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psiconautas

Psiconautas, los niños olvidados
Espagne - 2017 - 1h15
sorti en France le 24 mai 2017
interdit aux moins de 12 ans
film d'animation - version originale sous-titrée en français
de

Pedro Rivero, Alberto Vázquez

scénario : Pedro Rivero, Alberto Vázquez
d'après l'oeuvre de : Alberto Vázquez
musique ou chansons : Aránzazu Calleja
voix : Andrea Alzuri (Dinki), Eva Ojanguren (Sandra)
séances : semaine du mercredi 10 janvier 2018
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "que viva España !" - film couplé avec "Que dios nos perdone" - tarif préférentiel : 2 films = 7 €

synopsis

Une catastrophe industrielle a frappé une île sur laquelle vivent Birdboy et son amie, Dinky. La mort des poissons, principale source de travail, a créé une grande vague de pauvreté. De plus, les ordures de toutes sortes s'accumulent, rendant chaque jour l'île de plus en plus invivable. Dinky, jeune souris adolescente et incomprise par sa famille, décide avec ses amis, Sandra et le petit renard, de s'enfuir vers la ville. Elle espère secrètement que Birdboy, jeune garçon-oiseau, va les rejoindre dans leur périple, mais ce dernier a des ennuis avec la police, qui a quelques années plus tôt abattu son père...

notes de production

Psiconautas est adapté de la bande dessinée (1) originale de Alberto Vázquez. Ce dernier, qui est aussi l’un des deux réalisateurs du film, explique avoir aimé l’idée de développer un univers avec son propre imaginaire tout en gardant un pied bien ancré dans la réalité : bien sûr dans Psiconautas, il y a une grande part d’imagination, avec un bestiaire et des règles qui lui appartiennent, mais tout cela trouve sa source dans la réalité. Il n’y a rien de bien nouveau, les contes et les fables ont toujours utilisé cela pour prévenir les enfants des dangers et pour parler aussi de la réalité sous une forme détournée. Les thèmes abordés dans le film sont tout à fait actuels : la nécessité pour les adolescents de fuir le contrôle parental, la drogue comme moyen d’évasion, la pollution, le chômage… mais à cela se mêle une forte dimension fantastique… les démons, les objets qui parlent, les esprits des oiseaux morts… etc.
(1) http://www.planetebd.com/bd/rackham/psychonautes/-/29950.html

Pedro Rivero a découvert les bandes dessinées d’Alberto Vázquez grâce à l’éditeur de ce dernier. Après avoir lu L’Évangile de Judas (2), il a poursuivi avec Psychonautes qui lui a donné envie de rencontrer Vázquez pour lui proposer de donner forme à un film d’animation autour de son œuvre. Il se rappelle : je venais de terminer un long métrage en animation en tant que producteur, réalisateur et scénariste, et sortais totalement épuisé de cette expérience. J’avais besoin de me décharger de toutes ces responsabilités et de m’appuyer sur une œuvre suffisamment solide pour me lancer dans une nouvelle production. Le fait est que ce que je venais de tenter de faire avec ce long métrage recoupait certains thèmes, comme la fable avec des animaux et les problématiques adultes, dans ce cas, politiques. J’ai été sidéré de voir avec quelle facilité Alberto tirait parti d’une iconographie assez similaire avec autant de réussite et de sensibilité. Ses personnages, l’utilisation du temps, de l’ellipse, de la psychologie montrait là une œuvre très aboutie, bien que l’auteur soit très jeune.
(2) http://www.editions-rackham.com/produit/levangile-selon-judas/

Lorsque Pedro Rivero et Alberto Vázquez ont décidé d’adapter la bande dessinée en film, ils se sont posés la question de choisir quelle bande dessinée ils allaient adapter. Les deux hommes ont alors choisi Psychonautes, un tome plus sombre sur le fond qui offrait plus de possibilités poétiques et expressives que L’Évangile de Judas, plus humoristique. Les deux hommes ont ensuite commencé par écrire un court métrage sur l’un des personnages principaux, Birdboy (3), avec pour but de passer au long métrage.
(3) http://bewaremag.com/birdboy-court-metrage/
Commencer par ce court était une étape préalable, une exploration dans tous les sens du terme et surtout une carte de visite pour le long. Produire des longs métrages en animation dès lors qu’ils ne sont pas directement destinés à la famille ou aux enfants est compliqué à financer. Faire un pilote d’une minute et demie était une perte de temps et d’argent. Il me semblait plus réaliste de réaliser ce film court comme une œuvre à part entière, et si finalement nous ne réussissions pas à financer le long métrage, au moins nous aurions eu le plaisir d’avoir fait un court métrage, confie Pedro Rivero.

Pedro Rivero et Alberto Vázquez ont tout d’abord retranscrit le scénario de la bande dessinée et amplifié ses intrigues pour que l’histoire tienne sur la durée d’un long métrage. La plupart des points noirs de l’histoire ont ensuite été résolus grâce au dessin au moment du storyboard. Rivero a ensuite monté l’animatique et là de nouveaux doutes ont surgi, obligeant les deux hommes à continuer de faire évoluer le scénario. Il explique : au quotidien sur le film, nos champs d’action étaient différents, Alberto comme directeur artistique et chef décorateur et moi à l’organisation de l’animation et à la mise en scène avec l’animatique, car nous montions et remontions les scènes jusqu’à obtenir vraiment ce que nous cherchions. Bien sûr nous échangions tout au long des journées sur ce qui était fait et prenions toujours les décisions ensemble, sans trop de discussions, vraiment.

Le contexte de la catastrophe écologique donne au film une tonalité très sombre. En ce sens, Psiconautas est représentatif de la situation actuelle de nos sociétés. Pedro Rivero et Alberto Vázquez précisent : peut-être que chaque jour nous comprenons mieux, nous sommes davantage conscients que ce monde parfait dans lequel nous croyons vivre est sous la coupe d’un développement industriel disproportionné. Ce monstre dévore tout ce qu’il prétendait nous garantir, à commencer par notre bonheur. Personne d’autre que soi n’est plus à même de se sauver ; nous ne pouvons pas laisser notre bonheur dans les mains des autres. Mais bon, je ne sais pas, vous savez cette histoire est juste imaginaire.

Il y a dans le film beaucoup de flashbacks, davantage de personnages et des intrigues parallèles qui n’existaient pas dans la bande dessinée, même si la trame principale est identique. Alberto Vázquez développe au sujet des différences entre les deux supports : bien qu’il y ait deux personnages centraux très identifiés - Dinki et Birdboy qui entreprennent chacun à leur manière un voyage dans le monde qui les entoure -, il s’agit en réalité d’une œuvre chorale, puisque les vrais protagonistes sont l’île et ses habitants. De fait, le film a un système narratif qui lui est propre puisqu’il dure 72 minutes et qu’il y a plus de 40 scènes avec de nombreux sauts dans la narration, beaucoup de micros récits… C’est un puzzle que le spectateur doit suivre, l’histoire passant d’un personnage à l’autre assez rapidement. Nous avons utilisé cela pour imprimer une dynamique et pour donner sa personnalité à une narration qui n’a rien de classique.

Pedro Rivero
http://www.imdb.com/name/nm1038878/

Alberto Vázquez
http://www.editions-rackham.com/alberto-vazquez-2/

Aránzazu Calleja
http://aranzazucalleja.com/fr/filmografia/

Eva Ojanguren
http://www.imdb.com/name/nm4430507/

extrait(s) de presse

Télérama - Territoire fantastique, où le merveilleux se cueille au coeur même de la désolation, ce petit chef-d'oeuvre nous transforme tous en « psychonautes », voyageurs de l'âme.
àVoir-àLire - Une superbe fable dystopique, qui alterne scènes oniriques en apesanteur et visions cauchemardesques.
Culturopoing - Ce serait du côté de René Laloux qu'il faudrait chercher les influences majeures de "Psiconautas", que ce soit dans ses personnages mélancoliques ou ses paysages imaginaires dévastés. (...) La pérégrination infinie d'âmes candides qui cherche une issue finit par distiller une incommensurable tristesse.
Libération - Désindustrialisation, pollution, chômage, répression (...), le film semble habité par le profond sentiment de révolte qui traverse une société espagnole brutalement heurtée par la crise de la fin des années 2000 (...)
Critikat - L’imaginaire "dark" de "Psiconautas" a quelque chose de paradoxal : à la fois violemment extensif et singulièrement étriqué, replié sur sa petite île.
Le Monde - Trop cruel pour les enfants, pas assez structuré pour les adultes, il reste sans doute aux adolescents d’accueillir ce film qui partage avec eux le goût de l’effusion et de l’affect.
Journal du geek - Un film d’animation original et élégant.
Abus de ciné - D'une beauté picturale impressionnante, le film allie dessin traditionnel et peinture, formant de magnifiques et lugubres tableaux qui impriment durablement la rétine.