call me by your name - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > call me by your name

call me by your name

Italie, France, Usa, Brésil - 2017 - 2h11
sorti en France le 28 février 2018
compétition Toronto 2017 - Oscar 2018 du meilleur scénario adapté (James Ivory)
film - version originale sous-titrée en français
de

Luca Guadagnino

scénario : James Ivory
d'après l'oeuvre de : André Aciman
direction de la photographie : Sayombhu Mukdeeprom
musique ou chansons : Sufjan Stevens
avec : Armie Hammer (Oliver), Timothée Chalamet (Elio), Michael Stuhlbarg (Mr. Perlman), Amira Casar (Annella), Esther Garrel (Marzia), Victoire du Bois (Chiara), Elena Bucci (historien des arts n°1), Peter Spears (Isaac), Vanda Capriolo (Mafalda), Antonio Rimoldi (Anchise), Marco Sgrosso (historien des arts n°2), André Aciman (Mounir)
séances : semaine du mercredi 9 mai 2018
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
20:30*
séance spéciale :
* projection suivie d’un débat animé par l’association Adheos, centre Lgbt d’Angoulême - tarif unique 3,50€

synopsis

Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais...

notes de production

Call me by your name est le dernier volet d’une trilogie réalisée par Luca Guadagnino sur le thème du désir composée de Amore (1) et A Bigger splash (2). Le réalisateur italien développe : alors que dans les deux premiers volets (...), le désir était associé à la possession, au regret, au mépris et au besoin d’émancipation, j’ai voulu l’explorer ici à travers le prisme d’une idylle de jeunesse. Elio, Oliver et Marzia naviguent dans les eaux troubles d’un amour qui, comme l’a jadis décrit Truman Capote (3), « n’ayant pas de géographie, ne connaît pas de frontières ».
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film488
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1757
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Truman_Capote
le film Truman Capote de Bennett Miller avec Philip Seymour Hoffman a été présenté salle Nemo à partir du 8 mars 2006.

Luca Guadagnino déclare que son film ne doit pas être perçu comme une œuvre hyper-intellectualisée, mais comme une histoire d’amour attendrissante et exaltante. C’est une boîte de chocolats dans laquelle on pioche avec gourmandise.
Il a également souhaité rendre hommage aux figures paternelles qui l’ont guidé tout au long de sa vie : son propre père mais aussi ses pères de cinéma : Renoir (4), Rivette (5), Rohmer (6) ou Bertolucci (7).
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1221
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Rivette
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1745
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1667

Call me by your name est tiré du premier roman (8) d’André Aciman. Paru en 2007, l’ouvrage est salué pour son érotisme brut et le profond impact émotionnel qu’il a suscité chez ses lecteurs. Parmi eux, les producteurs Peter Spears et Howard Rosenman (10), qui tentent dès 2008 de le porter à l’écran. Après avoir tenté de monter le projet avec différents acteurs et réalisateurs (dont Luca Guadagnino, déjà occupé à ce moment-là), ils se tournent vers James Ivory pour l’écriture d’un nouveau scénario. Ce dernier a tout d’abord inséré quelques passages de narration en voix off dans son script mais ils ont finalement été retirés de la version finale. La différence majeure entre l’œuvre originale et le film est que ce dernier est relaté au présent tandis que le roman est intégralement raconté en flashbacks, d’après les souvenirs d’Elio.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Plus_tard_ou_jamais
(10) https://www.imdb.com/name/nm0742651/

Le tournage du film, qui ne pouvait avoir lieu qu’en été, n’a cessé d’être repoussé en raison d’incompatibilité d’emplois du temps aussi bien chez les acteurs que le réalisateur. Après neuf ans d’attente, le tournage a finalement eu lieu en été 2016.

Alors que le roman se déroule dans la région de Ligurie (11) sur la Riviera italienne, Luca Guadagnino a décidé de poser sa caméra loin du littoral, dans la ville de Crema (12), en Lombardie. Une région qu’il connaît bien puisqu’il y vit. Le tournage a été très confortable, aussi bien pour lui qui pouvait chaque soir dormir dans son propre lit, que pour le reste de l’équipe car la plupart des lieux de tournage étaient situés dans les environs immédiats de Crema. Quant à la villa des Perlman, il s’agit d’une maison de famille inhabitée de Moscazzano (13), à quelques minutes de Crema.
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligurie
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crema
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Moscazzano

Timothée Chalamet est arrivé sur place cinq semaines avant le début du tournage durant lesquelles il pratiquait quotidiennement une heure et demie d’italien, une heure et demie de piano et une heure et demie de guitare. Il faisait également du sport trois fois par semaine. Bien qu’il ait fait six ans de piano et un an de guitare avant ce film, l’acteur a travaillé avec le compositeur basé à Crema Roberto Solci afin d’atteindre le niveau de virtuosité d’Elio. De même, il était indispensable pour lui de maîtriser l’italien, la langue maternelle d’Elio, qu’il comprenait vaguement à son arrivée à Crema (12). Pour se fondre dans l’atmosphère de ce petit village, il s’est lié d’amitié avec plusieurs habitants de son âge qui ignoraient qu’il était acteur.

Luca Guadagnino et le directeur de la photographie Sayombhu Mukdeeprom (collaborateur régulier d’Apichatpong Weerasethakul (14)) ont filmé Call me by your name sur pellicule avec un seul objectif de 35mm (15). Le réalisateur explique : j’aime les limites. Je pense qu’il est important de se fixer un cadre et de trouver le moyen de s’exprimer à l’intérieur de ses contours. Je me suis limité à un seul objectif parce que je ne voulais pas que la technologie interfère avec la trame émotionnelle du film. Je tenais à ce qu’on se concentre sur l’histoire, sur les personnages et sur le déroulement de la vie.
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1523
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm

Luca Guadagnino laissait beaucoup de liberté à ses acteurs sur le plateau. Ainsi, la scène finale a été réalisée en trois prises très différentes. Selon Timothée Chalamet, celle que Luca a sélectionnée est celle qui est selon moi la plus fidèle à ce qu’Elio ressent à ce moment précis.

Luca Guadagnino a fait appel à l’auteur-compositeur-interprète américain Sufjan Stevens pour écrire une chanson de Call me by your name : j’ai énormément d’admiration pour Sufjan. Sa voix est magnifique et angélique, et ses paroles sont éloquentes, profondes et pleines de tristesse et de beauté. Sa musique est en outre obsédante. Et je voulais retrouver tous ces éléments dans le film. Le chanteur, qui n’avait jamais collaboré à la bande-originale d’un film, a finalement signé deux morceaux, Mystery of love (17) et Visions of Gideon (18).
(17) https://www.youtube.com/watch?v=KQT32vW61eI
(18) https://www.youtube.com/watch?v=LJytBqnWtEI

Outre les morceaux de Sufjan Stevens (16), la bande originale de Call me by your name comprend également des morceaux de John Adams (19) (scène d’ouverture, découverte de la statue), ainsi que des compositions de Ryuichi Sakamoto (20), Satie (21) et Ravel (22), et Le Caprice sur le départ de son frère bien-aimé (23) de Jean-Sébastien Bach, interprété en live à la guitare et au piano par Timothée Chalamet. Luca Guadagnino a également sélectionné des morceaux pop qui passaient sur les ondes dans les années 80, tels que Lady, lady, lady (24) de Giorgio Moroder (25) et Love my way (26) de Psychedelic furs (27) sur lequel Oliver danse énergiquement dans la boîte de nuit de Crema (12).
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Adams_(compositeur)
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1446
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Ravel
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Capriccio_sopra_la_lontananza_del_suo_fratello_dilettissimo
(24) https://www.youtube.com/watch?v=f4KfmvyIIkA
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Giorgio_Moroder
(26) https://www.youtube.com/watch?v=Zz1XaRYvRiY
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Psychedelic_Furs

L’une des scènes les plus poignantes de Call me by your name est le discours de M. Perlman à son fils Elio à la fin du film. Le personnage, interprété par Michael Stuhlbarg, est directement inspiré du père d’André Aciman, l’auteur du roman. Celui-ci raconte : mon père était quelqu’un de très ouvert qui n’avait aucune inhibition en matière de sexualité. On pouvait discuter avec lui de tout ce qu’on voulait sur le sujet. C’est la raison pour laquelle je ne me voyais pas écrire un discours classique dans lequel le père dirait à son fils que ça arrive à tout le monde ou lui conseillerait d’aller consulter un psy. Je n’imaginais pas non plus qu’il réagisse de manière hostile car ce n’est pas ce que j’ai vécu. Mon père aurait dit mot pour mot ce que M. Perlman dit dans le livre et dans le film.

Luca Guadagnino n’a organisé qu’une seule répétition en amont du tournage en compagnie de Timothée Chalamet et Armie Hammer. Les deux acteurs ont alors découvert la scène qu’ils devaient jouer, dont la seule indication était Elio et Oliver flirtent dans l’herbe. Le duo s’est alors lancé puis a été interrompu par le réalisateur qui leur a demandé d’être plus passionnés. Les comédiens ont repris la répétition et ont continué de jouer avant de s’apercevoir que Luca Guadagnino était tout simplement parti, les laissant seuls.

Call me by your name est dédié à Bill Paxton (28), décédé en 2017. Brian Swardstrom (29), époux du producteur Peter Spears, était le meilleur ami et agent de l’acteur. Ce dernier s’était rendu sur le tournage du film en Italie et avait sympathisé avec Luca Guadagnino.
(28) http://www.citebd.org/spip.php?film1760
(29) https://www.imdb.com/name/nm0841911/

James Ivory révèla dans une interview que Shia LaBeouf (30) avait auditionné pour le film et s’était révélé très convaincant. Mais l’acteur faisait alors la une des journaux pour ses frasques et les producteurs refusèrent de l’engager, allant à l’encontre de l’avis d’Ivory.
(30) http://www.citebd.org/spip.php?film1195

Luca Guadagnino
Né le 10 août 1971 à Palerme.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luca_Guadagnino
voir aussi fiche du film Amore
http://www.citebd.org/spip.php?film488

James Ivory
Né le 7 juin 1928 à Berkeley.
On lui doit principalement un certain nombre de films comme Chaleur et poussière, Chambre avec vue et Retour à Howards end...
https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Ivory

André Aciman
Né le 2 janvier 1951 à Alexandrie.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Aciman

Sayombhu Mukdeeprom
voir fiche du film Les Mille et une nuits...
http://www.citebd.org/spip.php?film1538

Sufjan Stevens
Né le 1er juillet 1975 à Détroit.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sufjan_Stevens

Armie Hammer
Né le 28 août 1986 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armie_Hammer
voir aussi fiche du film The Social network
http://www.citebd.org/spip.php?film533

Timothée Chalamet
Né le 27 décembre 1995 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Timoth%C3%A9e_Chalamet

Michael Stuhlbarg
voir fiche du film Dalton Trumbo
http://www.citebd.org/spip.php?film1674

Amira Casar
voir fiche du film Pas son genre
http://www.citebd.org/spip.php?film1242

Esther Garrel
voir fiche du film L’Amant d’un jour
http://www.citebd.org/spip.php?film1912

Victoire du Bois
https://fr.wikipedia.org/wiki/Victoire_Du_Bois

Elena Bucci
voir fiche du film A Bigger splash
http://www.citebd.org/spip.php?film1757

Peter Spears
https://www.imdb.com/name/nm0817379/

Vanda Capriolo
https://www.imdb.com/name/nm8747928/

Marco Sgrosso
https://www.imdb.com/name/nm2000106/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - L’éloge de la passion et de la nécessaire douleur qui s’ensuit, au cœur d’un film lumineux, magnifiquement interprété, qui bouscule les préjugés, pour s’immiscer in fine au panthéon des œuvres traitant du désir.
CinemaTeaser - Une sublime éducation sentimentale, sophistiquée et pourtant universelle, hyper sensuelle et littéraire qui colle des frissons et des larmes.
Critikat - Le film entier ressemble à ses fabuleux décors de la campagne italienne : porté par une indolence qui ne se laisse jamais écraser par la paresse, il irradie d'une beauté pure et sans efforts, dont la simplicité même est la source d'une multitude d'émotions.
Culturopoing - La subtilité de l’approche de Luca Guadagnino se développe sur la durée, l’habillage bourgeois cèdant peu à peu le pas à un flux bouillonnant qui évoque le sexe sans détours et capte les infimes manifestations du désir amoureux jusqu’à son point d’incandescence.
Ecran large - "Call me by your name" n'est pas le petit mélodrame classique : c'est une parenthèse magnifique d'une finesse éblouissante, dont le sens et la beauté résonnent longtemps après.
Elle - Plus qu’un ravissement, cette chronique passionnément déchirante nous enflamme.
Le Figaro - Un bijou de délicatesse et d'humanité.
Rolling stone - Une chronique mémorable et bouleversante.