la ligne de couleur - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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la ligne de couleur

France - 2015 - 1h19
sorti en France le 17 juin 2015
documentaire - film francophone
de

Laurence Petit-Jouvet

scénario : Laurence Petit-Jouvet
direction de la photographie : Claire Childéric
musique ou chansons : Martin Wheeler
avec : Fatouma Diallo, Jean-Michel Petit-Charles, Yumi Fujimori, Malika Mansouri, Mehdi Bigaderne, Yaya Moore, Sanaa Saitouli, Alice Diop, Patrice Taraoré, Rui Wang, Jérémie Gaudet
séances : semaine du mercredi 15 novembre 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
20:30*
séance spéciale :
* soirée débat en partenariat avec la Mpp (Maison des peuples et de la paix) et le Comité des jumelages Angoulême - villes étrangères, en présence de Laurence Petit-Jouvet - tarif 3,50 €

synopsis

Vivre en France lorsqu'on est perçu comme arabe, noir ou asiatique. Des hommes et des femmes, français de culture française, parlent chacun dans une "lettre filmée" de leur expérience singulière, intime et sociale, d'être regardés comme non-blancs et d'avoir à penser à leur "couleur"...

notes de production

Conçu en écho à Correspondances (1), précédent documentaire de Laurence Petit-Jouvet, La Ligne de couleur est un film mosaïque constitué de plusieurs lettres filmées.
L’idée de départ était de proposer à des personnes d’écrire un texte qui dise « je », adressé au destinataire de leur choix, en les incitant à creuser sous la surface du simple témoignage. Peut-être que leur lettre serait l’occasion de déterrer un souvenir d’enfance, de raconter une expérience étrange ou cruelle, de libérer un cri, de livrer une confidence…, explique la réalisatrice. Dans certains cas, ces lettres sont adressées à un être imaginaire ou disparu.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1781

Pour dénicher les acteurs idéals, le repérage a duré plus d’un an pendant lequel la réalisatrice s’est aventurée dans des mondes très divers. Elle a recherché des personnes qui permettraient d’aborder la problématique de la couleur de peau sous des biais variés et inattendus. L’enjeu était d’éviter d’enfoncer des portes ouvertes et au contraire d’apporter un éclairage inédit sur la situation des gens de couleurs.

Lorsqu’on lui demande si le film dénonce un tabou de la société française, Laurence Petit-Jouvet répond : le décalage entre le discours officiel de la République qui se veut universaliste - égalitaire - color blind , et le traitement qui est fait à ces citoyens français est plus cruellement ressenti quand les promesses d’ascension sociale au mérite s’avèrent, dans la réalité, non tenues. L’injustice, lorsqu’elle surgit, est d’autant plus douloureuse pour ces personnes qu’elle renvoie à leur corps, là pour toujours.

La majeure partie de l’équipe ayant travaillé sur Correspondances (1) est de retour pour La Ligne de couleur : Claire Childéric la chef opératrice, Pascal Ribier (2) l’ingénieur du son, Martin Wheeler le compositeur de la musique originale, Jean-Marc Schick (3) le mixeur… Viennent ensuite s’ajouter quelques petits nouveaux dont Caroline Detournay (4), monteuse et Olivier Marquézy (5), inventeur de génériques.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Ribier
(3) http://www.imdb.com/name/nm0995823/
(4) http://www.imdb.com/name/nm1932413/
(5) http://www.imdb.com/name/nm2491962/

L’idée d’assembler des personnes perçues comme étrangères en raison de leur couleur de peau est venue à Laurence Petit-Jouvet en lisant le livre Les nouvelles frontières de la société française (6) de Didier Fassin (7). Cet ouvrage aborde le concept de la blanchité qui dénonce les difficultés du quotidien : trouver un travail, louer un appartement, avoir accès à un stage, entrer dans un club, parler à un agent de police ; et le fait qu’être perçu comme blanc procure indéniablement des avantages, même si cela ne se dit pas explicitement.
(6) https://www.scienceshumaines.com/les-nouvelles-frontieres-de-la-societe-francaise_fr_25386.html
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Fassin

Le cas de Yumi Fujimori est tout particulier selon la réalisatrice. Cette dernière souhaitait faire part de la situation d’un comédien ou d’une comédienne car ce sont eux qui reçoivent de plein fouet les stéréotypes sur le front des représentations. Faire part de sa situation est un moyen de montrer où va se loger l’assignation raciale dans l’inconscient collectif. Yumi est une actrice de formation, possédant toutes les qualités que l’on attend d’une actrice, et pourtant on ne l’emploie dans le doublage que pour faire la voix d’actrices d’origine asiatique (par exemple Christina dans Grey’s anatomy) (8). C’est ce côté presque surréaliste qui a séduit Laurence Petit-Jouvet.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grey%27s_Anatomy

Sur le site officiel du film, un certain nombre de références bibliographiques sont mises à disposition de ceux qui souhaiteraient approfondir les sujets brûlants abordés (diversité, discrimination...). On retrouve des ouvrages divers et variés allant d’Aimé Césaire (9) à Lilian Thuram (10) en passant par Sayad (11) et Bourdieu (12).
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lilian_Thuram
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelmalek_Sayad
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu

La frustration de Laurence Petit-Jouvet s’exprime à travers toutes les voix du film mais une phrase prononcée par le personnage de Yaya catalyse le nœud du problème : la France est le pays des vigiles les plus diplômés du monde. Cette phrase signifie que la France à beaucoup à perdre précise-t-elle. Le spectre des injustices et des souffrances qui vont avec pèsent aussi sur nous tous comme un mauvais cancer. Faire la lumière sur cette frontière est pour moi un enjeu politique car il faut la voir clairement pour la remettre en cause.

Laurence Petit-Jouvet
http://laurencepetitjouvet.com/lpj-biographie.html
voir aussi fiche du film Correspondances
http://www.citebd.org/spip.php?film1781

Claire Childéric
voir fiche du film Correspondances
http://www.citebd.org/spip.php?film1781

Martin Wheeler
voir aussi fiche du film Correspondances
http://www.citebd.org/spip.php?film1781

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - En laissant la parole à des personnalités fortes, en les accompagnant d'une mise en scène soignée qui s'accorde à chacun, Laurence Petit-Jouvet trouve le ton juste pour dénoncer sans grandiloquence l'intolérable stigmatisation de tous les jours.
Fiches du cinéma - Laurence Petit-Jouvet offre, malgré des longueurs, un documentaire utile, aux témoignages originaux, sur la discrimination en France selon l'origine, et donc le faciès.
Première - Chaque segment est unique et bouleversant et mon tout crie la nécessité de réfléchir encore sur ce que diversité veut dire.
La Croix - Laurence Petit-Jouvet fait avec ce film œuvre utile et subtile.
Africultures - (...) il faut beaucoup de commentaires pour accepter qu’un Français soit français, quelle que soit sa couleur de peau.