alexandre le bienheureux - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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alexandre le bienheureux

France - 1968 - 1h40
sorti en France le 9 février 1968
film - film francophone
de

Yves Robert

scénario : Yves Robert, Pierre Lévy-Corti
direction de la photographie : René Mathelin
musique ou chansons : Vladimir Cosma
avec : Philippe Noiret (Alexandre Gartempe), Françoise Brion (la Grande), Marlène Jobert (Agathe Bordeaux), Paul Le Person (Sanguin, père de famille nombreuse), Tsilla Chelton (Mme Bouillot, l'épicière), Léonce Corne (Lamendin), Pierre Richard (Colibert), Jean Saudray (Pinton), Pierre Barnley (le curé), Marcel Bernier (Malicorne), Bernard Charlan (le maire), Madeleine Damien (Mme Boisseau), Pierre Maguelon (Verglandier), François Vibert (beau-père d'Alexandre), Jean Carmet (la Fringale), Kaly (le chien), Antoinette Moya (Mme Sanguin), Marc Dudicourt (Monsieur Tondeur, candidat au jeu télé), Pierre Bellemare (lui-même)
séances : semaine du mercredi 8 novembre 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
18:30*
séance spéciale :
* rétrospective "Gaumont et merveilles" - tarif 3,50 €

synopsis

Alexandre, homme bon vivant et nonchalant, est cultivateur dans une ferme française de la Beauce. Cependant sa vie quotidienne est dirigée par « la Grande », son ambitieuse mais néanmoins tyrannique épouse, qui le pousse à bout de force en lui imposant chaque jour une liste de travaux démesurée. Devenu brutalement veuf, il éprouve un grand soulagement et se sent libéré de son labeur : il décide de s'accorder un repos qu'il juge mérité, afin de prendre le temps de savourer la vie. Son comportement sème rapidement le trouble dans le petit village par l'exemple qu'il donne...

notes de production

Si la comédie populaire française devait avoir un visage, elle aurait probablement la moustache fleurie et l’air bourru et espiègle à la fois d’Yves Robert. Peut-être parce qu’avant de devenir cinéaste, il avait été un prolétaire écumant la province française dans l’exercice des fondamentaux de la culture hexagonale (il fut ainsi pâtissier et coureur cycliste - pas en même temps, ceci dit), Yves Robert a durant toute sa carrière, et probablement comme aucun autre cinéaste, œuvré à représenter la France comme elle devait l’être dans des œuvres destinées au grand public. Irrémédiablement français (ses rares tentatives pour caractériser une ville étrangère - par exemple le début carioca (1) du Retour du grand blond (2) - sont des catastrophes) sans pour autant jamais céder à la franchouillardise qui affectera tant d’autres cinéastes moins talentueux, son cinéma a régulièrement trouvé un écho dans le cœur du public français, certains de ses films devenant ainsi presque plus des éléments de patrimoine national que de simples classiques cinématographiques. Dans ce registre, et aux côtés de La Guerre des boutons (3), du Grand blond avec une chaussure noire (4) ou d’Un Éléphant ça trompe énormément (5), il y a donc Alexandre le bienheureux...
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Carioca_(danse)
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Retour_du_Grand_Blond
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film730
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Blond_avec_une_chaussure_noire
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_%C3%A9l%C3%A9phant_%C3%A7a_trompe_%C3%A9norm%C3%A9ment
Au niveau de l’écriture du film, l’un des aspects les plus intéressants vient de la manière dont le film parvient à tenir un argument aussi mince que la décision du personnage principal de rester au lit. Un peu à la manière d’Alexandre, particulièrement débrouillard quand il s’agit d’économiser ses efforts (le réseau de fils au-dessus de son lit est l’une des plus belles idées visuelles du film), Yves Robert fait de la faiblesse de ce postulat une force narrative certaine, dans laquelle les rebondissements importent moins que le portrait général de la micro-société ainsi décrite, une communauté rurale où tout le monde se connaît et où tout le monde a donc quelque chose à dire sur son voisin (et cela commence d’ailleurs très tôt, Yves Robert n’oubliant jamais de filmer les enfants). C’est peut-être là, finalement, que le film est le moins absolument français : dans cette capacité à essorer son point de départ jusqu’à sa dernière goutte d’absurdité pour aller vers quelque chose de la (gentille) satire : la séquence où la fanfare joue jusqu’au bout de la nuit pour maintenir Alexandre éveillé et où c’est finalement les musiciens qui finissent le plus épuisé, ou celle du conseil municipal avec le chien (!) ne jureraient ainsi pas dans une comédie italienne de la même époque...
Le film rencontra un grand succès à sa sortie dans les salles françaises en février 1968, et, il faut le dire, son esprit insolent et libertaire s’inscrivait fort bien dans l’air d’un temps qui allait quelques mois plus tard se muscler un peu. Mais ce serait dommage - et à bien des égards inexact - de réduire Alexandre le bienheureux à un film de soixante-huitard : c’est finalement aujourd’hui, à l’heure du tout-numérique, des réseaux sociaux, de l’interconnexion globale et de l’urgence permanente de l’information qui l’accompagne, à une heure où la paresse et le silence sont des luxes que nous prenons bien rarement le temps de nous offrir, que le film trouve pour le spectateur sa raison d’être la plus pointue : en rappelant à quel point l’oisiveté est aussi une belle vertu.
http://www.dvdclassik.com/critique/alexandre-le-bienheureux-robert

C’est dans un charmant village (6) de Beauce, entre Illiers-Combray et Châteaudun, qu’Yves Robert a tourné en 1967 l’une de ses belles comédies, Alexandre le bienheureux...
https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/A-Alluyes-Alexandre-fait-bien-des-heureux-2015-08-14-1344257
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alluyes

- outre Les Copains (7) et Zazie dans le métro (8), c’est avec ce film que Philippe Noiret incarne son premier rôle principal au cinéma, après des années de seconds rôles.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Copains_(film)
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1985
- il s’agit du véritable premier rôle au cinéma pour Pierre Richard, qui collaborera plusieurs fois avec Yves Robert.
- notons qu’Yves Robert réitère ici avec succès l’alliance entre un fox-terrier espiègle et pétillant d’intelligence et son maître pour résister aux convenances, déjà brillamment mise en œuvre dans Ni vu, ni connu (9) dix ans plus tôt.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ni_vu,_ni_connu_(film)

Yves Robert
voir fiche du film La Guerre des boutons
http://www.citebd.org/spip.php?film730

Pierre Lévy-Corti
http://www.imdb.com/name/nm0529741/

René Mathelin
http://www.imdb.com/name/nm0558420/
voir aussi fiche du film Max et les ferrailleurs
http://www.citebd.org/spip.php?film798

Vladimir Cosma
voir fiche du film Les Compagnons de la pomponnette
http://www.citebd.org/spip.php?film1776

Philippe Noiret
voir fiche du film Zazie dans le métro
http://www.citebd.org/spip.php?film1985

Françoise Brion
voir fiche du film L’Eau à la bouche
http://www.citebd.org/spip.php?film1666

Marlène Jobert
Née le 4 novembre 1940 à Alger.
Avec des films comme Dernier domicile connu, Le Passager de la pluie ou avec Pialat Nous ne vieillirons pas ensemble (sans oublier La Guerre des polices), cette actrice aura marqué avec talent une bonne partie du cinéma français...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marl%C3%A8ne_Jobert

Paul Le Person
voir fiche du film Coup de tête
http://www.citebd.org/spip.php?film1970

Tsilla Chelton
voir fiche du film Bébert et l’omnibus
http://www.citebd.org/spip.php?film1989

Léonce Corne
Né Léonce Charles Corne le 18 mars 1894 à Beauvais, décédé le 31 décembre 1977 à Chartres.
http://www.imdb.com/name/nm0180115/

Pierre Richard
Né Pierre-Richard Defays le 16 août 1934 à Valenciennes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Richard

Jean Saudray
Né le 17 juillet 1928 à Bordeaux, décédé le 31 août 2002 à Roquebrune-Cap-Martin.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Saudray

Marcel Bernier
voir fiche du film Les Tontons flingueurs
http://www.citebd.org/spip.php?film1253

Bernard Charlan
voir fiche du film Bébert et l’omnibus
http://www.citebd.org/spip.php?film1989

Madeleine Damien
Née le 29 juin 1901 à Paris où elle est décédée le 28 juin 1981.
http://www.imdb.com/name/nm0198823/

Pierre Maguelon
voir fiche du film Bébert et l’omnibus
http://www.citebd.org/spip.php?film1989

François Vibert
Né Henri-François-Pierre Vibert le 7 septembre 1891 à Lyon et décédé le 23 mai 1978 à Montreuil-sous-Bois.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Vibert

Jean Carmet
voir fiche du film Le Sucre
http://www.citebd.org/spip.php?film1924

Kaly
http://lecturepourtous.blogspot.fr/2013/07/kaly-le-petit-chien-dalexandre-le.html

Antoinette Moya
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoinette_Moya

Marc Dudicourt
Né à Amiens le 6 mai 1932.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Dudicourt

Pierre Bellemare
Né le 21 octobre 1929 à Boulogne-Billancourt.
Il était déjà dans le poste avec l’Ortf quand on achetait son téléviseur dans les années 50...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bellemare

extrait(s) de presse

Télérama - Yves ­Robert peint, avec humour, une communauté paysanne pour ­laquelle il éprouve une vraie tendresse. Philippe Noiret incarne superbement cet Alexandre sympathique, possible cousin de monsieur Hulot. Un véritable film de fête.
Dvd classik - Quelque part entre Louis Pergaud et Marcel Aymé...
Sens critique - Charmante bouffée d'optimisme que cet "Alexandre le bienheureux" !
Chronique du cinéphile... - On est au fond pas très éloigné sur le fond du "Boudu sauvé des eaux" de Renoir...
Dvd pas cher - A noter d'excellents seconds rôles comme Jean Carmet, Paul Le Person ou Dominique Zardi, sans oublier Pierre Richard dont ce fut le premier vrai grand film en tant qu'acteur.
Doorama - A revoir sans modération.
Sos movies - La musique est bonne, l'ambiance bon enfant et l'on prend plaisir à prendre le temps de prendre le temps... "Alexandre le bienheureux" reste un bon moment de cinéma sans aucune prise de tête.
Télé 7 jours - Un épatant éloge de la paresse avec un Philippe Noiret superbe de nonchalance en hédoniste un brin anar face à la stupidité et la mesquinerie des gens dits normaux.