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taxi sofia

Posoki
Bulgarie, Allemagne, Macédoine - 2017 - 1h43
sorti en France le 11 octobre 2017
Un Certain regard Cannes 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Stephan Komandarev

scénario : Stephan Komandarev, Simeon Ventsislavov
direction de la photographie : Vesselin Hristov
avec : Vassil Vassilev (Misho), Ivan Barnev (Vlado), Assen Blatechki (Joro), Irini Zhambonas (Rada), Vasil Banov (Kosta), Troyan Gogov (Petar), Dobrin Dosev (Andrey), Guerassim Gueorguiev (Mitko), Dimitar Banenkin (Manol), Stefan Denolyubov (Nikola), Georgi Kadurin (Popov), Borislava Stratieva (Lora)
séances : semaine du mercredi 13 décembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
18:30
11:00*
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 décembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
20:45
11:00*
18:30*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 18h30 dernière séance

synopsis

Lors d’un rendez-vous avec son banquier, un petit entrepreneur qui travaille comme chauffeur de taxi pour arrondir ses fins de mois découvre que le montant du pot de vin qu’il doit verser pour obtenir son prêt a doublé. Désemparé, l’homme tue le banquier et se suicide. Le drame suscite un débat national à la radio au sujet du désespoir qui a saisi la société civile. Pendant ce temps, cinq chauffeurs de taxi et leurs passagers roulent dans Sofia la nuit, chacun dans l’espoir de trouver un avenir meilleur...

notes de production

Taxi Sofia est né au cours d’un jour glacial de janvier 2015, sur le siège arrière d’un taxi. Stephan Komandarev se souvient du chauffeur qui lui racontait qu’il exerçait la profession de professeur de physique nucléaire avant d’être renvoyé : il m’a raconté comment certains de ses anciens collègues - des enseignants, des prêtres, des musiciens ou des ex-militaires -, conduisent aujourd’hui des taxis pour survivre et payer leurs factures, confie le metteur en scène.

Stephan Komandarev a, en compagnie d’une partie de l’équipe du film, conduit à travers Sofia durant la pré-production du film. Au total, ils ont parcouru 12 000 kilomètres en sept mois dans la capitale et la plus grande ville de la Bulgarie. Avec le recul, je peux vous dire que Sofia regorge de secrets que personne ne soupçonne. Les répétitions avec les acteurs ont eu lieu durant des mois sur ces routes que j’avais repérées. Chaque épisode du film a été tourné en temps réel, qu’une seule fois. De mon côté, je suivais l’équipe dans un bus équipé d’un moniteur. Les acteurs qui ont interprété le rôle d’un chauffeur de taxi ont dû conduire un vrai taxi dans les rues de Sofia, confie le cinéaste.

Stephan Komandarev a commencé à écrire le scénario de Taxi Sofia après s’être entretenu avec un homme dont l’histoire lui a paru concorder avec l’image qu’il se faisait des chauffeurs de taxi. Le réalisateur se souvient : il avait roulé toute la nuit - quelques 400 kilomètres - pour arriver à l’hôpital à temps pour sa propre greffe du cœur. Tout en écrivant, je ne cessais de prêter une oreille attentive aux propos des chauffeurs de taxi, qui semblent posséder un sens très précis des réalités sociales. Ils exprimaient leur point de vue sur un pays totalement dénué d’esprit, où la pauvreté et une inégalité toujours croissante ont généré un sentiment d’échec qui traverse toute la société. Pour d’énormes groupes de personnes, le rêve d’une vie respectable a été remplacé par une lutte obstinée pour une survie primitive au quotidien.

Un certain nombre de détails du scénario sont inspirés de faits réels. Le but de Stephan Komandarev était plus de représenter au moyen de la fiction dramatique la vérité émotionnelle au cœur de chaque situation que de faire le récit d’histoires vraies. Le cinéaste a ainsi eu recours à l’assistance de Todor Todorov, l’un des psychologues criminalistes les plus respectés de Bulgarie, qui par ses conseils l’a aidé à décrire l’essence de chaque caractère.

En compagnie du directeur de la photographie, Stephan Komandarev a fait le choix de tourner chaque épisode en plan séquence. Le metteur en scène raconte : l’idée principale était de garder le goût de la réalité et de l’authenticité dans le film. Le plan séquence nous semblait la meilleure solution pour garder cela. Voilà pourquoi nous avons pris cette décision. C’était beaucoup plus difficile mais quand même j’étais très content de ce choix de tournage. C’était quelque chose de nouveau pour moi et pour les comédiens mais je suis très heureux du résultat final !

La toute première séquence (la seule de jour) a été la plus difficile à tourner compte tenu du fait qu’elle tombait en plein week-end des élections présidentielles à Sofia : donc il y avait une double difficulté pour les comédiens : Ils devaient à la fois prétendre conduire un taxi tout en le faisant dans les pires conditions vu le trafic intense qu’il y avait dans Sofia ! Il y avait aussi cette séquence très dure du suicide sur le pont car il s’agissait d’un plan séquence de 19 minutes très long donc et il a fallu pour la tourner trois cadreurs : un pour manier la caméra dans la voiture, un sur le pont et un sur une grue, face au pont, se remémore Stephan Komandarev.

Film sombre d’une Bulgarie austère où la corruption ronge la police, la justice, l’État et laisse sur le carreau le tout-venant de la communauté, Taxi Sofia sonde les souffrances d’individus contraints au travail de jour comme de nuit, alternant les petits boulots pour survivre.
Prêtre de jour, chauffeur de taxi la nuit, prof face à ses élèves en journée et le dos tourné aux clients de son véhicule après la classe... Tout est possible dans ce drame des petits où une femme dépressive, qui est passée par la case prison, pour avoir subi toute sa vie, remet à sa place, flingue à la main, l’amertume d’un conservateur, qui voit dans la détresse de chacun une forme de fainéantise...
Le meurtre côtoie le suicide, une mort accidentelle fait suite à une proposition indécente : déchausser les morts pour alimenter un marché noir de la godasse pour les vivants...
La Bulgarie sans foi (un patient s’achemine vers l’opération du cœur de la dernière chance et s’en prend à la religion de son chauffeur), ni loi (la régulation européenne précipite les pauvres dans l’illégalité) n’est pas une terre d’accueil dans ce portrait acerbe, douloureusement humain, d’une société en déliquescence. Les plans séquences ont la rage des acteurs et la hargne de leur auteur.
N’hésitez pas à payer votre course pour cette vision insolite de l’Europe des 28. Son humanité vous fera chaud au cœur.
https://www.avoir-alire.com/taxi-sofia-la-critique-du-film

(...) Stephan Kommandarev montre bien plus qu’une Bulgarie divisée entre les quelques puissants et les nombreux démunis. À travers ces petites histoires, il va au-delà de l’aspect politique et social, en parlant d’hypocrisie, de rêves brisés, de fossé entre les générations et de pertes. Ici, le seul choix, c’est à l’aéroport : terminal 1 ou 2, confie un chirurgien que Rada onduit à sa dernière greffe du cœur avant de quitter la Bulgarie pour Hambourg avec sa famille. C’est l’avis de millions d’autres Bulgares qui ont quitté le pays depuis la chute du communisme. D’ailleurs, Taxi Sofia ne traite pas que de la Bulgarie, mais de tous les anciens pays communistes dont les habitants souffrent de la transition...
http://cineuropa.org/ff.aspx?t=ffocusarticle&l=fr&tid=3214&did=329158

Entretiens avec Stephan Komandarev
Les histoires d’une douzaine de personnages, toutes très fortes, s’entremêlent dans votre film. Mais avez-vous une préférence pour l’une d’entre elles ?
C’est comme si vous me demandiez lequel de mes deux enfants j’aime le plus ! Pour la petite histoire, comme nous sommes dans un film à petit budget, j’ai fait jouer ma fille : c’est elle, la fille de Misho, dans la première séquence. Dans la vraie vie, Vassil Vassilev, qui joue Misho, est son parrain… Mais si je dois être tout à fait honnête, nous avons vraiment beaucoup travaillé sur le dernier personnage, celui qui prend le taxi pour aller à l’hôpital où il va bénéficier d’une greffe du cœur. C’est un personnage important parce qu’il referme le cycle des histoires précédentes. Dans son monologue de fin, il les reprend toutes et les développe en quelque sorte...
https://www.courrierinternational.com/article/bulgarie-stephan-komandarev-taxi-sofia-jai-fait-un-film-aussi-noir-parce-que-jaime-mon-pays
Comment avez-vous installé les caméras dans les taxis ? Avez-vous même fabriqué de faux taxis ?
Nous avons eu seulement une caméra, une Alexa mini qui était entre les mains du directeur de la photo. Cette caméra entrait et sortait avec les comédiens des taxis. Les taxis étaient réels, ils appartenaient à la compagnie Yellow taxis qui est devenue partenaire du film. Ces taxis travaillaient pendant la journée comme vrais taxis et la nuit nous les utilisions pour le tournage de notre film...
http://www.gncr.fr/films-soutenus/taxi-sofia-posoki

Stephan Komandarev
Né le 28 septembre 1966 à Sofia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Stephan_Komandarev

Simeon Ventsislavov
http://www.imdb.com/name/nm8100358/

Vesselin Hristov
http://www.imdb.com/name/nm2491213/

Vassil Vassilev
http://www.imdb.com/name/nm3415993/

Ivan Barnev
http://www.imdb.com/name/nm1091878/

Assen Blatechki
http://www.imdb.com/name/nm0087807/

Irini Zhambonas
http://www.imdb.com/name/nm0990168/

Vasil Banov
http://www.imdb.com/name/nm0052468/

Troyan Gogov
http://www.imdb.com/name/nm7264875/

Dobrin Dosev
http://www.imdb.com/name/nm1135920/

Guerassim Gueorguiev
http://www.imdb.com/name/nm1135920/

Stefan Denolyubov
http://www.imdb.com/name/nm4139058/

Georgi Kadurin
http://www.imdb.com/name/nm0434430/

Borislava Stratieva
http://www.imdb.com/name/nm8737619/

extrait(s) de presse

Le Jdd - Mieux qu’un long pamphlet politique, ces tranches de vie sans fioritures, cruelles, cyniques, parfois brutales, en disent long sur une population qui ne trouve pas la route de l’espoir.
Libération - La cadence furieuse du récit, son habileté à passer le relais de passager en passager, à livrer généreusement des émotions disparates, permet de tenir debout sous les coups.
Télérama - Malgré quelques outrances (la femme vengeresse), le film reflète brillamment une société sans foi ni loi, dont les membres se demandent, éperdus, quand a débuté l’indifférence qui, aujourd’hui, les submerge.
Le Nouvel obs - Venu du documentaire, le cinéaste filme avec une indéniable force cette ronde du désespoir...
Positif - Au-delà des choix formels parfaitement maîtrisés (...), il convient de saluer la justesse des comédiens (...). On insistera également sur la qualité d'un scénario qui mêle les moments de violence et les élans de solidarité sans jamais perdre de vue son fil conducteur.
Le Monde - D’un taxi à l’autre, le tableau d’une nation au bord de l’implosion s’esquisse, une Bulgarie gangrenée par la pauvreté, la corruption et la ­violence...
Paris match - Le réalisateur Stephen Komandarev signe un film puissant sur le délitement moral et écononique de la Bulgarie post-soviétique...
àVoir-àLire - Film sombre d’une Bulgarie déliquescente, plombée par la corruption, "Taxi Sofia" est une course à la dignité bouleversante.