’au dernier épisode. Geneviève Grad après Le gendarme se marie abandonnera son rôle de Nicole Cruchot (et en partie sa carrière de comédienne en 1970, après OSS 117 prend des vacances de Pierre Kalfon, derniers exploits cinématographiques de l’espion français avant sa résurrection par Michel Hazanavicius), son personnage disparaissant en conséquence de la série. Marc Simenon, assistant-réalisateur affectionné sur les deux premiers opus, se consacrera ensuite à sa carrière de cinéaste et scénariste, après son mariage avec Mylène Demongeot grande amie de « Fufu ».