wajib, l’invitation au mariage - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > wajib, l’invitation au mariage

wajib, l’invitation au mariage

Wajib
Palestine - 2017 - 1h36
sorti en France le 14 février 2018
compétition Locarno 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Annemarie Jacir

scénario : Annemarie Jacir
direction de la photographie : Antoine Héberlé
avec : Mohammad Bakri (Abu Shadi), Saleh Bakri (Shadi), Maria Zreik (Amal), Rana Alamudin Karam (Fadya)
séances : semaine du mercredi 11 avril 2018
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
20:30*
18:30
14:00
14:30
18:45
11:00*
16:30
20:30
séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 18 avril 2018
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
18:30*
21:00
14:30*
séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
* samedi 14h30 dernière séance

synopsis

Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth, prépare le mariage de sa fille. Dans un mois, il vivra seul. Shadi, son fils, architecte à Rome depuis des années, rentre quelques jours pour l’aider à distribuer les invitations au mariage, de la main à la main, comme le veut la coutume palestinienne du "wajib". Tandis qu’ils enchaînent les visites chez les amis et les proches, les tensions entre le père et le fils remontent à la surface et mettent à l’épreuve leurs regards divergents sur la vie...

notes de production

Le titre Wajib (devoir social) renvoie à une tradition en Palestine : lorsque quelqu’un se marie, les hommes de sa famille, généralement le père et les fils, doivent personnellement remettre, en mains propres, à chaque invité, les invitations au mariage. Poster les invitations ou les faire remettre par des étrangers est considéré comme irrespectueux.
Pour la réalisatrice, le wajib est un cadre qui permet d’explorer une relation père-fils et aussi le fonctionnement d’une communauté, comment chacun de ses membres réagit en public et privé.

Wajib est mené par Mohammad Bakri et Saleh Bakri, deux acteurs qui partagent le même lien de parenté que leurs personnages. Comédiens reconnus dans leur pays, père et fils ne s’étaient jamais donné la réplique jusque-là. La réalisatrice témoigne : mais je pensais aussi que ce serait compliqué pour eux de jouer ensemble. Ils auraient pu se sentir bloqués, être incapables de se pousser l’un l’autre dans leurs retranchements. C’est compliqué de travailler avec des membres de sa propre famille. On a parlé très librement, on a partagé nos doutes. Mohammad disait que ce serait un immense défi mais aussi l’un des rôles les plus importants de sa vie. Nos répétitions ont été intenses, difficiles et magiques. Ce qu’ils m’ont apporté a dépassé toutes mes espérances.

Wajib a été présenté en compétition au festival de Locarno 2017.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_Locarno_2017

C’est un film lumineux qui accomplit la prouesse de décrire avec intelligence toute la complexité du vécu du peuple palestinien tout en restant étonnamment léger et tendre malgré la gravité des sentiments qui affleure souvent. Unité de temps : l’action du film se déroule sur une journée. Unité de lieu et pas n’importe quel lieu : Nazareth, ville emblématique puisqu’en seraient originaires Marie et Joseph, qui donnèrent ainsi à leur fils Jésus son sobriquet de Nazaréen ; mais surtout aujourd’hui la plus grande ville palestinienne à l’intérieur d’Israël, qui fait se côtoyer 60% de musulmans et 40% de chrétiens. Unité d’action enfin puisque tout le film s’articule autour de la même démarche : Abu Shadi, professeur à la retraite unanimement respecté, et son fils Shadi, jeune architecte exilé à Rome et revenu tout exprès pour l’occasion, font le tour de la ville pour distribuer des cartons d’invitation au mariage de leur fille et sœur, car en Palestine, il serait irrespectueux d’user de la Poste pour ça. C’est le Wajib, le devoir, qui a une dimension bien plus large et qui représente les contraintes familiales et sociales que chacun s’impose pour vivre en bonne intelligence.
Cette tournée des popotes au volant de la vieille Volvo sans doute chargée de toute l’histoire familiale fait défiler une savoureuse galerie de personnages, invités avec plus ou moins d’enthousiasme - on sent bien que certains ne le sont que par obligation, avec l’espoir à peine dissimulé qu’ils déclineront poliment pour des raisons de force majeure… Nos deux émissaires rencontrent ainsi de lointains cousins à qui le père a fait croire que Shadi était médecin (dans son esprit, c’est une profession plus honorable encore qu’architecte), une amie d’enfance du jeune homme qui ne dirait pas non à un retour de flamme, une vieille admiratrice du professeur qui sait bien qu’il est divorcé depuis des années et qu’il est peut-être un cœur à prendre…
https://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=4307&mode=film

Entretiens avec Annemarie Jacir
Pourquoi avoir situé votre histoire à Nazareth ?
Pour plusieurs raisons qui font quasiment de la ville le troisième personnage du film. Nazareth est la plus grande ville de la Palestine « historique », aujourd’hui État d’Israël, dont les habitants sont des Palestiniens chrétiens (40%) et musulmans (60%). C’est la petite minorité palestinienne qui a préféré rester plutôt que de mener une vie de réfugiés même s’ils ont été forcés de prendre des papiers d’identité israéliens. Avec une population de 74 000 habitants sur une superficie réduite, les conditions de vie sont tendues, avec une forte concurrence pour le logement, une grande promiscuité entre les gens. A beaucoup d’égards, Nazareth est aujourd’hui devenue un ghetto. On appelle les Palestiniens qui vivent en Israël les « Palestiniens invisibles » : ce sont
des citoyens de seconde classe, privés d’une partie de leurs droits. Mais leur démographie est dynamique et les tensions avec l’État se multiplient : ils constituent ce qu’Israël appelle une « menace démographique ». Il s’agit de d’hommes et de femmes qui se battent pour leurs droits et pour des ressources limitées. Les gens de Nazareth possèdent une grande humanité, beaucoup d’humour et de désir de vie. Mais pour moi, Nazareth est une ville de survivants...

http://distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-a-l-affiche/wajib-l-invitation-au-mariage.html
Les deux acteurs principaux de Wajib, Saleh et Mohammad Bakri, sont réellement père et fils dans la vie. Pourquoi ce choix ?
Tout d’abord, j’ai toujours travaillé avec Saleh, qui joue le fils. Nous avons, pour ainsi dire, commencé nos carrières en même temps : je l’ai engagé pour mon premier film, et c’était également son premier film en tant qu’acteur. C’est un des mes collaborateurs artistiques privilégies. J’ai immédiatement pensé à lui pour le rôle de Shadi, dès l’écriture du scénario. Son père, Mohammad, est une légende vivante, un acteur palestinien très reconnu. J’ai hésité à lui proposer le rôle. Je pensais que leur vraie relation pouvait bien sûr apporter beaucoup au film, parce que les interrogations des personnages sont aussi les leurs, mais j’avais conscience que cela risquait de compliquer la tâche. Ce n’est pas toujours simple de travailler avec sa famille. Je savais qu’en tant qu’acteurs professionnels, ils pouvaient tout faire, mais je ne voulais pas leur mettre trop de pression sur les épaules. Ils n’avaient jamais travaillé ensemble de cette façon. On en a parlé très librement et Mohammad a dit que ce serait le plus grand défi de sa carrière ! Je me demande par fois si ça n’aurait pas été plus simple de prendre deux inconnus (rires)...
http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Annemarie-Jacir-25361.html

Annemarie Jacir
http://www.imdb.com/name/nm1486975/

Antoine Héberlé
voir fiche du film Héritage
http://www.citebd.org/spip.php?film956

Mohammad Bakri
voir fiche du film Girafada
http://www.citebd.org/spip.php?film1241

Saleh Bakri
voir fiche du film Girafada
http://www.citebd.org/spip.php?film1241

Maria Zreik
voir fiche du film La Belle promise
http://www.citebd.org/spip.php?film1494

Rana Alamudin Karam
http://www.imdb.com/name/nm1375816/

extrait(s) de presse

Dernières nouvelles d'Alsace - Un film drôle et cruel.
Le Parisien - Ce road-movie urbain de la cinéaste palestinienne Annemarie Jacir suit avec justesse les états d’âme et la complicité de ses deux héros.
Fiches du cinéma - Une flânerie portée par la tendresse de son récit et l’interprétation de ses deux comédiens.
L'Humanité - La cinéaste nous parle de la Palestine en brassant des atmosphères, fore en profondeur avec le talent de la simplicité. La variété des visites rendues évite l’écueil de l’échantillonnage. À chaque seuil, l’histoire ne cesse de faire son entrée. Elle révèle femmes et hommes de chair et de destinées singulières au prisme d’une identité, morcelée d’être déniée.
Paris match - Le cinéma permet parfois de comprendre des enjeux humains bien au-delà des considérations géopolitiques. «Wajib» est un de ses films, précieux et rares, qui nous éclaire sur le quotidien des habitants d'une ville et d'une région sans nous obliger à prendre partie sur des questions qui de toute façon nous dépassent.
Télérama - D’autres souvenirs, encore plus amers et douloureux, surgissent. C’est dire que la cigarette partagée par les deux hommes, tandis que le soir tombe sur Nazareth, ne résout rien. La réalisatrice semble offrir cet instant suspendu à ses héros (interprétés par deux comédiens formidables, père et fils dans la vie) comme une récréation. Une trêve inattendue. Un petit moment de paix illusoire, insensé et d’autant plus précieux.
La Croix - Si le film connaît quelques longueurs, il raconte la vie en Palestine et ses difficiles conditions de vie avec tendresse et un brin d’humour. Il touche surtout par son portrait délicat du lien entre le père et son fils, formidablement incarnés par Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie.
Le Nouvel obs - Un road-movie grinçant et émouvant, interprété par deux acteurs père et fils dans la vie, au scénario un rien systématique, mais ponctué de belles digressions.