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cœurs purs

Cuori puri
Italie - 2017 - 1h55
sorti en France le 3 janvier 2018
film - version originale sous-titrée en français
de

Roberto De Paolis

scénario : Roberto De Paolis, Luca Infascelli, Carlo Salsano, Greta Scicchitano
direction de la photographie : Claudio Cofrancesco
musique ou chansons : Emanuele De Raymondi
avec : Selene Caramazza (Agnese), Simone Liberati (Stefano), Barbora Bobulova (Marta), Stefano Fresi (Don Luca), Edoardo Pesce (Lele), Antonella Attili (Angela), Federico Pacifici (Ettore), Isabella Delle Monache (Beatrice)
séances : semaine du mercredi 14 février 2018
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
20:30
16:00
18:45
16:00
20:30*
séance spéciale :
* mardi 20h30 dernière séance

synopsis

Agnese, une jeune femme de dix-huit ans, élevée par sa mère dans la ferveur religieuse, cherche à préserver sa virginité jusqu'au mariage. Stefano, vingt-cinq ans, marginal au passé turbulent, essaie de s'intégrer socialement en exerçant la fonction de gardien de parking près d'un camp de Roms. Ils se rencontrent et finissent par s'aimer. Leur histoire sentimentale se heurte pourtant à bien des obstacles...

notes de production

Le cinéaste italien Roberto De Paolis a étudié à la London international film school (1). Il a travaillé comme photographe et a exposé ses œuvres dans toute l‘Europe. Il a réalisé deux courts métrages, tous deux présentés à la Mostra de Venise, Bassa Marea en 2010 (2) et Alice en 2011 (3). Il travaille comme vidéaste pour Nowness.com. Cœurs purs est son premier long métrage.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/London_Film_School
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise_2010
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise_2011

Roberto De Paolis revient sur la genèse de Cœurs purs : pour écrire le film, j’ai d’abord choisi d’examiner la périphérie urbaine : les centres sociaux, les camps de Roms, mais aussi les églises dans lesquelles j’ai observé ce qu’était la réalité de la communauté Chrétienne aujourd’hui. L’écriture du scénario est rapidement devenue une expérience de vie et les rendez-vous organisés se sont transformés en séjours avec des gens qui sont, par la suite, devenus les protagonistes du film. Pour comprendre vraiment ces personnes, pour mieux écrire sur eux, j‘ai voulu me laisser contaminer, essayer de vivre leur vie, sans les juger, confie le cinéaste.

Pour le tournage, Roberto De Paolis a utilisé les techniques d’improvisation, aussi bien pour les comédiens que pour le cadreur. Il a également choisi de ne pas utiliser d’éclairage artificiel et ne pas limiter le cadrage afin de ne pas contraindre les acteurs à évoluer dans des espaces trop confinés : le travail à la caméra a été improvisé de façon à ce qu’elle ressente plutôt qu’elle suive des parcours prédéfinis. Les deux comédiens étaient libres de modifier leur texte, de bouger comme ils le souhaitaient et d’enrichir les scènes de réactions spontanées qui leur étaient propres. Paradoxalement, cette incertitude sur ce qui était en train de se passer sous nos yeux a contribué à entretenir une atmosphère vivante et une attention particulière sur le plateau : cet état d’alerte nous poussait à réagir, à nous plonger dans l’action, comme dans la vie. Nous avons donc choisi d‘opter au tournage pour cette approche quasi documentaire afin de rester fidèles à ce que nous avions perçu lors de la préparation sur le terrain.

Roberto De Paolis confie que c’est au montage que le film s’est révélé un récit sur la peur de l’autre, et en même temps, de façon assez contradictoire, sur le désir qu’on ressent pour l’autre et sur le besoin d’échapper à sa propre identité : la structure sociale de ces banlieues, un environnement habité dans le film par les peurs et les sentiments des deux protagonistes, a éclairé nos réflexions sur les limites de notre condition humaine, et nous a amenés à nous y confronter.

Agnese, le personnage interprétée par Selene Caramazza, est complètement immergée dans la foi chrétienne. Alors que le cinéma a tendance à porter des jugements dans sa représentation de l’Église, le but de Roberto De Paolis était au contraire d’essayer de vivre en communion avec elle : j’ai eu la chance d’être capable de m’y oublier de façon irrationnelle, de ressentir la foi, et ma fascination pour ce monde m’a inspiré un désir : faire le portrait d’une Église ouverte, contemporaine, lumineuse, à travers la figure du prêtre philosophe, qui est plus en phase avec la sagesse de Jésus qu’avec les doctrines du clergé.

Au cœur du film se pose la question de la virginité. Elle est perçue comme la fin des illusions de l’enfance sur la pureté et la perfection : la virginité du corps, d’un territoire qu’on voudrait maintenir dans un état de pureté, sans risquer le mélange avec le monde extérieur. Le parking où Stefano travaille comme gardien et le corps d’Agnese sont, symboliquement, une même chose : un corps menacé d’être contaminé par la différence, par le réel - par l’autre.

Les « cœurs purs » du film, Stefano et Agnese, sont aussi des cœurs pleins de détermination, peu enclins au mystère ni disposés à devenir autre chose que ce qu’ils sont. Ce sont des cœurs « parfaits », enfermés dans des cages de verre. Le besoin de sortir de leurs cages, de se salir, d’échapper à eux-mêmes, les amène à converger l’un vers l’autre. Pour s’aimer l’un l’autre, pour se confronter à eux–mêmes aussi, ils doivent accepter de corrompre leur idée de pureté, analyse Roberto De Paolis.

Roberto De Paolis
http://www.imdb.com/name/nm1625346/

Luca Infascelli
http://www.imdb.com/name/nm0408647/

Greta Scicchitano
http://www.imdb.com/name/nm8154695/

Emanuele De Raymondi
http://www.imdb.com/name/nm2670530/

Selene Caramazza
http://www.imdb.com/name/nm7989498/

Simone Liberati
http://www.imdb.com/name/nm5777955/

Barbora Bobulova
voir fiche du film Les Âmes noires
http://www.citebd.org/spip.php?film1500

Stefano Fresi
voir fiche du film J’arrête quand je veux
http://www.citebd.org/spip.php?film2038

Edoardo Pesce
http://www.imdb.com/name/nm3034455/

Antonella Attili
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonella_Attili

Federico Pacifici
http://www.imdb.com/name/nm0655398/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) "Cœurs purs" distille un charme réel et est bien porté par ses deux jeunes interprètes...
Le Figaro - Porté par deux jeunes acteurs incandescents, ce premier film dose avec beaucoup de justesse réalisme social et idéalisme amoureux, des aspirations intimes.
Le Monde - Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film de Roberto De Paolis évite avec subtilité les écueils de la chronique sociale...
Le Nouvel obs - Un premier film dans la mouvance de ces jeunes cinéastes qui ont à cœur d'évoquer une Italie contemporaine à travers ses tensions sociales et économiques. Un pays replié sur ses ostracismes que le scénario et la mise en scène scrutent avec une grave lucidité.
Télérama - (...) les deux interprètes que le cinéaste ne se lasse pas d’observer, de sonder et d’exalter sont formidables...
Le Monde - (...) le film de Roberto De Paolis évite avec subtilité les écueils de la chronique sociale...
Critikat - Tout en pudeur et en sensibilité, le premier long métrage de Roberto De Paolis développe une love story contrariée avec un parti-pris documentaire...
Abus de ciné - En totale immersion, le réalisateur et son scénariste laissent la part belle à l’improvisation...