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roar

Usa - 1981 - 1h42
sorti en France le 29 août 1984
film - version originale sous-titrée en français
de

Noel Marshall

scénario : Noel Marshall
direction de la photographie : Jan de Bont
musique ou chansons : Dominic Frontiere, Terrence P. Minogue
avec : Tippi Hedren (Madeleine), Noel Marshall (Hank), Rick Glassey (Rick), Melanie Griffith (Melanie), Jerry Marshall (Jerry), John Marshall (John), Kyalo Mativo (Mativo), Steve Miller (Prentiss), Frank Tom (Frank), Will Hutchins (membre du comité), Zakes Mokae (membre du comité)
séances : semaine du mercredi 2 mai 2018
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
18:45*
séance spéciale :
* ciné fantastique : "à crocs et à cris" (couplé avec "Les Dents de la mer") - tarif préférentiel pour la soirée : 2 films = 7 € (ou tarifs habituels du cinéma de la Cité) - soirée présentée par l’association Hidden circle
séances : semaine du mercredi 9 mai 2018
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
16:30
11:00*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 € - dernière séance

synopsis

Hank, un scientifique, étudie le comportement des fauves quelque part en Afrique. Passionné par les félins, il vit entouré de lions, de guépards et de léopards. Une commission gouvernementale est chargée de dresser un rapport sur ses activités. Le jour de l'inspection, rien ne se passe comme prévu. Robie, le lion qui dirige la harde, est menacé par l'un de ses rivaux. Hank rate son rendez-vous à la gare où il devait accueillir Madeleine, son épouse, et leurs trois enfants. D'incidents en quiproquos, la famille de Hank se retrouve coincée dans un bungalow, assiégée par les félins...

notes de production

Roar est la seule réalisation de Noel Marshall, un film dont il est également producteur et scénariste et dans lequel il tient un rôle. Si la carrière de Marshall dans le cinéma a été relativement courte (il a participé à 5 projets seulement en dix-sept ans), il est par ailleurs connu pour être le producteur de L’Exorciste (1).
L’idée de Roar provient de l’amour que portaient Tippi Heddren et Noel Marshall, alors en couple, pour les animaux sauvages. A la fin des années 60, ils se rendent en Afrique pour un tournage et s’entichent des fauves au point d’en recueillir dans leur ranch californien. Une centaine d’animaux (des tigres, des lions, des guépards et même des éléphants) apprivoisés mais non dressés composaient cet élevage très spécial.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1559

Roar est considéré comme l’un des films les plus fous jamais réalisés et pour cause : il s’amuse à brouiller les frontières entre documentaire et fiction et met en scène des acteurs qui sont totalement à la merci des animaux, sans l’aide d’aucun trucage ni effets spéciaux.
Roar est le film qui détient le record absolu d’accidents puisque soixante-dix membres de l’équipe ont été blessés ! Noel Marshall a attrapé la gangrène des suites d’une morsure de lion, le directeur de la photographie Jan de Bont a dû bénéficier de deux cent vingt points de suture après avoir été scalpé par une des bêtes, tandis que Melanie Griffith a été grièvement blessée au visage et a dû subir de la chirurgie réparatrice.
Le tournage dura six ans au lieu de six mois, et le budget grimpa de trois à dix-sept millions de dollars.
Outre les bêtes sauvages, l’équipe a été confrontée à cinq jours de pluie torrentielle qui ont mené au craquage d’un barrage à proximité du lieu de tournage. Le rez-de-chaussée et le premier étage du ranch ont été entièrement recouverts de boue, les arbres ont été arrachés et les barrières des enclos détruites, libérant une quinzaine de fauves, dont les plus dangereux. La police a été forcée d’abattre trois lions. Quant au matériel du film, il est également sérieusement endommagé : environ trois cents kilomètres de pellicule a pris l’eau, et l’ensemble des tables de montage ont été recouvertes de boue.

Voici quelques règles établies par la famille Marshall pour une cohabitation paisible avec les animaux :
- ne montrer aucun signe de peur devant eux
- ne pas s’enfuir en leur présence
- ne pas jouer à cache-cache avec eux
- lorsqu’ils attaquent, ne pas se débattre mais épouser leur mouvement jusqu’à ce qu’ils libèrent leur emprise (c’est comme ça que Melanie Griffith fut blessée et dut subir de la chirurgie réparatrice).
- ne jamais découvrir une partie de son corps devant les animaux au risque de devenir un bout de viande sur pattes (c’est lorsqu’il se promenait en caleçon devant les félins que Noel Marshall fut sévèrement blessé à la jambe et qu’il finit par attraper la gangrène).
- une autre règle pour le moins étrange était de garder la porte de sa chambre ouverte la nuit afin de développer la confiance entre hommes et animaux. Ces derniers étaient dressés pour ne pas tuer le jour, mais la nuit tout était possible. Comme le raconte John Marshall, ils pouvaient ainsi se réveiller entourés d’une dizaine de lions se disputant la place restante sur le lit.

Shambala (2) (qui veut dire lieu de paix et d’harmonie pour tous) est un refuge depuis plus de 30 ans pour les fauves. Certains viennent de zoos qui ont fermé, d’autres achetés par des particuliers, puis abandonnés. Ils trouvent asile ici comme les fauves de Michael Jackson (3), ils y finiront leur vie. Shambala est dirigé par Tippi Hedren.
Depuis la fin du tournage du film Roar, les félins du film y ont eu une vie heureuse.
(2) http://www.leszoosdanslemonde.com/documentation.shambala-preserve.php
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson

D’un côté, on encouragerait presque les âmes sensibles à regarder le film sans le son, histoire d’y apposer des voix parodiques façon vidéo gag (4) sur les bouches des acteurs et les réactions des animaux - on a essayé et ça peut devenir bidonnant. Mais rien n’interdit de regarder Roar avec les terminaisons nerveuses au repos, tant son jeu de cache-cache dans un ranch assiégé par des fauves (imaginez Assaut (5) de John Carpenter délocalisé chez les résidents carnivores du zoo de Thoiry !) (6) se coltine un premier degré hilarant parce que totalement à côté de la plaque. Rien que le décor de la maison vaut le détour : ni plus ni moins qu’un décor de jeu vidéo, rempli d’ouvertures et de chausse-trappes, où tout le monde tente de fuir la menace et de se cacher comme dans un bon vieux Resident evil (7), et ce avant qu’une moto ne grimpe sur le toit pour faire un vol plané au ralenti jusque dans la rivière ! Les autres péripéties rejoignent assez bien cette approche d’un cirque de l’extrême trop too much pour ne pas être lu de travers. Mention spéciale à un type qui joue les apnéistes dans un tonneau rempli d’eau (et bien sûr, les fauves ont visiblement très soif !) et à une Tippi Hedren assommée qui se retrouve soudain recouverte de miel (miam !). Ajoutez à cela quelques considérations sans intérêt sur le roi de la savane ou les amortisseurs de jeep, des animaux qui saccagent tout ce qu’ils touchent (bateau, mobilier, skateboard…), des gags qui n’ont pas l’air de l’être (rien ne vaut un bon parapluie pour distraire une femelle tigre !) et une réplique finale hilarante en guise de digestif (Ça vous plaira de vivre ici ? – Ah ben oui, on y sera bien mieux qu’à Chicago !). Sacré bazar que voilà, lequel s’achèvera en 1981 par un bide XXL au box-office et par le divorce du couple vedette… Ainsi naquit Roar : un cauchemar pour ses créateurs, une hallucination pour ses visiteurs. Une sorte de parc d’attractions suicidaire où l’homme a voulu dépenser sans compter pour un rêve illusoire, et où, par un enchaînement de désastres découlant d’un leurre de maîtrise, la nature a très vite repris le pouvoir… Tiens, tiens…
http://www.courte-focale.fr/cinema/critiques/roar-marshall-1981/
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vid%C3%A9o_Gag
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Assaut_(film)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_zoologique_de_Thoiry
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Resident_Evil_(s%C3%A9rie_de_films)

Roar n’échappa pas à la règle et connut le même sort que certains des autres projets fous susnommés. S’il bénéficia d’une sortie en fanfare partout dans le monde, bien aidé par la mode en vogue des films mondo (8) auquel il fut vite assimilé - bien aidé par son slogan de film le plus dangereux de l’histoire du cinéma - il ne sortira pas aux Usa - les distributeurs étatsuniens refusèrent que les bénéfices soient donnés à une fondation qu’avait créée Tippi Hedren pour reloger les animaux du film dans une réserve - le privant d’un public précieux qui aurait pu permettre au long-métrage de se rembourser. Au final, s’il a couté la coquette somme de dix sept millions $, Roar sera un marasme financier pour le couple puisqu’ils n’en tirèrent que deux millions de recettes. Enfin, il convient aussi de toucher un mot sur le devenir de toute cette faune. Car si la famille s’enorgueillit longtemps de ne pas avoir maltraité d’animaux durant le tournage (un panneau annonce d’ailleurs cette couleur dès le début du film) le récit du tournage, l’apparente condition d’hébergement des félins et les multiples incidents survenus - j’oubliai la cession d’un barrage qui a noyé plusieurs lions, ou l’incendie du ranch qui obligea l’équipe à évacuer le troupeau - prouve toutefois que la réalité est moins glorieuse que celle annoncée au générique. Hedren a depuis fait confesse dans un roman autobiographique intitulé The Cats of Shambala - du nom du refuge (2) qu’elle a ouvert par la suite pour accueillir les animaux du film mais aussi des animaux de cirques à la retraite ou de zoo personnel de stars comme celui de Michael Jackson (3) - dans lequel elle reconsidère, sans filtre, le bien-fondé du projet Roar et critique son comportement de l’époque tout comme son mode de vie insensé. Elle s’autorise même à désigner le projet d’obsession maladive aveuglés qu’ils étaient par leur propre espoir et ego, Hedren par sa courageuse remise en question nous invite par ailleurs à revoir notre notion de film culte. S’il convient de regretter et vouer un culte à ce vieux cinéma d’aventuriers, gardons-nous de cultiver des souvenirs si glorieux d’un film si inconscient qu’il aurait pu être à l’origine de la mort d’autant d’animaux que d’humains.
http://faispasgenre.com/2018/02/roar-critique/
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mondo_(cin%C3%A9ma)

Roar est décidément un drôle de film. Une sorte de mondo (8) mais dénué de toute complaisance au profit d’un regard candide, pour ne pas dire niais, porté sur les fauves. Quoique si la complaisance est absente du film, elle ne l’a pas été de sa campagne marketing, celle-ci jouant abondamment des désagréments vécus sur le tournage. La mention des 70 blessés figurent ainsi en bonne place sur les affiches lorsque le visuel de celles-ci ne reprend pas carrément la photo de l’un des membres de l’équipe couvert de blessures (Jan De Bont et sa plaie à la tête fraîchement recousue, le visage ensanglanté de Melanie Griffith). C’est encore le cas aujourd’hui pour la ressortie du film, même si le visuel de l’affiche se fait plus neutre avec ce lion rugissant en gros plan. De sa genèse à sa conception, Roar reste un projet atypique qui véhicule son lot d’images hallucinantes à même de marquer durablement la mémoire du spectateur. Une vraie curiosité.
http://tortillapolis.com/critique-film-roar-noel-marshall-1981/

S’il n’est assurément pas une grande œuvre de fiction, Roar a le mérite d’offrir une proposition de cinéma alternative totalement folle qui laisse encore pantois de nos jours. Parfois effrayant, souvent drôle, toujours décalé, le résultat final est proprement hallucinant et ne peut laisser indifférent. Ce qui n’est pas la moindre de ses qualités...
https://www.avoir-alire.com/roar-la-critique-du-film

Noel Marshall
Né le 18 avril 1931 à Chicago, décédé le 27 juin 2010 à Santa Monica.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Noel_Marshall

Jan de Bont
Né le 22 octobre 1943 à Eindhoven (Pays-bas).
C’est en passant à la mise en scène (Speed), qu’il se fait connaitre du grand public...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_de_Bont

Dominic Frontiere
Né Dominic Carmen Frontiere le 17 juin 1931 à New Haven, décédé le 21 décembre 2017 à Tesuque.
Principalement connu pour avoir composé les musiques des séries Les Envahisseurs et Au-delà du réel...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominic_Frontiere

Tippi Hedren
voir fiche du film Les Oiseaux
http://www.citebd.org/spip.php?film1787

Rick Glassey
https://www.imdb.com/name/nm0322074/

Melanie Griffith
Née le 9 août 1957 à New York.
Fille de Tippi Hedren, elle a une carrière cinématographique assez prolifique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Melanie_Griffith

Jerry Marshall
https://www.imdb.com/name/nm0550950/

John Marshall
https://www.imdb.com/name/nm0550968/

Kyalo Mativo
https://www.imdb.com/name/nm0559117/

Steve Miller
Né le 5 octobre 1943 à Milwaukee.
Créateur du Steve Miller band, son rôle dans Roar est sa seule expérience cinématographique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Miller

Will Hutchins
Né Marshall Lowell Hutchason le 5 mai 1930 à Los Angeles.
Outre au cinéma, son nom figure au générique de certaines séries tv...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Will_Hutchins

Zakes Mokae
Né Zakes Makgona Mokae à Johannesburg le 5 août 1934, décédé à Las Vegas le 11 septembre 2009.
Carrière prolifique, tant au cinéma, au théâtre et la tv...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zakes_Mokae

extrait(s) de presse

Courte focale - On regarde "Roar" comme on materait un mondo italien des 70’s ou un snuff-movie accidentel...
Fais pas genre - "Roar" a quelque chose d’un film catastrophe, dont les vagues et les tornades seraient remplacées par des félins bondissants et imprévisibles...
Ciné chronicle - Noel Marshall souhaite tourner cette fiction comme un documentaire et s’en remet totalement à ses compagnons poilus imprévisibles. Chaque séquence est donc improvisée...
àVoir-àLire - Un trip hippie et écologiste absolument hallucinant. Il faut le voir pour le croire !
Libération - "Roar" s’ouvre sur un avertissement prévenant que «malgré les apparences, aucun animal n’a été blessé sur le tournage». Les 70 personnes attaquées durant la même période ne peuvent pas en dire autant...