djam - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > djam

djam

France, Turquie, Grèce - 2017 - 1h37
sorti en France le 9 août 2017
film - film francophone
de

Tony Gatlif

scénario : Tony Gatlif
direction de la photographie : Patrick Ghiringhelli
avec : Daphne Patakia (Djam), Simon Abkarian (Kakourgos), Maryne Cayon (Avril), Kimon Kouris (Pano), Solon Lekkas (Solon), Yannis Bostantzoglou (le père), Eleftheria Komi (Maria)
séances : semaine du mercredi 15 novembre 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
11:00*
16:30
21:00
14:30
20:30
18:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 22 novembre 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
16:45*
séance spéciale :
* samedi 16h45 dernière séance

synopsis

Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir...

notes de production

Tony Gatlif explique comment il a trouvé sa comédienne principale, Daphné Patakia :
j’ai cherché très longtemps l’actrice qui allait jouer Djam. Six mois avant le tournage, je ne l’avais toujours pas trouvée. Elle ne devait pas être forcément belle mais devait impérativement parler grec et français. C’est mon assistante en Grèce qui m’a parlé de Daphné. Grecque par ses deux parents, élevée en Belgique elle parle parfaitement le français. Dès je l’ai rencontrée, les scènes du film ont commencé à prendre corps à travers elle. Je sentais qu’elle irait au bout, à fond. Daphné est née en Belgique et n’a jamais perdu sa culture de vue. Elle sait ce qu’est l’exil.
Je lui ai demandé d’apprendre à chanter, à jouer de la musique et à danser la danse orientale. C’est elle qui chante. Ce n’est jamais du play-back. Comme la plupart des Grecs, Daphné est très cultivée musicalement. Elle connaissait déjà par cœur les chansons rebetiko (1) mais j’ai été frappé par sa facilité à apprendre et par le travail qu’elle a fourni. Dès notre première rencontre, je lui ai demandé si elle savait chanter et si elle acceptait d’apprendre à danser la danse du ventre. Et je lui ai confié un baglama (2), l’instrument de musique qu’on utilise pour le rebetiko en lui demandant d’apprendre à en jouer. Tout ce qu’elle fait dans le film, elle l’a travaillé
, précise le réalisateur.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rebetiko
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Baglama_(grec)

C’est la première fois que Tony Gatlif travaille avec l’acteur chevronné Simon Abkarian :
pour interpréter Kakourgos, l’oncle de Djam, je voulais un acteur qui porte le voyage sur son visage. Même si l’on sait que Simon est arménien, on ne sait pas exactement d’où il vient, il véhicule l’exil. C’est un copain de longue date et je savais que Simon était un véritable aficionado de la musique rebetiko (1). Lorsque je lui ai demandé de faire la scène où il parle de la mère de Djam, exilée et morte à Paris, Simon m’a touché par sa sincérité et son émotion. Il a dû surement aller les chercher sur sa route d’Arménie, du Liban et d’ailleurs. C’est un acteur du cœur et du geste.

Entre Grèce et Turquie, les deux personnages principaux, Djam et Avril, croisent la route de migrants. Tony Gatlif s’exprime à ce sujet :
j’étais conscient de mettre les filles dans les pas des migrants qui marchent d’Istanbul jusqu’à Edirne puis doivent traverser la rivière Ardas - une rivière très profonde, large d’entre vingt et trente mètres qui trace la frontière - pour atteindre Kastanies en Grèce. Les migrants y sont poussés de nuit par les passeurs dans de petites barques pneumatiques pour atteindre l’autre rive. Une fois de l’autre côté, ils se dirigent vers la gare de Didimotichio. Tous les migrants transitent par cette gare et j’étais certain d’y trouver des signes de leur passage quand nous y arriverions.
En m’y rendant avec mes acteurs, le jour du tournage, je trouve des bûches à moitié consumées et je comprends que les migrants ont fait du thé : des boites de conserves qu’ils ont utilisé comme casseroles et des sachets lyophilisés en témoignent. Ils ont pris les vieilles traverses des rails pour construire un foyer. Ils se sont ensuite servis du charbon de bois pour écrire sur les murs. Là, un homme a marqué : « Libre venu de Shâm, il coule du sang à Alep et à Idlib. » Qu’il évoque Shâm - le territoire sacré des musulmans - prouve qu’il a choisi d’émigrer. Ce sont ces traces que je voulais filmer pour évoquer l’exode des Syriens pour témoigner de leur passage. C’est cette image de l’exil que je veux retenir.

(...) En plus de procurer un bien fou et de réserver de grands moments d’humour désinhibé, ce voyage initiatique fait figure d’élixir bienfaisant en ces temps d’intolérance et de stigmatisation. Même dans des films entraînants tels que Gadjo dilo (3) ou Exils (4), Tony Gatlif avait-il déjà signé un tel éloge de la vie face à toutes les frontières imposées, que ce soit par le matérialisme forcené - l’argent est ici un gros mot - ou les murs de barbelés ? On peut en tout cas clairement dire que l’optimisme n’avait sans doute jamais mangé une part de gâteau aussi large dans sa filmographie, qui plus est sous l’impulsion d’une jeune actrice qui fait ici jeu égal en matière de talent et de tempérament (un César du meilleur espoir pour Daphné Patakia ou c’est la désobéissance civile assurée !). Djam doit se vivre aussi simplement que ça : une ouverture de l’esprit, lancée en direction des carrefours qui positivent. Et ça fait vraiment du bien.
http://www.abusdecine.com/critique/djam
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gadjo_dilo
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Exils_(film,_2004)

Entretiens avec Tony Gatlif
La culture et l’identité de chacun des personnages de ce film se ressentent par le folklore et les costumes. Comment l’avez-vous travaillé ?
Ça s’est fait beaucoup aussi avec la culture des personnages, et des acteurs. Prenez l’oncle par exemple : c’est Simon Abkarian, qui a une classe énorme. Et lui aussi, c’est un exilé. Un exilé éternel, puisqu’il a plusieurs exils… Et tous les deux, on partage cet exil d’être exilés de partout. Et ces exils se ressentent aussi sur son langage : il parle arménien, arabe, turc, grec et français. C’est un peu comme un Tzigane…
http://www.bande-a-part.fr/cinema/entretiens/filmer-exil-tony-gatlif-djam/
D’où est née l’idée du film ?
De la musique rebetiko (1). Je l’ai découverte en 1983 au cours d’un voyage en Turquie où j’étais venu présenter mon film Les Princes (5). C’est une musique qui s’est développée dans les bas-fonds d’Athènes et de Thessalonique, puis dans les îles, lorsque les Grecs ont été chassés de la Turquie par Atatürk. Il n’y a jamais de colère dans cette musique, plutôt de la révolte et de la mélancolie comme dans toutes les musiques que j’aime. C’est une musique de mal aimés, mais de gens fiers d’être ce qu’ils sont. Une musique subversive. Dans le rebetiko, les chants ont des paroles qui guérissent...
http://www.filmsdulosange.fr/uploads/presskits/b7c6cb487a49ee8ad18261481d3ca42ece347d01.pdf
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Princes

Tony Gatlif
voir fiche du film Geronimo
http://www.citebd.org/spip.php?film1363

Patrick Ghiringhelli
voir fiche du film Geronimo
http://www.citebd.org/spip.php?film1363

Daphne Patakia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daphn%C3%A9_Patakia

Simon Abkarian
voir fiche du film Une Histoire de fou
http://www.citebd.org/spip.php?film1564

Maryne Cayon
voir fiche du film Geronimo
http://www.citebd.org/spip.php?film1363

Yannis Bostantzoglou
http://www.imdb.com/name/nm0098211/

Eleftheria Komi
http://www.imdb.com/name/nm2917296/

extrait(s) de presse

La Croix - Tout le film ressemble à Djam et son oncle, dotés d’une belle énergie, altiers et passionnés, fous de musique, allègres pour tenir à distance le désespoir, avec la générosité de ceux qui n’ont presque rien et la sagesse de ceux qui savent intimement où se trouve l’essentiel.
Le Figaro - Avec Djam, un road-movie grec plein de musique, de chaos et de passion, le réalisateur traite avec pudeur son thème de prédilection.
Le Parisien - Les scènes de danse et de chant de « Djam » sont éblouissantes et l'évocation des réfugiés bouleversante.
L'Humanité - Foutraque et généreux, peuplé de rencontres brèves et improbables, "Djam" est le film de tous les exils.
Positif - Le débordement du cadre synthétise une comédie humaine travaillée, des moments dont le réalisateur fait éclater le naturel par des choix artistiques précis : des comédiens parfaitement dirigés, la recherche de l'expression juste de l'écriture du script à la prise de vue.
Télérama - Porté par le personnage de Djam, le film l'est aussi par son interprète, une nouvelle venue saisissante, Daphné ­Patakia. Elle parle grec, français, anglais, s'imposant comme allégorie de notre présent mondialisé et figure d'espoir.
àVoir-àLire - (...) un hymne à la liberté porté par un personnage fort (…) dont la musicalité et le sourire communicatif nous font oublier la frugalité du scénario.
Le Nouvel obs - Gatlif n'est pas un cinéaste conventionnel ("Latcho Drom" et "Gadjo Dilo" l'ont prouvé), et le réalisme n'est pas sa tasse de thé. Il faut voir ce film comme une fête un peu déjantée, un feu d'artifice chaotique, ne serait-ce que pour l'interprète principale, Daphné Patakia. Elle est solaire.