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las marimbas del infierno

France, Mexique, Guatémala - 2017 - 1h14
sorti en France le 10 janvier 2018
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Julio Hernández Cordón

scénario : Julio Hernández Cordón
direction de la photographie : María Secco
séances : semaine du mercredi 18 avril 2018
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
20:30*
séance spéciale :
* soirée présentée en prélude aux concerts Hellfest Warm Up à La Nef Angoulême - tarif préférentiel 2 films = 7 € (couplé avec "We are X")

synopsis

Détrôné par un iPod, Don Alfonso n’animera plus les soirées musicales des halls d’hôtels... Pour continuer à vivre de sa musique et de son marimba il n’a d’autre issue que de tenter l’aventure imaginée par Chiquilín, son neveu et maintenant manager : associer le marimba à la légende vivante du heavy metal au Guatemala, «El Blacko». Ainsi naîtra Las Marimbas del Infierno, une expérience unique de fusion musicale et d’esprit rock dans un pays en plein chaos. Une tranche de métal à chaud...

notes de production

J’ai toujours écrit en musique. J’en ai toujours écouté. J’ai collectionné les disques comme un fou à partir de l’âge de seize ans. Mon premier disque fut un album de (groupe de hard-rock de Los Angeles formé au milieu des années 70). Pourtant, étrangement, je mets depeu de musique dans mes films. Je n’aime pas l’idée qu’elle me coupe de la réalité. Aussi, dans la mesure où la musique est la réalité du lien entre ces trois personnages, je pouvais enfin en mettre dans Las Marimbas del infierno. J’aime beaucoup l’idée de Bresson (1) selon laquelle la musique utilisée dans un film distrait, détourne de l’essentiel.
Julio Hernández Cordón
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Bresson

Pour le poète Javier Payeras (2), Las Marimbas del infierno est le portrait d’une génération guatémaltèque qui est passée de la dictature à la démocratie. Une démocratie sans emplois, sans éducation et sans perspective de transformation politique.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Payeras
C’est un film d’un rythme différent. Il fait voyager sur des terres lointaines, dans un train de vie difficile à imaginer.
Las Marimbas del infierno est aussi le portrait de Don Alfonso Tunche. Un coursier qui traverse Guatemala city dans la journée, pour recevoir des paiements pour le compte de tiers. Mais cet homme est surtout très attaché à sa marimba (3). Au point qu’il a écrit sur son bois siempre juntos (toujours ensemble). Sa marimba est belle. C’est un instrument sculpté sur du bois noble. C’est avec elle qu’il gagne sa vie en faisant de l’animation dans des hôtels, des mariages, baptêmes, communions.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Marimba
Auparavant, durant des années, avec sa marimba la vie de Don Alfonso ressemblait à celle d’une rock star. Jusqu’à que tout bascule avec l’arrivée du iPod (4). Depuis ses contrats sont annulés. Les goûts ont changé. Dorénavant les gens préfèrent les musiques qui sortent de cette nouvelle technologie.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/IPod
Ainsi de bout en train Don Alfonso est de moins en moins appelé. Et ce n’est pas tout. Puisqu’il subi aussi des rackets par des gangs locaux. Ce qui le force à s’éloigner de sa famille pour la mettre en lieu plus sûr. Il doit aussi cacher et surveiller sa marimba.
Pour s’en sortir, Don Alfonso accepte l’idée du jeune Chiquilín et tente de s’associer avec El Blacko, la légende vivante du heavy metal (5) au Guatemala.
Las Marimbas del infierno sont nées, dans une expérience de fusion musicale traditionnelle et d’esprit rock.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Heavy_metal
Le temps passe, et les difficultés continuent. Aujourd’hui Don Alfonso joue dans des fêtes de quartier. Il ne mélange plus sa marimba au heavy metal. Et il a toujours peur de rentrer chez lui.
Sans doute les Rolling stones (6) ont contribué à populariser la marimba. Lorsque Brian Jones (7) en a joué, en 1966, pour la première fois, sur Under my thumb (8)...
http://regardinfos.com/actualite/las-marimbas-del-infierno/
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rolling_Stones
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_Jones_(musicien)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Under_My_Thumb

L’aspect documentaire du film se dessine en filigrane derrière l’histoire de ce groupe de musique. Le réalisateur peint la réalité d’un pays dur dans lequel des projets impossibles et remplis d’espoir naissent et disparaissent. À eux trois et malgré eux, les personnages sont pleins d’humour. Et bien que leur projet soit à première vue ridicule, on a envie qu’ils réussissent, et on imagine tout de même le potentiel qui se cache derrière cette musique.
Le début du documentaire dépeint la misère d’un homme seul et les risques dans un monde où les gangsters sont nombreux. Mais petit à petit, l’espoir naît et l’humour allégeant le propos nous touche d’autant plus. Plus qu’un documentaire ce film est pour le réalisateur un hommage aux projets impossibles dans un pays rude comme le Guatemala.
http://www.abusdecine.com/critique/las-marimbas-del-infierno

Entretien avec Julio Hernández Cordón
Tu dis avoir rencontré tes personnages dans la vie réelle - que foutais-tu donc à traîner ainsi dans des salles de bal d’hôtels merdiques ?
C’est juste que j’aime observer les gens, j’aime me poster là et entendre les anecdotes autour de moi. Quand une histoire me touche, j’essaye d’aller à la rencontre de la personne. En ce qui concerne Blacko par exemple, j’avais entendu pas mal d’histoires et de légendes sur son compte, puis une fois je l’ai croisé dans la rue, et je me suis mis à le suivre. J’ai ainsi pu savoir où il habitait, mais aller frapper à sa porte m’a pris une année. Il fallait trouver un certain courage pour aller lui dire : “bonjour Blacko, je voudrais faire un film sur vous”. On ne le sait pas trop en Europe, mais Blacko est une personnalité importante de l’underground (9) au Guatemala. Jeune, j’ai vu chaque concert de son groupe.
Don Alfonso, c’est encore une autre histoire : il est le père de la secrétaire du bureau dans lequel bosse mon épouse. Et une fois, ma femme m’a raconté son histoire, comment il s’était fait racketter et comment il avait dû quitter sa famille pour mettre à l’abri son marimba (3). J’étais interloqué par cette histoire, je suis allé le voir pour lui demander l’autorisation d’en faire un film. Après coup, j’ai réalisé que je tenais en même temps deux personnalités incroyables et qu’il ne pourrait sortir que du bon à mélanger le marimba et le heavy metal (5), pour mieux les faire se croiser.
Et enfin Chiquilín. Il a été mon élève à l’école de cinéma. L’étudiant le plus étrange et le plus sensible de la classe. Entre deux cours, les autres élèves m’ont raconté son histoire et une quantité d’anecdotes pas possibles sur lui. Il m’est alors apparu évident qu’il ferait mieux que quiconque le lien entre les marimbas et l’enfer !

https://www.lasmarimbasdelinfierno.com/autour-du-film​
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_underground

Julio Hernández Cordón
https://en.wikipedia.org/wiki/Julio_Hern%C3%A1ndez_Cord%C3%B3n
http://www.imdb.com/name/nm2785946/

María Secco
voir fiche du film La Demora
http://www.citebd.org/spip.php?film1577

extrait(s) de presse

Les Inrocks - (...) un docufiction trash et sublime...
Le Monde - (...) le cinéaste exprime tout à la fois son amour pour les personnages de marginaux, branques, rêveurs, poètes, qu’il met en scène, et la brutalité atrocement prosaïque avec laquelle la vie les traîte...
Ciné latino - Si l’invraisemblable rencontre entre l’instrument traditionnel guatémaltèque (les marimbas) et le métal offre des situations cocasses, c’est aussi la description d’une société qui se retrouve dans ses différences...
L'Humanité - Ainsi va la trajectoire de ces pieds nickelés aussi incapables qu’attachants. Une fable réjouissante qui fait du non-dit et du hors-champ des vertus cardinales.
Cinémapolis - Le film est servi par des acteurs très convaincants, une bande-son heavy metal de circonstance et une magnifique photographie, mélange de tons et de genres. On retiendra surtout les couleurs de la ville qui rendent les lieux traversés très beaux, malgré la pauvreté et les difficultés rencontrées.
Studio ciné live - Ce doc sur l'association tellement improbable entre le marimba de Don Alfonso et le heavy metal d'El Blacko intrigue et amuse...
CinEspagne - Que brûle Babylone et que renaissent de leurs cendres les anges de la création ! Que sonne le marimba, le cinéma guatémaltèque est bien là !
Utopia - (...) si l’invraisemblable rencontre entre l’instrument traditionnel guatémaltèque (les marimbas) et le métal offre des situations cocasses, voire franchement hilarantes (on se croirait chez Beckett), c’est aussi la description d’une société qui se serre les coudes dans ses différences.