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menina

France - 2017 - 1h37
sorti en France le 20 décembre 2017
film - film francophone
de

Cristina Pinheiro

scénario : Cristina Pinheiro, Laura Piani, Ghislain Cravatte
direction de la photographie : Tristan Tortuyaux
musique ou chansons : Charles Crash
avec : Naomi Biton (Luisa Palmeira), Nuno Lopes (Joao Palmeira), Beatriz Batarda (Leonor Palmeira), Jean-Claude Dreyfus (M. Sertin), Thomas Brazete (Pedro Palmeira), Sarah-Lou Verlhac (Sarah), Camille Constantin (Belinda Ferreira), José Da Silva (Antonio Ferreira), Danielle Lopes (Elvira Ferreira), Aude Candela (la blonde de la Comète), Julien Duval (M. Boisrond), Margaux Verissimo (Carole), Louise Maugenest (Agnès), Antoine Bory (Richard), Élisa Sergent (Béatrice)
séances : semaine du mercredi 6 juin 2018
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
18:45

synopsis

Je m’appelle Luisa Palmeira, j’ai dix ans. Ma famille, c’est tous des Portugais. Mais moi, je suis Française, je suis pas comme eux, je fais pas de faute quand je parle. Ma mère, elle est plus belle que Marilyn Monroe, sauf quand elle met ses lunettes. Mon père, il a une moto rouge et il me laisse gagner au bras de fer. L’autre jour, il m’a dit qu’il allait disparaître. Mais moi, je le crois pas !

notes de production

Menina est le premier long métrage de Cristina Pinheiro après un parcours de comédienne et de technicienne de cinéma. C’est sa rencontre avec le scénariste et réalisateur français Michel Deville (1) qui lui a donné envie de se lancer. « Vous avez vraiment un don pour l’écriture, m’a-t-il dit. Avez-vous pensé à passer derrière la caméra ? » J’étais venue en espérant qu’il me donne un rôle, je suis repartie en entrevoyant mon avenir : il avait planté une graine. J’ai commencé à écrire, j’ai tourné un court métrage, puis deux…J’étais enfin à ma place, se rappelle la cinéaste.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1988

Menina est un film très autobiographique que Cristina Pinheiro a écrit après avoir perdu ses parents : son père d’abord, puis sa mère, peu après, alors qu’elle était en pleine construction du scénario. Elle se souvient : j’étais la seule des trois enfants à avoir vu le jour en France : mes racines disparaissaient. J’ai voulu en garder la mémoire, me retrouver, en quelque sorte, dans le rôle d’une passeuse.

Cristina Pinheiro a fait le choix de situer l’intrigue du film en 1979 pour prendre davantage de recul et créer une distance qui permette de mieux faire comprendre la difficulté d’appartenir à deux cultures. Pouvoir s’interroger, par exemple, sur ses voisins comoriens (2) dont la petite est née en France… L’Histoire sert à cela. Et puis, les années soixante-dix correspondaient au rythme et à la poésie que je souhaitais pour Menina. On ne vivait pas en 1979 comme on vit en 2017, les mobiles et internet n’existaient pas…, précise-t-elle.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Comores_(pays)

Menina se déroule à Port-Saint-Louis-du-Rhône (3), une commune en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cristina Pinheiro avait imaginé faire le film en ville autour d’une vieille maison un peu décatie et mal aménagée, jusqu’à ce qu’elle tombe sur les cabanons du Vieux Carteau à Port-Saint-Louis-du-Rhône. La réalisatrice développe : aucun décorateur au monde n’aurait pu construire un décor pareil ; c’était exactement l’ambiance et la couleur que je cherchais. Ce cabanon donne du poids au sentiment de l’exil, il place d’emblée les personnages à part. On n’est pas dans le misérabilisme, on peut même penser qu’il est sympathique de vivre là tant la vue est belle et semble illimitée. Mais, en même temps, on réalise que ce n’est pas très confortable et que la famille est littéralement enfermée dans cet espace. A quoi peut servir l’espace si l’on s’y sent loin de ses racines.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Port-Saint-Louis-du-Rh%C3%B4ne

Naomi Biton avait déjà tourné dans un court métrage, L’Homme qui en connaissait un rayon (4), d’Alice Vial, et c’est sa productrice qui a chaudement recommandé la jeune comédienne à Cristina Pinheiro. Cette dernière voulait une fille moins évidemment jolie. La réalisatrice a alors choisi une autre actrice franco-portugaise mais qui n’a pas convaincu quand elle a fait des essais avec Nuno Lopes et Beatriz Batarda, qui jouent les parents. Naomi Biton a donc fini par s’imposer.
(4) http://www.alicevial.com/film/lhomme-qui-en-connaissait-un-rayon/

Y’aura t’il de la neige à Noël ? (5) de Sandrine Veysset a servi de référence générale à Cristina Pinheiro au moment de la conception de Menina en termes de costumes, de décors, d’ambiance, etc. La cinéaste poursuit : je trouvais intéressante la relation du couple - cet homme marié et cette femme à laquelle il a fait sept enfants. On se demande ce qu’ils font ensemble mais il y a leurs fameuses siestes et on finit par penser que leurs rapports ne s’expliquent pas ; que c’est comme ça. Je leur ai également demandé de visionner Le Chat (6) de Pierre Granier-Deferre, en disant à Béatriz : "tu es plutôt Gabin", et à Nuno : "tu es plutôt Signoret". Ils ont vraiment été portés par ces deux personnages.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Y_aura-t-il_de_la_neige_%C3%A0_No%C3%ABl_%3F
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_(film)

Cristina Pinheiro et le directeur de la photographie Tristan Tortuyaux voulaient une image désaturée et ont commencé à la travailler dès le stade des costumes. La réalisatrice explique : on devait sentir l’usure d’une chemise, sa couleur délavée par les passages à la machine…Pas question de désaturer à l’étalonnage ! Cela a été un travail extraordinaire de toute l’équipe.

Naomi Biton ne parlait pas un mot de portugais et c’est le comédien Nuno Lopes, vu récemment en boxeur fauché dans Saint-Georges, qui l’a entraînée pour faire en sorte qu’elle dise parfaitement la scène qu’elle a à jouer en portugais. Cristina Pinheiro se rappelle comment elle a fait travailler la jeune actrice : on a répété beaucoup des scènes clés avec Nuno et Beatriz que j’avais fait venir à Paris. Naomi a vu la puissance de leur jeu et a tout fait pour se hisser à leur niveau. Elle a travaillé ensuite avec Thomas Brazete, qui joue son frère. Il s’est constitué une sorte de famille entre eux, un lien particulier qui dure encore. Naomi a aussi été suivie par une coach. C’est une guerrière à l’imaginaire débordant et qui aime profondément jouer. Je suis fascinée par le décalage qu’il y a entre ce qu’elle est - une enfant - et la maturité qu’elle possède - qui rejoint la mienne et nous donne le sentiment de nous promener dans un souvenir.

Entretien avec Cristina Pinheiro
http://aldeia-de-gralhas.typepad.fr/mon_weblog/2017/12/menina-un-film-de-cristina-pinheiro.html

Cristina Pinheiro
https://www.imdb.com/name/nm7915627/

Laura Piani
https://www.imdb.com/name/nm8279997/

Ghislain Cravatte
https://www.imdb.com/name/nm0960755/

Tristan Tortuyaux
https://www.imdb.com/name/nm2059988/

Naomi Biton
https://www.imdb.com/name/nm6042347/

Nuno Lopes
https://www.imdb.com/name/nm0519933/

Beatriz Batarda
https://www.imdb.com/name/nm0060705/

Jean-Claude Dreyfus
voir fiche du film Delicatessen
http://www.citebd.org/spip.php?film943

Thomas Brazete
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/655692-thomas-brazete.html
voir aussi fiche du film Jeune & jolie
http://www.citebd.org/spip.php?film1089

Camille Constantin
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/624155-camille-constantin.html
voir aussi fiche du film La Fête est finie
http://www.citebd.org/spip.php?film2063

extrait(s) de presse

Le Parisien - Si « Menina » vaut le détour, c’est aussi parce qu’en mettant en scène une gamine qui grandit entre une mère analphabète et un père qui, un jour, lui révèle qu’il va bientôt disparaître, il parle avec beaucoup de finesse de ces enfants écartelés entre deux cultures, des non-dits dans la famille et de la mort.
L'Humanité - Contre la trame tragique, une palette nuancée détoure pointes de tendresse ou de violence, les vérités qui affleurent ont goût d’amandes, subtil et vert sous les langues.
Positif - (...) un joli premier film, tendre et mélancolique comme un fado.
Télérama - Ce premier film est la chronique poétique et profonde d’une enfance entre deux cultures, dans ces années 1970 où les « Portos » s’intégraient à la société française en baissant la tête.
àVoir-àLire - Le regard poétique et hésitant d’une enfant partagée entre ses racines familiales et son identité culturelle.
Critikat - Restituant avec tact les ambiguïtés de l'enfance (...), la réalisatrice rejette en bloc cette mignonnerie qui la menaçait.
La Croix - (...) un très joli conte cruel dans lequel il est autant question d’une bouleversante relation père-fille que des problèmes de double culture rencontrés par ces enfants d’immigrés.
Fiches du cinéma - Un récit autobiographique rappelant que la migration est rarement un choix et un plaisir.