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carnage

The Burning
Usa, Canada - 1981 - 1h31
sorti en France le 28 avril 1982
interdit aux moins de 16 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Tony Maylam

scénario : Harvey Weinstein, Brad Grey, Tony Maylam, Peter Lawrence
direction de la photographie : Harvey Harrison
musique ou chansons : Rick Wakeman
avec : Brian Matthews (Todd), Leah Ayres (Michelle), Brian Backer (Alfred), Larry Joshua (Glazer), Holly Hunter (Sophie), Jason Alexander (Dave), Ned Eisenberg (Eddy), Carrick Glenn (Sally), Lou David (Cropsy), Fisher Stevens (Woodstock)
séances : semaine du mercredi 29 novembre 2017
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
06:00*
séance spéciale :
* Nuit fantastique dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique" - tarif préférentiel 5 films = 15,00 €

synopsis

Au cours d’une colonie de vacances, une bande d’adolescents décide de se venger de leur moniteur Cropsy, particulièrement sadique avec eux. Mais la farce tourne mal et Cropsy est sévèrement brûlé. Cinq ans plus tard, sa soif de vengeance reste intacte. Il retourne alors sur les lieux du drame où séjournent de nouveaux adolescents…

notes de production

Au début des années 1980, le slasher (1) est un sous-genre en vogue. Black christmas (2), tout d’abord, puis Halloween (3), de John Carpenter. L’indépassable. La série des Vendredi 13 (4), quant à elle, installe une formule qui marche : un petit budget, des acteurs débutants et ambitieux, un tueur masqué au look immédiatement reconnaissable, des meurtres choquants et une psychologisation simpliste. Peu à peu, le succès étant au rendez-vous, on en vient à mettre en place une multitude de franchises qui, comme c’est souvent le cas, iront à l’encontre de l’inventivité des origines. Bob et Harvey Weinstein, qui viennent de fonder Miramax (5), réunissent un peu plus d’un million de $ et tablent sur cinq semaines de tournage (puis trois semaines de post-production) pour surfer sur la vague. Ils confient leur scénario à Tony Maylam, issu du documentaire, et s’entourent d’une brochette de futurs ténors du cinéma fantastique : Tom Savini (6), responsable des maquillages et des effets spéciaux, déjà excellents dans Zombie (7) et Maniac (8), Jack Sholder (9) au montage, qui deviendra réalisateur à succès (Alone in the dark (10), La Revanche de Freddy (11), Hidden (12)...), et enfin Rick Wakeman, le claviériste de Yes ! Étonnant attelage, aussi génial qu’hétéroclite, capable du pire comme du meilleur...
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Slasher
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Christmas_(film,_1974)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nuit_des_masques
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vendredi_13_(s%C3%A9rie_de_films)
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Miramax
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Savini
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Zombie_(film)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Maniac_(film,_1980)
(9) http://www.imdb.com/name/nm0794791/
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9ment
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Revanche_de_Freddy
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hidden
Plus maîtrisé que ses contemporains, mais moins audacieux, Carnage n’a malheureusement pas eu le succès qu’il méritait. La faute à un sous-genre victime de son succès. Pourtant, l’ensemble gagne à être redécouvert : des acteurs plutôt convaincants (disons : qui remplissent leur part du contrat), un montage et une bande sonore solides, un goût du gore qui tient la route. Certes, ce n’est pas le Grand Méchant qui hantera nos nuits, malgré le parti pris de ne pas insister sur sa mythologie. Mais il en ressort une efficacité et une virtuosité qui le placent définitivement au panthéon des slashers.
http://www.dvdclassik.com/critique/carnage-maylam

Carnage, c’est surtout et avant tout son ambiance unique, cette joie de vivre et cette bonne humeur communicative qui transpirent des images. Le plus souvent dans ce genre de films les adolescents ne sont que de simples silhouettes dont le seul but est de se faire tuer de la plus originale des manières dans des flots de sang, les scénaristes ne donnant guère de raisons au spectateur de s’attacher à eux. Comme le dit Maylam lui même en évoquant Vendredi 13 (4), on se moque de ce qui peut leur arriver. Let’s go and kill them résume parfaitement la situation et, de cela, il n’en voulait pas.
Ceux de Carnage, même s’ils ne sont une fois encore que des esquisses, ont cette fraicheur et ce naturel qui séduit tout de suite. Sans chercher à leur donner une personnalité et une âme trop poussée, Maylam a pourtant réussi à les rendre plus qu’attachants par le simple biais de leur attitude et de leur joie de vivre communicative... Leur bonheur et leur bonne entente rayonnent par delà l’écran et face à ce naturel désarmant, on oublie vite que Carnage n’est qu’un film donnant l’occasion de plonger dans leur quotidien et s’amuser avec eux comme si la fiction prenait vie sous nos yeux. Et bien peu de slashers ont ce prodigieux atout. Maylam a réussi cet exploit. Cette aisance, ce ludisme qui sent bon l’été, est renforcé par les somptueux paysages naturels où furent tournés le film, à savoir dans l’état de New York, à North Tornawanda (13) prés de Buffalo pour être plus exact.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/North_Tonawanda
Ce sont ensuite les effets spéciaux signés Tom Savini (6) qui une fois de plus s’en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir. Carnage reserve en effet de grands moments qui raviront les amateurs d’hémoglobine et d’effets gore. Le film dépasse et de loin Vendredi 13, allant beaucoup plus loin dans l’horreur graphique et les effets sanglants. The Burning devient vite un jeu de carnage. En ce sens le titre datant de la sortie dans les salles françaises, à savoir Carnage, est révélateur. Le massacre sur le radeau restera comme un des moments forts du film, véritable pièce d’anthologie du genre slasher (1), même si Carnage réserve bien d’autres séquences tout aussi maitrisées. On citera entre autre la mort de Larry Joshua, cloué à un tronc d’arbre, la gorge transpercée par les cisailles infernales, ces mêmes cisailles qui éventreront ensuite une pauvre jeune fille. Si la majeure partie du film se déroule dans un camp forestier, il nous faut tout de même parler de son ouverture. Si on excepte le très brûlant prologue, le meurtre de la prostituée est en tout point remarquable et l’amateur pourra y voir un éventuel clin d’œil ou du moins le rapprocher des gialli (14) d’antan tant l’atmosphère le lui rappellera. Tout de noir vêtu, ganté et chapotté, Cropsy apparait telle une silhouette maudite dans l’entrebaillement de la porte de la chambre plongée dans la pénombre. C’est à la lumière d’un orage que la malheureuse sera poignardée à l’aide d’un ciseau lui déchirant les chairs, arme jadis fort utilisée par nos amis transalpins, le sang maculant la vitre...
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Giallo
http://devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1690

- l’affiche française a été dessinée par Ambrieu, qui s’est inspiré du tableau de Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse (15). Pour la petite histoire, Ambrieu habitait à l’époque la rue Géricault à Paris.
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Radeau_de_La_M%C3%A9duse
- ce slasher (1) sanglant a été la première occasion pour l’actrice Holly Hunter à se dévoiler au grand public, même si elle n’apparaît que quelques secondes à l’écran.
- Tom Savini (6) a refusé de prendre part à Vendredi 13 pour s’occuper des maquillages et autres effets gore de Carnage.
- Harvey Weinstein avait dit qu’il a écrit Carnage avant la sortie de Vendredi 13, auquel le film de Tony Maylam a inévitablement fait penser. Par les temps qui courent, peut-on accorder un crédit à ses affirmations ?

Tony Maylam
Né Anthony F. Maylam à Londres en 1943.
Plus spécialement connu pour ses documentaires sportifs, réalisés tant pour le cinéma que pour la télévision...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Maylam

Harvey Weinstein
Né le 19 mars 1952 à New York.
Créateur avec son frère Robert de la société Miramax, avant que le scandale de 2017 n’éclate, il était considéré comme un producteur et distributeur incontournable...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Harvey_Weinstein

Brad Grey
Né Brad Alan Grey le 29 décembre 1957 à New York, décédé le 14 mai 2017 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0340522/

Peter Lawrence
http://www.imdb.com/name/nm0492969/

Harvey Harrison
http://www.imdb.com/name/nm0365623/

Rick Wakeman
Né Richard Christopher Wakeman le 18 mai 1949 à Perivale.
Claviériste et compositeur au sein du groupe Yes, il a aussi joué au cinéma, dans Lisztomania et Les Jours et les nuits de China blue entre autres...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rick_Wakeman

Brian Matthews
http://www.imdb.com/name/nm0559950/

Leah Ayres
Née le 28 mai 1957 à Baltimore.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Leah_Ayres

Brian Backer
http://www.imdb.com/name/nm0045637/

Larry Joshua
http://www.imdb.com/name/nm0430829/

Holly Hunter
voir fiche du film Manglehorn
http://www.citebd.org/spip.php?film1474

Jason Alexander
Né le 23 septembre 1959 à Newark.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jason_Alexander

Ned Eisenberg
http://www.imdb.com/name/nm0251999/

Carrick Glenn
http://www.imdb.com/name/nm0322577/

Lou David
http://www.imdb.com/name/nm0202985/

Fisher Stevens
Né le 27 novembre 1963 à Chicago.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fisher_Stevens
voir aussi fiche du film The Grand Budapest hotel
http://www.citebd.org/spip.php?film1229

extrait(s) de presse

Devil dead - "Carnage", c'est surtout et avant tout son ambiance unique, cette joie de vivre et cette bonne humeur communicative qui transpirent des images...
Cinéma choc - Même encore aujourd'hui, "Carnage" reste tout de même très impressionnant, choquant et dérangeant...
Horreur - "Carnage" mérite amplement d’être redécouvert...
Oh my gore - "Carnage" dispose d'un lot de crimes légendaires parsemés de quelques séquences de flippes bienvenues.
Grimmovies - Tous les ingrédients sont réunis: un tueur iconique en diable avec sa cisaille, une réalisation carrée, du gore et des effets spéciaux bien sanglants, une musique entêtante digne de cette époque...
Doc ciné - On le conseillera donc en première ligne aux nostalgiques des slashers eighties qui ne le connaitraient pas encore, ça se laisse regarder, pas assez mauvais pour en faire un nanar mais pas non plus remarquable...
Le Coin des critiques ciné - Si vous cherchez à profiter d’un classique du slasher sur grand écran, voici une très bonne occasion...
Sueurs froides - "The Burning" est sympathique à redécouvrir car il synthétise à lui seul toute une tendance du cinéma de genre de l'époque...