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sonita

Allemagne, Iran, Suisse - 2016 - 1h31
sorti en France le 12 octobre 2016
grand prix du jury festival de Sundance 2016
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Rokhsareh Ghaem Maghami

scénario : Rokhsareh Ghaem Maghami
direction de la photographie : Behrouz Badrouj, Ali Mohammad Ghasemi, Mohammad Haddadi, Arastoo Givi, Torben Bernard, Parviz Arefi, Ala Mohseni
musique ou chansons : Moritz Denis
avec : Sonita Alizadeh (elle-même), Rokhsareh Ghaem Maghami (elle-même)
séances : semaine du mercredi 27 septembre 2017
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
20:30*
séance spéciale :
* soirée-débat en partenariat avec la Mpp (Maison des peuples et de la paix) - tarif préférentiel 3,50 €

synopsis

Si Sonita, 18 ans, avait eu son mot à dire, elle aurait comme parents Michael Jackson et Rihanna. Réfugiée afghane clandestine en Iran, elle habite depuis dix ans dans la banlieue pauvre de Téhéran. Sonita rêve de devenir une artiste, une chanteuse en dépit des obstacles auxquelles elle est confrontée en Iran et dans sa famille. En effet sa mère lui réserve un tout autre destin : celui d’être mariée de force et vendue pour la somme de 9000 dollars. Mais Sonita n’entend pas se soumettre : téméraire et passionnée, elle bouscule les codes de cette culture conservatrice et décide de se battre pour vivre sa vie...

notes de production

Rokhsareh Ghaem Maghami a rencontré Sonita grâce à sa cousine qui travaillait comme animatrice sociale au sein d’une organisation non gouvernementale, House of affection, qui milite auprès des enfants des rues. La cinéaste se rappelle : elle m’a parlé de Sonita, de son projet de faire de la musique et de son besoin d’établir des connections dans ce milieu. J’ai alors rencontré Sonita. Elle était très ambitieuse. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à elle. Peu de temps après j’ai eu envie de faire un documentaire. Ce qui m’intéressait chez Sonita c’était qu’elle nourrissait beaucoup de rêves. Je ne voyais aucun avenir pour elle. Son destin tragique m’interpellait. Même si le gouvernement iranien la reconnaissait comme citoyenne, le gouvernement afghan, lui, ne la reconnaissait pas ! Elle ne pouvait pas obtenir de pièce d’identité, ni aucun papier. Elle ne pouvait pas non plus aller à l’école, ni voyager. Elle ne pouvait rien faire.

A l’origine, Rokhsareh Ghaem Maghami voulait faire un film qui aborde la situation difficile des jeunes immigrants en Iran, pour la plupart abandonnés à leur sort par leurs parents une fois la frontière passée. La réalisatrice a ensuite plutôt souhaité suivre Sonita dans sa vie en observant ce qu’elle faisait de ses rêves. Elle explique : je ne voulais pas spécialement engager le sujet du mariage forcé. Je savais que c’était une tradition courante en Afghanistan, mais ce n’était pas le sujet de mon film. J’étais plus focalisée sur les sujets de la discrimination, l’éducation et la justice mais par la force des événements, ce thème est devenu central.

Si ce n’était pas, à l’origine, une volonté de sa part, Rokhsareh Ghaem Maghami est devenue un personnage de son propre documentaire. Elle confie : effectivement, je ne voulais pas apparaître dans le film. C’est pour cela qu’on fait le choix de devenir réalisateur de documentaire, parce qu’on veut filmer d’autres personnes. Mais quand j’ai vu que l’ong n’allait pas lui venir en aide, j’ai pensé que c’était important de le faire… Je devais réfléchir au processus de production et avant toute chose à la décision que je voulais prendre. C’est alors qu’il m’a semblé nécessaire que j’apparaisse dans le film, de devenir un personnage, autrement, cela aurait été très étrange que ses problèmes soient résolus de façon magique. Il n’y avait pas d’autres choix. J’y ai longuement réfléchi. J’étais convaincue que nous ne pouvions pas juste enregistrer, nous devions intervenir.

Sonita explique qu’elle ne voulait pas spécialement devenir rappeuse mais qu’elle a choisi ce style musical parce qu’il est, selon elle, le plus adapté à faire partager son message. Elle poursuit : c’était désormais mon tour après avoir été celui de mes sœurs d’être vendue, mariée de force, au nom de la tradition. C’est une chose courante dans mon pays. Malgré tout j’aime certaines traditions en Afghanistan, j’ai grandi avec. Mais je n’aime pas toutes les traditions, comme celles qui consistent à vendre les filles. Ils ne se rendent pas compte à quel point c’est horrible ! J’étais choquée… Je n’arrivais pas à le croire. J’allais devoir abandonner tous mes rêves, mon école, tout…. Mes amies. Je n’arrivais pas à le croire quand m’est venue cette solution : j’étais dans le pétrin, j’analysais la difficulté de ma situation et à ce moment-là j’écoutais un morceau de rap. J’avais déjà écouté du rap avant mais sans vraiment y prêter attention. C’est là que j’ai réalisé que je pouvais utiliser le rap pour changer la société et j’ai trouvé que c’était le meilleur moyen pour partager un message important.

Sonita est parvenue à trouver du soutien auprès de ses amis, d’une ong et de la réalisatrice, qui l’ont aidé en donnant de l’argent à sa mère, laquelle est rentrée en Iran. Ensuite, le jeune femme a écrit la chanson Brides for sale qui concentre toutes les émotions qu’elle ressentait. Aujourd’hui, sa relation avec sa famille s’est améliorée.

Sonita confie : je suis très heureuse d’avoir fait ce documentaire. Pas seulement parce que j’en ai échappé, mais aussi parce que cela m’a permis de prouver qu’on peut refuser le mariage d’enfant et que si on a confiance en soi, on peut être fort et y arriver. Je voudrais que le monde entier voie ce film pour montrer aux familles que les filles ont du pouvoir, qu’elles peuvent construire leur avenir et aussi soutenir leurs parents. J’ai une vie meilleure désormais, mais je reste attristée, car je garde en mémoire des images de mes amies, de ma sœur et d’autres filles qui portent des ecchymoses sur leurs visages. Ce film montre le passage le plus triste de ma vie. Mon but est d’en finir avec le mariage forcé des enfants dans mon pays et ailleurs dans le monde, de travailler avec les organisations et d’autres personnes qui se battent pour cette cause.

Rokhsareh Ghaem Maghami
http://www.imdb.com/name/nm5090090/

Moritz Denis
http://www.imdb.com/name/nm1326736/

Sonita Alizadeh
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonita_Alizadeh

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - L'approche de Rokhsareh Ghaem Maghami donne au film une dimension passionnante, inattendue. Et lui confère une puissance de conviction émouvante.
Critikat - Il faut aller voir "Sonita", parce qu’elles se sont battues pour la rendre visible.
Le Figaro - Sonita, adolescente aghane réfugiée en Iran, brave les interdits pour se lancer dans une carrière de rappeuse militante. Elle dénonce le mariage forcé qui la menace dans un clip formidable, d’une énergie déchirante. Un beau portrait, primé au Festival de Sundance.
Télérama - Une belle histoire de solidarité, rassurante, que Rokhsareh Ghaem Maghami prend soin de nous montrer pour ce qu'elle est : une exception.
àVoir-àLire - "Sonita" est une œuvre hybride, aussi émouvante que problématique.
La Croix - Le combat de Sonita pour échapper à son sort devient celui de l’équipe du film. Le champ de la caméra s’élargit et la prière adressée à sa famille par la jeune fille, dans un rap bouleversant, résonne longtemps dans l’esprit du spectateur.
Les Inrocks - Si le film vaut surtout pour la personnalité hors norme de cette rappeuse grande gueule, qui concilie sa croyance et ses désirs de liberté, il jette aussi un regard passionnant sur la pop-culture, décrite comme le langage universel des rébellions teen.
Positif - Le courage farouche de cette jeune artiste ainsi que ses tiraillements entre le respect des traditions et ses aspirations d'indépendance offrent en outre de beaux moments d'émotion et de réflexion...