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les bonnes manières

Brésil - 2016 - 2h15
prix spécial du jury Locarno 2017 - prix du public L'Étrange festival 2017
interdit en salle au moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Marco Dutra, Juliana Rojas

scénario : Marco Dutra, Juliana Rojas
direction de la photographie : Rui Poças
musique ou chansons : Guilherme Garbato, Gustavo Garbato
avec : Isabél Zuaa (Clara), Marjorie Estiano (Ana), Miguel Lobo (Joel), Cida Moreira (Dona Amélia), Andréa Marquee (Ângela), Felipe Kenji (Maurício), Nina Medeiros (Amanda), Neusa Velasco (Dona Norma), Gilda Nomacce (Gilda), Eduardo Gomes (le professeur Edu), Hugo Villavicenzio (Hugo), Adriana Mendonça (Cida), Germano Melo (le docteur Ciro Poças)
séances : semaine du mercredi 31 janvier 2018
mercredi 31 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
20:45*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae à Angoulême du 31 janvier au 6 février 2018. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama - avant première (séance unique)
séances : semaine du mercredi 28 novembre 2018
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 1er dimanche 2 lundi 3 mardi 4
01:15*
séance spéciale :
* dans le cadre de la nuit fantastique

synopsis

Clara, une infirmière solitaire de la banlieue de São Paulo, est engagée par la riche et mystérieuse Ana comme la nounou de son enfant à naître. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme...

notes de production

Juliana Rojas et Marco Dutra n’en sont pas à leur coup d’éclat dans cet art si délicat qu’est le détournement des codes propres à des genres très marqués du cinéma populaire pour dépeindre une situation sociale qui ne prête pas au sourire. Après le film d’épouvante, avec Quando Eu era vivo (1), ou encore la comédie musicale, avec Necropolis symphony (2), les deux jeunes cinéastes se retrouvent pour mettre au point un film de monstre pas comme les autres. Leur long-métrage est en fait scindé en deux parties d’une durée similaire, leur permettant d’explorer deux facettes de leur personnage principal.
(1) https://en.wikipedia.org/wiki/Quando_Eu_Era_Vivo
(2) https://pro.festivalscope.com/film/necropolis-symphony
Clara est une jeune femme contrainte d’accepter un métier de femme de chambre pour Ana, une patronne issue d’un milieu social plus aisé. Le jeu d’attraction/répulsion ressenties envers son employeuse est exacerbé jusqu’à devenir un mélange de pulsions amoureuses et de terreur. Celle-ci est due à la découverte des étranges comportements nocturnes de cette belle nantie enceinte. Cette dichotomie émotionnelle, ainsi que l’observation de la superficialité d’Ana, est donc un moyen pour les réalisateurs de dépeindre le malaise de voir prospérer de riches rentiers oisifs, tout en intégrant à leur mise en scène une certaine tension sexuelle bien retranscrite. ; ;
https://www.avoir-alire.com/les-bonnes-manieres-etrange-festival-2017-la-critique-du-film

Rojas et Dutra se servent à merveille de ces artifices. Ici, même les flammes de la cheminée sont fausses. Mais tout est vrai, authentique : la violence, le malaise, le mépris social, l’amour d’une mère pour son fils. Ce n’est pas pour rien qu’on croise tant de créatures surnaturelles - sur un tableau noir, dans les chansons, lors d’une superbe et poétique séquence à base de dessins. Depuis toujours, les créatures rejetées par les hommes ont pourtant quelque chose à leur apprendre. L’un des prodiges de ces Bonnes manières réside dans la façon qu’ont les cinéastes de sans cesse parler de transgression tout en ne se dépareillant jamais d’un ton d’une douceur hypnotique. Un premier degré très rare à l’heure du cynisme. Le résultat est souvent fascinant, d’abord parce qu’en un clin d’œil le film passe de la beauté à l’émotion à la surprise à l’excitation ; mais aussi parce qu’on suit, happé, sans se poser de question, cette étrange rêverie, comme lors de cette scène superbe où Clara suit Ana en plein somnambulisme, évoquant le souvenir spectral et envoûtant du Vaudou (3) de Jacques Tourneur.
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Bonnes-manieres-Les-4688.html
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaudou_(film,_1943)

Avec son court synopsis qui nous parle d’une infirmière solitaire de São Paulo engagée par une jeune femme pour être la nounou de l’enfant dont elle est enceinte, As boas maneiras n’éveille, volontairement, aucun soupçon. Les organisateurs du festival de Locarno ont cependant tenu à ajouter cette fameuse petite phrase : certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs. Pour être tout à fait exact, il aurait fallu ajouter : certaines scènes sont également susceptibles d’éblouir les spectateurs.
Quand l’infirmière, Clara, entre dans l’appartement de la future maman, Ana, elle peut y contempler la ville sous un jour nouveau, magique, coloré, presque futuriste. Et une fois la nuit tombée, la pleine lune surgira dans le ciel comme une apparition. La beauté frappante de ces images est, au sens strict, surnaturelle : les trucages numériques y trafiquent avec les vraies prises de vue, créant une impression de flottement entre rêve et réalité. Qui nous prépare à accueillir l’impossible. Le père inconnu de l’enfant à naître était un loup-garou. Et les soirs de pleine lune, Ana et le petit qu’elle porte ont grand besoin de manger de la viande…
Moitié homme, moitié bête, le loup-garou fait peur et surtout, il fait sens : tout est croisement dans ce film réalisé par deux moitiés, Marco Dutro et Juliana Rojas. Visuellement, on voyage du côté de chez Almodóvar (4), avec des décors intérieurs superbes et superbement travaillés. Et un univers de femmes, aux prises avec un enfant sauvage, que l’on voit grandir dans la seconde partie du film. Mais on plonge en même temps dans un merveilleux quasi hollywoodien, un rêve séduisant auquel se mêle la cruauté du cauchemar.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1824
Ces contrastes si forts sont réunis en une parfaite cohérence stylistique. Tout semble couler de source dans Les Bonnes manières : la sensibilité qui domine est celle de l’intimisme, qu’il s’agisse des relations entre la mère et l’enfant ou de celles qui unissent les femmes. Car entre Clara et Ana, c’est aussi de sentiments et d’amour physique qu’il va être question. Le loup-garou renvoyant là à l’identité différente, et au rejet de la différence. Un discours limpide, jamais appuyé.
C’est tout naturellement que Marco Dutro et Juliana Rojas font un cinéma qui se revendique, de toutes les façons possibles, différent. Découverts avec Trabalhar cansa (5), leur goût des cocktails entre réalisme et fantastique n’avait alors pas semblé tout à fait au point. Cette fois, ils maîtrisent parfaitement leur créativité sans barrière et accompagnent la mutation du spectateur d’aujourd’hui, de plus en plus ouvert aux passerelles entre les genres, aux croisements entre toutes sortes d’imaginaires. Les Bonnes manières n’en est pas moins un choc, une sorte d’ovni. Mais le cinéma d’auteur trouve là une proposition passionnante, aussi ludique que très réfléchie. Et qui fera réfléchir.
http://www.telerama.fr/cinema/les-bonnes-manieres-un-film-mutant-qui-enchante-locarno,161560.php
(5) http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Trabalhar-Cansa-Travailler-fatigue-3776.html

Entretien avec Marco Dutra et Juliana Rojas
Comment est né "Les Bonnes manières" ? Comment vous est venue une idée aussi folle ?
Il y avait à la base l’envie de faire un film de loup-garou. Au Brésil, la figure du loup-garou est très populaire, plus que celles d’autres monstres classiques. Et puis il y a aussi ce rêve que j’ai fait : je ne m’en souviens plus exactement mais Juliana l’a retenu pour moi. Il était question de deux femmes élevant ensemble un enfant étrange. Le titre est venu tout de suite et n’a jamais changé. Il y avait dès le départ cette idée de deux moments clefs de la maternité, le fait d’être enceinte puis d’élever un enfant, de lui apprendre "les bonnes manières". Le développement du script a ensuite pris du temps mais voilà le point de départ...
http://www.filmdeculte.com/people/entretien/Entretien-avec-Marco-Dutra-et-Juliana-Rojas-Les-Bonnes-manieres-24779.html

Marco Dutra
http://www.imdb.com/name/nm1824290/

Juliana Rojas
http://www.imdb.com/name/nm2193400/

Rui Poças
voir fiche du film Tabou
http://www.citebd.org/spip.php?film954

Guilherme Garbato
http://www.imdb.com/name/nm5696485/

Gustavo Garbato
http://www.imdb.com/name/nm5698685/

Isabél Zuaa
http://www.imdb.com/name/nm5299382/

Marjorie Estiano
Née Marjorie Dias de Oliveira le 8 mars 1982 à Curitiba.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marjorie_Estiano
http://www.imdb.com/name/nm1597010/

Cida Moreira
http://www.imdb.com/name/nm0603511/

Andréa Marquee
http://www.imdb.com/name/nm1280323/

Nina Medeiros
http://www.imdb.com/name/nm9049829/

Neusa Velasco
http://www.imdb.com/name/nm1134003/

Gilda Nomacce
http://www.imdb.com/name/nm2669374/

Eduardo Gomes
http://www.imdb.com/name/nm1790304/

Adriana Mendonça
http://www.imdb.com/name/nm5684983/

Germano Melo
voir fiche du film Aquarius
http://www.citebd.org/spip.php?film1822

extrait(s) de presse

Fais pas genre ! - (...) surprend, émeut, horrifie, mais surtout éblouit.
Sens critique - La volonté primaire des réalisateurs n'est pas de nous faire peur mais de nous rendre inquiet quant au sort de leurs personnages...
Cahos reigns - Une œuvre qui bouleverse et émeut par son grand geste artistique, son ambition de passer d’un récit à un autre, sans ébranler la cohérence d’un film qui communique avec son pays d’attache, ainsi que son peuple.