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péril en la demeure

France - 1985 - 1h40
sorti en France le 13 février 1985
César 1986 du meilleur réalisateur (Michel Deville), du meilleur montage (Raymonde Guyot)
film - film francophone
de

Michel Deville

scénario : Michel Deville, Rosalinde Damamme
d'après l'oeuvre de : René Belletto
direction de la photographie : Martial Thury
musique ou chansons : Brahms, Granados, Schubert
avec : Christophe Malavoy (David Aurphet), Nicole Garcia (Julia Tombsthay), Michel Piccoli (Graham Tombsthay), Anémone (Edwige Ledieu), Richard Bohringer (Daniel Forest), Anaïs Jeanneret (Viviane Tombsthay), Jean-Claude Jay (le père), Hélène Roussel (la mère), Elisabeth Vitali (la barmaid), Franck de La Personne (dealer de guitare), Daniel Vérité (l'agresseur)
séances : semaine du mercredi 18 octobre 2017
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
18:30*
séance spéciale :
* rétrospective "Gaumont et merveilles" - tarif 3,50 €

synopsis

David Aurphet, un professeur de guitare vaguement paumé se voit sollicité pour donner des cours à Viviane Tombsthay la fille d'un couple très aisé. L'épouse, Julia, poursuit David de ses assiduités. Il succombe facilement. Le couple semble vivre un adultère banal lorsque David reçoit par la poste une cassette vidéo où sont enregistrés ses ébats intimes avec Julia...

notes de production

Le titre britannique du film est Death in a french garden (Mort dans un jardin français). Sans aucun rapport avec le titre français, c’est un clin d’œil du distributeur britannique en réponse à la sortie française, quelques mois auparavant, du film de Peter Greenaway (1), The Draughtsman’s contract (Le Contrat du faiseur d’esquisses) sous le titre : Meurtre dans un jardin anglais !
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Meurtre_dans_un_jardin_anglais

Le scénario est adapté du roman Sur la terre comme au ciel (2) de René Belletto.
(2) http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Sur-la-terre-comme-au-ciel

(...) Péril en la demeure, très bon film au demeurant, est un peu du Deville au carré, voire même au cube. Au lieu de deux personnages principaux, il en propose ici une galerie de six, au lieu d’un compositeur classique habituellement choisi, il en a convoqué trois, les moments musicaux de Schubert côtoyant les danses espagnoles de Granados ainsi qu’un des splendides trios de Brahms (que l’on retrouve entre autres lors du générique du début). Tous ces morceaux sont magnifiquement utilisés, Schubert ayant même été superbement adapté à la guitare par Alexandre Lagoya (3) : les oreilles comme les yeux sont donc à la fête ! Quant aux personnages principaux, ils sont donc au nombre de six, tous avec leur étrangeté et pas mal de zones d’ombre, leurs motivations n’étant jamais bien claires, ne sachant jamais vraiment s’ils mentent ou disent la vérité. Ces zones d’ombre, leur voyeurisme maladif et divers mystères de leurs vies et personnalités respectives font que nous avons du mal à les cerner et qu’il nous arrive de ne pas être certains d’avoir tout compris ; ce qui vient contrebalancer l’invraisemblance apparente des situations, ce flou leur conférant un mystère peu déplaisant et qui laisse planer le doute jusqu’au bout, certains points demeurant très confus même après le dénouement. Le protagoniste qui est de tous les plans, c’est David Aurphet, professeur de français et de guitare qui va se trouver embarqué dans une histoire rocambolesque, pris entre une mangeuse d’hommes, son inquiétant époux, leur jeune nymphomane de fille, un tueur à gages et une photographe voyeur. Maladroit, naïf et un peu bohème (en lieu et place de pain ou d’un couteau, il se sert de deux carreaux de chocolat pour s’aider à manger son œuf au plat), il semble passer au travers de tout ce qui lui arrive avec une douce circonspection, s’accommodant des bons côtés (le sexe et l’amitié), arrivant à éviter le pire pour lui, s’en sortant même non seulement sans égratignures mais en ayant tout gagné sans que je ne vous dévoile de quoi il pourrait s’agir. Christophe Malavoy, pour son premier rôle principal, s’en sort avec les honneurs, sa maladresse de jeune comédien convenant tout à fait à l’attachant personnage de David, objet de désir pour quasiment tout ceux qui le rencontrent ici, aussi bien les hommes que les femmes, malgré son aspect dégingandé et son duffle-coat fatigué qu’il ne quitte quasiment jamais, s’en servant même comme robe de chambre...
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Lagoya
Péril en la demeure a beau s’avérer un polar fascinant, trouble et tordu, un thriller érotique pervers à la précision diabolique où l’atmosphère et le climat comptent plus que l’intrigue, on comprend parfaitement pourquoi Michel Deville disait avoir voulu en faire une comédie. Malgré l’amoralité du propos et les passions vénéneuses mises en place, l’ensemble reste néanmoins relativement léger, parfois même vaudevillesque et théâtral, grâce à un ton très ludique, à un montage très rythmé, fluide et savant ainsi qu’ à une mise en scène constamment inventive, élégante, raffinée et virtuose. Le film gagna d’ailleurs les César (4) du meilleur monteur (Raymonde Guyot) et du meilleur réalisateur. Un film brillamment interprété, savamment mis en scène, esthétiquement très raffiné mais cependant un peu trop mécanique et inégal sur la longueur faute à un scénario manquant singulièrement d’enjeux dramatiques et d’épaisseur. Néanmoins, il serait dommage de bouder notre plaisir devant ce film très soigné et au charme pernicieux ; il a largement de quoi nous en procurer ! Cependant, il n’est pas interdit de lui préférer un des autres films noirs de Michel Deville, tourné plus tard et qui n’aura pas le même succès ni public ni critique, le sombre Toutes peines confondues (5) avec un exceptionnel Patrick Bruel.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/11e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_C%C3%A9sar
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Toutes_peines_confondues_(film)
http://www.dvdclassik.com/critique/peril-en-la-demeure-deville

Michel Deville
Né le 13 avril 1931 à Boulogne-Billancourt.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Deville

Rosalinde Damamme
http://www.imdb.com/name/nm0222553/

René Belletto
Né à Lyon le 11 septembre 1945.
Surtout connu pour ses romans policiers, primés à plusieurs reprises...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Belletto

Martial Thury
http://www.imdb.com/name/nm0862279/

Johannes Brahms
Né le 7 mai 1833 à Hambourg, décédé le 3 avril 1897 à Vienne.
Nn des plus importants musiciens de la période romantique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Brahms

Enrique Granados
Né Enrique Granados y Campiña le 27 juillet 1867 à Lleida, décédé en mer le 24 mars 1916.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Enrique_Granados

Franz Schubert
Né le 31 janvier 1797 à Vienne où il est décédé le 19 novembre 1828.
Un des plus grands compositeurs du XIXe siècle et le maître incontesté du lied...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Schubert

Christophe Malavoy
Né le 21 mars 1952 à Reutlingen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Malavoy

Nicole Garcia
voir fiche du film Gare du nord
http://www.citebd.org/spip.php?film1132

Michel Piccoli
voir fiche du film Holy motors
http://www.citebd.org/spip.php?film852

Anémone
voir fiche du film Rosalie Blum
http://www.citebd.org/spip.php?film1651

Richard Bohringer
voir fiche du film Une Histoire d’amour
http://www.citebd.org/spip.php?film969

Anaïs Jeanneret
Née Valérie Jeanneret à Paris le 11 mai 1967.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ana%C3%AFs_Jeanneret

Jean-Claude Jay
http://www.imdb.com/name/nm0419599/

Hélène Roussel
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Roussel

Elisabeth Vitali
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Vitali

Franck de La Personne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Franck_de_Lapersonne

Daniel Vérité
http://www.imdb.com/name/nm0904989/

extrait(s) de presse

Télérama - Le charme sulfureux de ce film, superbement interprété, vient de ce qu'il constitue un traité des passions vénéneuses, tout en préservant le mystère des corps.
Télé loisirs - Ce thriller psychologique au suspense intense est aussi chargé d'une sensualité palpable. L'interprétation est remarquable.
The Movie freak - Jamais là où l’attend, toujours en recherche d’audace et d’innovation, le cinéma de Michel Deville s’avère l’un des plus brillants et irremplaçables de ces 50 dernières années.
Ecran large - "Péril en la demeure" est un polar à l'atmosphère très particulière. On retrouve la même ambiance que tente de distiller Michel Deville dans ses films depuis la fin des années 1970.
Plan séquence - C'est simple, le film parvient à être inventif dans chaque plan, chaque scène, chaque raccord. Deville ose tout, et a d'ailleurs eu les césars des meilleurs réalisateur et monteur. Il y a un rythme, une finesse, un appaisement, une richesse dans les dialogues, c'est un bonheur de chaque instant.
Culture et débats - "Péril en la demeure", c'est également l'exploration de thèmes aussi différents que la communication et le voyeurisme. Le vaudeville donne ici naissance au ravissement.
Jean regarde des films - Le film n'a donc pas vieilli parce que Deville a eu l'idée de ne pas dater ses personnages (tenues intemporelles), parce que son scénario n'a rien à voir avec les années 1980...
Dvd pas cher - Très bien mis en scène, Péril en la demeure bénéficie également d'un scénario bien tordu, où l'on se demande bien jusqu'à la fin, comment tout cela va se terminer...