razzia - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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razzia

France, Belgique, Maroc - 2017 - 1h59
sorti en France le 14 mars 2018
film - film francophone
de

Nabil Ayouch

scénario : Nabil Ayouch, Maryam Touzani
direction de la photographie : Virginie Surdej
musique ou chansons : Caroline Chaspoul, Eduardo Henriquez, Guillaume Poncelet
avec : Maryam Touzani (Salima), Arieh Worthalter (Joe), Amine Ennaji (Abdallah), Abdelilah Rachid (Hakim), Dounia Binebine (Inès), Abdellah Didane (Ilyas), Mohamed Zarrouk (Ilyas enfant), Kamal El Amri (Hamza), Lyna Bennani (Ghita), Nezha Tebbaai (Yto), Saâdia Ladib (Yto jeune), Maha Boukhari (Nejma), Younes Bouab (Jawad), David El Baz (Jacques)
séances : semaine du mercredi 14 mars 2018
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 21 mars 2018
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 28 mars 2018
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 31 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
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11:00*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 € - dernière séance

synopsis

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

notes de production

Tourné à Casablanca (1), Ouarzazate (2) et dans les montagnes de l’Atlas (3), le long métrage rassemble cinq histoires distinctes, certaines se déroulant au début des années 80 et d’autres dans le Casablanca d’aujourd’hui. Tous les personnages ont pour lien un professeur ayant enseigné dans une petite école d’un village berbère de l’Atlas en 1982.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Casablanca
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouarzazate
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlas_(massif)

Le film parle de gens en quête de liberté, de droit d’exprimer leurs pensées et de parler des questions qui leur importent. En particulier, le droit des femmes à atteindre cet objectif ; car je pense que cela devient de plus en plus difficile pour les femmes d’être libres dans le Maroc moderne... Les mentalités sont en régression pour une raison simple. La liberté d’expression. Nous avançons à reculons. Ce que nous avons vu ces deux ou trois dernières années, non seulement au Maroc mais aussi dans le monde entier, est un grand pas en arrière... Le cinéma marocain a enregistré des développements majeurs au cours de la dernière décennie, mais ils n’auront aucune valeur sauf si nous défendons la liberté d’expression.
Nabil Ayouch in Variety (décembre 2016)

Le cinéma marocain a enregistré des développements majeurs au cours de la dernière décennie, mais ils n’auront aucune valeur sauf si nous défendons la liberté d’expression. Le financement des films au Maroc dépend maintenant plus de la censure que des films eux-mêmes, déplore-t-il. Nous pouvons devenir l’une des industries du film les plus fortes dans la région, mais nous pouvons aussi devenir très faibles. Je rencontre beaucoup de jeunes réalisateurs qui disent tous la même chose.
Razzia soulève également la question de l’héritage des réformes éducatives de 1982. Je crois qu’il y a eu un changement crucial dans les mentalités au début des années 1980 qui a changé les systèmes éducatifs dans le monde entier et a eu un impact majeur sur le monde d’aujourd’hui, explique Nabil Ayouch.
Le système éducatif a tourné le dos aux sciences humaines. C’est ce qui est arrivé dans toute le Maghreb. Au Maroc, des disciplines telles que la sociologie et la philosophie ont été retirées des programmes. Nous en subissons les conséquences. Nous construisons un nouveau type d’être humain, ajoute-t-il.
Le film est également un hommage au mythique Casablanca (4) de Michael Curtiz, interprété par Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.
Car si le film sorti en 1942 a bien contribué à façonner l’image emblématique de Casablanca, il n’a pourtant pas été tourné dans la ville blanche mais à Los Angeles. Casablanca ne montre rien de la vraie ville. Mais certains habitants sont convaincus que leurs rues ont accueilli la production originale , explique le réalisateur qui veut reprendre ce qui nous appartient à travers son film.
http://www.huffpostmaghreb.com/2016/12/06/nabil-ayouch-razzia-film-intolerance-casablanca_n_13460180.html
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Casablanca_(film)

Dans la ville-dortoir, la tension monte. Les cris de centaines de figurants grondent, puis ils apparaissent, déferlante humaine au cœur de ce qui figurera, à l’écran, le centre de Casablanca (1). La capitale économique du Maroc affronte la razzia. Vitrines brisées, magasins pillés, incendiés : pendant toute la nuit, avec des artificiers venus de Paris, Nabil Ayouch va orchestrer une guérilla urbaine déchaînée. C’est Mad Max (5) !, s’exclame le producteur, heureux de l’impact visuel de ces scènes de violence. Un spectacle, en effet, presque futuriste et en même temps très réaliste. Comment ne pas penser, aussi, à la ville d’Al-Hoceïma (6), dans le Nord du pays, où vivait le marchand de poisson (7) : après huit mois passés à y affronter des manifestants, les forces de police ont commencé à se retirer.
C’est aussi la guerre de chacun des personnages de Razzia qui se joue dans cette nuit de révolte, leur combat incertain pour briser le moule d’une société pressée de formater leurs vies. La foule qui défile devant la caméra est à la fois l’incarnation d’un peuple et une réflexion sur son destin possible. L’ambition du film est grande. Dans ce kaléidoscope marocain apparaîtra aussi le personnage d’un professeur, dont l’histoire croise la question de l’arabisation forcée de l’enseignement (jusque-là délivré en français) à partir des années 80. Pour comprendre le présent du pays, tout doit être fait, évoquer le passé comme anticiper les risques de l’avenir.
Au milieu des casseurs, Nabil Ayouch impressionne par sa douceur. Ce saccage, il le met en scène en s’y impliquant calmement, qu’il cadre ses plans avec précision ou laisse le mouvement l’emporter, comme dans un reportage de guerre. Cet artiste déterminé est un homme de paix. En encourageant ses figurants à tout démolir, il construit. Je veux participer à l’édification d’un Maroc possible pour mes enfants, pour les jeunes d’aujourd’hui. Je veux qu’ils puissent rêver. C’est ce qui nous a manqué ces dernières années : pouvoir continuer à faire un rêve, pour chacun et pour tous. Un rêve collectif, c’est important pour notre pays.
http://www.telerama.fr/cinema/au-festival-cinema-telerama-2018-decouvrez-razzia,-une-chronique-du-maroc-contemporain-de-nabil,160797.php
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1576
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Hoce%C3%AFma
(7) http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/04/derriere-le-drame-du-poissonnier-mouhcine-fikri-une-region-marocaine-en-difficulte_5025704_3212.html

Entretien avec Nabil Ayouch
A-t-il été difficile de faire un autre film après "Much loved" ?
Much loved (8) a été un moment très dur de notre vie avec Maryam car on s’est retrouvés seuls dans la bataille. Parce que les mots, les actes ont été d’une violence inouïe. Toutefois, à travers tout ce qu’on a vécu, on ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il allait sortir quelque chose de très beau à l’arrivée. On avait envie de s’endormir avec cette idée-là et je pense qu’on a eu raison d’y croire. Parce que cette parole qui s’est libérée a finalement fait du bien à la société marocaine : en voulant tuer le débat, les censeurs l’ont finalement ouvert. Pour autant, après tout ce qui s’est passé, il m’était difficile de faire abstraction du contexte quand j’ai commencé Razzia. Si les autorités ne m’ont absolument pas mis de bâtons dans les roues, dans la rue c’était différent : des décors qui tombent à la dernière minute, des seconds rôles qui font défaut, des syndics d’immeuble qui nous refusent l’accès, de l’agressivité, de la méfiance… Bref, il a fallu gérer l’après Much loved. Mais, d’une façon ou d’une autre, Razzia ne serait pas né s’il n’y avait pas eu Much loved auparavant. Je n’avais pas du tout envie d’être dans une forme de réaction, car je me sentais apaisé, avec des convictions plus profondes encore et avec un regard sur la société encore plus net, plus clair. Je n’avais pas de rancœur et, même, pour aller plus loin, je ne leur en voulais pas. Cela peut paraître étonnant après avoir lu que 5 000 personnes sur Facebook souhaitaient ma mort et celle de l’actrice principale. Mais je suis convaincu que ceux-là sont des témoins passifs de quelque chose qui se passe dans la société marocaine depuis les années 80, qui les dépasse et que, eux aussi, ont besoin d’être « aidés »...
http://www.advitamdistribution.com/films/razzia/
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Nabil Ayouch
voir fiche du film Much loved
http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Virginie Surdej
voir fiche du film Much loved
http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Caroline Chaspoul
http://www.imdb.com/name/nm4442613/

Eduardo Henriquez
http://www.imdb.com/name/nm4442500/

Guillaume Poncelet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Poncelet

Maryam Touzani
http://www.imdb.com/name/nm5685112/

Arieh Worthalter
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arieh_Worthalter
voir aussi fiche du film L’Attentat
http://www.citebd.org/spip.php?film1050

Amine Ennaji
http://www.imdb.com/name/nm2688361/
voir aussi fiche du film Syngué sabour, pierre de patience
http://www.citebd.org/spip.php?film1007

Abdelilah Rachid
http://www.imdb.com/name/nm5551256/
voir aussi fiche du film Les Chevaux de dieu
http://www.citebd.org/spip.php?film1033

Abdellah Didane
http://www.imdb.com/name/nm0225765/
voir fiche du film Much loved
http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Mohamed Zarrouk
http://www.imdb.com/name/nm8977790/

Kamal El Amri
http://www.imdb.com/name/nm9236549/

Saâdia Ladib
http://www.imdb.com/name/nm1450424/

Younes Bouab
https://fr.wikipedia.org/wiki/Younes_Bouab#Filmographie

extrait(s) de presse

Culturebox - "Razzia" de Nabil Ayouch avec Maryam Touzani : une urgence à tout dire tout de suite d'une société sous tensions...
Cineuropa - Film puzzle captivant et acte "politique" très fort, Razzia tisse sa toile avec une grande intensité, Nabil Ayouch excellant notamment à faire émerger l'émotion à travers la simple observation d'un visage...
Télérama - Malgré les évidentes qualités d’écriture de Razzia, le centre du cinéma marocain a refusé d’apporter son soutien financier...
àVoir-àLire - Un film fort pour rendre compte du désir de liberté des habitants d’un Maroc à la croisée des chemins.
Ecran large - Plus tendre, optimiste et électrique que ses précédents films, "Razzia" est une fresque riche de l'acuité et de l'humanité de Nabil Ayouch.
Le Figaro - D'abord élégiaque, le récit se corse. La colère passe du froid au chaud, avec un final saisissant.
Le Parisien - C’est peu dire que Nabil Ayouch sait filmer. Ses images restent longtemps dans les esprits. Aucune n’est banale, que ce soit ces gros plans sur des visages dessinés par la lumière, les impressionnantes scènes de manifestations et de violence -quel final !-, ou quand le cinéaste suspend le récit le temps d’un « As time goes by » au piano.
Fiches du cinéma - En combinant les parcours de plusieurs personnages à Casablanca, Nabil Ayouch établit une piquante topographie des troubles qui secouent le Maroc actuel, déchiré entre conservatisme et progressisme, et confirme qu’il est décidément un cinéaste à suivre.