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12 jours

France - 2017 - 1h27
sorti en France le 29 novembre 2017
documentaire - film francophone
de

Raymond Depardon

direction de la photographie : Raymond Depardon
musique ou chansons : Alexandre Desplat
séances : semaine du mercredi 13 décembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
20:45
14:30
18:30
séances : semaine du mercredi 20 décembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
18:30
21:00
18:45
14:00*
séance spéciale :
* mardi 14h00 dernière séance

synopsis

Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie...

notes de production

Avec 12 jours, Raymond Depardon tente de donner un point de vue universel et nouveau sur le problème complexe de la santé mentale : nous sommes sortis grandis de ce film qui donne la parole à ceux qui sont momentanément enfermés dans leur esprit et en ont perdu l’usage. Ces personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France. Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres, notre moteur c’est notre curiosité, notre force c’est notre naïveté, nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute de restituer des moments, des paroles, des émotions.

12 jours revient sur une nouvelle loi mise en application depuis le 27 septembre 2013 (1) : les patients hospitalisés sans consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant 12 jours puis tous les six mois si nécessaire. Autrefois, seul le psychiatre décidait de l’hospitalisation d’un individu.
C’est exceptionnellement que le tournage de 12 jours a été autorisé : Raymond Depardon et son équipe sont les premiers à filmer la mise en application de cette loi des 12 jours. Grâce à l’arrivée du juge des libertés dans l’institution psychiatrique, la parole autrefois réservée aux seuls psychiatres devient publique.
(1) http://e-psychiatrie.fr/sante-mentale-paris-psy-psychiatre/reforme-loi-90-5-juillet-2011-27-septembre-2013-application-paris/

Raymond Depardon et la productrice Claudine Nougaret (2) précisent qu’il n’est pas de cercle familial ou amical, qui ne compte parmi ses membres une personne vulnérable, nous sommes tous concernés. Chaque année, il y a en France environ 92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement (soit 250 personnes par jour).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudine_Nougaret

Pour 12 jours, l’équipe du film a posé sa caméra dans un hôpital qui organise deux fois par semaine des audiences publiques présidées tour à tour par 4 juges des libertés, deux hommes et deux femmes. Le psychiatre en charge du patient n’est pas présent à l’audience pour permettre au malade de parler librement des conditions d’hospitalisation.

Raymond Depardon a filmé 72 audiences au cours du tournage au moyen de trois caméras : l’une pour le patient, l’autre pour le magistrat et une troisième pour un plan général. Ces axes de prise de vue permettent de donner une équidistance entre le patient et le magistrat, pour ne pas imposer un point de vue dominant et laisser le spectateur libre de se faire sa propre opinion. Au final, ce sont 10 patients que nous suivons au cours du documentaire.

Malgré le contexte difficile de 12 jours, Raymond Depardon a tenu à créer un temps suspendu en filmant des plans de l’hôpital à l’intérieur des services et à l’extérieur où les malades circulent librement entre les pavillons. Ces images, que j’ai voulues douces et très définies, sont le support d’une composition musicale originale très inspirée de Alexandre Desplat. J’ai aimé filmer le brouillard du matin et le faible soleil d’hiver, j’ai aimé revenir dans ma région pour capter les lumières de mon enfance.

12 jours s’intéresse à deux sujets auxquels Raymond Depardon a déjà consacré divers documentaires : d’un côté San Clemente (3), Urgences (4) pour la psychiatrie, et de l’autre Faits divers (5), Délits flagrants (6) et 10ème chambre (7) pour la justice.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/San_Clemente_(documentaire)
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Urgences_(film,_1988)
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Faits_divers_(film,_1983)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9lits_flagrants
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/10e_chambre,_instants_d%27audience

(...) 12 jours, lui, n’énonce aucun jugement. Il montre ce que le réalisateur a vu - et aussi ce qui a été autorisé par les personnes filmées, ce qui est un autre critère de tri. Il ne dit jamais que ces personnes, juges, avocats et médecins, se comportent mal.
Il prend acte, concrètement, des effets de rigidification d’un dispositif institutionnel, au détriment de la diversité des situations individuelles qui était d’ordinaire au cœur de ses films. Si critique il y a, c’est, en creux, contre une législation, de bonne volonté elle aussi, mais qui produit autre chose que ce qu’elle visait.
Pour en revenir au cinéma de Raymond Depardon, cette approche, qui montre comment le singulier est battu par la machine, a fortiori lorsque deux appareils (médecine et droit) se trouvent associés, est tout aussi féconde, émouvante et inquiétante que ce qui advenait dans les précédents films.
https://www.slate.fr/story/154484/cinema-12-jours-depardon

La sortie du documentaire de Raymond Depardon est l’occasion de porter un éclairage sur un monde à part dans le secteur de la santé, celui de la psychiatrie. Près de 100 000 personnes ont été hospitalisées sans leur consentement en 2015, un chiffre en constante augmentation depuis 10 ans. Que révèle, en 2017, la privation de liberté en psychiatrie, et dans quel état est ce secteur de la santé ?
Entretien avec Yves Gigou (infirmier psychiatrique) et Hervé Bokobza (médecin psychiatre)
http://information.tv5monde.com/culture/documentaire-12-jours-de-raymond-depardon-la-psychiatrie-francaise-en-question-205488

Raymond Depardon
voir fiche du film Les Habitants
http://www.citebd.org/spip.php?film1717

Alexandre Desplat
voir fiche du film Les Habitants
http://www.citebd.org/spip.php?film1717

extrait(s) de presse

Critikat - Si "12 jours" documente évidemment aussi la misère sociale des marges de notre société et la profonde solitude de certains, il nous place également face à la découverte de corps et d’esprits qui luttent pour retrouver une autonomie dans la « norme ».
Positif - (...) un film comme "12 jours" est tout aussi nécessaire que la loi de 2013 qu'il prend pour sujet.
àVoir-àLire - Si une rétrospective de films était organisée sur le thème de la folie, 12 jours y aurait une place de choix, quelque part entre "Vol au-dessus d’un nid de coucou" et "Shock corridor".
Culturebox - La grande force de Raymond Depardon, ancien photographe de guerre, est de réussir à ne pas influer sur l'instant qu'il filme. Sans que l'on comprenne vraiment comment, il réussit à passer inaperçu, à ne rien modifier malgré sa présence et celle des caméras.
Culturopoing - En filmant pour la première fois ces audiences, Raymond Depardon autorise la parole de personnes marginales et isolées, et pourtant si proches de nous, à être entendue.
La Croix - L’humanité qui se dégage de ces audiences est bouleversante.
Le Nouvel obs - La misère humaine filmée par Depardon n'est pas une humanité misérable. Elle trouble, émeut, interroge.
Fiches du cinéma - Ce documentaire intense, à la croisée du judiciaire et du psychiatrique, est un bouleversant témoignage de la souffrance psychique qui interroge tout un chacun sur ses propres failles et limites.