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le point de non-retour

Point blank
Usa - 1967 - 1h32
sorti en France le 5 avril 1968
film - version originale sous-titrée en français
de

John Boorman

scénario : Alexander Jacobs, David Newhouse, Rafe Newhouse
d'après l'oeuvre de : Richard Stark
direction de la photographie : Philip H. Lathrop
musique ou chansons : Johnny Mandel
avec : Lee Marvin (Walker), Angie Dickinson (Chris), Keenan Wynn (Yost), Carroll O'Connor (Brewster), Lloyd Bochner (Frederick Carter), Michael Strong (Stegman), John Vernon (Mal Reese), Sharon Acker (Lynne), James Sikking (homme au fusil), Lawrence Hauben (vendeur de voitures), Sid Haig (premier garde d'appartement), Michael Bell (deuxième garde d'appartement), Kathleen Freeman (première citoyenne)
séances : semaine du mercredi 8 novembre 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : "noir c'est noir - film couplé avec "Le Privé" - tarif préférentiel 2 films = 7 € - soirée animée avec Hidden circle

synopsis

C'est pour le compte de son ami Reese que Walker, accompagné de sa femme, récupère dans la prison désaffectée d'Alcatraz un magot de 93 000 dollars. L'opération réussit. Reese abat Walker et emmène sa femme, qu'il convoitait depuis longtemps. Seulement Walker n'est pas mort et est très rancunier...

notes de production

Le Point de non retour a été l’un des premiers films tournés dans la prison d’Alcatraz (1) après sa fermeture en 1963.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_d%27Alcatraz

John Boorman, dont c’était le deuxième film (après Sauve qui peut) (2), a apporté le sujet à Lee Marvin quand l’acteur jouait Les Douze salopards (3) à Londres.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sauve_qui_peut
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Douze_Salopards

C’est Lee Marvin qui a imposé le cinéaste pour tourner Le Point de non retour. L’acteur aidera aussi le réalisateur à tourner Duel dans le Pacifique.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Duel_dans_le_Pacifique

Le film est le premier où tous les acteurs ont un micro individuel à chaque plan afin de permettre une grande intimité avec le spectateur.

Le Point de non retour devait originellement se tourner à San Francisco. Mais John Boorman trouvait que les décors n’allaient pas avec l’ambiance du film : les couleurs en étaient pastel, douces, romantiques. Un endroit très beau, mais l’antithèse de ce que je voulais mettre dans mon film. (...) Je voulais créer ce monde vide et aride et Los Angeles convenait.

Le Point de non retour est souvent considéré comme un film qui a renversé les codes du polar. Le réalisateur John Boorman bouscule la linéarité du récit et filme en contre-plongée un Lee Marvin déambulant dans un couloir dont les pas résonnent comme dans un rêve éveillé. Sorti au même moment que le Bonnie and Clyde (4) d’Arthur Penn, ces deux œuvres ont révolutionné le genre et ont inspiré des réalisateurs comme Quentin Tarantino (5) ou Steven Soderbergh (6).
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1248
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film265
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Steven_Soderbergh

Durant une répétition du film dans la maison de Lee Marvin, ce dernier frappa si fort John Vernon, que l’acteur en pleura.

Une nouvelle adaptation du roman de Richard Stark, Comme une fleur (7), a été tournée en 1999 par Brian Helgeland sous le titre de Payback (8).
(7) http://www.encoredunoir.com/article-retrospective-parker-1-comme-une-fleur-83106666.html
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Payback_(film,_1999)

Angie Dickinson, en 1996, dira : on a reproché sa violence au film, mais si vous regardez bien, le personnage de Lee Marvin ne tue personne, sauf une voiture et un lit. Il catalyse la violence, il ne la commet pas.

Parker à l’écran
Parker est la quintessence du voleur professionnel. Son prénom n’est jamais mentionné dans les romans dans lesquels il apparaît et nombre de détails le concernant restent dans l’ombre (comme son habitude d’attendre les gens assis sur un sofa dans une pièce sombre). Parker est effrayant, non seulement parce qu’il est froid, méthodique et efficace, mais aussi parce que Richard Stark a réussi à le rendre très crédible. Parker ne s’engage pas dans des tours de force spectaculaires, ce qui le rendrait irréel, mais agit de manière réaliste, en prenant la route la plus directe dans ses actions...
L’interprétation de Lee Marvin dans Le Point de non retour impressionna Westlake au point qu’elle influença la description de Parker dans ses romans ultérieurs.
- 1966
Made in Usa de Jean-Luc Godard (Anna Karina est Paula)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Made_in_USA_(film,_1966)
- 1967
Le Point de non-retour de John Boorman (Lee Marvin est Walker)
Mise à sac d’Alain Cavalier (Michel Constantin est Georges)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mise_%C3%A0_sac
1968
Le Crime, c’est notre business de Gordon Flemyng (Jim Brown est McClain)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_crime,_c%27est_notre_business
- 1973
Échec à l’organisation de John Flynn (Robert Duvall est Earl Macklin)
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chec_%C3%A0_l%27organisation
- 1983
Slayground de Terry Bradford (Peter Coyote est Stone)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Slayground
- 1999
Payback de Brian Helgeland (Mel Gibson incarne Porter) (8)
- 2013
Parker de Taylor Hackford (Jason Statham est Parker)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parker_(film,_2013)

Parker en bédé
- 2009
Le Chasseur
- 2010
L’Organisation
- 2012
Le Casse
- 2014
Fun Island
Adaptés par Darwyn Cooke et publiés en France chez Dargaud.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parker_(personnage_litt%C3%A9raire)

Point blank est le deuxième long métrage de John Boorman et son premier film tourné aux Usa. En adaptant un roman de Richard Stark, le cinéaste britannique signe en 1967 l’une des œuvres séminales du cinéma du nouvel Hollywood (9). On y retrouve les figures de la modernité qui marqueront le cinéma américain des années 70 : brouillage des repères (dans la mise en scène, dans le récit, dans la perception qu’ont les personnages du monde qui les entoure), perte de sens (le parcours du héros n’épouse plus une trajectoire morale), de but (figure concentrique de la construction narrative), empêchement de l’identification du spectateur, refus de la psychologie, dialogues minimalistes ou non signifiants... un héritage européen dont Boorman se sert pour travailler de l’intérieur (il signe son film pour un grand studio) les codes du film noir. Il les défragmente, en propose une relecture à l’aune de ce qu’est devenu l’Amérique dans les années 60 (paranoïa, théorie du complot...) et plie leur logique habituelle à l’univers mental de son héros. Montage fracturé, ralentis et essais expérimentaux nous font partager la trajectoire de Walker, là où le cinéma noir classique aurait pris en charge son voyage au bout de la nuit au moyen d’une voix off ; les jeux d’ombres et de lumières sont remplacés par l’utilisation extrême des couleurs ; la nuit cède la place au plein soleil...
http://www.dvdclassik.com/critique/le-point-de-non-retour-boorman
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_Hollywood

Entretien avec John Boorman
Les différences avec le livre de Richard Stark sont énormes.
Vous savez que je n’ai jamais lu le livre (7) ! Le premier scénario à partir du roman de Stark était dû aux Newhouse. Ils en avaient fait une histoire de gangsters un peu démodée avec un sentiment de nostalgie, dans le style de Raymond Chandler (10), un autre Harper si vous voulez. Ce qui m’attirait dans le sujet était très différent, c’était le personnage, les situations, qui étaient très contemporains, cela avait beaucoup à voir avec l’Amérique moderne. Bien que j’aie énormément changé leur scénario, ils ont aimé le film ! Remarquez que j’ai toujours aimé les films tirés de Chandler, Le Grand sommeil (11) de Hawks, en particulier. Mais quand vous les revoyez vous constatez à quel point ils dépendent du dialogue.Bien que vous pensiez à eux comme des thrillers au rythme rapide, ils sont en fait assez lents, ce qui les distingue des films d’Hitchcock (12) qui éliminait le dialogue. Et je suis d’accord avec Hitchcock pour penser que le dialogue est souvent superflu dans ce genre de récit et ne sert qu’à l’atmosphère. L’intrigue est toujours un élément embarrassant dans un thriller.Vous avez besoin d’elle mais pas énormément. Ce qu’il y a de curieux aussi dans le thriller, c’est que le rythme à l’intérieur d’un plan peut être beaucoup plus lent que dans n’importe quel autre film car vous avez créé une tension. Un homme regarde par la fenêtre :vous pouvez étudier son visage pendant très longtemps si le spectateur sait qu’on veut le tuer. Dans un autre contexte c’est une chose que vous ne pourriez pas vous permettre...
Michel Ciment in John Boorman : un visionnaire en son temps (Calmann-Levy - 1985)
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1994
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Sommeil_(film,_1946)
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1670

John Boorman
voir fiche du film Queen and country
http://www.citebd.org/spip.php?film1421

Alexander Jacobs
http://www.imdb.com/name/nm0414317/

David Newhouse
http://www.imdb.com/name/nm4840411/

Rafe Newhouse
http://www.imdb.com/name/nm0627906/

Richard Stark
Né Donald Edwin Westlake le 12 juillet 1933 à New York et décédé le 31 décembre 2008 à San Pancho (Mexique).
Connu aussi sous de nombreux pseudonymes (Richard Stark, Alan Marshall, Tucker Coe ...), il est notamment célèbre pour ses romans policiers mettant en scène les aventures de John Dortmunder, Parker et Alan Grofield. La plupart de ses romans sont publiés dans l’excellente collection Rivages noir de l’ami François Guérif...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake

Philip H. Lathrop
voir fiche du film La Soif du mal
http://www.citebd.org/spip.php?film1831

Johnny Mandel
Né le 23 novembre 1925 à New York.
http://www.imdb.com/name/nm0006184/

Lee Marvin
Né le 19 février 1924 à New York, décédé le 29 août 1987 à Tucson.
Très grand acteur, il faut le revoir chanter I was born under a wandering star... dans La Kermesse de l’Ouest de Joshua Logan...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lee_Marvin

Angie Dickinson
voir fiche du film Pulsions
http://www.citebd.org/spip.php?film1809

Keenan Wynn
voir fiche du film Piranhas
http://www.citebd.org/spip.php?film1473

Carroll O’Connor
Né le 2 août 1924 à New York, décédé le 21 juin 2001 à Culver City.
http://www.imdb.com/name/nm0005279/

Lloyd Bochner
Né le 29 juillet 1924 à Toronto, décédé le 29 octobre 2005 à Santa Monica.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lloyd_Bochner

Michael Strong
http://www.imdb.com/name/nm0835021/

John Vernon
voir fiche du film Tuez Charley Varrick !
http://www.citebd.org/spip.php?film1250

Sharon Acker
http://www.imdb.com/name/nm0009943/

James Sikking
Né le 5 mars 1934 à Los Angeles.
http://www.imdb.com/name/nm0797725/

Lawrence Hauben
Né le 3 mars 1931 à New York, décédé le 22 décembre 1985 à Santa Barbara.
http://www.imdb.com/name/nm0369142/

Sid Haig
Né Sidney Eddy Mosesian le 14 juillet 1939 à Fresno.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sid_Haig

Michael Bell
Né le 10 avril 1938 à New York.
http://www.imdb.com/name/nm0068407/

Kathleen Freeman
voir fiche du film Chantons sous la pluie
http://www.citebd.org/spip.php?film219

extrait(s) de presse

Critikat - Panavision et métrocolor grandioses pour cette oeuvre qui, près de quatre décennies après sa sortie, reste fondamentale et atypique.
Le Nouvel obs - (...) Lee Marvin, époustouflant en gangster dépouillé par ses propres complices. Angie Dickinson est à son sommet, les scènes d'action sont éblouissantes, magistralement mises en scène par John Boorman (son deuxième film et son premier succès).
Fenetre sur écran - "Le Point de non retour" est un film moderne, un tournant pour le cinéma...
Le Monde - "Le Point de non-retour" est un film novateur qui a marqué la naissance d’un réalisateur de premier plan.
This is my movies - Boorman s'impose alors comme un véritable maître du genre...
Il était une fois le cinéma - Un film inclassable mais qui est devenu un classique et a jeté les bases du cinéma de Boorman.
Cinéséries - Au final, John Boorman nous livre ici un film sombre, porté par le talent et le charisme incandescent du génial Lee Marvin, dont la seule présence habite l’écran comme rarement un acteur fut capable de le faire...
Comme au cinéma - Taxé de complaisance envers la violence, "Le Point de non retour" n’est pas immédiatement reconnu comme l'œuvre visionnaire qu'elle est.