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la révolution silencieuse

Das schweigende Klassenzimmer
Allemagne - 2017 - 1h51
sorti en France le 2 mai 2018
film - version originale sous-titrée en français
de

Lars Kraume

scénario : Lars Kraume
d'après l'oeuvre de : Dietrich Garstka
direction de la photographie : Jens Harant
avec : Leonard Scheicher (Theo Lemke), Tom Gramenz (Kurt Wächter), Lena Klenke (Lena), Jonas Dassler (Erik Babinski), Isaiah Michalski (Paul), Ronald Zehrfeld (Hermann Lemke), Carina N. Wiese (Imgard Lemke), Max Hopp (Hans Wächter), Judith Engel (Anna Wächter), Michael Gwisdek (Edgar), Florian Lukas (recteur Schwarz), Jördis Triebel (Mme Kessler)
séances : semaine du mercredi 9 mai 2018
mercredi 9 jeudi 10 vendredi 11 samedi 12 dimanche 13 lundi 14 mardi 15
14:00
16:30
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11:00*
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 16 mai 2018
mercredi 16 jeudi 17 vendredi 18 samedi 19 dimanche 20 lundi 21 mardi 22
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 20h30 dernière séance

synopsis

Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires...

notes de production

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans (1)
L’histoire ne dit pas si les lycéens est-allemands de La Révolution silencieuse connaissaient le célèbre vers de Rimbaud (2). Celui-ci donne pourtant à méditer sur leur propre histoire, celle d’une bravade potache qui se transforma en affaire d’État...
Il est difficile pour les spectateurs d’aujourd’hui, qui ont vu tomber le Mur (3) ou sont nés après sa chute, de se projeter à l’époque d’avant sa construction. C’est tout l’intérêt de La Révolution silencieuse de nous plonger dans cette Allemagne-là, encore incertaine de son avenir et en partie innocente...
http://www.zerodeconduite.net/dp/zdc_larevolutionsilencieuse.pdf
(1) http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/roman.html
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_Berlin#La_chute_du_Mur

S’il est une scène de l’Histoire du cinéma qui en a bouleversé plus d’un, c’est celle où des étudiants se ralliaient dans un même élan en déclamant un à un Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! (4)
La Révolution silencieuse, présenté au festival de Berlin, nous offre un moment aussi galvanisant voire plus, car son impact n’est pas enflé par de la musique mais par la force d’une courageuse prise de parole, celle d’un groupe de lycéens est-allemands aspirant au bac qui décident après un vote de manifester en classe, à travers une longue, très longue minute de silence, leur solidarité envers les insurgés hongrois (5) qui s’élevèrent spontanément, en 1956, contre l’occupant soviétique.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cercle_des_po%C3%A8tes_disparus
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Budapest
Porté par cette énergie typique de la prime jeunesse (puissamment rendue par une troupe de comédiens irrésistibles de fraîcheur), celle des lycéens qui reluquent les filles, dansent en cachette sur des airs de rock électrisants et se demandent, face à l’insurrection contre-révolutionnaire (potentiellement fasciste) de Budapest, ce qu’en disent à l’inverse les médias de l’Ouest, de l’autre côté de ce qui deviendra bientôt un infranchissable Mur (3), le film analyse, tout en relatant le crescendo des conséquences de leur acte de protestation, les enjeux graves et complexes de cet acte, mal couvert par un prétexte apolitique (lui aussi voté à la majorité).
Cette analyse brillamment nuancée que propose le réalisateur de Fritz Bauer, un héros allemand (6) porte sur les mécanismes de l’adhésion et l’utilisation du collectif par les régimes totalitaires qui reposent sur l’absence complète de dissension, l’alignement parfait (en rangées et en uniformes). À Stalinstadt (7), où l’enseignement scolaire, propagandiste, s’accompagne d’entraînements paramilitaires, il est difficile d’ignorer la continuité entre le nouveau régime des camarades (où le mot amitié devient un slogan) et celui, affreux, qui l’a précédé, et que le parti communiste utilise comme un épouvantail ambigu. Tout en déclinant les différentes figures de l’adhésion (à un idéal, à une idéologie), à travers les situations très diverses de chacun des élèves de la classe, chacune emportant tout un passif d’allégeances (familiales, sociales...), La Révolution silencieuse montre comment, de l’unisson dont il a fait son armature, le régime socialiste en place est tout aussi prompt à extraire de nouveau l’individu quand il s’agit de dénoncer le déviant, de trahir pour sauver sa peau.
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1661
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eisenh%C3%BCttenstadt
Alors que quand l’union se fait autour de la liberté même de chacun, on ne peut pas plus la manipuler qu’on peut briser le silence. Elle est l’expression vibrante de l’essence de l’individu, semble dire le film, faisant écho à ce mots de Jean-Paul Sartre (8) sur le silence des résistants sous la torture : chacun d’eux, contre les oppresseurs, entreprenait d’être lui-même, irrémédiablement et en se choisissant lui-même dans sa liberté, choisissait la liberté de tous. C’est ainsi que les scènes où quelque chose de profondément humain et grave se joue dans le silence le plus total sont les plus poignantes du film, forcément. Kraume nous livre résolument ici une œuvre qui fait exactement ce que ne font pas hélas la plupart des autres films inspirés de faits vrais (qui arrivent à rendre plate jusqu’à la Grande Histoire) : il déploie une réflexion intelligente et fine autour d’un noyau bouleversant, fondamentalement humain, qui vibre de toute sa force du début à la fin.
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=348025
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre

Lars Kraume
voir fiche du film Fritz Bauer, un héros allemand
http://www.citebd.org/spip.php?film1661

Jens Harant
voir fiche du film Fritz Bauer, un héros allemand
http://www.citebd.org/spip.php?film1661

Leonard Scheicher
https://www.imdb.com/name/nm4807677/

Tom Gramenz
https://www.imdb.com/name/nm3198166/

Lena Klenke
voir fiche du film Victoria
http://www.citebd.org/spip.php?film1488

Jonas Dassler
https://www.imdb.com/name/nm7179786/

Isaiah Michalski
https://www.imdb.com/name/nm3909139/

Ronald Zehrfeld
voir fiche du film Fritz Bauer, un héros allemand
http://www.citebd.org/spip.php?film1661

Carina N. Wiese
https://www.imdb.com/name/nm0927581/

Max Hopp
https://www.imdb.com/name/nm0394335/

Judith Engel
https://www.imdb.com/name/nm0257102/

Michael Gwisdek
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Gwisdek
voir aussi fiche du film Oh boy !
http://www.citebd.org/spip.php?film1056

Florian Lukas
https://www.imdb.com/name/nm0525518/
voir aussi fiche du film The Grand Budapest hotel
http://www.citebd.org/spip.php?film1229

Jördis Triebel
voir fiche du film De l’autre côté du mur
http://www.citebd.org/spip.php?film1361

extrait(s) de presse

Vodkaster - Un lumineux silence où s’affirme la conscience d’une jeunesse en quête de vérité. Le courage à l’épreuve de la propagande et du mensonge.