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jeune femme

France, Belgique - 2017 - 1h37
sorti en France le 1er novembre 2017
Caméra d'or Cannes 1917
film - film francophone
de

Léonor Serraille

scénario : Léonor Serraille
direction de la photographie : Émilie Noblet
musique ou chansons : Julie Roué
avec : Laetitia Dosch (Paula), Grégoire Monsaingeon (Joachim), Souleymane Seye Ndiaye (Ousmane), Léonie Simaga (Yuki), Nathalie Richard (mère Paula), Erika Sainte (mère Lila), Lilas-Rose Gilberti-Poisot (Lila), Audrey Bonnet (médecin), Marie Rémond (Anne)
séances : semaine du mercredi 13 décembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
18:30
21:00
14:30
18:30
séances : semaine du mercredi 20 décembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
18:45
11:00*
16:30*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
* mardi 16h30 dernière séance

synopsis

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache...

notes de production

Après des études de Lettres à Lyon, Paris et Barcelone, Léonor Serraille intègre le cursus Scénario de la Femis (1) en 2009. En sortant, elle réalise un moyen-métrage tourné en 16 mm, Body, avec Nathalie Richard, et sélectionné à Brive, Créteil, et Osnabrück. Jeune femme, son scénario de fin d’études, est son premier long-métrage avec Laetitia Dosch dans le rôle-titre.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femis

Léonor Serraille revient sur l’idée de départ du projet : la genèse du film, c’était de faire le portrait d’une femme singulière, confrontée à la solitude dans une grande ville, le temps d’un hiver. Dans la vie, je tourne souvent autours de personnages contradictoires, sur la brèche. Il me semble qu’ils nous surprennent, nous déstabilisent, car même s’ils ne sont pas faciles à vivre, précisément, de vie, de tendresse, ils en sont pleins. Je suis attachée à ces tempéraments la fois forts et vulnérables, trahis par leurs qualités, sublimés par leurs failles. J’ai voulu aborder l’amour comme une soif à épancher, un puits à remplir, un tout ou un rien, et qu’entre ce tout et ce rien flottent au même niveau l’espoir et un penchant pour le vide, la chute, l’implosion.
Paula a surgi, et avec elle ce scénario de « film - portrait » ou « film - personnage », avec la volonté de retranscrire son cheminement chaotique dans un Paris tantôt hostile, tantôt accueillant, résolument contemporain, mais surtout en prenant soin qu’elle s’en sorte coûte que coûte. Qu’une femme avec son caractère bien trempé nous entraîne dans son tourbillon et qu’elle s’en échappe libre
.

Jeune femme a la particularité de ne comprendre quasiment que des femmes aux différents postes de l’équipe technique, du son à la décoration en passant par le montage ou la musique : pour tourner Body, mon moyen métrage, j’avais fait appel en grande partie à mes camarades de la Femis (1), et comme j’avais apprécié leur travail et l’énergie qui nous réunissait, nous avons continué ensemble. Ce n’était pas un choix délibéré de faire un « casting d’équipe » féminin, mais à l’arrivée, je ressens une grande fierté : il est important que des femmes arrivent massivement à des postes décisifs. Cette particularité nous a énormément apporté sur le tournage. Pour beaucoup d’entre nous, c’était notre premier long métrage, nous étions très enthousiastes, très investies, devant un enjeu qui était presque un peu trop fort pour nous. Nous avons travaillé avec une grande liberté, y compris dans la mise en scène, confie Léonor Serraille.

Léonor Serraille explique qu’elle a laissé peu de place à l’improvisation durant le tournage de Jeune femme : il y a peu d’improvisation, seulement quand certaines scènes l’imposent - je pense aux séquences avec Lila, la petite fille, où le texte est secondaire, et où il faut avant tout saisir un courant fragile, ténu entre Paula et l’enfant ; ou quand une dispute éclate, pour faire « monter la mayonnaise » entre deux personnages. Bien sûr, les actrices et les techniciennes ont aussi fait des propositions, qui m’ont fait sans cesse adapter mon scénario et réécrire mes dialogues ; par exemple Laetitia Dosch a inventé la coiffure originale que Paula trouve chez l’épicier pour dissimuler sa cicatrice au front ! Mais en général j’ai senti que Laetitia était en demande d’un travail à partir d’un texte précis.

Léonor Serraille n’a pas immédiatement pensé à Laetitia Dosch pour interpréter le personnage principal de Jeune femme : en la voyant dans La Bataille de Solferino de Justine Triet (2) et dans des vidéos de ses spectacles sur internet, j’ai eu envie de la rencontrer. Il y avait aussi des résonances évidentes entre elle et Paula. Mais c’est cette rencontre, dans la vraie vie, donc sa personnalité, qui m’a déterminée à modifier l’écriture du personnage. Déjà en la « googlelisant » j’avais été frappée par les contrastes entre des photos hyper glamour et d’autres pas du tout, ce qui m’avait fait penser au visage si changeant d’Anna Thomson dans Sue perdue dans Manhattan d’Amos Kollek (3). Je cherchais justement une comédienne qui puisse jouer toutes les couleurs du personnage mais également qui puisse contredire ce qui était écrit.
Lætitia a une nature indéfinie, à la fois cash, joyeuse, vivante, mais j’ai aussi vu en elle une tristesse, qui correspond au côté brisé de Paula. Sa fantaisie est un donné, mais l’autre pôle pouvait émerger, il fallait travailler cette matière plus sombre. Elle me fait penser à Patrick Dewaere (4) et Gena Rowlands (5), elle possède la même capacité à être transportée d’un état à un autre, d’une énergie brute à une douceur mélancolique, et cela m’émeut
.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_de_Solf%C3%A9rino
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sue_perdue_dans_Manhattan
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1970
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1408

Léonor Serraille évoque la touche satirique et la critique sociale qui émane de Jeune femme : il était important pour moi que le portrait passe par les rencontres avec de vrais personnages secondaires qui participent à sa construction. Ces portraits-dans-le-portrait sont parfois critiques mais de manière discrète. Par exemple le casting a soulevé chez moi des questions « politiques » : pourquoi devrait on choisir un comédien blanc de 50 ans pour incarner le rôle du médecin ? Il fallait que le film soit un prolongement de la vie, et dans la vie, en France, il y a des médecins noirs. C’est le cas du médecin, au début. Quant à la gynécologue, j’ai pensé à demander à Audrey Bonnet de l’interpréter après avoir admiré sa fragilité sur scène. Marie Rémond, Erika Sainte ou Léonie Simaga sont elles-mêmes dans des processus d’écriture, de réalisation, de création ; les échanges avec elles étaient augmentés de ce regard-là.

Léonor Serraille se confie sur ses inspirations : il y a pour moi une poignée de films qui ont directement compté pour Jeune femme, en plus de Sue perdue dans Manhattan, qui avait aussi marqué ma chef-opératrice : d’autres portraits forts comme Naked de Mike Leigh (6) avec David Thewlis, excellent acteur dont je souhaitais trouver un équivalent féminin, Wanda de Barbara Loden (7), Une Femme sous influence de John Cassavetes (8), ou Claire Dolan de Lodge Kerrigan (9) - des personnages de femmes seules mais très dignes, qui ont constitué des repères, y compris des repères de jeu. Mais mes inspirations sont aussi littéraires : j’ai admiré Anaïs Nin (10), Fitzgerald (11), Woolf (12), ou Zola (13) et sa petite vendeuse du "Bonheur des dames" (14), plein de romans graphiques comme "Whiskey & New York" de Julia Wertz (15), au ton désespéré et drôle, que j’ai fait lire à Laetitia Dosch.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Naked_(film,_1993)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wanda_(film)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_femme_sous_influence_(film)
(9) http://www.telerama.fr/cinema/films/claire-dolan,45630.php
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ana%C3%AFs_Nin
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/F._Scott_Fitzgerald
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Wolfe
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Zola
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_Bonheur_des_Dames
(15) http://lagrume.org/collections/litterature/whiskey-new-york/

Léonor Serraille explique la raison pour laquelle elle a choisi le titre Jeune femme : au tout début de l’écriture, j’avais imaginé que Paula avait été photographiée par Joachim avec un chapeau jaune, et le titre de la photo était "Jeune femme au chapeau jaune", comme une toile de peintre. Paula questionne cette abstraction figée, qui l’insupporte. Quand le psychiatre lui dit : « vous êtes une jeune femme libre », l’expression la jette dans une colère violente. C’est aussi la question toute simple que je me suis posée en permanence pendant l’écriture : que signifie être une jeune femme ? On est souvent amenées à entrer dans un cadre, une identité, une définition. Jeune femme, l’expression doit rester libre, volontairement indéfinie. Paula, autant que le film, cherche sa liberté, son identité propre. Mais le titre international, c’est Montparnasse Bienvenue, qui fait honneur au quartier Montparnasse dans lequel Paula travaille, dîne avec Joachim, etc. C’est sur cette place que j’ai vécu à 18 ans en arrivant à Paris, en chambre de bonne. C’est l’ironie du « bienvenue » car Paula n’est bienvenue nulle part, et pourtant elle pousse des portes.

Il y a ici deux challenges relevés avec brio par Serraille et Dosch : d’abord, faire un film drôle (il l’est) en ne riant pas du personnage mais avec lui. Ensuite, faire rire sur le drame le plus noir, sur la dimension pathétique, sur le sentiment de honte, sur le malaise. Garder une certaine légèreté tout en parlant de précarité. Derrière les scènes d’adorable chat méga-fluffy, il y a aussi une héroïne abimée qui a du sang qui s’échappe de la tête. La vie insufflée par l’actrice et par le talent de dialoguiste de Serraille font beaucoup pour le succès de Jeune femme. Sa structure, elle, est plus attendue, affaiblie par un dénouement pas vraiment à la hauteur de ce qui précède. Mais le film est assez prometteur et offre un rôle en or à une comédienne qu’on espère revoir très vite aussi haut.
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Jeune-femme-6588.html

Le sentiment d’improvisation de certains passages (la complicité avec la petite fille) est en fait en trompe-l’œil : Léonor Serraille fait preuve de réelles qualités d’écriture et de dialogue, et un montage elliptique insuffle un véritable rythme au récit, contribuant à la fluidité de la mise en scène. Il faut aussi souligner que le film a été porté par une équipe de talent majoritairement féminine, de la productrice Sandra de Fonseca (16) à la directrice de la photo Émilie Noblet, en passant par ses dynamiques actrices dont Laetitia Dosch (La Bataille de Solférino) (2) ou Léonie Simaga (ex-pensionnaire de la Comédie-Française) (17). Même si des œuvres plus ambitieuses et abouties auraient pu prétendre à la Caméra d’or (18) (on pense en particulier à Petit paysan (19) ou Pour le réconfort) (20), Jeune femme n’a pas démérité son prix et révèle une auteure à suivre.
https://www.avoir-alire.com/jeune-femme-la-critique-du-film
(16) http://www.imdb.com/name/nm4088958/
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Com%C3%A9die-Fran%C3%A7aise
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cam%C3%A9ra_d%27or
(19) http://www.citebd.org/spip.php?film1931
(20) https://www.avoir-alire.com/pour-le-reconfort-la-critique-du-film

Léonor Serraille
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onor_Serraille

Émilie Noblet
http://www.imdb.com/name/nm4202288/

Julie Roué
http://www.imdb.com/name/nm3008216/

Laetitia Dosch
voir fiche du film Les Malheurs de Sophie
http://www.citebd.org/spip.php?film1838

Grégoire Monsaingeon
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/454885-gregoire-monsaingeon.html

Souleymane Seye Ndiaye
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/542971-souleymane-seye-ndiaye.html
voir aussi fiche du film La Pirogue
http://www.citebd.org/spip.php?film874

Léonie Simaga
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onie_Simaga

Nathalie Richard
voir fiche du film Violette
http://www.citebd.org/spip.php?film1153

Erika Sainte
voir fiche du film Moonwalkers
http://www.citebd.org/spip.php?film1637

Lilas-Rose Gilberti-Poisot
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/522497-lilas-rose-gilberti-poisot.html

Audrey Bonnet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Audrey_Bonnet
voir aussi fiche du film Augustine
http://www.citebd.org/spip.php?film881

Marie Rémond
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_R%C3%A9mond

extrait(s) de presse

Le Figaro - On conseille de se précipiter dans les salles car Jeune Femme est un film qui dépote, comme son héroïne, Paula, et son interprète, Laetitia Dosch.
Le Parisien - Lauréat de la Caméra d'or au dernier Festival de Cannes, le film de Léonor Serraille «Jeune Femme» sidère avec ce portrait solaire d'une fille moderne.
Bande à part - "Jeune femme" est l’une des plus belles surprises prodiguées par le cinéma français ces dernières années.
Critikat - (...) le film continue de surprendre dans des détails de mise en scène simples mais astucieux, qui insufflent au film une légèreté et mettent en lumière une direction d’acteurs et une interprétation formidables.
Culturopoing - L’originalité de ce premier film découle non pas de son postulat de départ mais de sa volonté, sa capacité à peindre le portrait subtil et complexe d’une héroïne insaisissable qui se construit (et se reconstruit) sous nos yeux.
Elle - Actrice aussi étonnante que désopilante, Laetitia Dosch est une fille à suivre.
Fiches du cinéma - “Jeune femme” est un premier film assez classique dans sa forme, mais dynamité par le duo que forment la réalisatrice et son actrice.
Les Inrocks - Avec ce portrait virevoltant d'une trentenaire marginale, la réalisatrice défend un cinéma humain et hédoniste, récompensé par la Caméra d'or à Cannes.