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jusqu’à la garde

France - 2017 - 1h33
sorti en France le 7 février 2018
Lion d'Argent (prix de la mise en scène, meilleur premier film) Venise 2017 - Prix du public Angers 2018
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Xavier Legrand

scénario : Xavier Legrand
direction de la photographie : Nathalie Durand
avec : Denis Ménochet (Antoine Besson), Léa Drucker (Miriam Besson), Mathilde Auneveux (Joséphine Besson), Florence Janas (Sylvia), Thomas Gioria (Julien Besson), Mathieu Saïkaly (Samuel), Saadia Bentaïeb (la juge), Sophie Pincemaille (maître Davigny), Emilie Incerti Formentini (maître Ghenen), Jérôme Care-Aulanier (opérateur police), Jenny Bellay (la voisine), Jean-Marie Winling (Joël, le père d'Antoine), Martine Vandeville (Nanny, la mère de Miriam), Martine Schambacher (Madeleine, la mère d'Antoine), Jean-Claude Leguay (André, le père de Miriam), Coralie Russier (la greffière)
séances : semaine du mercredi 2 mai 2018
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
18:45
19:00
21:00
11:00*
18:30
16:30
18:45*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* lundi 18h45 dernière séance

synopsis

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive...

notes de production

Comme dans son court-métrage, Avant que de tout perdre (1), Xavier Legrand aborde dans Jusqu’à la garde la violence conjugale, en mettant le spectateur sous tension. Le metteur en scène explique : la peur est à l’origine de Jusqu’à la garde. La peur que suscite un homme prêt à tout pour retrouver la femme qui veut se séparer de lui et fuir son extrême violence. Le personnage d’Antoine, interprété par Denis Ménochet, est une menace permanente pour ses proches. Il met son entourage sous tension, il n’entend que sa douleur, il est prêt à manipuler quiconque, y compris ses enfants. Les femmes qui ont subi des violences conjugales, comme celle jouée par Léa Drucker, sont tout le temps en alerte, elles savent que le danger peut surgir de n’importe où, n’importe quand, et n’épargner personne.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Avant_que_de_tout_perdre

En France, une femme meurt tous les deux jours et demi des suites de ces violences, et même si les médias en parlent, le sujet reste tabou comme nous l’explique Xavier Legrand. Les victimes ont peur de se confier, les voisins et les proches ne disent rien, ils ne veulent pas s’immiscer dans un couple, une histoire privée. Le secret reste lourd. Je ne voulais pas en parler à la manière d’un dossier d’actualité. Comme dans Avant que de tout perdre, je désirais sensibiliser le public à ce drame en le traitant avec les armes du cinéma qui me passionne depuis toujours, celui d’Hitchcock (2), d’Haneke (3) ou de Chabrol (4), un cinéma qui fait participer le spectateur en jouant avec son intelligence et avec ses nerfs.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1670
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film933
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film292

Trois films ont guidé Xavier Legrand dans l’écriture de Jusqu’à la garde : Kramer contre Kramer (5), La Nuit du chasseur (6) et Shining (7). Ces longs métrages l’ont aidé à réfléchir aux thèmes qu’il voulait traiter ainsi qu’à trouver les humeurs et les ambiances que ses personnages traversent. Il confie : Kramer contre Kramer est un film sur le droit parental qui m’a beaucoup marqué. On y voit, pour la première fois, une femme abandonner l’exclusivité de la garde de ses enfants et il dépeint, avec une acuité terrible, la douleur de la séparation. La Nuit du chasseur montre comment l’on peut se montrer sans concession avec les enfants pour arriver à ses fins. Shining m’a inspiré pour la dernière partie de mon film, la folie, l’enferment, la terreur. La violence conjugale peut mener à l’épouvante pure et c’est ce que je voulais raconter .
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kramer_contre_Kramer
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1012
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Shining_(film)

Avant de concevoir Jusqu’à la garde, Xavier Legrand s’est beaucoup documenté : le réalisateur a ainsi fait des investigations auprès d’une juge aux affaires familiales, interrogé des avocats, des policiers, des travailleurs sociaux et même des groupes de parole d’hommes violents : un sujet aussi délicat exige d’être au plus proche de la réalité tout en évitant de tomber dans l’écueil du simple documentaire, ou d’un drame social qui ne raconterait finalement qu’un fait divers. C’est en inversant le point de vue de l’histoire que j’ai pu mettre en exergue le suspense du quotidien. J’ai adopté une dramaturgie où nous suivons bien un « héros » : Antoine, mais du point de vue des différents obstacles qu’il doit surmonter pour arriver à ses fins : la juge, son fils et son ex-femme. Ainsi le spectateur vit en temps réel le doute de la juge, la pression subie par l’enfant et la terreur de la femme traquée.

Jusqu’à la garde est le premier long métrage de Xavier Legrand. Le metteur en scène a voulu qu’il n’y ait pas beaucoup de musique dans le film et que la tension provienne de l’utilisation des bruits du quotidien et de leur relief (l’écho dans un appartement, le clignotant d’une voiture, une horloge, une alarme, etc.). Il précise : j’y ai pensé très tôt, la dramaturgie sonore était déjà présente dans le scénario. Je ne cherche pas à faire basculer l’histoire dans un climat fantastique, mais à capter le bruissement d’une réalité anxiogène. Pareil pour la mise en scène, je n’ai pas cherché d’effets spectaculaires, mais plutôt la répétition des mêmes cadrages, dans les endroits qu’on visite plusieurs fois, pour créer un sentiment de familiarité, mais d’enfermement aussi, l’impression qu’on entre dans une spirale infernale.

Xavier Legrand a écrit Jusqu’à la garde avec Léa Drucker en tête qui, selon lui, se confond avec le personnage de Miriam, par son mélange de force et de fragilité. La comédienne a beaucoup travaillé son rôle seule avant le tournage et le cinéaste ne lui a donné que peu d’indications psychologiques, se contentant d’insister sur le fait qu’à aucun moment elle ne devait jouer la victime. Je l’avais vue dans un court métrage où elle forme un couple très amoureux avec Denis Ménochet et, comme je le trouve excellent comédien, j’avais envie de le retrouver avec elle dans une autre situation, un autre temps de l’amour, se rappelle-t-il.

Xavier Legrand a beaucoup travaillé sur le plateau avec Denis Ménochet : nous avons discuté des moindres détails. C’est un rôle dur où il doit aborder de front la violence, la manipulation, la noirceur sans qu’on perde son personnage, sans qu’on le rejette et qu’on refuse de le comprendre. Il doit se glisser dans la peau d’un homme malheureux, en butte à lui-même, qui essaye de se faire aimer, mais vit dans le déni. Denis Ménochet sert le rôle à merveille. Il porte en lui cet alliage de virilité robuste et de blessure enfantine qu’on retrouve souvent chez les hommes qui violentent leur femme.

Thomas Gioria effectue dans Jusqu’à la garde sa première expérience en tant qu’acteur. Du casting jusqu’au tournage, Amour Rawyler (8), spécialisée dans le coaching pour enfant, l’a préparé à aborder le travail qu’il allait entreprendre sur le tournage. Pour Mathilde Auneveux, qui joue Joséphine, le réalisateur a surtout fait avec elle un travail de répétitions car les séquences qui la concernent étaient techniquement difficiles, puisqu’elles sont toutes en plan séquence.
(8) https://www.imdb.com/name/nm0712718/

Xavier Legrand
https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Legrand

Nathalie Durand
https://www.imdb.com/name/nm0243818/
voir aussi fiche du film La Braconne
http://www.citebd.org/spip.php?film1286

Denis Ménochet
voir fiche du film Inglourious basterds
http://www.citebd.org/spip.php?film265

Léa Drucker
Née le 23 janvier 1972 à Caen.
Elle mène de front une carrière alternant entre cinéma, télévision et théâtre...
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9a_Drucker

Mathilde Auneveux
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/679247-mathilde-auneveux.html

Florence Janas
voir fiche du film Au plus près du soleil
http://www.citebd.org/spip.php?film1527

Saadia Bentaïeb
voir fiche du film 120 battements par minute
http://www.citebd.org/spip.php?film2046

Sophie Pincemaille
https://www.imdb.com/name/nm1356200/

Emilie Incerti Formentini
https://www.imdb.com/name/nm1572083/

Jérôme Care-Aulanier
https://www.imdb.com/name/nm5394221/

Jenny Bellay
https://www.imdb.com/name/nm1278519/

Jean-Marie Winling
voir fiche du film De guerre lasse
http://www.citebd.org/spip.php?film1277

Martine Vandeville
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/594700-martine-vandeville.html

Martine Schambacher
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/690736-martine-schambacher.html

Jean-Claude Leguay
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Leguay

Coralie Russier
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/639741-coralie-russier.html
voir aussi fiche du film 120 battements par minute
http://www.citebd.org/spip.php?film2046

extrait(s) de presse

Ecran large - Merci Monsieur Legrand pour ce petit bijou noir qui nous hantera pendant encore un moment.
La Croix - Admirablement maîtrisé, superbement joué par un impressionnant trio d’acteurs, ce thriller psychologique plonge dans le processus destructif des violences conjugales.
Le Figaro - Un film sobre et intense, éblouissant de maîtrise.
Première - Un exercice de style tétanisant, un film de terreur domestique étouffant qui marque la naissance d’un cinéaste à suivre.
àVoir-àLire - Ce premier long métrage est un véritable coup de maître. Xavier Legrand dépasse les conventions d’un sujet de société et propose un film épuré à l’atmosphère étouffante, qui prend réellement aux tripes.
Culturebox - Dans la lignée d’une direction d’acteurs à la Pialat. "Jusqu'à la garde" incarne un cinéma français régénéré : en Xavier Legrand, un cinéaste est né.
La Voix du nord - Un film fort qui traite avec beaucoup de style d’un sujet difficile.
Les Inrocks - Quittant sa chrysalide de fiction au réalisme épuré, sans emphase ni fioriture, dont l’encrage naturaliste tient entre Depardon et Pialat, "Jusqu’à la garde" adopte progressivement les coutures du film noir.