ni juge ni soumise - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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ni juge ni soumise

France, Belgique - 2018 - 1h39
sorti en France le 7 février 2018
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
documentaire - film francophone
de

Jean Libon, Yves Hinant

direction de la photographie : Didier Hill-Derive
séances : semaine du mercredi 16 mai 2018
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
20:30
18:30
18:30
21:00
11:00*
18:45
16:30*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 16h30 dernière séance

synopsis

Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d'enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n'est pas du cinéma, c'est pire...

notes de production

Ni juge, ni soumise est l’adaptation sur grand écran de Strip-tease (1), l’émission documentaire belge diffusée sur Rtbf et France 3. Pendant plus de vingt-cinq ans, le programme, sans interview ni voix-off, proposait de déshabiller la France et la Belgique. Devenu culte, Strip-tease créé la polémique en 2012 avec l’épisode Recherche bergère désespérément (2) dans lequel on suit un agriculteur célibataire dont les grands-parents font appel à une agence matrimoniale afin de le mettre en relation avec une jeune Roumaine.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Strip-tease_(%C3%A9mission_de_t%C3%A9l%C3%A9vision)
(2) https://www.francetvinfo.fr/economie/medias/polemique-apres-strip-tease-je-montre-la-realite-telle-qu-elle-est_114847.html

Derrière Ni juge, ni soumise se trouvent Jean Libon, co-créateur de Strip-tease (1), et Yves Hinant, un des réalisateurs récurrents du programme.
Pour les réalisateurs, transposer Strip-tease au cinéma était une évidence, tant l’écriture de l’émission était nourrie par la fiction : Strip-tease est né dans les années 80 de l’influence des comédies sociales à sketches italiennes. Un cinéma populaire qui ne respectait pas grand-chose et faisait tout passer à la moulinette : église, politique, famille, bourgeoisie, rapport homme-femme, sexe etc... Notre écriture, c’est une comédie à sa manière, grâce à des séquences mêlant l’humour noir, l’absurde, l’amertume des situations, parfois un peu de vulgarité, de la poésie, du désespoir, le tout ancré dans notre époque .
Ils ajoutent : la grammaire de ces histoires a été empruntée plus d’une fois en fiction. On prête souvent à des longs métrages une “patte” « strip-tease ». Pourquoi alors, en restant fidèle à nous-mêmes, n’aurions-nous pas tenté de faire un long métrage « strip-tease » à la « strip-tease » ?

Ni juge, ni soumise a pour fil rouge une enquête criminelle. Pour les réalisateurs, signer un polar était particulièrement excitant, pas seulement parce qu’il aiguise notre curiosité macabre sur l’âme humaine, mais aussi parce que c’est souvent dans l’histoire d’un crime qu’on peut voir à la loupe la société dans laquelle on patauge. Dans un polar, l’histoire est le plus souvent un prétexte qui nous amène à décrire les turpitudes de l’âme humaine. Dans un polar, on est prêt à suivre n’importe quelle piste, du moment que l’univers qui y est décrit nous touche, nous concerne et nous questionne. Peu importe le criminel, du moment que ceux qui le traquent se passionnent pour son profil.

Partisans de la bonhomie irrévérencieuse, les réalisateurs osent tout et prennent un malin plaisir à mettre le doigt là où ça fait mal. Mêlant l’humour noir, l’absurde et l’humour saupoudrés tantôt de vulgarité, tantôt de poésie, ils font preuve d’ un vrai talent pour dénicher les situations tragi-comiques les plus percutantes et décrypter avec un cynisme bienveillant les méandres de nos sociétés contemporaines. Respectant scrupuleusement le cahier des charges Strip-tease (1), ils excluent tout écrit préalable, tout commentaire, toute interview et toute musique, afin de traquer le réel dans ses moindres recoins. La caméra se fait toute petite pour ne laisser filtrer que la plus pure authenticité si dure soit-elle.
Est-ce un documentaire, ou une fiction ? De l’art ou du cochon ? Ce n’est pas du cinéma....c’est pire affirment les réalisateurs. Il est vrai que cette description sans artifice de la société telle qu’elle est est parfois pire que ce que l’on peut imaginer.
https://www.avoir-alire.com/ni-juge-ni-soumise-la-critique-du-film

Si deux zozos proposaient l’idée de Strip-tease (1) à une télé aujourd’hui, personne ne la prendrait.
http://www.slate.fr/story/157291/si-deux-zozos-proposaient-lidee-de-strip-tease-une-tele-aujourdhui-personne-ne-la

Entretien avec Yves Hinant et Jean Libon
J’ai vu le film, je sais, mais expliquez-moi ce qui fait d’Anne Gruwez un personnage si fascinant ?
Elle existe et, dans ce métier, elle est assez formidable. Elle existe. Alors, dans cette période où les réseaux sociaux écrasent les gens parce qu’on ne peut plus rien dire, elle a encore son franc parler. Elle oser exprimer sa pensée. Elle dit ce qu’elle pense. Elle existe vraiment. Forcément, dans le marasme quotidien de tous les gens qu’on rencontre sur une année, on a soudain un personnage existe, qui travaille, qui fonctionne et qui fonctionne bien, qui assume ce qu’elle fait. Ce qui la rend formidable. C’est vrai que dans notre époque, contrairement à la mienne 3 générations auparavant, c’est quelqu’un qui existe. Je dirais que ce n’est peut-être pas un personnage à la mode mais elle existe. Ce qui fait, à nos yeux, un bon personnage...
https://www.rtbf.be/culture/cinema/detail_l-interview-de-yves-hinant-et-jean-libon-realisateurs-de-ni-juge-ni-soumise?id=9848781

Jean Libon
https://www.imdb.com/name/nm1337713/

Yves Hinant
https://www.imdb.com/name/nm3554712/

Didier Hill-Derive
https://www.imdb.com/name/nm1305201/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Quand une justice décomplexée déshabille sans tabou nos sociétés, on s’enivre d’un vent de liberté que l’on croyait à jamais disparu.
La Croix - "Ni juge, ni soumise" fait défiler un échantillon d’humanité qui échoue dans le bureau de cette juge, elle-même hors norme. Toutes les occasions où elle apparaît sont cocasses, nature et, par moments, inquiétantes sur l’administration de la justice belge.
Le Figaro - Les images de "Ni juge, ni soumise" montrent que la réalité est souvent beaucoup plus forte que la fiction.
L'Humanité - Folie douce à tous les étages dans ce film rentre-dedans où la figure extravertie de la magistrate s’avère être de la trempe de certains comédiens belges comme Benoît Poelvoorde ou Yolande Moreau. Rien ni personne ne sort indemne de ce jeu de massacre documentaire.
Télérama - A chaque instant, le sordide côtoie la misère humaine la plus noire… « C’est souvent dans l’histoire d’un crime qu’on peut voir à la loupe la société dans laquelle on patauge », tel est le credo des réalisateurs de cette ­variante belge et surréaliste du "Délits flagrants" de Raymond Depardon.
Le Nouvel obs - Entre la sidération et la gêne, notre cœur de spectateur balance.
Les Inrocks - C’est indéniablement drôle et vivant mais quelle est la place du réel dans tout cela ?
Le Monde - Chacune des scènes, de fait, se présente comme un petit théâtre autonome, appelant le spectateur à se faire son opinion sur l’innocence ou la culpabilité des prévenus, lui ménageant des surprises, des moments éventuellement comiques, ou au contraire proprement effarants...