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un homme intègre

Iran - 2017 - 1h58
sorti en France le 6 décembre 2017
prix un Certain regard Cannes 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Mohammad Rasoulof

scénario : Mohammad Rasoulof
direction de la photographie : Ashkan Ashkani
musique ou chansons : Peyman Yazdanian
avec : Reza Akhlaghirad (Reza), Soudabeh Beizaee (Hadis), Nasim Adabi (mère de l’étudiante), Missagh Zareh (frère de Hadis), Zeinab Shabani (assistante de Hadis à l’école), Zhila Shahi (femme d’Omid)
séances : semaine du mercredi 31 janvier 2018
mercredi 31 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
18:15*
14:00
18:45
16:15
18:30
14:00
18:30*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae à Angoulême du 31 janvier au 6 février 2018. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama.
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Reza, installé en pleine nature avec sa femme et son fils, mène une vie retirée et se consacre à l’élevage de poissons d’eau douce. Une compagnie privée qui a des visées sur son terrain est prête à tout pour le contraindre à vendre. Peut-on lutter contre la corruption sans se salir les mains ?

notes de production

Pour Un Homme intègre, le réalisateur Mohammad Rasoulof s’est appuyé sur les propos du sociologue américain C. Wright Mills (1) : la peur du pouvoir entraîne une identification à ce même pouvoir (qui viole les droits du peuple). Dans son film, le cinéaste suit un homme et une femme qui par nécessité, se retirent dans une zone éloignée, vivent de la pisciculture, et finissent par s’identifier à ce même environnement corrompu qu’ils avaient choisi de fuir. Les structures sociales corrompues, au pire, écrasent l’individu, au mieux, font de lui un des maillons de la chaîne de la corruption. Un autre choix est-il possible ?
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Wright_Mills

Un Homme intègre est interdit en Iran mais le réalisateur et producteur Mohammad Rasoulof ne baisse pas les bras et espère obtenir les autorisations nécessaires pour projeter son film dans son pays natal. Ce n’est malheureusement pas la première fois que le cinéaste est confronté à la censure : à ce jour, j’ai produit six films dont aucun n’a été projeté en Iran, le pays auquel mes histoires et moi appartenons. Le système de censure a conduit à la fermeture de toutes les salles de cinémas. Les réalisateurs indépendants, c’est-à-dire sans financement de l’État pour leur production, sont perpétuellement en train de chercher un moyen de contourner la censure.
Rasoulof reconnaît que si la censure stimule parfois la créativité des artistes, ces derniers atteignent parfois un niveau de saturation qui les mène au désespoir. Ainsi, certains tournent leur film à l’intérieur d’un appartement ou choisissent un lieu de tournage reculé et isolé. Ces conditions se répercutent sur la mise en scène : l’équipe est parfois contrainte d’utiliser des petites caméras non professionnelles, de renoncer à un chef opérateur ou de simplifier à l’extrême le scénario.

Avec Un Homme intègre, le réalisateur Mohammad Rasoulof a souhaité évoquer le sujet de la corruption, un problème auquel il a déjà été confronté dans sa jeunesse lorsqu’il fut arrêté un soir sans raison par des policiers qui lui ont fait comprendre qu’ils le relâcheraient en échange d’un pot-de-vin.

Mohammad Rasoulof a eu du mal à trouver son acteur principal. Il s’agissait en effet d’incarner un homme non musulman et dont la religion n’est pas établie. De plus, le film risquait de subir les foudres de la censure iranienne : aucun de mes amis proches n’a voulu le jouer. À la dernière minute, mon assistant a rencontré un acteur très respecté qui a accepté et a débarqué sur le tournage dès le lendemain, prêt à tourner. Juste avant la première prise, nous nous sommes assis tous les deux dans la voiture pour parler du film. Il avait tout compris. Le personnage, les pièges du rôle. Il connaissait des gens qui avaient vécu ce genre de situations. Il avait accepté le rôle pour pouvoir prendre position face à cette injustice. Il a incarné ce personnage avec beaucoup de sérénité, et sans avoir peur.

Le personnage de Reza élève dans le film des poissons rouges, symbole de la vitalité et de la chance durant les fêtes du Nouvel An en Iran.

A l’instar de son confrère Jafar Panahi (2), Mohammad Rasoulof a été arrêté en 2009 et condamné à une peine de prison de six ans, réduite à un an en appel. Mais celle-ci n’a toujours pas été exécutée, sans doute en raison de la mobilisation internationale qui a suivi l’annonce de cette peine. Une situation qui angoisse le cinéaste : j’ai été libéré sous caution, mais je ne me sens pas libre. Je bénéficie d’un fantôme de liberté. Je vis avec la peur, je suis constamment aux aguets. Chaque fois que je veux quitter le pays, je crains qu’on ne m’en empêche et j’ai peur dès que je reviens. Mais c’est ma vie, et je dois profiter de chaque petite ouverture, chaque interstice pour échapper à la censure et être créatif. Je ne sais pas combien de temps je parviendrai à faire des films.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1466

Un Homme intègre a remporté le prix Un Certain regard (3) au festival de Cannes 2017.
(3) http://www.festival-cannes.com/fr/festival/actualites/articles/les-prix-un-certain-regard-2017

Et quelle ironie ! Voilà L’Homme ­intègre salué, récompensé pour son intransigeance par ce système corrupteur qu’il a tant combattu… et dont il pour­rait, s’il le souhaitait, devenir l’un des rouages interchangeables. Terrible morale, pessimiste et rageuse, de ce grand film.
http://www.telerama.fr/cinema/un-homme-integre-la-charge-implacable-de-mohammad-rasoulof,n5387379.php

Entretien avec Mohammad Rasoulof
Qu’est-ce qui vous a inspiré ce film ?
C’est un souvenir de ma jeunesse, dont j’ai toujours pensé que ce pourrait être un sujet de film. Cela date d’il y a une vingtaine d’années. Je travaillais dur à l’époque pour gagner de quoi vivre. Je produisais des publicités en vidéo. Un soir, j’ai décroché un boulot urgent à faire, avec juste la nuit pour le faire. J’étais épuisé mais j’avais vraiment besoin de cet argent. Il était plus de minuit, je suis monté dans ma voiture pour aller à mon bureau. J’étais presque arrivé quand la police m’a arrêté pour un contrôle de routine. Ils ont vérifié mes papiers. Je n’avais commis aucune irrégularité, mais les policiers ont vu que j’étais pressé, alors ils m’ont gardé là. J’essayais de rester calme. Au bout de dix minutes, je leur ai expliqué ce que je faisais et pourquoi j’étais pressé. Ils n’ont rien voulu entendre. J’ai commencé à monter le ton, à protester. Cela n’a servi à rien. J’étais immobilisé là sans raison. Au bout d’un moment, un des policiers a baissé sa vitre et m’a dit que si je payais quelque chose, je serais libre de partir...
http://www.arpselection.com/category/tous-nos-films/drame/un-homme-integre-406.html#interview

Mohammad Rasoulof
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammad_Rasoulof

Ashkan Ashkani
http://www.imdb.com/name/nm4058512/

Peyman Yazdanian
https://fr.wikipedia.org/wiki/Peyman_Yazdanian

Reza Akhlaghirad
http://www.imdb.com/name/nm9018270/

Soudabeh Beizaee
http://www.imdb.com/name/nm9018271/

Nasim Adabi
http://www.imdb.com/name/nm3975594/

Missagh Zareh
http://www.imdb.com/name/nm3885117/

Zhila Shahi
http://www.imdb.com/name/nm5236852/

extrait(s) de presse

Bande à part - Dans une région reculée d’Iran, un homme tente de résister à la corruption généralisée, jusqu’au moment où il doit choisir son camp : opprimé ou oppresseur. Implacable, glaçant et magnifique.
La Croix - Un réquisitoire implacable contre la corruption en Iran.
L'Humanité - Lauréat du prix de la sélection cannoise Un certain regard, le cinéaste iranien menacé de prison Mohammad Rasoulof persiste et signe un conte moral et politique du plus beau noir.
Télérama - Un grand film.
Positif - La réussite d'Un Homme intègre réside dans la simplicité de sa narration dépourvue d'ostentation, dans la sécheresse de son montage et surtout dans la complexité du tableau que brosse le cinéaste.
Culturebox - Mohammad Rasoulof fait preuve de courage avec "Un homme intègre", ce qui lui vaut aujourd’hui d’être privé de liberté dans ses déplacements et son travail de cinéaste, en raison de sa propre intégrité. Poignant.
Le Figaro - Impeccable, la distribution contribue à la véracité de l'histoire. Reza Akhlaghirad se fond complètement dans la peau de son personnage.
Libération - Filmer l’intégrité, sa rudesse pierreuse, sans que le personnage se transforme en insipide héraut du bien : tel est l’un des enjeux relevés haut la main par Mohammad Rasoulof.