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the florida project

Usa - 2017 - 1h51
sorti en France le 20 décembre 2017
quinzaine des réalisateurs Cannes 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Sean Baker

scénario : Sean Baker, Chris Bergoch
direction de la photographie : Alexis Zabe
musique ou chansons : Matthew Hearon-Smith, Lorne Balfe
avec : Brooklynn Prince (Moonee), Bria Vinaite (Halley), Willem Dafoe (Bobby), Caleb Landry Jones (Jack), Karren Karagulian (Narek), Mela Murder (Ashley), Valeria Cotto (Jancey), Macon Blair (John), Aiden Malik (Dicky), Sandy Kane (Gloria)
séances : semaine du mercredi 14 février 2018
mercredi 14 jeudi 15 vendredi 16 samedi 17 dimanche 18 lundi 19 mardi 20
16:00
18:30
16:00
21:00
11:00*
18:30
16:00*
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 16h00 dernière séance

synopsis

Moonee a 6 ans et un sacré caractère. Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents. Ses incartades ne semblent pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère. En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…

notes de production

C’est en aidant sa mère à déménager que le coscénariste et producteur Chris Bergoch a découvert l’autoroute 192, également surnommée Irlo Bronson memorial highway (1) et qui est l’un des principaux axes menant à Disney world (2). Il a alors remarqué que la plupart des motels du coin hébergeaient non pas des touristes, mais des familles en situation précaire...
Bergoch se rappelle : c’était en 2011. Je me rendais à au parc Epcot (3) quand j’en ai parlé à Sean… je lui ai parlé de ces enfants que je voyais jouer sur le bas-côté de cette autoroute très fréquentée, à quelques minutes des parcs à thème. Impossible de chasser cette image de ma tête… On a écrit quelques lignes de synopsis début 2012 afin de tenter de trouver un financement pour ce projet. Et puis, on a réuni l’argent pour Starlet et on a quitté la Floride pour la San Fernando valley (4), près de Los Angeles. A chaque fois que je revenais à Orlando, je passais devant ces motels et je repensais constamment à ce projet. La situation n’a fait que s’aggrave et, parallèlement, mon obsession pour cette histoire et ce contexte n’a fait que croître.
(1) https://en.wikipedia.org/wiki/U.S._Route_192
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Walt_Disney_World_Resort
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Epcot
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_San_Fernando

The Florida project a été présenté au festival de Cannes 2017 à la quinzaine des réalisateurs (5). Son réalisateur Sean Baker avait obtenu le lauréat du prix du jury à Deauville en 2015 pour Tangerine (6), un drame centré sur les déambulations d’une prostituée à Los Angeles. Comme pour ce précédent film, il a de nouveau réuni un casting d’inconnus, à l’exception bien sûr de Willem Dafoe dans le rôle du gardien bienveillant du bloc de motels abandonnés.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Quinzaine_des_r%C3%A9alisateurs
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tangerine_(film)

Sean Baker voit The Florida project comme une version contemporaine des Petites canailles (7). Le metteur en scène précise : pour ceux qui s’en souviennent, cette série de courts métrages des années 20 et 30 parle d’enfants de familles pauvres pendant la Grande Dépression. Mais leurs origines modestes ne constituent qu’une toile de fond : les courts métrages s’attachent essentiellement à leurs aventures, drôles et piquantes.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Petites_Canailles

Pour écrire le scénario de ce qui allait devenir The Florida project, Sean Baker et Chris Bergoch ont mené des recherches approfondies à Kissimmee (8), en Floride, se rendant sur place à de multiples reprises pendant trois ans et séjournant dans des motels de l’autoroute US 192. Nous entamons systématiquement notre travail de la même façon : on demande aux gens du coin si ça les intéresserait de participer au tournage et, le cas échéant, s’ils aimeraient nous parler de leur vie dans ces motels, explique le premier.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kissimmee

Alors que le financement était bouclé et que le début du tournage se rapprochait, la production se mit à chercher activement les comédiens pour les rôles principaux. C’est à cette époque que la jeune Brooklynn Prince, originaire de Floride, a répondu à une annonce et décroché le rôle de Moonee.
L’interprète de Jancey, Valeria Cotto, a été trouvée par le biais d’un casting sauvage, une méthode à laquelle Sean Baker est habitué. Le cinéaste explique : je fais toujours un peu de casting sauvage pour mes films et la découverte dont je suis le plus fier sur celui-ci, c’est Valeria Cotto. Je les ai vues, elle et sa mère, dans un supermarché Target de Kissimmee (8) un soir. Valeria se démarquait des gens par ses cheveux roux flamboyants. J’ai donné ma carte de visite à sa mère et j’ai vraiment croisé les doigts pour qu’elle me rappelle afin de faire passer une audition à sa fille. C’est ce qu’elle a fait ; Valeria a été épatante… et on connaît la suite.

Sean Baker, Chris Bergoch et leurs producteurs Shih-Ching Tsou (9) et Kevin Chinoy (10) ont organisé des auditions pour les enfants de toute la région du centre de la Floride. Il était en effet essentiel pour eux de faire appel à des gens du coin. Ainsi, Christopher Rivera (qui joue le redoutable petit Scooty) est venu tenter sa chance alors qu’il séjournait, avec sa famille, dans l’un des motels de l’autoroute 192. Baker a par ailleurs trouvé Bria Vinaite via des réseaux sociaux comme Vine.
(9) http://www.imdb.com/name/nm1516804/
(10) http://www.imdb.com/name/nm0157966/

Andrea Arnold nous avait livré avec American honey (11) un film d’une puissance émotionnelle rare, porté, lui, par une bo omniprésente. Force est de constater que The Florida project se place dans sa droite lignée et rappelle que ces rednecks (12) sont décidément passionnants à raconter. Si la société les met au ban, ils peuvent compter sur des cinéastes de talent pour leur rendre hommage et éveiller les consciences. Moins pop et photogénique que son cousin du midwest, The Florida project s’avère tout aussi attachant, trash et épuisant. Un film d’une énergie contagieuse qui mêle justement drôlerie permanente et dureté du propos, et qui s’achève sur une des plus belles scènes vues cette année au cinéma.
http://www.lebleudumiroir.fr/critique-the-florida-project-film-sean-baker/
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1834
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Film_de_redneck

Ça c’est la belle vie ! s’écrie la jeune Moonee. La belle vie en question, c’est de pouvoir aller à un buffet à volonté d’un hôtel lambda, et d’en profiter. Sean Baker saisit tout à fait l’insouciance de quelques gosses pas encore touchés par les problèmes de leurs parents. Il y a ici quelque chose d’assez doux, mais aussi quelque chose d’amer qui se trame, une menace comme ce ciel de Floride qui se charge. Comment parler de la précarité, de la situation dramatique des plus pauvres dans le système américain ? Comment, comme dans Tangerine (6), parler d’invisibles ? Baker sait écrire des personnages hauts en couleur qui ne soient pas de mignonnes poupées pittoresques. Il les rend hyper-vivants, qu’il s’agisse de l’écriture, de la direction d’acteurs, du montage ou du travail chromatique, parce qu’au fond il est avant tout question ici de survie. Cette pulsion de vie s’exprime dans une tonalité plus frontalement dramatique de l’autre côté de la planète avec les antihéros d’un Brillante Mendoza (13). Ici, une vieille et sympathique épave traîne tous boobs à l’air au bord de la piscine, on y cause concours de twerk, on mate en loucedé un feu d’artifice qui est tiré pour les autres - le ton est à la comédie pour parler de choses graves. L’irruption du réel comme un mur est poignante, la fuite dans l’imaginaire enfantin encore plus. Humain, bouleversant, attachant, The Florida project est une vraie merveille.
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Florida-Project-The-6592.html
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1786

Sean Baker
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sean_S._Baker

Chris Bergoch
http://www.imdb.com/name/nm2022341/

Alexis Zabe
http://www.imdb.com/name/nm0951386/

Matthew Hearon-Smith
http://www.imdb.com/name/nm3262011/

Lorne Balfe
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lorne_Balfe

Brooklynn Prince
http://www.imdb.com/name/nm7737419/

Bria Vinaite
http://www.imdb.com/name/nm8458915/

Willem Dafoe
voir fiche du film The Grand Budapest hotel
http://www.citebd.org/spip.php?film1229

Caleb Landry Jones
voir fiche du film Queen and country
http://www.citebd.org/spip.php?film1421

Karren Karagulian
http://www.imdb.com/name/nm1199489/

Mela Murder
http://www.imdb.com/name/nm6438617/

Valeria Cotto
http://www.imdb.com/name/nm8557023/

Macon Blair
voir fiche du film Logan Lucky
http://www.citebd.org/spip.php?film2048

Aiden Malik
http://www.imdb.com/name/nm6566215/

Sandy Kane
http://www.imdb.com/name/nm2865382/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Portrait incisif d’une Amérique des laissés-pour-compte, le film séduit son absence de concessions et confirme l’originalité d’un des meilleurs représentants du cinéma indépendant.
Bande à part - "The Florida project" est tout simplement un film qui a du cœur. C’est assez rare pour le souligner.
CinémaTeaser - Un film vivant et foisonnant.
Critikat - Ce programme de réenchantement par l’hystérie, sous l’angle d’un idéal anarchique, c’est l’une des définitions possibles de l’enfance. Pas n’importe laquelle : précisément celle de la liberté intégrale qui, de Tom Sawyer à la vibrionnante Moonee de ce "The Florida project", occupe tous les vides du terrain de jeu pour ne pas rimer avec abandon.
Culturopoing - Filmant un quotidien sans perspective détourné par le sentiment d'éternité d'enfants virevoltants et mal élevés, Sean Baker construit un récit vif, souvent drôle et profondément attachant qui s'assemble par collages successifs jusqu'à son final lumineux.
Ecran large - Ce n'est pas un simple mélodrame cadré : c'est une petite odyssée revigorante, colorée, drôle, chatoyante, d'une douceur souvent magnifique, et portée par des acteurs fantastiques. Avec en prime, une conclusion qui transporte le coeur.
Le Jdd - Le réalisateur porte un regard rempli de bienveillance et d’humanité sur des personnages attachants, qui ne baissent jamais les bras, dans cette chronique sociale à la fois cruelle et onirique, filmée à hauteur d’enfant et avec de vrais habitants du motel dans un souci de réalisme absolu.
La Croix - Filmé à hauteur d’enfants, "The Florida project" réussit le tour de force de nous raconter sans pathos le quotidien de ces milliers de familles expulsées de chez elle, contraintes de se réfugier dans des motels où elles vivent dans des conditions précaires.