solaris - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > solaris

solaris

ciné répertoire
Солярис
Urss - 1972 - 2h45
Grand prix festival de Cannes 1972
film - version originale sous-titrée en français
de

Andreï Tarkovski

scénario : Andreï Tarkovski, Friedrich Gorenstein
d'après l'oeuvre de : Stanislas Lem
direction de la photographie : Vadim Ioussov
musique ou chansons : Edouard Artemiev
avec : Natalia Bondartchouk (Khari), Donatas Banionis (Kris Kelvin), Jüri Järvet (Dr Snaut), Anatoli Solonitsyne (Dr Sartorius), Nikolaï Grinko (père de Kelvin), Julian Semenov (président de la conférence scientifique), Vladislav Dvorjetski (Henri Berton), Olga Barnet (mère de Kris Kelvin), Vitalik Kerdimun (fils d'Henri Berton), Olga Kizilova (invitée de Guibarian), Tatiana Malykh (nièce de Kris Kelvin), Bagrat Oganesian (Pr Trajet), Tamara Ogorodnikova (Anna), Sos Sargsyan (Dr Guibarian)
séances : semaine du mercredi 22 novembre 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
20:15*
séance spéciale :
* film couplé avec "Le Jour oû la terre s’arrêta" - 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "le Rayon fantastique" (organisé en partenariat avec Hidden circle, La Nef, le Pôle image Magelis, le Lisa, l'Alpha, Cinescop-Mégarama).

synopsis

Le cosmonaute Kris Kelvin reçoit la mission de se rendre sur la planète Solaris afin d’enquêter sur les événements étranges qui s’y sont produits. Au terme d’un long voyage, il débarque dans la station d’où les scientifiques observent la planète océan. L’un d’entre eux s’est suicidé, les autres sont en proie à des visions issues de leur passé. Kelvin comprend que la planète génère l’apparition de ces souvenirs issus de l’esprit humain lorsqu’il se retrouve confronté à sa compagne décédée...

notes de production

En pleine guerre froide (1), le film est considéré d’emblée comme une réponse soviétique à 2001, l’odyssée de l’espace (2) de Stanley Kubrick. Cette comparaison est désavouée par Tarkovski à plusieurs reprises. Le cinéaste a vu le film de Kubrick et le trouve froid, stérile, misant trop sur la technologie. Il affirme, au contraire, s’être attaché à faire de Solaris son opposé...
http://www.objectif-cinema.com/horschamps/076.php
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_froide
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1636

Solaris est situé à un moment charnière dans l’œuvre d’Andrei Tarkovski. Nous sommes alors en 1972. Andreï Roublev (3) n’a été distribué que l’année précédente en Urss (4), soit deux ans après les projections officielles moscovite et cannoise, et quatre ans après son achèvement. Tarkovski est sans travail, plusieurs de ses scénarios ont été refusés, le projet de ce qui deviendra Le Miroir (5), son œuvre la plus proche de l’autobiographie, est toujours en attente. Un projet s’offre alors à lui : un film de science-fiction, genre éminemment populaire en terre slave, l’adaptation de Solaris (6), un roman de l’écrivain polonais Stanislas Lem. Comme l’expliquait lui-même Tarkovski dans une lettre de 1983, Le Goskino (7) n’en voulait pas. J’ai conservé la copie de la liste de remarques que je devais respecter pour l’écriture et le tournage (la belle lecture !). Il y en avait quarante-huit ( ?!), et toutes sérieuses au plus haut degré. Mais il est arrivé quelque chose qui tient du miracle, et le film a été accepté. Cette fois, sans remarque. Classé, de surcroît, dans la plus haute catégorie (mes autres films étant classés en deuxième, voire troisième catégorie, pour m’indiquer ma valeur et ma place). C’est mon seul film (le moins réussi à mon sens) qui ait bénéficié d’une distribution correcte en Urss.
Même si la première n’aura pas lieu dans les salles prestigieuses que sont l’Oktiabr ou le Rossia, mais au Mir, L’État soviétique a besoin d’une réponse au 2001 de Stanley Kubrick. Et Tarkovski a aussi une réponse à apporter...
http://www.dvdclassik.com/critique/solaris-tarkovski
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Roublev_(film)
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_r%C3%A9publiques_socialistes_sovi%C3%A9tiques
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Miroir_(film,_1975)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Solaris_(roman)
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mosfilm

Tarkovski reprend fidèlement le roman de Lem (6) en faisant de Kelvin le personnage central de l’histoire, suivant peu à peu le même cheminement narratif que l’auteur, mais en imposant sa vision du monde de Solaris et de ce huis clos spatial. Il ajoute des dimensions complémentaires à l’œuvre littéraire qui la font apparaître sous un nouveau jour et creuse davantage la réflexion abordée par Lem.
A commencer par le thème premier du genre de science fiction au cinéma comme dans la littérature : la rencontre. Rencontre, mais aussi et surtout, communication : deux mots qui constituent l’essence même du roman de Stanislas Lem que Tarkovski a su retranscrire avec brio. Solaris, le roman expose deux types d’incompréhensions. À savoir, que l’homme est non seulement incapable de comprendre l’univers, (incapable de communiquer avec une entité extraterrestre), mais qu’il est surtout incapable de se comprendre lui-même et d’analyser ses émotions.
Face à cette thématique générale, ce que le cinéaste russe a remarquablement saisi, repris et mis en scène, c’est l’état de folie dans lequel se retrouve Kris, tourmenté par les deux clones successifs de Harey qui, ne sachant pas ce qui est arrivé à la vraie Harey, exigent de lui une réponse qui l’oblige à une introspection de son esprit et de son âme.
Cette introspection amène le psychologue devant un dilemme psychique terrifiant. Il est torturé entre l’envie de reconstruire un amour perdu avec la femme qu’il a aimée sur Terre et qui s’est suicidée, il y a quelques années, et la répulsion que lui inspire la résurrection de cette femme non humaine. Comme dans le roman de Lem, Kris perçoit peu à peu le désir de communication de l’entité intelligente qui gouverne la planète Solaris et tente de comprendre ce qu’elle cherche, quel but poursuit cet Océan. Il découvre peu à peu que l’enjeu n’est pas que de communiquer avec l’Océan mais qu’il s’agit principalement de l’homme et des limites de la connaissance humaine.
Puis, avec la thématique de l’enfance, Tarkovski se démarque du roman en développant un aspect totalement absent du livre. Tarkovski ne se limite pas à la relation amoureuse entre Khari et Kris et associe l’enfance aux souvenirs et aux rêves de Kris. Ainsi, on le voit visionner (ou rêver ?) un vieux film de famille où il est présent, enfant, avec ses parents. Le thème de l’enfance, au même titre que l’histoire d’amour, reste très lié aux thèmes centraux de la mémoire et de la culpabilité et ne suffit pas à lui seul. La relation amoureuse est moins directement sensible chez Lem qui préfère disserter à loisir sur la science solaristique...
http://www.objectif-cinema.com/horschamps/076a.php

Ce qui intéresse Andreï Tarkovski dans le livre de Stanislas Lem (6), c’est probablement cette idée de difficulté de communication mais aussi une façon de parler de la foi. Car s’il conserve une toute petite part scientifique dans son film, il épure grandement, pour se consacrer surtout aux personnages principaux. Toute la première partie du film, quasiment inexistante dans le livre original, nous montre ainsi le héros qui ne veut pas vraiment écouter l’avertissement d’un ancien astronaute, alors qu’il semble n’avoir jamais le temps de parler avec son père. Une quarantaine de minutes où l’on nous expose au travers d’une sorte de rapport, la situation étrange que pose l’observation de la planète Solaris. Kelvin et les spectateurs devront attendre tout ce temps avant le départ pour la station orbitale...
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=696

- si Solaris est le film le plus connu d’Andreï Tarkovski, il serait également celui que le réalisateur aimait le moins.
- Stanislaw Lem, à qui l’on doit le roman original (6) sur lequel s’est basé Solaris, détestait le film de Tarkovski, arguant qu’il n’avait pas écrit sur les problèmes érotiques de cosmonautes.
- une partie du film a été tournée au Japon, entre Osaka et Kyoto. Cette longue scène aurait été gardée dans le film pour justifier le voyage, extrêmement compliqué à organiser à l’époque.
- le film a obtenu le Grand prix (8) du festival de Cannes 1972
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1972
- remake par Steven Soderbergh (9), avec George Clooney dans le rôle principal.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Solaris_(film,_2002)

Andreï Tarkovski
Né Andreï Arsenievitch Tarkovski le 4 avril 1932 à Zavrajié, décédé le 29 décembre 1986 à Neuilly-sur-Seine.
Considéré comme le plus grand réalisateur soviétique avec Sergueï Eisenstein, son œuvre compte parmi les plus importantes de l’histoire du cinéma...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Tarkovski

Friedrich Gorenstein
Né le 19 mars 1932[ à Kiev et décédé le 2 mars 2002 à Berlin.
Écrit de nombreux ouvrages, dont un seul sera publié en Urss...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Gorenstein

Stanislas Lem
Né Stanisław Lem le 12 septembre 1921 à Lviv, décédé le 27 mars 2006 à Cracovie.
Un des écrivains polonais les plus traduits aux côtés de Gombrowicz et Sienkiewicz, certains de ses romans mêlent récit d’anticipation et intrigue policière...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislas_Lem

Vadim Ioussov
Né Vadim Ivanovitch Ioussov le 20 avril 1929 à Klavdino, décédé le 23 août 2013 à Nijni Novgorod.
En inventant plusieurs dispositifs pour des prises de vue spécifiques, Ioussov est devenu un modèle pour de nombreux opérateurs...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vadim_Ioussov

Edouard Artemiev
Né Edouard Nikolaïevitch Artemiev le 30 novembre 1937 à Novossibirsk.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edouard_Artemiev

Natalia Bondartchouk
Née Natalia Sergueïevna Bondartchouk le 10 mai 1950 à Moscou.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Natalia_Bondartchouk

Donatas Banionis
Né le 28 avril 1924 à Kaunas, décédé le 4 septembre 2014 à Vilnius.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatas_Banionis

Jüri Järvet
Né Georgi Kuznetsov1à Tallinn le 18 juin 1919 où il est décédé le 5 juillet 1995.
https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCri_J%C3%A4rvet

Anatoli Solonitsyne
Né Anatoli Alekseïevitch Solonitsyne le 30 août 1934 à Bogorodsk et décédé le 11 juin 1982 à Moscou.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatoli_Solonitsyne

Nikolaï Grinko
Né Nikolaï Grigorievitch Grinko le 30 avril 1920 à Kherson, décédé le 10 avril 1989 à Kiev.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Grinko

Julian Semenov
Né le 8 octobre 1931 à Moscou où il est décédé le 5 septembre 1993.
Auteur de plusieurs romans policiers et d’espionnage...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Julian_Semenov

Vladislav Dvorjetski
Né Vladislav Vatslavovitch Dvorjetsky le 26 avril 1939 à Omsk et décédé le 28 mai 1978 à Gomel.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladislav_Dvorjetski

Olga Barnet
http://www.imdb.com/name/nm0055835/

Vitalik Kerdimun
http://www.imdb.com/name/nm0449256/

Olga Kizilova
http://www.imdb.com/name/nm0457972/

Bagrat Oganesian
http://www.imdb.com/name/nm0644484/

Tamara Ogorodnikova
http://www.imdb.com/name/nm0644791/

Sos Sargsyan
Né Sos Artashesi Sargsyan le 24 octobre 1929 à Stepanavan et décédé le 26 septembre 2013 à Erevan.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sos_Sargsyan

extrait(s) de presse

Sens critique - S’il fallait ne retenir qu’une chose pour quelqu’un qui aurait envie de voir ce film : tenez bon, cela en vaut la peine !
Télérama - Pour Tarkovski, il existe un lien indissoluble entre l'homme et l'immensité. Qu'importe s'il reste indéchiffrable.
Deuxième page - Le film est à la fois beau et vertigineux, laissant spectatrices et spectateurs avec l’envie que ce road trip périphérique ne finisse jamais...
Il était une fois le cinéma - (...) Tarkovski signe une œuvre profondément humaniste, certainement l’une des plus belles odes à l’amour jamais portées à l’écran.
Cinéma choc - Science-fiction, philosophie et existentialisme...
Cinéclub de Caen - Tarkovski réfute une science qui ne serait qu'objective, débarrassée des sentiments humains avec un homme condamné à la connaissance...
Critikat - "Solaris" se présente comme une vaste méditation du célèbre verset du Cantique des Cantiques, cité à la fin de l’ouvrage de Lem : "l’amour est fort comme la mort".
A la rencontre du septième art - Film très sobre, étiré, assez obscur, "Solaris" est une pierre majeure que Tarkovski apporte à la science-fiction.