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scum

Gb - 1979 - 1h38
interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
film - version originale sous-titrée en français
de

Alan Clarke

scénario : Roy Minton
direction de la photographie : Phil Meheux
avec : Ray Winstone (Carlin), Mick Ford (Archer), Julian Firth (Davis), John Blundell (Banks), Phil Daniels (Richards), John Judd (Mister Sands), Philip Jackson (Greaves), Peter Howell (gouverneur), John Grillo (Goodyear), Ray Burdis (Eckersley), Alan Igbon (Meakin), John Fowler (Woods), Bill Dean (Duke), P.H. Moriarty (Hunt), Nigel Humphreys (Taylor), Jo Kendall (infirmière), Patrick Murray (Dougan), Herbert Norville (Toyne), George Winters (Rhodes), Alrick Riley (Angel)
séances : semaine du mercredi 13 décembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
16:30
séances : semaine du mercredi 20 décembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
16:30*
séance spéciale :
* dimanche 16h30 dernière séance

synopsis

Angleterre, années 1970. Trois jeunes, Carlin, Davis et Angel arrivent dans un borstal, un centre de détention pour mineurs. Ils ont peur. Ils ont raison, car ils vont connaître l'enfer. Dans le centre, c'est la loi du plus fort, la loi du plus méchant, le règne de la terreur et de l'humiliation. Pris dans l'engrenage infernal d'un système sans issue, Carlin, Davis et Angel n'ont plus qu'un but : survivre...

notes de production

A l’origine, Scum devait être un téléfilm produit par la Bbc (1). Or, lorsque les responsables de la chaîne ont vu le résultat final, ils ont été tellement choqués que le long métrage ne fut pas montré. Face à un film considéré scandaleux en Grande Bretagne à cette époque, Alan Clarke a rappelé son équipe technique ainsi que ses acteurs et grâce au soutien d’un financement privé, a pu retourner entièrement son film pour le grand écran.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/British_Broadcasting_Corporation

Scum se situe dans un borstal, soit l’équivalent d’un centre de détention pour mineurs comme cela était appelé ainsi en Grande-Bretagne. Les méthodes controversées et autres sévices distribués par l’administration pénitentiaire sont montrés avec un certain réalisme dans le film compte tenu des recherches précises que le réalisateur avait effectuées sur le sujet en amont du tournage.
Les scènes figurant le borstal ont été tournées au sein du Shenley mental hospital dans la ville de Shenley située dans le comté du Hertfordshire au nord de Londres.

Scum est à l’origine de la vocation du comédien américain Tim Roth (2). En effet, c’est en voyant la composition de Ray Winstone, ancien boxeur devenu acteur grâce à Alan Clarke, que celui qui a été rendu célèbre par Pulp fiction (3) décidera de se tourner vers la comédie. Roth et Clarke collaboreront pour Made in Britain (4), dans lequel le premier joue un violent skinhead.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1597
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pulp_Fiction
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Made_in_Britain

C’est, on l’aura compris, un univers filmique particulièrement dur que celui d’Alan Clarke. Ajoutons cependant, au terme de cette analyse, qu’il n’en devient jamais intolérable. D’abord du fait de ses très grandes qualités formelles, offrant l’occasion au (télé)spectateur de vivre des expériences esthétiques aussi puissantes que singulières. Et, d’autre part, parce qu’Alan Clarke ne cède jamais à la tentation du désespoir ou du nihilisme. Comme on l’a vu, sa dénonciation d’un monde ravagé par la violence se double d’une attention à ceux qui en endurent les conséquences. Ainsi ponctués de moments d’empathie profonde, les (télé)films d’Alan Clarke participent d’un humanisme aussi lucide que sincère. Et à la découverte duquel on ne saurait trop encourager ceux qui l’ignorent encore.
http://www.dvdclassik.com/critique/scum-clarke

Le film de Alan Clarke observe avec une neutralité feinte. Interdit aux mineurs, y compris en France, il se fait l’écho d’une jeunesse humiliée qui dérive un peu plus, privée de l’aide psychologique et morale que ces centres, peu enclins à l’éducatif, leur refusent. Les sévices physiques, les passages à tabac, le mépris des matons incite certains de ces jeunes fragiles au suicide. Les séquences d’agressions et de viol, suscitèrent un véritable émoi au sein de la population et contribuèrent au passage du Criminal justice act de 1982 qui réforma le système carcéral et mit un terme aux fameux centres de délinquants.

Révélant la rage d’un jeune comédien formidable qui allait devenir un grand, Ray Winstone (Sexy beast (5) de Jonathan Glazer, Ne pas avaler (6) de Gary Oldman), le shocker d’Alan Clarke, ancré dans une réalité sociale et des désespérances psychologiques effroyables, eut une longue descendance par la suite. Le remarquable Le Mur du Turc Yilmaz Güney (7) ou encore récemment Dog pound de Kim Chapiron (8), Neds de Peter Mullan (9), et Les Poings contre les murs de David McKenzie (10). Autant de films remuants qui n’arrivent pas à égaler la puissance documentaire de ce film de pourriture, (scum, en anglais). Oui, tout était dans le titre.
https://www.avoir-alire.com/scum
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sexy_Beast
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ne_pas_avaler
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mur_(film,_1983)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dog_Pound
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film705
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Poings_contre_les_murs

Sans concessions jusque dans ses choix de mise en scène, Alan Clarke illustre l’échec absolu d’un système d’éducation qui n’avait rien de bon et ne pouvait qu’imploser. Il use pour cela de peu de mouvements, essentiellement des travellings qui n’annoncent jamais rien de bon, et ferme absolument tous les espaces pour créer l’enfermement. Il ne refuse pas non plus la violence, qu’il filme froidement et frontalement, refusant le hors champ sans pour autant tomber dans la vulgarité. D’un suicide où les draps s’ensanglantent soudain à une émeute gigantesque, il embrasse la violence la plus extrême avec précision. Cru, noir , froid comme la mort, Scum recycle les figures du film de prison classique et leur adjoint un esprit typiquement punk britannique. Le résultat, qui voit la naissance de ce grand acteur qu’est Ray Winstone, est un uppercut d’une violence physique et psychologique qui laisse des traces, et une expérience de spectateur qu’il faut avoir vécu dans une vie de cinéphile. Brillant et sans espoir vis à vis des libertés individuelles.
https://www.screenmania.fr/film-critique/critique-scum-1979/

Malgré l’observation relativement impassible par Clarke du système devant lequel il place sa caméra, malgré sa prise de position qui ne juge pas explicitement mais qui cherche à documenter de façon assez immédiate et neutre, il y a quand même un ou deux messages qui sont transmis au spectateur, notamment à travers un dialogue entre Archer et un maton, et un autre entre ce même Archer et une pseudo assistante sociale ; messages qui peuvent justifier un tant soit peu l’étiquette parfois attribuée au cinéma du réalisateur, celle du réalisme social - que représentent aussi des cinéastes comme Ken Loach. Le borstal est un microcosme qui renvoie à la société britannique dans son ensemble. Tous ceux qui y vivent, y travaillent, sont liés les uns aux autres, dépendent les uns des autres. Les geôliers sont prisonniers du système qu’ils servent. Ils ont un pouvoir sur les détenus, mais sont soumis à leurs supérieurs. Les prisonniers sont parfois les bourreaux d’autres prisonniers plus faibles, mais sont à la merci des autorités. L’institution tourne en rond, à vide. Elle est incapable de remplir la fonction qu’elle revendique. Elle reproduit la violence qu’elle est censée punir, et en surproduit. Il n’y a pas d’issue, pas de progrès possible.
On ne peut s’empêcher de penser à ce qui se passe en Angleterre en cette seconde moitié des années soixante-dix : l’explosion du mouvement punk (11). Pour Clarke, there’s no future pour la lie de la société, ces rebuts que sont les jeunes emprisonnés. Mais aussi pour la société dans laquelle il vit et qu’il qualifie en quelque sorte de boueuse, merdeuse. On lui saura gré de ne faire aucune référence directe à ce mouvement, et donc de ne pas tomber dans le cliché et une imagerie qui pourrait faire de lui un opportuniste.
https://www.culturopoing.com/cinema/reprises/scum-dalan-clarke-1979/20150827/comment-page-1
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_punk

Il est aisé de voir dans le tableau terrifiant que dresse Scum une allégorie de l’Angleterre thatchérienne (12), brutale et répressive envers les mouvements sociaux, les classes défavorisées et la jeunesse. La mise en scène de Clarke est d’une grande virtuosité avec de longs plans séquences et des mouvements de caméra qui accompagnent les protagonistes dans leurs déplacements dans les couloirs et escaliers de la maison de redressement, renforçant l’impression d’enfermement qui assaille le spectateur pendant tout le film. Le cinéma britannique s’est souvent intéressé aux structures disciplinaires et aux univers clos, de la caserne à l’école en passant par la prison. Scum n’est pas sans évoquer l’épisode carcéral de Orange mécanique (13) ou le premier acte de Full metal jacket (14). Clarke partage avec Kubrick une maîtrise impressionnante de la technique cinématographique et certaines figures de style, mais aussi un goût de l’ironie et du grotesque. La violence dans Scum est glaçante et hyperréaliste, mais elle se pare aussi d’une forme de théâtralité et de distanciation, à l’instar des décors, des tenues et du jeu des acteurs qui échappent au pur naturalisme social. Scum révéla Ray Winstone, remarquable comme tous les jeunes comédiens du film.
https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2015/09/01/scum-de-alan-clarke/
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thatch%C3%A9risme
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Orange_m%C3%A9canique
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Full_Metal_Jacket

Alan Clarke
Né le 28 octobre 1935 à Liverpool, décédé à Londres le 24 juillet 1990.
Clarke a bénéficié d’une reconnaissance posthume lorsque son méconnu Elephant (1989) inspira à Gus Van Sant le film éponyme...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Clarke

Roy Minton
http://www.imdb.com/name/nm0591736/

Phil Meheux
Né le 17 septembre 1941 à Sidcup.
http://www.imdb.com/name/nm0005793/

Ray Winstone
Né Raymond Andrew "Ray" Winstone le 19 février 1957 à Londres.
http://www.imdb.com/name/nm0935653/
voir aussi fiche du film Quadrophenia
http://www.citebd.org/spip.php?film1243

Mick Ford
http://www.imdb.com/name/nm0285795/

Julian Firth
http://www.imdb.com/name/nm0278747/

John Blundell
http://www.imdb.com/name/nm0089884/

Phil Daniels
voir fiche du film Quadrophenia
http://www.citebd.org/spip.php?film1243

John Judd
http://www.imdb.com/name/nm0431851/

Philip Jackson
http://www.imdb.com/name/nm0413946/

Peter Howell
http://www.imdb.com/name/nm0398032/

John Grillo
http://www.imdb.com/name/nm0342038/

Ray Burdis
http://www.imdb.com/name/nm0120987/

Alan Igbon
http://www.imdb.com/name/nm0407037/

John Fowler
http://www.imdb.com/name/nm0288739/

Bill Dean
http://www.imdb.com/name/nm0212674/

P.H. Moriarty
https://fr.wikipedia.org/wiki/P._H._Moriarty

Nigel Humphreys
http://www.imdb.com/name/nm0402014/

Jo Kendall
http://www.imdb.com/name/nm0447601/

Patrick Murray
http://www.imdb.com/name/nm0615203/

Herbert Norville
http://www.imdb.com/name/nm0636357/

Alrick Riley
http://www.imdb.com/name/nm0726975/

extrait(s) de presse

Dvd classik - La longue ignorance dont Alan Clarke a fait l’objet de ce côté-ci de la Manche s’explique, certainement, par le fait que sa filmographie consiste quasi-exclusivement en des réalisations télévisuelles...
Télérama - "Scum" est un film exemplaire, qui a traversé le temps sans rien perdre de son courage et de sa force...
Critikat - "Scum" est un des seuls films que la Bbc censura et que Clarke retourna pour les salles obscures...
àVoir-àLire - (...) le film d’Alan Clarke est une puissante réflexion sur le pouvoir qui ne pourra laisser personne indifférent.
Les Inrocks - Longtemps ignoré des radars critiques français, le cinéaste anglais Alan Clarke a filmé la face la plus sombre de son pays. Trente ans après, il est temps de réévaluer l’apport d’un génie singulier qui a inspiré, entre autres, Gus Van Sant.
Screenmania - Une claque monumentale comme on n’en prend que très peu souvent.
Sens critique - Un film coup de poing, un film percutant .
Culturopoing - Clarke montre sans ambages la violence qui règne dans le centre de détention, et qui est psychologique, physique, sexuelle.