love 3d - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > love 3d

love 3d

France - 2015 - 2h14
sorti en France le 15 juillet 2015
présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2015
interdit aux moins de 18 ans - séance 3D
film - version originale sous-titrée en français
de

Gaspar Noé

scénario : Gaspar Noé
direction de la photographie : Benoît Debie
avec : Karl Glusman (Murphy), Aomi Muyock (Electra), Klara Kristin (Omi), Juan Saavedra (Julio), Gaspar Noé (Noé), Isabelle Nicou (Nora), Vincent Maraval (lieutenant Castel), Déborah Révy (Paula), Stella Rocha (le transsexuel), Xamira Zuloaga (Lucile), Ugo Fox (Gaspar), Benoît Debie (le chaman)
séances : semaine du mercredi 11 octobre 2017
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
21:00*
séance spéciale :
* séance exceptionnelle dans le cadre du festival Courant 3D - tarif unique 2,50 €

synopsis

Murphy, étudiant en école de cinéma a quitté Electra avec qui il est resté pendant deux ans, avant de lui être infidèle avec une autre femme, Omi, qui tombe alors enceinte de Murphy. Un 1er janvier, au réveil, la mère d'Electra, Nora, appelle Murphy pour lui demander s'il a des nouvelles de la jeune femme, parce qu'elle n'en a pas depuis un certain temps, et que, compte tenu des tendances suicidaires de sa fille, elle est vraiment inquiète...

notes de production

L’annonce de la présentation de Love en sélection officielle à Cannes (1) a suscité un mélange d’excitation et d’hostilité. Il faut dire que le réalisateur est un habitué des polémiques cannoises. La présentation d’Irréversible (2) en 2002 avait provoqué l’indignation pour sa scène de viol interminable et sa violence extrême. Plus récemment, Enter the void (3) présenté également au célèbre Festival avait aussi fait souffler un vent de scandale sur la croisette en raison des scènes de prises de drogues et de sexe.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2015
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Irr%C3%A9versible_(film)
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film433

Producteur mais également acteur du film, Vincent Maraval a une réputation pour le moins sulfureuse. Il est notamment à l’origine de deux films ayant marqué les précédentes éditions du Festival de Cannes en raison de leurs scènes chocs : La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (4) et Welcome to New York d’Abel Ferrara (5).
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1101
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Welcome_to_New_York_(film)

Le film a cette particularité que les scènes de sexe que l’on y trouve n’ont pas été simulées. Un choix qui a d’abord dérouté l’acteur principal, Karl Glusman. Tourner des scènes de sexe non simulées n’est pas une première et parmi les célèbres films ayant choisi ce type de procédé, citons L’inconnu du lac (6) de Alain Guiraudie.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Inconnu_du_lac

Love a été tourné en 3D (7). C’est le chef opérateur du film, Benoït Debie ayant souvent collaboré avec Gaspar Noé, qui a suggéré à ce dernier de tourner de cette manière. Ici, l’utilisation de la 3D est littéralement mise au service du film notamment lors d’un passage d’éjaculation ayant énormément fait parler de lui lors de sa présentation cannoise.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_en_relief

Expert dans l’art de la provocation, Gaspar Noé a choisi deux visuels pour promouvoir son film. Le premier, celui utilisé pour le présenter de manière officielle fait état de trois langues s’embrassant tandis que la seconde, censurée et visible uniquement sur internet, montre un pénis en érection devant un sein.

Love a cette particularité d’avoir été montré tout d’abord en sélection officielle en séance de minuit avant d’être présenté le lendemain à la presse. Le caractère sulfureux du film ainsi que le fait qu’il n’avait jamais été montré auparavant a eu pour conséquence de provoquer une énorme cohue à l’entrée du palais des festivals, à tel point que certaines personnes qui disposaient de billets n’ont pas pu rentrer dans la salle.

Avec Love, Gaspar Noé s’est défendu de vouloir faire de la provocation gratuite. Au contraire, le postulat du cinéaste était assez clair puisque ce dernier voulait faire un mélodrame contemporain à travers l’histoire de ce triangle amoureux entre ces jeunes gens.

Si Gaspar Noé a déjà marqué le Festival de Cannes de son empreinte, ce n’est pas le seul. Le Festival a, au cours de son histoire, battu à de nombreuses reprises au rythme de différents scandales provoqués par des films comme La Grande bouffe (8) de Marco Ferreri en pleine France pompidolienne (9) ; Sous le soleil de Satan (10) dont la remise de la Palme d’or à son réalisateur en 1987 fut accueillie par des huées ou encore les propos antisémites de Lars Von Trier lors de la conférence de presse de Melancholia (11) en 2011.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Bouffe
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Pompidou
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sous_le_soleil_de_Satan_(film)
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film739

Klara Kristin a obtenu son rôle de manière peu commune... Au moment où le projet était en préparation, Gaspar Noé se trouvait en boite de nuit lorsqu’il vit la demoiselle danser. Il l’aborda, lui parla du film et nota son numéro de téléphone. Le lendemain, le réalisateur lui téléphona mais Klara Kristin ne se souvenait plus de cette rencontre...

Gaspar Noé aime le cosmopolitisme. D’origine argentine, celui qui avait tourné Enter the void (3) à Tokyo et participé au film à sketches 7 Jours à la Havane (12) dans la capitale cubaine, a cette fois-ci posé tourné à Paris mais en anglais et avec un casting international puisque Karl Glusman est américain, Aomi Muyock vient de Suisse tandis que Klara Kristin est danoise.
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film836

Aron Pages n’est autre que Gaspar Noé affublé d’une perruque. Dans une interview accordée à FilmoTV15, il explique que face à l’impossibilité de trouver le bon acteur pour interpréter le personnage du galeriste, Gaspar Noé a eu l’idée de jouer le rôle de Noé lui-même, bien que le personnage porte son nom. Dans le générique du film, son rôle est crédité au nom d’Aron Pages, qui n’est rien d’autre qu’un anagramme de Gaspar Noé. En revanche, c’est le nom de Jean Couteau qui apparaît dans le dossier de presse du film.

L’idée du film était déjà présente, quoique non-aboutie, quand Gaspar Noé l’a proposé à Vincent Cassel et Monica Bellucci. Ces deux derniers s’étaient engagés pour le tournage avant de renoncer, par peur d’une trop grande exposition de leur vie intime. C’est de ce refus qu’est né le film Irréversible (2), notamment dans la mesure où le tournage avait déjà été financé. Ainsi, les liens entre les deux films s’expliquent : ils ont été conçus à la même période.

Vincent Maraval, qui joue le rôle du lieutenant Castel, est le producteur du film.
Le rôle du chaman qui fait prendre de l’ayahuasca aux personnages principaux est assuré par Benoît Debie, chef opérateur du film et collaborateur fidèle de Gaspar Noé.
Gaspar Noé explique par ailleurs que les prénoms de certains personnages sont liés à sa propre famille : Julio est son deuxième prénom, Murphy est le nom de jeune fille de sa mère et Nora son prénom, le chaman porte le surnom de son père (Yuyo), Paula est le prénom de sa sœur et Lucile celui de sa compagne.

Aux alentours du 20 juin 2015, le film est une première fois évalué par la Commission de classification des œuvres cinématographiques et obtient une interdiction aux moins de seize ans avec avertissements. Le 26 juin 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin réclame un second visionnage pour que la classification soit réévaluée à la hausse. Le producteur et distributeur de film, Vincent Maraval, craint que cette demande soit faite par peur qu’une plainte soit déposée par l’association Promouvoir (13), déjà responsable de la suppression du visa d’exploitation de Saw 3D (14) et fortement impliquée dans la polémique de Baise-moi (15). En soutien à cette réclamation, la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (Arp) ainsi que la Ligue des droits de l’homme et du citoyen (Ldh) signent plusieurs communiqués de presse. En juillet 2015, Love obtient finalement son visa d’exploitation et la commission attribue une nouvelle fois une interdiction aux moins de seize ans avec avertissements.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Promouvoir_(association)
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Saw_3D_:_Chapitre_final
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Baise-moi_(film)
Quelques jours seulement après la sortie française du film, un référé est déposé par Promouvoir, demandant une interdiction plus sévère, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans10. L’association obtient son interdiction aux moins de 18 ans devant le tribunal administratif de Paris11. Même si l’ordonnance montre que la Ldh a défendu le film, l’État est condamné à verser 1 000 euros à Promouvoir en vertu de l’article L.761-1 du code de justice administrative (16).
(16) https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070933&idArticle=LEGIARTI000006449380
Le ministère de la Culture a déposé un recours auprès du Conseil d’État contre cette décision. À la suite de l’audience publique qui s’est tenue le 14 septembre 2015, le verdict rendu le 30 septembre 2015 confirme la décision du tribunal administratif de Paris. Le film Love est finalement interdit aux moins de 18 ans, sans toutefois être classé X (17).
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_X

Film frondeur, film libérateur, film physique et film profondément aimanté par l’appel de la peinture de la vie, Love est en un sens une œuvre importante. Il pourra par moments paraître un peu pompeux ou prétentieux mais il s’efforce juste à remettre le cinéma avec un grand C (comme cinéphilie) au centre des choses, sans verser dans la provocation gratuite malgré ses scènes de sexe non simulées, mais nouant au contraire son cœur, autour d’un triangle amoureux porteur et authentique.
http://mondocine.net/love-blu-ray-3d/#

Gaspar Noé
voir fiche du film 7 jours à la Havane
http://www.citebd.org/spip.php?film836

Benoît Debie
voir fiche du film Lost river
http://www.citebd.org/spip.php?film1436

Karl Glusman
voir fiche du film The Neon demon
http://www.citebd.org/spip.php?film1718

Aomi Muyock
http://www.imdb.com/name/nm7312806/

Klara Kristin
http://www.imdb.com/name/nm7312807/

Vincent Maraval
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Maraval

Déborah Révy
Née à Lyon le 10 mars 1987.
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9borah_R%C3%A9vy

Stella Rocha
http://www.imdb.com/name/nm1851991/

Xamira Zuloaga
http://www.imdb.com/name/nm7476967/

extrait(s) de presse

Paris match - (...) "Love" (...) n'est pas un manifeste transgressif pour le plaisir mais bien un grand mélo mélancolique sur la dissolution d'une passion et son deuil impossible. Une déambulation psychique dans les méandres d'un amour perdu.
Positif - Si le sexe en est bien une composante essentielle, "Love" est plus proche de "Nymphomaniac" de Lars Von Trier que de Marc Dorcel. Peu importe que certaines scènes aient été simulées et d'autres non. Ce qui compte, c'est que ces séquences sont magnifiquement filmées, le plus souvent en plan général.
Charlie hebdo - L'utilisation de la 3D, transformée en argument platement promotionnel d'un porno immersif, n'est jamais aussi belle que lorsque Noé se contente de caresser ses personnages (...) comme si le relief créait autour d'eux un cocon indéfinissable que l'extérieur menaçait à tout moment de briser.
Cinéma teaser - Ni provoc', ni trash, "Love" est une puissante expérience de mélancolie ultime.
Critikat - Repoussant aussi pesamment que d’habitude les formes du cinéma mental, Gaspar Noé ne réussit rien aussi bien que l’incarnation sensorielle de la passion charnelle et surtout de son manque...
Culturebox - Choc mais pas toc, "Love" tient sa promesse de mélodrame sexuel. Le goût de Gaspar Noé pour la provocation ne doit pas cacher son talent.
Le Parisien - On peut être surpris, voire choqué par certaines images, mais il se dégage de cette tranche d'existence intimiste davantage de mélancolie que d'extase sulfureuse. Et certaines séquences magnifiquement filmées -- par exemple le long travelling dans le parc des Buttes-Chaumont -- sont d'une renversante poésie.
L'Express - Noé démontre une fois encore qu'il est, sans conteste, un metteur en scène brillant à l'univers violemment intimiste.