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plaire, aimer et courir vite

France - 2018 - 2h12
sorti en France le 10 mai 2018
compétition Cannes 2018
film - film francophone
de

Christophe Honoré

scénario : Christophe Honoré
direction de la photographie : Rémy Chevrin
avec : Vincent Lacoste (Arthur), Pierre Deladonchamps (Jacques), Denis Podalydès (Mathieu), Clément Métayer (Pierre), Adèle Wismes (Nadine), Thomas Gonzalez (Marco), Quentin Thebault (Jean-Marie), Tristan Farge (Louis), Sophie Letourneur (Isabelle), Marlène Saldana (l'actrice), Luca Malinowski (Stéphane), Rio Vega (Fabrice)
séances : semaine du mercredi 30 mai 2018
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
18:30
20:45
11:00*
14:30
21:00
11:00*
15:30
19:00
20:45
20:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 6 juin 2018
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
16:00
18:30
18:30
14:30
14:30
18:30
16:15
18:30
séances : semaine du mercredi 13 juin 2018
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
16:15
16:00
16:00
14:30
16:00
16:00
14:00*
séance spéciale :
* mardi 14h00 dernière séance

synopsis

1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite...

notes de production

Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film est là, dans les effets contraires de l’amour. C’est un film qui assume sa part de mélodrame, mais pas tant du côté de l’amour impossible que de la vie impossible.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Plaire,_aimer_et_courir_vite

Le metteur en scène voulait écrire une histoire entièrement originale et parler des années 1990, autrement dit se servir de la fiction pour faire revivre l’étudiant qu’il était à cette époque ainsi que cette figure de l’écrivain qu’il aurait rêvé de rencontrer. Il explique : je me suis mis presque naturellement à relire Hervé Guibert (1), Bernard-Marie Koltès (2), Pier Vittorio Tondelli (3), Jean-Luc Lagarce (4)... Toutes sortes de récits évoquant le Sida ou lui faisant face. Je me suis senti animé par une forte et belle envie d’écrire, qui aurait aussi pu donner naissance à un roman puisque je ne me posais à cet instant aucune question de mise en scène. L’écriture, du coup, a-t-elle aussi été vive et rapide : cinq ou six semaines. Progressivement, les personnages de Jacques et Arthur ont aussi convergé : c’est un peu le même personnage à deux moments de sa vie.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Guibert
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard-Marie_Kolt%C3%A8s
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pier_Vittorio_Tondelli
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Lagarce

L’idée générale de la direction artistique était de recréer un temps sans le reconstituer. Dans ce cadre, les références culturelles ont été très utiles à Christophe Honoré et son équipe. Le cinéaste précise : les citations, les films évoqués dans Plaire, aimer et courir vite, et même les piles de livres que l’on voit dans les chambres sont vraiment puisées en ligne directe de ma jeunesse. Je crois beaucoup que nous sommes formés, influencés, dans nos manières de ressentir et de penser, par les livres lus, les musiques et chansons entendues, par les films qui ont compté dans nos vies.

Les années 90 sont par ailleurs, pour Honoré, une époque non-révolue. Le réalisateur confie : je dois admettre avec une certaine difficulté que vingt ou vingt-cinq ans ont passé et je n’arrive pas à accorder la vivacité de mes impressions de l’époque à cette distance qui me semble folle. Souvent, je me demande pourquoi ces soirs de jeunesse restent plus vivaces en moi encore aujourd’hui que ce qu’ai j’ai vécu ensuite. C’est aussi cela que le film essaie de capter et de raconter.

Lorsqu’il tournait Ma mère (5), Christophe Honoré s’était dit qu’il apprendrait quel metteur en scène il était selon la manière dont il serait capable de tourner des scènes sexuelles. Pour ce film datant de 2004, il y en avait beaucoup, ce qui a été difficile pour le cinéaste. C’est pour cette raison que ses films suivants, La Belle personne (6), Les Chansons d’amour (7), Dans Paris (8), sont très chastes, voire prudes. Il développe : l’envie est revenue progressivement, surtout après Les Métamorphoses (9), où je me suis re-libéré de cette angoisse. Pour Plaire, aimer et courir vite, Pierre Deladonchamps, qui joue le personnage de Jacques, a été un allié très sûr. Il a un rapport à sa nudité particulièrement libre pour un acteur masculin. Vincent était un peu anxieux bien sûr, il n’avait pas été encore vraiment mis dans ce genre de situation, où il est fortement identifié comme un objet de désir. Aujourd’hui ces moments m’inquiètent moins, je fais très peu de prises sur ces scènes-là, en réduisant l’équipe au maximum, et je joue moi-même la scène auparavant pour l’expliquer aux acteurs. Dans l’ensemble, le film est assez doux sur la sexualité, c’est charnel et intime mais sans bravoure.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma_m%C3%A8re_(film,_2004)
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film134
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chansons_d%27amour
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dans_Paris
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tamorphoses_(film,_2014)

Entretien avec Christophe Honoré
D’où est venue l’idée de "Plaire, aimer et courir vite", qui s’apparente à un bilan à la fois léger et profond de tous vos films précédents ?
Après Les Métamorphoses (9) et Les Malheurs de Sophie (10), j’avais envie de revenir à une œuvre originale et à des personnages que j’avais pu mettre en scène dans Les Chansons d’amour (7) ou Dans Paris (8). Mais là où Dans Paris décrivait une sphère familiale, ce film échappe à la famille, pour offrir un tableau d’amitiés électives, amoureuses, sensuelles. Je dois bien admettre que je suis un cinéaste plus sentimental que ce que j’espérais…
http://www.numero.com/fr/cinema/plaire-aimer-et-courir-vite-christophe-honore-vincent-lacoste-denis-podalydes
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1838

Christophe Honoré
voir fiche du film Les Malheurs de Sophie
http://www.citebd.org/spip.php?film1838

Rémy Chevrin
Né le 12 avril 1963 à Dieppe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9my_Chevrin
voir aussi fiche du film Les Bien-aimés
http://www.citebd.org/spip.php?film752

Vincent Lacoste
voir fiche du film Tout de suite maintenant
http://www.citebd.org/spip.php?film1711

Pierre Deladonchamps
voir fiche du film Nos années folles
http://www.citebd.org/spip.php?film1949

Denis Podalydès
voir fiche du film Les Conquérants
http://www.citebd.org/spip.php?film1143

Clément Métayer
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_M%C3%A9tayer
voir aussi fiche du film Après mai
http://www.citebd.org/spip.php?film940

Adèle Wismes
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/663422-adele-wismes.html

Quentin Thebault
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/642367-quentin-thebault.html

Tristan Farge
https://www.imdb.com/name/nm7932592/
voir aussi fiche du film Les Malheurs de Sophie
http://www.citebd.org/spip.php?film1838

Sophie Letourneur
voir fiche du film Gaby baby doll
http://www.citebd.org/spip.php?film1369

Marlène Saldana
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/628088-marlene-saldana.html
voir aussi fiche du film Orpheline
http://www.citebd.org/spip.php?film1861

Luca Malinowski
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/549838-luca-malinowski.html

Rio Vega
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/549824-rio-vega.html

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Après une décennie d'explorations, d'expérimentations et d'errances cinématographiques, Christophe Honoré revient au plus près de ce qui fait la grandeur de son cinéma et livre son film le plus personnel, le plus fort, et surtout le plus abouti. Son chef-d’œuvre, tout simplement.
Culturopoing - Par sa sobriété et sa sincérité brute, Christophe Honoré convoque avec justesse les fantômes qui l'ont construit pour leur rendre le plus bel hommage qui soit : la découverte d'un artiste comme une histoire d'amour peut bouleverser une vie à jamais.
Les Inrocks - Entre objets exigeants, tenants d’une certaine radicalité, et projets susceptibles de toucher le grand public cinéphile, Christophe Honoré a toujours oscillé. "Plaire, aimer et courir vite" nous paraît fusionner ces deux veines et s’impose d’emblée comme sa réussite la plus achevée depuis "Les Chansons d’amour".
Télérama - Christophe Honoré n’a jamais saisi avec une telle intensité les hésitations amoureuses, la certitude de l’éphémère et l’intrigante osmose entre la douceur du sexe et sa crudité.
CinemaTeaser - À chaque fois que Lacoste apparaît à l’écran, le film s’illumine. Son jeu nonchalant trouve avec les mots d’Honoré une drôlerie et une émotion juvénile renversantes. Il est la vie même.
Culturebox - Un trio d’exception au service de l’élégance de Christophe Honoré : émouvant.
Ecran large - Autobiographique, l’objet fait très plaisir tant on n’attendait plus Christophe Honoré sur de tels sujets. On espère que l’auteur continuera dans cette veine. Un film à voir et à retenir.
Paris match - Le réalisateur des "Chansons d’amour" reste dans son univers coloré et pop mais la maturité le porte vers un cinéma plein de légèreté et de fureur, débarrassé de ses figures de style qui alourdissaient parfois ses précédents films.