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les garçons sauvages

France - 2017 - 1h50
sorti en France le 28 février 2018
interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
film - film francophone
de

Bertrand Mandico

scénario : Bertrand Mandico
d'après l'oeuvre de : William S. Burroughs
direction de la photographie : Pascale Granel
musique ou chansons : Pierre Desprats, Hekla Magnúsdóttir
avec : Pauline Lorillard (Romuald), Vimala Pons (Jean-Louis), Diane Rouxel (Hubert), Anaël Snoek (Tanguy), Mathilde Warnier (Sloane), Sam Louwyck (le capitaine), Elina Löwensohn (le docteur Séverin,e), Nathalie Richard (la professeur), Christophe Bier (le procureur), Margaux Fabre (Octavio)
voix : Lola Creton (voix-off)
séances : semaine du mercredi 23 mai 2018
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
11:00
16:30
11:00*
18:45
20:30
16:30*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 16h30 dernière séance

synopsis

Début du vingtième siècle, cinq adolescents de bonne famille épris de liberté commettent un crime sauvage. Ils sont repris en main par le Capitaine, le temps d'une croisière répressive sur un voilier. Les garçons se mutinent. Ils échouent sur une île sauvage où se mêlent plaisir et végétation luxuriante. La métamorphose peut commencer…

notes de production

Bertrand Mandico a emprunté le titre de son premier long métrage au roman de William S. Burroughs, Les Garçons sauvages (1), publié en 1973, qui met en scène des adolescents guérilleros, rompus à toutes les armes du sexe et de la drogue, [qui] vont dévaster la terre. Cependant, il ne s’agit pas d’une adaptation littéraire mais d’une rêverie sur un titre. J’ai voulu faire une bouture entre Jules Verne (2) et Burroughs, une bouture impossible, comme si Burroughs contaminait une robinsonnade à la Jules Verne.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Gar%C3%A7ons_sauvages_-_Un_livre_des_morts
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne

Contrairement à ce que son titre laisse penser, la bande des Garçons sauvages est composée d’un casting entièrement féminin. Pour Bertrand Mandico, il s’agissait d’offrir aux comédiennes des rôles iconoclastes et chercher en elles les garçons sauvages... C’est intéressant de donner des possibilités de jeu à des actrices qui se sentent peut-être à l’étroit dans ce qu’on peut leur proposer.

Les Garçons sauvages est nourri par une multitude de références, Bertrand Mandico se décrivant comme très perméable aux films qu’il voit. Aussi cite-t-il parmi ses influences Jean Cocteau (3), Fog (4) de John Carpenter, Mario Bava (5), Querelle (6) de Fassbinder, Un Chant d’amour (7) de Jean Genet et Josef Von Sternberg (8) pour ses mises en scène foisonnantes, sa manière d’occuper l’espace visuel, de saturer d’éléments habités, ses plans tournés en studio.
En ce qui concerne le personnage d’Elina Löwensohn, l’inspiration est à chercher du côté du Docteur Moreau, dans les deux adaptations au cinéma (9) (10) du roman de H.G. Wells, et du côté de Klaus Kinski dans Fitzcarraldo (11) de Werner Herzog pour le costume et la pulsion utopique. On a aussi emprunté à Kinski, sa façon de se mouvoir, de pivoter sur un pied, dans Aguirre, la colère de Dieu (12).
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film441
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1543
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1201
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Querelle_(film)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_chant_d%27amour
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Josef_von_Sternberg
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%8Ele_du_docteur_Moreau_(film,_1932)
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%8Ele_du_docteur_Moreau_(film,_1996)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fitzcarraldo
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aguirre,_la_col%C3%A8re_de_Dieu

Les Garçons sauvages est un film en noir et blanc entrecoupé de séquences en couleur. Pour justifier ce choix, Bertrand Mandico cite le cinéaste japonais Koji Wakamatsu (13), qui utilise la couleur de manière racoleuse, pour marquer le spectateur à des moments clefs du récit. Quant au noir et blanc, il s’agit d’un choix esthétique et pragmatique, permettant de donner une unité au film en passant facilement du studio aux extérieurs naturels.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C5%8Dji_Wakamatsu

L’intégralité du son a été refaite après le tournage. Bertrand Mandico a monté le film quasiment sans son, avec des sous-titres pour se repérer. En compagnie du casting, il a ré-enregistré les dialogues et travaillé des nuances de jeu très subtiles puis a posé les ambiances, les bruitages et la musique. Ce processus a permis de changer la hauteur des voix des actrices pour les rendre plus masculines.

Le morceau final que l’on entend dans Les Garçons sauvages, Wild girl, est composé par Ekko Löwensohn (14), le frère d’Elina Löwensohn, disparu depuis. L’actrice, qui incarne le docteur Séverin(e), pose sa voix sur la chanson qui a été réarrangée par Pierre Desprats et dont les paroles ont été écrites par Bertrand Mandico.
(14) https://www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=garcons-sauvages

Bertrand Mandico a fait appel à Christophe Bier pour jouer le rôle du procureur. Chroniqueur dans l’émission Mauvais genres (15) de France Culture, Christophe Bier est également critique et journaliste cinéma spécialisé dans le cinéma bis et pornographique. Quant à la voix off, il s’agit de Lola Créton, révélée par Un Amour de jeunesse (16). La comédienne a depuis participé au tournage du moyen métrage de Bertrand Mandico, Ultra pulpe (17).
(15) https://www.franceculture.fr/theme/mauvais-genres
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_amour_de_jeunesse
(17) http://www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/ultra-pulpe

L’émotion artistique est un coup de foudre. Un film est gagné ou perdu dès les premières images. Dès ses premières images, Les garçons sauvages sont un chef d’œuvre : une source de vin, de lait et de miel qui jaillit d’une terre desséchée.
http://www.gncr.fr/films-soutenus/les-garcons-sauvages

Entretien avec Bertrand Mandico
Pour quelles raisons le passage au long-métrage fut aussi tardif après tant d’années passées dans le court-métrage ?
Si ce premier long-métrage a pu se faire, c’est parce que j’ai pu avoir des subventions pour celui-ci et pas pour les précédents ! (rires) En vérité, j’avais déjà écrit plusieurs scénarios de long-métrage dans le passé, toujours dans l’idée de les faire avec mes collaborateurs récurrents. Or, le problème, c’est que j’avais travaillé pendant longtemps avec un producteur qui n’allait pas à la pêche aux subventions, qui ne passait jamais à l’acte et qui, au final, m’a mis dans une espèce de prison dorée… ou plutôt chromée ! (rires) J’avais vraiment besoin de tourner parallèlement à tout ce que j’écrivais, et j’ai donc fait beaucoup de courts ou de moyens-métrages. Et puis, au bout d’un moment, le producteur Emmanuel Chaumet (18) m’a dit : « tu es en train de dépérir avec ce producteur. Moi je vais te produire rapidement ». Et il a tenu parole… En outre, en ce qui concerne ces projets que je développais, je peux vous parler d’un projet de western qui était à deux doigts de se faire il y a quelques années. On avait eu les subventions, même si, hélas, des problèmes de production ont suivi derrière et ont tout arrêté. Mais ce qui est assez étrange, c’est que tout le casting est mort depuis ! On avait Katia Golubeva (19), Guillaume Depardieu (20), Maurice Garrel (21), Tina Aumont (22)… Cela en fait un vrai projet fantôme, même si je caresse toujours l’espoir de faire ce film...
http://www.courte-focale.fr/cinema/entretiens/entretien-bertrand-mandico-sauvages/
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Chaumet
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Katerina_Golubeva
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film96
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Garrel
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tina_Aumont

Bertrand Mandico
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Mandico
http://www.ciclic.fr/actualites/entretien-avec-le-realisateur-bertrand-mandico-propos-de-ses-garcons-sauvages

William S. Burroughs
Né le 5 février 1914 à Saint-Louis, décédé à Lawrence (Kansas) le 2 août 1997.
Principalement connu pour ses romans hallucinés, il est associé à la Beat generation et à ses figures emblématiques, Jack Kerouac et Allen Ginsberg...
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_S._Burroughs

Pascale Granel
https://www.imdb.com/name/nm1058432/

Pierre Desprats
https://www.imdb.com/name/nm7172696/

Pauline Lorillard
https://www.imdb.com/name/nm2063878/

Vimala Pons
voir fiche du film La Loi de la jungle
http://www.citebd.org/spip.php?film1710

Diane Rouxel
voir fiche du film Fou d’amour
http://www.citebd.org/spip.php?film1524

Anaël Snoek
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ana%C3%ABl_Snoek
voir aussi fiche du film Son épouse
http://www.citebd.org/spip.php?film1257

Mathilde Warnier
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathilde_Warnier

Sam Louwyck
voir fiche du film Les Ardennes
http://www.citebd.org/spip.php?film1709

Elina Löwensohn
Née le 11 juillet 1966 à Bucarest.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Elina_L%C3%B6wensohn
voir aussi fiche du film Vénus noire
http://www.citebd.org/spip.php?film503

Nathalie Richard
voir fiche du film Jeune femme
http://www.citebd.org/spip.php?film2023

Christophe Bier
https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Bier

Margaux Fabre
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/690694-margaux-fabre.html

Lola Creton
voir fiche du film Corniche Kennedy
http://www.citebd.org/spip.php?film1743

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - En guise de premier long-métrage, Bertrand Mandico nous offre une épopée au cœur d’une imagerie aussi gothique que queer. Ce travail sur les corps et les désirs ne plaira pas aux censeurs de Civitas... une raison de plus d’en faire un film culte !
Bande à part - Ce cinéma surnaturel, on le reçoit cinq sur cinq.
Culturopoing - Avec "Les Garçons sauvages", Bertrand Mandico ouvre la voie à un cinéma pulsionnel et onirique, romantique et punk.
Fiches du cinéma - Tout en nous racontant une histoire dans le creux de l’oreille, Bertrand Mandico nous enveloppe de somptueuses hallucinations visuelles. Le beau bizarre dans toute sa splendeur.
Les Inrocks - Un tourbillon de liberté, d’aventure, de poésie et d’érotisme.
Libération - C’est une fausse histoire de pirates, dont le trésor serait le film. Certes, un trésor de contrefaçons et de bijoux en toc, mais qui brillent d’un éclat enivrant et lascif.
Le Nouvel obs - Un premier long-métrage en incessant trompe-l'œil et volutes incandescentes, coup d'essai prometteur d'un auteur repéré depuis longtemps pour ses films courts.
Paris match - Dans un cinéma français de plus en plus frileux, ce véritable champignon hallucinogène, sur fond de Nina Hagen, est une claque esthétique, transgenre, hystérique, d’une liberté rare.