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l’ordre des choses

L'Ordine delle cose
Italie, France, Tunisie - 2018 - 1h55
sorti en France le 7 mars 2018
film - version originale sous-titrée en français
de

Andrea Segre

scénario : Marco Pettenello, Andrea Segre
direction de la photographie : Valerio Azzali
musique ou chansons : Sergio Marchesini
avec : Paolo Pierobon (Corrado Rinaldi), Giuseppe Battiston (Luigi Coiazzi), Olivier Rabourdin (Gérard), Fabrizio Ferracane (Terranova), Valentina Carnelutti (Cristina), Roberto Citran (Grigoletto), Yusra Warsama (Swada), Fausto Russo Alesi (le ministre), Hossein Taheri (Mustafa Abdelladib), Greta Galié (enfant de Corrado et Cristina Rinaldi), Riccardo Macchion (enfant de Corrado et Cristina Rinaldi)
séances : semaine du mercredi 7 mars 2018
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
14:00
18:30
20:30
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11:00*
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 14 mars 2018
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
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18:30*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Rinaldi, policier italien de grande expérience, est envoyé par son gouvernement en Libye afin de négocier le maintien des migrants sur le sol africain. Sur place, il se heurte à la complexité des rapports tribaux libyens et à la puissance des trafiquants exploitant la détresse des réfugiés. Au cours de son enquête, il rencontre dans un centre de rétention, Swada, une jeune somalienne qui le supplie de l’aider. Habituellement froid et méthodique, Rinaldi va devoir faire un choix douloureux entre sa conscience et la raison d’Etat : est-il possible de renverser l’ordre des choses ?

notes de production

Andrea Segre a commencé à écrire le scénario de L’Ordre des choses en 2014, qui a été une année terrible pour la Libye : l’aéroport de Tripoli était au cœur de violents combats entre différentes milices et toutes les opérations étaient bloquées : les chancelleries, y compris l’Italie, avaient fermé leurs représentations sur le territoire libyen. C’est à la même période que les opérations de sauvetage des migrants ont été lancées dans le cadre de Mare nostrum (1), l’opération militaro-humanitaire lancée par Enrico Letta, président du Conseil italien en 2013, pour secourir les migrants en mer après le naufrage meurtrier de Lampedusa. Le réalisateur se rappelle : ces opérations ont permis de positionner des navires militaires italiens dans les eaux territoriales internationales, en face de la Libye. Cette flottille a été renforcée par d’autres pays européens. La présence de tous ces navires a permis de continuer à former les garde-côtes libyens en dépit du chaos qui régnait dans leur pays. La lenteur inhérente à la production d’un film nous a été utile à Marco Pettenello - mon coscénariste - et moi-même pour bien comprendre la mécanique qui s’est mise en place. C’est ce qui nous a donné la possibilité d’écrire un scénario et des dialogues si vraisemblables. Nous avons compris les choses de l’intérieur : nous avons pu pénétrer au cœur du système. Nous étions là au moment de la condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme. Nous avons assisté à cette campagne en Italie destinée à faire pression sur les politiques pour condamner notre gestion de la crise migratoire. Nous avons été témoins des opérations de sauvetage menées par "Mare nostrum" et du fait que les Balkans, région submergée par l’afflux des migrants, soit devenue une priorité absolue pour les officiels européens.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Mare_Nostrum

Andrea Segre ne voulait pas que Paolo Pierobon soit dans l’imitation pour jouer son personnage. Le cinéaste a connu beaucoup de Corrado Rinaldi, mais le metteur en scène tenait à ce que le comédien crée le sien. Nous avons utilisé l’escrime pour construire ce personnage. Ce sport, qu’il ne connaissait pas et pour lequel il s’est entraîné pendant un mois pour le film, lui a permis d’entrer dans la psychologie du personnage. Ceux qui pratiquent l’escrime sont très attentifs à leur propre psychologie. Un escrimeur est très précis et très concentré. Et détail important, il est caché derrière un masque. J’ai aussi conseillé à Paolo de lire "Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal" (2), le livre de Hannah Arendt. La description qu’elle fait d’Adolf Eichmann est très intéressante pour comprendre le lien entre l’envie d’exécuter au mieux un ordre et le fait de ne pas prêter attention aux conséquences de son exécution. J’ai suggéré à Paolo de trouver la manière pour son personnage d’accomplir au mieux sa mission et de réaliser tardivement qu’elle produit de la violence, confie Andrea Segre.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eichmann_%C3%A0_J%C3%A9rusalem

L’Ordre des choses comprend tous les thèmes chers à Andrea Segre. Parmi eux : le rapport de l’Italie au monde. Le metteur en scène précise : s’intéresser à la gestion de la question migratoire d’un pays ou d’un peuple est une clé pour comprendre les changements qu’il traverse. J’ai envisagé ce film comme une réflexion sur la crise identitaire que nous connaissons aujourd’hui en Europe. La problématique des migrants a toujours été pour moi un prétexte pour réfléchir à l’évolution de nos sociétés. J’invite le spectateur à s’intéresser à la vie et à la psychologie d’un fonctionnaire qui ferme, pour nous, les portes de l’Europe. Le film est clairement politique. Plus largement, il me permet de traiter des conséquences sur les individus, aussi bien Corrado que Swada, des choix politiques que nos dirigeants font. Si l’on persiste dans cette voie, la pression ne se limitera pas à l’extérieur, elle sera aussi interne.

Les documentaires que Andrea Segre a précédemment réalisés, Come un uomo sulla terra (3) et Mare chiuso (4), étaient déjà des critiques du système mis en place par l’Italie et l’Europe, en coopération avec la Libye. Le cinéaste explique : il y a évidemment une filiation entre mes documentaires et L’Ordre des choses. D’ailleurs, Dagmawi Yimer, le protagoniste de Come un uomo sulla terra, qui vit désormais en Italie, m’a aidé à reconstruire les centres de détention libyens. Il les a connus et il a également demandé à d’autres amis africains de nous apporter leur témoignage afin que notre reconstitution soit la plus fidèle possible.
(3) http://www.telerama.fr/cinema/films/come-un-uomo-sulla-terra,388738.php
(4) https://it.wikipedia.org/wiki/Mare_chiuso

Dans L’Ordre des choses, Andrea Segre montre comment l’Europe s’est alliée avec ce qu’il reste des autorités libyennes, pour gérer l’afflux de migrants en provenance d’Afrique sub-saharienne. Cette fiction imaginée est cependant devenue réalité... Le metteur en scène raconte : j’ai réalisé un documentaire, "Mare chiuso" (4), qui a été distribué à partir de mars 2012 ; c’est-à-dire au moment où la Cour européenne des droits de l’Homme, basée à Strasbourg, a condamné l’Italie pour les opérations de refoulement de migrants en provenance d’Afrique sub-saharienne et les accords, conclus sous l’ère Berlusconi (5), avec la Libye de Mouammar Kadhafi (6). C’est une condamnation historique car elle a été unanime. L’Italie a été épinglée parce que sa marine militaire a directement participé à des opérations visant à refouler des migrants vers les côtes libyennes, sans que ces derniers n’aient eu la possibilité de demander asile. Ce qui est une violation des traités et conventions dont le pays est signataire. En 2012, "Mare chiuso" s’est inscrit dans la campagne destinée à faire pression sur le gouvernement italien pour condamner politiquement la façon dont l’Italie traitait les migrants. Et j’ai compris au cours de cette campagne que le verdict de la Cour de Strasbourg avait été interprété par l’ensemble de la classe politique italienne, y compris le Parti démocrate (de centre gauche), comme un conseil implicite, à savoir celui d’organiser des opérations de refoulement sans que l’Italie ne puisse être accusée d’avoir violé les droits des migrants.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Silvio_Berlusconi
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouammar_Kadhafi

Entretiens avec Andrea Segre
Qu’avez-vous fait d’autre pour insuffler autant de réalisme au film ?
Pour que l’histoire fasse foi, il nous a fallu faire un long travail de recherche. Nous n’avons pas rencontré ces fonctionnaires uniquement pour enquêter sur la dimension humaine du métier, mais aussi pour savoir en quoi consiste techniquement leur travail - et la confirmation que notre enquête était solide, reçue d’eux après qu’ils aient vu le film, nous a fait plaisir. Côté Libye, on s’est beaucoup reposé sur un des interprètes du film, Khalifa Abo Khraisse, qui en réalité est reporter indépendant à Tripoli et nous a parlé de la réalité de la Libye vue de l’intérieur. Nous avons découvert aussi, sur les centres de détention et les forces de l’ordre libyennes, des choses qu’on ignorait encore totalement il y a quelques mois, et dont on vient seulement de commencer à entrevoir la surface. Les figurants qui, dans le film, sont les détenus du centre ont presque tous vécu cette expérience douloureuse, de sorte qu’ils nous ont aidés à reconstruire des détails importants...
http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=333764
Dans "L’Ordre des choses", on retrouve tous les thèmes qui vous sont chers. L’un d’eux est le rapport de l’Italie au monde. Que peut-on dire de l’Italie aujourd’hui au regard de la façon dont elle traite et a traité la question migratoire depuis plus d’une décennie ?
S’intéresser à la gestion de la question migratoire d’un pays ou d’un peuple est une clé pour comprendre les changements qu’il traverse. J’ai envisagé ce film comme une réflexion sur la crise identitaire que nous connaissons aujourd’hui en Europe. La problématique des migrants a toujours été pour moi un prétexte pour réfléchir à l’évolution de nos sociétés. J’invite le spectateur à s’intéresser à la vie et à la psychologie d’un fonctionnaire qui ferme, pour nous, les portes de l’Europe. Le film est clairement politique. Plus largement, il me permet de traiter des conséquences sur les individus, aussi bien Corrado que Swada, des choix politiques que nos dirigeants font. Si l’on persiste dans cette voie, la pression ne se limitera pas à l’extérieur, elle sera aussi interne. En d’autres termes, j’estime que la transformation xénophobe de la société européenne est liée à la pression que nous sommes en train de créer au niveau de nos frontières...
http://www.cinemasducentre.asso.fr/upload/dpordredeschoses.pdf

Andrea Segre
voir fiche du film La Petite Venise
http://www.citebd.org/spip.php?film853

Marco Pettenello
Né le 30 août 1973 à Padoue.
http://www.imdb.com/name/nm0678499/
voir aussi fiche du film La Petite Venise
http://www.citebd.org/spip.php?film853

Valerio Azzali
http://www.imdb.com/name/nm2356918/

Sergio Marchesini
http://www.imdb.com/name/nm7506408/

Paolo Pierobon
http://www.imdb.com/name/nm0682578/

Giuseppe Battiston
voir fiche du film Après la guerre
http://www.citebd.org/spip.php?film2065

Olivier Rabourdin
voir fiche du film Trois souvenirs de ma jeunesse
http://www.citebd.org/spip.php?film1470

Fabrizio Ferracane
voir fiche du film Après la guerre
http://www.citebd.org/spip.php?film2065

Valentina Carnelutti
http://www.imdb.com/name/nm0138701/

Roberto Citran
http://www.imdb.com/name/nm0162911/
voir aussi fiche du film La Petite Venise
http://www.citebd.org/spip.php?film853

Yusra Warsama
http://www.imdb.com/name/nm4535916/

Fausto Russo Alesi
http://www.imdb.com/name/nm0751564/
voir aussi fiche du film Fais de beaux rêves
http://www.citebd.org/spip.php?film1763

Hossein Taheri
http://www.imdb.com/name/nm0998119/