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corps étranger

France, Tunisie - 2017 - 1h32
sorti en France le 21 février 2018
produit par Dominique Besnehard et Michel Feller (Mon Voisin productions)
film - version originale sous-titrée en français
de

Raja Amari

scénario : Raja Amari
direction de la photographie : Aurélien Devaux
avec : Hiam Abbass (Leïla), Sara Hanachi (Samia), Salim Kechiouche (Imed), Marc Brunet (Jacques), Majd Mastoura (jeune bénévole)
séances : semaine du mercredi 21 février 2018
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
14:00*
18:30
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séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 28 février 2018
mercredi 28 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
18:30*
20:30
séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
séances : semaine du mercredi 21 février 2018
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
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séance spéciale :
* film programmé dans le cadre de l’exposition "Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui" (au musée de la bande dessinée jusqu’au 4 novembre 2018)
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €

synopsis

À son arrivée en France, Samia est hébergée chez Imed, un ami de son frère. Alors qu’elle cherche à trouver son indépendance et sa liberté, elle rencontre Madame Bertaud, une femme aisée récemment veuve qui l’embauche pour faire un peu d’ordre dans ses affaires. L’une envers l’autre, les deux femmes vont trouver le soutien qui leur manquait et se rapprocher. Cette relation ambigüe va troubler Imed, déchiré entre son orthodoxie religieuse et son désir de liberté...

notes de production

Ne pas confondre avec Corps étranger, documentaire de Sophie Bredier.
http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/14297_1

Corps étranger mélange à la fois l’universel (la condition des immigrés) et l’intime (la naissance et la circulation du désir chez les êtres humains). Raja Amari souhaitait depuis longtemps faire un film sur l’immigration. La réalisatrice se rappelle : il y a longtemps que je souhaitais faire un film sur l’immigration. Je voulais un scénario fort, qui sorte des sentiers battus. J’ai réalisé que, sous peine de misère durable et d’asphyxie, quelqu’un qui émigre est tenu de se lancer à la conquête géographique et sociale du pays où il s’installe. J’ai alors eu l’idée de mettre au centre de mon film un clandestin placé, comme ses semblables, dans cette situation d’être contraint à une « implantation » territoriale (obtention de papiers, quête d’un travail, recherche d’amis, etc..), mais qui, parallèlement, choisirait en toute liberté d’aller à la découverte d’autres contrées jusque-là inconnues de lui, qui sont celles de la sensualité, des désirs et des pulsions sexuelles. Après des années de maturation, le personnage de Samia s’est imposé. Je lui ai créé un passé trouble - un frère islamiste qu’elle a fui après l’avoir dénoncé et dont elle a toujours une peur plus ou moins diffuse - et je l’ai entourée de deux autres personnages.

Via le trio de personnages composé par Samia, Imed et Leila, Corps étranger montre qu’à condition de le vouloir, il est toujours possible de trouver sa véritable identité, même à l’issue d’un épuisant va-et-vient, entre conquête d’un statut social, qu’on peut assumer publiquement, et l’exploration de sa sexualité, qui relève de la sphère du privé, selon Raja Amari.

Dans Corps étranger, Raja Amari parle du désir féminin et filme de manière sensuelle les corps des femmes. Pour la cinéaste, les corps constituent un élément essentiel d’émancipation ou de frustration. Elle explique : Satin rouge (1), mon premier film, racontait l’histoire d’une femme qui se libère par la danse. J’ai eu un plaisir fou à le tourner, parce que je devais m’employer à capter la beauté de corps féminins en mouvement, à faire sentir leur charge émotionnelle et sensuelle. Plus de dix ans après, ce tournage reste indélébile .
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Satin_rouge

Raja Amari avait vu Sarra Hannachi dans un film tunisien et a aimé sa beauté, sa force, son magnétisme et sa sensualité un peu garçonne. Pour le rôle de Leila, la cinéaste a pensé à l’héroïne de Satin rouge (1) Hiam Abbass avec laquelle elle a gardé des liens d’amitié très forts. Pour Imed, le personnage masculin, Raja Amari voulait un acteur qui ait la beauté de tous les diables, à la fois enjôleuse, douce et menaçante.

Les intérieurs de l’appartement de Leila et d’Imed ont été tournés à Tunis. Les images aquatiques du début et de la fin du film, qui évoquent l’idée de la traversée et celle du naufrage, ont été réalisées à Bizerte dans le nord de la Tunisie. De même que celles de l’échouage de Samia sur une plage. Raja Amari raconte : pour la cinéaste que je suis, née à Tunis et ayant passé mon enfance à Bizerte (2), il n’y a pas plus beau, plus inspirant que les rivages méditerranéens et la lumière qui les enveloppe, même si la mer qui les borde est devenue un cimetière tragique… Les séquences urbaines ont été tournées à Lyon. C’est une ville très cinématographique. Elle est traversée par un fleuve qui évoque le passage et son architecture est aussi belle que diverse. S’y côtoient, en outre, une bourgeoisie aisée et une population multiethnique, plus modeste. C’était parfait pour moi.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bizerte

Corps étranger aborde de nombreux sujets via le parcours de ses trois personnages principaux, comme l’immigration, l’intégration, désir, le rejet, le radicalisme islamiste et la trahison. Raja Amari développe : tous les films, ou presque, ont une portée politique. Consciente ou pas. Visible ou pas. Le mien en contient une, puisqu’à travers le personnage du frère de Samia, qu’on ne voit pas, mais auquel elle pense tout le temps, Corps étranger évoque le problème de la radicalisation dans mon pays d’origine et dans le monde. Mais je crois que le cœur de mon film est la complexité des êtres humains. Je ne donne pas de réponse, évidemment, mais je montre des pistes…

Pour Raja Amari, le titre du film a plusieurs interprétations. Il fait ainsi penser, dans son premier degré de lecture, à l’immigré qui vient s’installer quelque part. Plus métaphoriquement, il évoque ces poids que les gens trimballent comme des kystes à l’intérieur de soi, et qu’on voudrait expulser pour se sentir mieux, plus légers. Je pense notamment à la peur et à la frustration dont on a tant de mal à se départir. Le titre évoque aussi la relation entre ces trois personnages qui, malgré leurs origines communes, sont étrangers les uns aux autres. L’ennemi est parfois intime, précise la réalisatrice.

Comme dans Satin rouge (1) et Les Secrets (3), le trio sensuel génère le trouble et stimule le récit par ses effets de miroir et sa sortie de la dualité. Raja Amari saute volontiers des étapes pour aller au fond de ce qui ébranle chacun. Le pari est osé tant il peut incommoder le spectateur et nécessite une grande subtilité de mise en scène, mais la réalisatrice a montré dès Satin rouge qu’elle sait orchestrer le rapprochement des corps et la violence nécessaire de l’émancipation. La bande-son et la musique mais aussi les clairs-obscurs des traboules lyonnaises (ces passages étroits qui permettent d’aller d’une rue à l’autre à travers les pâtés de maisons) facilitent les sauts entre le réel et une hallucination puisant dans la hantise. Son instinct de survie n’empêche pas Samia de rester obsédée par le traumatisme du naufrage et la crainte de celui qu’elle a trahi.
Issu d’une lente maturation après un atelier Sud-écriture et retardé par un difficile financement, balancé par les évolutions politiques, Corps étranger n’en offre pas moins une vision incisive et pertinente de l’immigration. Au-delà de son discret plaidoyer pour l’émancipation féminine et la transgression face à l’obscurantisme, il tisse la trame du trouble que provoque dans une société comme au fond des êtres un corps étranger. Pour Raja Amari, accueillir l’étranger n’est pas une affaire de morale mais de liberté qui se construit dans l’expérience, dans le rapport entre les êtres. Samia et Leila y mettent leur intelligence et leur sensibilité, et c’est ainsi qu’en fin de film, elles peuvent accéder à la paix.
http://africultures.com/corps-etranger-de-raja-amari-14053/
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Secrets

Entretien avec Raja Amari
"Corps étranger" est un film ambitieux, puisqu’il mélange à la fois l’universel (la condition des immigrés) et l’intime (la naissance et la circulation du désir chez les êtres humains). D’où vous est venue l’idée de son scénario ?
Il y a longtemps que je souhaitais faire un film sur l’immigration. Je voulais un scénario fort, qui sorte des sentiers battus. J’ai réalisé que, sous peine de misère durable et d’asphyxie, quelqu’un qui émigre est tenu de se lancer à la conquête géographique et sociale du pays où il s’installe. J’ai alors eu l’idée de mettre au centre de mon film un clandestin placé, comme ses semblables, dans cette situation d’être contraint à une « implantation » territoriale (obtention de papiers, quête d’un travail, recherche d’amis, etc..), mais qui, parallèlement, choisirait en toute liberté d’aller à la découverte d’autres contrées jusque-là inconnues de lui, qui sont celles de la sensualité, des désirs et des pulsions sexuelles. Après des années de maturation, le personnage de Samia s’est imposé. Je lui ai créé un passé trouble - un frère islamiste qu’elle a fui après l’avoir dénoncé et dont elle a toujours une peur plus ou moins diffuse - et je l’ai entourée de deux autres personnages. Deux immigrés comme elle : un homme, réfugié en France depuis seulement quelques années, qui va vouloir l’aider, mais qui va également essayer de contrôler sa vie et lui faire sentir son désir physique pour elle ; et une femme, intégrée depuis longtemps, qui va non seulement lui offrir du travail mais également l’éveiller à la découverte de son corps. Ce trio de personnages finira par entremêler et assouvir ses désirs...
http://www.paname-distribution.com/

Raja Amari
voir fiche du film Printemps tunisien
http://www.citebd.org/spip.php?film1306

Aurélien Devaux
http://www.imdb.com/name/nm0222250/

Hiam Abbass
voir fiche du film Héritage
http://www.citebd.org/spip.php?film956

Sara Hanachi
http://www.imdb.com/name/nm7989336/

Salim Kechiouche
voir fiche du film La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2
http://www.citebd.org/spip.php?film1101

Marc Brunet
Né le 10 novembre 1952 à Paris.
Premier rôle au cinéma sous la direction d’Alain Corneau...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Brunet_(acteur)

Majd Mastoura
Né le 30 avril 1990 à Bizerte.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Majd_Mastoura

extrait(s) de presse

Africultures - (...) l’une et l’autre font l’expérience de ce qu’un corps étranger provoque : le sentiment diffus, complexe et dérangeant d’être étranger à soi-même.
Cineuropa - On ne sait pas comment Samia parvient à rallier Lyon mais ce n’est pas le voyage qui compte, c’est l’incorporation...
Tekiano - Ces trois personnages clés du film se croisent dans des parcours différents et des histoires d’amour impossibles.
Femmes de Tunisie - "Corps étranger" est un film osé, sensuel et esthétique...