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des lois et des hommes

A Turning tide in the life of men
Irlande, France - 2017 - 1h46
sorti en France le 11 octobre 2017
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Loïc Jourdain

scénario : Loïc Jourdain, Mirjam Strugalla
direction de la photographie : Loïc Jourdain, Tristan Clamorgan
musique ou chansons : Guillaume Beauron
séances : semaine du mercredi 23 mai 2018
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
20:30*
séance spéciale :
* projection suivie d’un débat animé par Patrick Salez - soirée en partenariat avec Tera - Maison de l'Europe de la Charente, dans le cadre du Joli mois de l'Europe

synopsis

Sur l’île irlandaise d’Inishboffin on est pêcheurs de père en fils. Alors, quand une nouvelle réglementation de l’Union Européenne prive John O’Brien de son mode de vie ancestral, il prend la tête d’une croisade pour faire valoir le simple droit des autochtones à vivre de leurs ressources traditionnelles. Fédérant Ong, pêcheurs de toute l’Europe et simples citoyens, John va braver pendant 8 ans les lobbies industriels et prouver, des côtes du Donegal aux couloirs de Bruxelles, qu’une autre Europe est possible...

notes de production

Le réalisateur Loïc Jourdain avait déjà réalisé deux documentaires sur l’île de Tory (1), qui se situe à seulement quelques kilomètres de l’île où vit John. Il explique : les gens de la région connaissaient mon travail et mon attachement aux communautés insulaires : ils avaient vu plusieurs fois mes films à la télé irlandaise, donc une confiance s’est d’emblée établie entre nous. Je n’étais pas seulement de passage, ils savaient que j’étais de leur côté. J’avais même passé plusieurs hivers sur Tory ce qui, pour les locaux, relève de l’exploit ! J’étais déjà un "insulaire" à leurs yeux.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Toraigh

Pendant le tournage, Loïc Jourdain n’avait aucune idée précise de la tournure que les choses allaient prendre pour les pêcheurs. L’Irlande entrait par ailleurs dans une grave crise économique. Le cinéaste explique : nous naviguions dans un brouillard total. John et moi nous sommes alors rapprochés et j’ai doucement commencé à tisser ma toile autour de lui. Je voulais le précéder sur tout, connaître ses interlocuteurs présents et futurs, travailler avec eux afin de pouvoir être au bon endroit au moment voulu. C’est ainsi que j’ai opéré : tout le monde devait jouer le jeu.

Après le tournage, Loïc Jourdain avait près de 500 heures d’images et il lui a fallu pas moins de six mois pour capturer, ranger, transcrire, traduire et organiser toute cette matière. Trois assistantes monteuses et plusieurs stagiaires sont venus l’aider en renfort. La traduction du gaélique en anglais est ce qui leur a pris le plus de temps car c’est une langue orale complexe : seuls les locaux peuvent comprendre et restituer le sens de ce que John dit.
Le réalisateur développe : pour la post-production, nous n’avons pas eu assez de budget pour payer la totalité donc, en un sens, nous étions plus libres car nous n’avions pas de contraintes de temps. France 5 nous a demandé une version télé plus tôt que prévu alors que nous étions à mi-chemin du montage de la version cinéma. Nous avons donc dû scinder l’équipe en deux : je suis allé à Paris monter la version télé tandis que Mirjam Strugalla a continué le montage de la version cinéma en Irlande - tout en supervisant le montage de la version télé par skype et en se déplaçant quelquefois à Paris. Nous avons travaillé sur une version de 5 heures, puis de 3, et enfin de 2 heures. Le plus long et le plus complexe fut la mise en place de l’écriture de la voix off de John. Nous devions écrire en anglais mais aussi directement en gaélique (et le gaélique prend 25% de temps en plus que l’anglais), tout en montant les versions longue et courte. Nous travaillions donc sur 4 montages différents simultanément, avec deux acteurs/traducteurs "locaux" pour restituer le ton, le style, l’humilité et la sincérité de John. Il fallait que la voix soit celle de John : la voix off du film est le personnage principal de ce récit.

Entretien avec Loïc Jourdain
Pouvez-vous revenir sur la genèse du film et nous raconter votre rencontre avec John O’Brien ?
J’ai rencontré John sur le quai d’où partent les bateaux pour les îles. La productrice avec qui je travaillais à l’époque m’avait parlé de lui. Elle l’avait entendu à la radio, il s’exprimait bien, semblait déterminé à en découdre. Il n’avait pas l’étoffe d’un héros : il voulait simplement comprendre ce qui se passait et continuer à .vivre comme auparavant. C’était le personnage idéal pour mon film. Nous pouvons tous nous identifier à lui...
https://desloisetdeshommes.com/2017/08/30/entretien-avec-loic-jourdain/#more-263

Loïc Jourdain
http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_liste_generique/C_26223_F

Mirjam Strugalla
https://www.imdb.com/name/nm1295022/

Tristan Clamorgan
https://www.imdb.com/name/nm3060565/

Guillaume Beauron
https://www.imdb.com/name/nm1886843/

extrait(s) de presse

La Croix - Un héros de John Ford à l'assaut de Bruxelles.
L'Humanité - On suit depuis l’Irlande huit ans de combat des pêcheurs insulaires pour faire reconnaître leurs spécificités. Une pédagogie incarnée.
Télérama - Un beau film, doublé d’une profonde réflexion.
àVoir-àLire - Œuvre sobre, militante, engagée pour une Europe à l’échelle humaine où l’on assure aux régions le droit à l’identité, "Des Lois et des hommes" est un beau manifeste pour une redéfinition de l’Europe moderne, qui forgerait aussi sa force dans l’écoute et la préservation des terroirs et de leur rusticité.
Libération - (...) le film parcourt et donne chair avec une vigueur tendre à la fois aux logiques bruxelloises qui «détestent les dérogations», aux circuits déraisonnés de la mondialisation (...), et à ce combat à fronts renversés entre artisans-pêcheurs et stratégies environnementales qui, paradoxalement, favorisent les pratiques des «gros poissons».
Le Monde - C’est tout à la fois un précieux document sur les dysfonctionnements de l’Union européenne, un émouvant témoignage sur le quotidien et les traditions d’une communauté, et le portrait d’un homme qui apprend peu à peu à se défendre et à faire entendre sa voix...
France culture - Que se passe-t-il lorsque l’on prive une communauté de la chose qui la fonde et la fait vivre à la fois ?