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les 12 travaux d’astérix

ciné môme
France, Royaume-Uni - 1976 - 1h19
sorti en France le 20 octobre 1976
pour enfants à partir de 3 ans
film d'animation - film francophone
de

René Goscinny, Albert Uderzo

scénario : René Goscinny, Albert Uderzo, Pierre Tchernia
direction de la photographie : Jacques Capo, Michel Gantier et Denis Gruel
musique ou chansons : Gérard Calvi
voix : Roger Carel (Astérix / Caius Pupus / Idéfix / deux sénateurs), Jacques Morel (Obélix / l'employé sur sa balançoire), Jean Martinelli (Jules César / Jupiter), Pierre Tornade (Abraracourcix / Assurancetourix), Henri Virlogeux (Panoramix / Iris / le décurion), Micheline Dax (la grande prêtresse / Cléopâtre), Gérard Hernandez (le vénérable du sommet), Pierre Tchernia (le narrateur), Roger Lumont (Cylindric le Germain), Stéphane Steeman (Mannekenpix), Georges Atlas (le fantôme de la plaine des Trépassés / Cétautomatix), Henri Labussière : (l'huissier de la maison qui rend fou), Odette Laure (l'employée du guichet de la maison qui rend fou), Bernard Lavalette (le préfet)
séances : semaine du mercredi 11 juillet 2018
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
14:00
séances : semaine du mercredi 18 juillet 2018
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
18:30
séances : semaine du mercredi 1er août 2018
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
14:00
séances : semaine du mercredi 8 août 2018
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
14:00
18:30

synopsis

50 avant J.-C. Dans la Gaule occupée par les Romains, un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur. Jules César, à qui l’on a rapporté que ces irréductibles Gaulois étaient dotés de pouvoirs divins, leur lance alors un défi. Astérix et Obélix devront se soumettre à douze épreuves (comme les travaux d'Hercule). Cependant les travaux d’Hercule étant un peu passés de mode, César et ses conseillers ont mis en place de nouvelles épreuves. S'ils réussissent, César leur promet de quitter le pouvoir et de le remettre à Abraracourcix, leur chef. Mais s'ils perdent une de ces épreuves, ils connaîtront la colère de César. Le Romain Caius Pupus, homme de petite taille à la démarche de pigeon, est envoyé avec eux pour leur servir à la fois de guide et d'huissier.

notes de production

Dans les années 1960, la bande dessinée franco-belge à succès Astérix a connu ses premières adaptations en dessin animé. La première, Astérix le Gaulois, adaptée du premier album du même nom, est produite par les studios belges Belvision, sous l’impulsion de l’éditeur Georges Dargaud, sans en informer les deux auteurs de la série, René Goscinny et Albert Uderzo. Ces derniers ne découvrent le film que lors d’une projection privée, mais ne s’opposent pas à sa sortie en salle, qui est un succès. N’étant pas convaincus par la qualité artistique de cette première adaptation, ils décident de superviser eux-mêmes la direction artistique de la seconde adaptation, Astérix et Cléopâtre, d’après l’album du même nom, toujours produite par Belvision. Uderzo dessine le storyboard tandis que Goscinny est épaulé par Pierre Tchernia dans l’adaptation du scénario. Le succès du film inspire aux deux complices de professionnaliser encore davantage la suite de leurs aventures cinématographiques, pour assurer une présence quasi-permanente auprès des animateurs pour réaliser de nombreuses vérifications et corrections.

À l’automne 1973, René Goscinny, Albert Uderzo et leur éditeur Georges Dargaud s’associent donc pour créer leur propre studio d’animation, les studios Idéfix. Posséder leur studio de dessin animé est depuis longtemps un rêve pour Goscinny et Uderzo, qui veulent devenir les Walt Disney français. À l’époque, lancer la création d’un dessin animé de long-métrage en France est une aventure complexe et presque inédite5, la France ne comptant plus de grand studio d’animation depuis la fermeture en 1952 des studios Les Gémeaux de Paul Grimault, ruinés par le projet de La Bergère et le Ramoneur.

René Goscinny fait appel à Henri Gruel pour constituer les équipes techniques et artistiques des studios Idéfix. Ce dernier a réalisé plusieurs courts-métrages d’animation et a été le responsable des effets sonores d’Astérix le Gaulois et Astérix et Cléopâtre, ainsi que des deux réalisations de Pierre Tchernia scénarisées par Goscinny, Le viager et Les Gaspards. Gruel obtient de Goscinny de pouvoir partager la direction artistique des studios avec Pierre Watrin, qu’il considère comme un excellent dessinateur, l’un des meilleurs anciens animateurs de Paul Grimault7. Durant plusieurs mois, Gruel et Watrin contactent d’anciens artistes et animateurs, ainsi que de jeunes artistes prometteurs. Sur demande de Goscinny, Henri Gruel réclame à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris l’ouverture d’une section cinéma d’animation pour fournir en jeunes artistes les studios, qui offrent ainsi un emploi aux étudiants dès leur sortie de l’école : quelques mois plus tard, sous l’impulsion de Pierre Ayma, un département « Cinéma d’animation » est créé dans le Centre de formation technologique des Gobelins.

Suivant l’exemple de Lucky Luke : Daisy Town qu’il vient de co-réaliser avec Morris pour Belvision, René Goscinny décide que le premier projet des studios Idéfix se basera sur un scénario original, directement adapté à la narration cinématographique. Albert Uderzo trouve la base de l’histoire en prospectant les légendes classique de l’Antiquité, dans les douze travaux d’Hercule. Goscinny saisit l’idée au vol, car il y voit la possibilité de douze sketches greffés sur un thème central.

Pierre Tchernia participe de nouveau à l’écriture du scénario et des dialogues. Le scénario de Goscinny détaille, pour chaque scène, avec beaucoup de précisions, le décor, la mise en scène, les sons et les dialogues. Uderzo crée le storyboard, ou « scénarimage », et les « model sheet » destinés aux animateurs. Durant les deux ans de travail sur le film, Goscinny et Uderzo publient tout de même deux albums : La Grande Traversée et Obélix et Compagnie.

L’enregistrement des dialogues a lieu avant le travail d’animation, pour synchroniser avec précision le mouvement des lèvres des personnages. De la même manière, pour inspirer le travail des animateurs, les thèmes musicaux du film sont créés par le compositeur Gérard Calvi dès le début de la production. Sous la direction de René Goscinny et Pierre Tchernia, les comédiens enregistrent leurs dialogues avec le storyboard comme unique référence visuelle. Pour la plupart issus de la distribution vocale des deux adaptations précédentes, Astérix le Gaulois et Astérix et Cléopâtre, certains comédiens doublent plusieurs personnages, comme Roger Carel (Astérix, Caius Pupus, Idéfix), Micheline Dax (la grande prêtresse de l’île du Plaisir et Cléopâtre) ou encore Pierre Tornade (Abraracourcix et Assurancetourix). Toutefois, une partie des dialogues et de la musique est ré-enregistrée en postsynchronisation avec les bruitages, pour coller à la version définitive de l’animation, les comédiens pouvant s’améliorer à la vue des images.

Pour chaque personnage, Albert Uderzo dessine des « model sheet », des modèles de références où le personnage est représenté de face, de trois quarts, de profil et de dos, avec des expressions, positions et attitudes variées. Il réalise ainsi plusieurs dizaines de dessins, qui sont photocopiés et distribués aux animateurs, pour qu’ils respectent le graphisme, le volume et les proportions des personnages conçus par Uderzo13. Par la suite, des photocopies de ces planches sont mises en couleur, pour établir les références de peinture destinées aux « gouacheuses », qui appliquent la couleur sur les celluloïds. De plus, des bustes en plâtre des principaux personnages et des accessoires difficiles à dessiner (casque à ailes, glaive) sont mis à la disposition des animateurs.

En se basant sur des photocopies agrandies du storyboard, le directeur de l’animation réalise le « layout », c’est-à-dire la mise en place de l’animation et le décor de chaque plan du film, qu’il ne fait qu’esquisser, avec des indications sur les mouvements de caméra. Son travail sert de base aux animateurs et au décorateur. Ensuite, l’animateur débute l’animation en esquissant au crayon les positions extrêmes du mouvement du sujet, que son assistant complète en comblant les espaces entre chaque dessin. L’assistant vérifie aussi chaque détail vestimentaire, en s’aidant des « model sheet ».

Un minimum de douze dessins doivent être produits pour réaliser une seconde d’animation. Filmés image par image, les dessins sont régulièrement projetés en présence des animateurs et des auteurs Goscinny et Uderzo, qui vérifient ainsi la qualité du mouvement et le respect du graphisme.

À l’instar des dialogues, les thèmes musicaux du film sont esquissés par le compositeur Gérard Calvi dès le début de la production, pour inspirer le travail des animateurs. Contrairement à Astérix et Cléopâtre, le film ne contient pas de séquences chantées. Pour le film, Calvi compose un nouveau thème d’Astérix influencé par le langage du jazz, différent de celui d’Astérix le Gaulois, et une samba pour les scènes de l’Île du Plaisir

Georges Dargaud réunira de grands moyens pour la promotion du film, en organisant notamment une grande tournée à travers la France, retenant spécialement un Falcon de Dassault Aviation afin d’effectuer une étape par jour et offrir une projection aux édiles des grandes villes choisies et à la presse régionale. Toutefois, son épouse Gilberte étant atteinte d’un cancer, René Goscinny ne participe pas à cette tournée, pour rester auprès d’elle. Uderzo présente donc leur film sans son partenaire, en compagnie de Dargaud et de l’attachée de presse.

Grand succès au box-office, le film totalisera 2 202 481 entrées en France et sortira également sur les écrans ouest-allemands, danois, espagnols et suédois.

À la différence des autres films, celui-ci n’a donc pas été basé sur un album préalablement édité mais d’après un récit paru exclusivement dans le quotidien Sud-Ouest en 1976 (31 planches en noir et blanc, 4 planches en couleur, à raison d’une planche par jour). Après sa sortie, le film a été adapté sous forme de roman illustré par des images du film, au format album (A4, couverture cartonnée).