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le vénérable w.

Suisse, France - 2017 - 1h40
sorti en France le 7 juin 2017
interdit aux moins de 12 ans
documentaire - film francophone
de

Barbet Schroeder

scénario : Barbet Schroeder
direction de la photographie : Victoria Clay Mendoza
musique ou chansons : Jorge Arriagada
voix : Barbet Schroeder (voix masculine), Bulle Ogier (petite voix bouddhiste)
séances : semaine du mercredi 6 juin 2018
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
20:45*
séance spéciale :
* projection suivie d’un débat, en partenariat avec la fédération régionale des MJC de Poitou-Charentes

synopsis

En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent...

notes de production

Barbet Schroeder a toujours été fasciné par le bouddhisme, qui est une religion athée, sans dieux, et qui permet le pessimisme. En 1961, à l’âge de 20 ans, le cinéaste a entrepris un long voyage sur les lieux historiques du Bouddha (1) jusqu’au Sri Lanka (2). Il se rappelle : l’idée de ce film a émergé après la relecture, il y a près de deux ans, de l’extraordinaire et incontournable Bouddha historique, de Hans Wolfgang Schumann (3), suivi par hasard du rapport de la faculté de droit de l’université de Yale (4), qui suppliait très officiellement les Nations unies d’intervenir en Birmanie. Le texte énumérait tous les signes d’un début de génocide à l’encontre de la minorité musulmane des Rohingyas (5) et incriminait plus précisément un mouvement de moines extrémistes. J’ai voulu en savoir plus. Je suis donc parti sur place, dans la ville la plus bouddhiste du monde, Mandalay, qui compte plus de 300 000 moines pour 1 million d’habitants.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouddha
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sri_Lanka
(3) https://www.editions-sully.com/auteur.php?id=64
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Yale
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Rohingya

Le Vénérable W. est le dernier volet d’une Trilogie du mal, commencée avec Général Idi Amin Dada : autoportrait sur le dictateur ougandais (6), puis L’Avocat de la terreur (7) sur Jacques Vergès. Le même point de départ est à l’origine de ces trois projets : dialoguer avec des gens au travers desquels le mal peut s’incarner sous différents visages et laisser l’horreur ou la vérité s’installer d’elles-mêmes petit à petit, au gré des rencontres.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ral_Idi_Amin_Dada_:_Autoportrait
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Avocat_de_la_terreur

Barbet Schroeder a passé six mois à faire des recherches approfondies sur le sujet du film, dans le secret le plus absolu. Lorsqu’il s’est rendu sur place, il a pu rencontrer Wirathu (8) et lui proposer cette aventure. Quand ce dernier a demandé au metteur en scène pourquoi il voulait réaliser le film, il répondit que Marine Le Pen partageait beaucoup de ses idées et que si elle arrivait au pouvoir en France, elle ferait sans doute appliquer des lois semblables à celles qu’il venait d’arriver à faire voter dans son pays.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ashin_Wirathu

En fait la réponse que j’avais donnée à Wirathu était assez proche de la vérité car c’était en effet des problèmes occidentaux dont je voulais aussi parler, en approchant un personnage dont le bouddhisme était en fait avant tout nationaliste et populiste. Une fois sur place j’ai donc compris que nous avions beaucoup à apprendre des bouddhistes extrémistes. Les “axes du mal” et les populismes n’ont pas de frontières... Je voulais comprendre comment ce genre de paroles provoquaient des passages à l’acte alors que ceux qui les prononçaient avaient souvent un discours de paix et d’harmonie, explique Barbet Schroeder.

Le Vénérable W. a pu bénéficier d’un nombre incalculable de progrès techniques en commençant par la petite caméra Sony AS7 4k (deux fois la résolution d’un film de cinéma) dont Barbet Schroeder dit qu’elle crée la beauté en permettant de tout tourner, toujours en lumière naturelle même si c’est le clair de lune !

La plus grande partie de l’action du film se déroule à partir de 2012 et c’est à ce moment-là que les iPhone ont commencé à avoir une qualité compatible avec le grand écran. Barbet Schroeder et son équipe ont ainsi pu accéder à de nombreux tournages amateurs correspondant aux incidents survenus à cette époque. En 2003, au contraire il n’y avait pratiquement pas d’images pour la première grande émeute dans laquelle Wirathu (8) a eu un vrai rôle, dans sa ville natale de Kyaukse, et pour laquelle il a été emprisonné jusqu’en 2012, se souvient le réalisateur.

Le Vénérable W. a été présenté en séance spéciale au festival de Cannes 2017 (9). Barbet Schroeder est un habitué du célèbre festival puisque plusieurs de ses films y ont été présentés, à l’image d’Amnesia (10)), L’Avocat de la terreur (7) ou encore Calculs meurtriers (11).
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2017
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Amnesia_(film,_2015)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Calculs_meurtriers

Côté bande-originale, Barbet Schroeder a fait équipe avec son ami Jorge Arriagada, qui avait composé les musiques de L’Avocat de la terreur, Inju (12) et La Vierge des tueurs (13). Pour Le Vénérable W., les deux hommes ont eu une approche semblable à celle utilisée dans les films de fiction en cherchant à faire remonter à la surface des associations d’idées non dites. Le réalisateur précise : par exemple, la musique souligne le lien qu’il peut y avoir entre l’enfant qui regarde les affiches effrayantes que Wirathu (8) a placé devant ses bureaux, et l’enseignement qu’il donne à des foules d’enfants. Ou encore le souvenir d’un viol dont W. a été témoin à l’âge de 11 ans peut devenir ainsi à travers la musique, l’une des explications possibles de ses obsessions. Nous avons aussi employé à plusieurs reprises deux chansons joyeuses faisant partie de la propagande des mouvements extrémistes, et c’est seulement à la toute fin du film que nous en révélons les terribles paroles, en contraste total avec le Méta Sutta (14), l’un des chants récités les plus essentiels du bouddhisme Theravada (15) dont la mélodie ou les paroles en langue Pali reviennent à plusieurs reprises dans le film.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Inju_:_la_B%C3%AAte_dans_l%27ombre
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vierge_des_tueurs
(14) http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article3845
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Therav%C4%81da

Barbet Schroeder
voir fiche du film La Vallée
http://www.citebd.org/spip.php?film1738

Victoria Clay Mendoza
https://www.imdb.com/name/nm1676012/

Jorge Arriagada
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Arriagada
voir aussi fiche du film Mystères de Lisbonne
http://www.citebd.org/spip.php?film563

Bulle Ogier
voir fiche du film La Vallée
http://www.citebd.org/spip.php?film1738

extrait(s) de presse

Télérama - La démonstration est magistrale.
àVoir-àLire - Barbet Schroeder nous convie à une réflexion signifiante sur les tensions de notre monde contemporain, en attirant notre regard sur le génocide ethnico-religieux dont la communauté musulmane est victime en Birmanie. Un documentaire aussi effroyable que nécessaire.
Bande à part - Un documentaire essentiel, nouvelle pierre d'une œuvre d'une rare cohérence.
Critikat - C'est dans ces instants a priori platement pédagogiques, qu'apparaît en toute netteté la formidable réussite du projet de Schroeder, à la hauteur de ses nobles ambitions.
Culturebox - Avec "Le Vénérable W.", Barbet Schroeder dresse un troisième portrait d’homme de pouvoir qui incarne une forme de malignité en la justifiant par la vertu : édifiant.
Le Monde - Pour pallier cette ignorance, Barbet Schroeder a construit un film qui, moins qu’un portrait, est comme le diagramme de la mécanique du mal à l’œuvre. Et cette dissection est si précise, si argumentée, qu’elle prend une portée universelle.
Le Nouvel obs - Fidèle à sa méthode, le documentariste montre, mais ne juge pas, donne à entendre l’exécrable Vénérable W., mais ne le condamne pas, et mêle des images d’archives à celles, clandestines, des réseaux sociaux. Voici le portrait du Mal, sans sous-titres.
Les Inrocks - Comme dans les deux précédents volets de sa trilogie, Barbet Schroeder montre sans juger, faisant entière confiance à l’intelligence du spectateur. De même, devant sa caméra, le mal a toujours l’apparence du bien.