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faute d’amour

Nelyubov
Russie, France, Belgique, Allemagne - 2017 - 2h08
sorti en France le 20 septembre 2017
prix du jury Cannes 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Andrey Zvyagintsev

scénario : Andrey Zvyagintsev, Oleg Negin
direction de la photographie : Mikhaïl Krichman
musique ou chansons : Evgeny Galperine
avec : Maryana Spivak (Zhenya), Aleksey Rozin (Boris), Matvey Novikov (Alyosha), Marina Vasilyeva (Masha), Andris Keiss (Anton), Alexey Fateev (le coordinateur), Sergeï Borisov (policier), Natalia Potapova (mère de Genia), Anna Gouliarenko (mère de Masha), Artyom Jigoulin (Kouznetsov), Maxim Solopov (père de Kouznetsov), Sergeï Badichkine (le copain de Boris au bureau), Tatiana Riabokone (agente immobilière), Evguenia Dmitrieva (styliste)
séances : semaine du mercredi 20 septembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 27 septembre 2017
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 8 novembre 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
20:45

synopsis

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse...

notes de production

Andrey Zvyagintsev avait depuis longtemps en tête cette idée d’un couple qui, après une douzaine d’années de vie commune, s’éloigne et finit par tomber dans un abîme. Le metteur en scène a ensuite découvert l’existence du mouvement Lisa alerte (1) créé en 2010, composé de volontaires bénévoles qui cherchent les personnes disparues de tous âges, des enfants aux seniors. Il se rappelle : en 2016, « Lisa alerte » a été sollicitée pour retrouver 6 150 personnes, dont 1 015 enfants. C’était exactement ce que je cherchais, une interaction entre deux motivations qui nous animaient : l’explosion d’une famille et une histoire qui nous appartienne. Il fallait aller de l’avant, car on piétinait avec notre projet de remake comme avec nos projets à gros budget. Oleg a donc écrit un synopsis de deux pages, que j’ai transmis à Alexandre Rodnianski. Il a tout de suite dit banco et nous avons lancé la machine sur la base de ces deux pages. Le tournage a débuté le 5 septembre 2016.
(1) https://fr.rbth.com/ps/2017/07/26/comment-la-russie-cherche-les-personnes-disparues_811217

Andrey Zvyagintsev a choisi de situer l’intrigue de Faute d’amour à Moscou pour une question de statut social : La famille du film ne manque de rien, mais n’est pas riche pour autant. Le réalisateur développe : Genia gère un institut de beauté, Boris est commercial, ils vivent confortablement. Malgré ce confort, l’enfant fugue ou disparaît, ce qui renforce la dissonance. Au départ, on s’était imaginé tourner les extérieurs à Saint-Pétersbourg, mais Andreï Pankratov, mon chef-décorateur, a très vite trouvé ce ravin (Skhodnenski Kovch) en périphérie de Moscou. Moi, ce que je voulais, c’est que ce soit une grande métropole, peu m’importait que ce soit Moscou ou Saint-Pétersbourg. Mais ce ravin avec la rivière en contrebas, cette forêt et les immeubles qui les entourent, m’ont paru parfaits. D’autant plus que les volontaires de « Lisa alerte » (1) m’ont dit que les enfants étaient attirés par l’eau et souvent s’y noyaient. J’avais donc envie de montrer la sortie de l’école du garçon qui longe cette nature pour rentrer chez lui. Je me disais que cette coexistence des immeubles, de la vie citadine et de la nature jouerait un rôle et que le voir marcher seul avec cette forêt en arrière-plan aurait un impact sur le spectateur.

Andrey Zvyagintsev tourne presque toujours les intérieurs de ses films en studio parce que, de la sorte, il est moins difficile d’inventer l’espace et de décider de son aménagement pour qu’il colle à la dramaturgie de l’histoire. Le cinéaste précise : on a procédé comme pour Elena (2) où on avait aussi construit l’appartement en studio de manière à ce que la caméra puisse embrasser la totalité de l’espace d’emblée. Et, de plus, on accroche un « soleil » derrière la fenêtre et il luit durant les douze heures de tournage !
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film788

C’est la troisième fois que Andrey Zvyagintsev travaille avec le comédien Alexeï Rozine. Au début, le metteur en scène ne savait pas s’il correspondrait vraiment au profil de Boris. Il précise : "Il a donc passé des essais, au même titre que bon nombre d’autres acteurs, jusqu’à ce que je finisse par me dire qu’il saurait appréhender ce rôle, qu’il saurait être différent des personnages qu’il avait incarnés dans Elena (2) et Leviathan (3). J’aimais son côté passe-partout, sans prétention, son côté Russe moyen, ni beau ni laid, aux antipodes de l’amant héroïque : un citadin tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec une petite bedaine, qui s’ennuie avec les siens."
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1319

Faute d’amour décrit une société russe dans laquelle prédominent égoïsme et individualisme. Pour Andrey Zvyagintsev, ce constat est à mettre en parallèle avec le capitalisme qui voit sans cesse l’autre comme un concurrent et non un camarade : cette concurrence est plus aiguë en Russie qu’en Occident, dans des pays tout aussi capitalistes. Je ne sais pas pourquoi nous sommes si différents de vous dans des contextes analogues.

Andrey Zvyagintsev montre clairement, dans Faute d’amour, la carence de l’État et le fait que la société, devant ce manque, décide de se prendre en mains et de chercher elle-même l’enfant. Le réalisateur confie : il ne s’agit aucunement d’un appel révolutionnaire à s’unir, mais ce sont les signes de la prise de conscience de la société civile. Les gens savent que la police est indifférente face à ces disparitions. « Mon » policier est quelqu’un de particulièrement gentil : il donne des conseils utiles à Genia, lui dit qu’ils ne feront rien eux-mêmes. En vérité, à de rares exceptions près, la police ne fait strictement rien : elle est là pour séparer le pouvoir des gens. Elle protège celui-là de ceux-ci.

Pour trouver l’enfant, Andrey Zvyagintsev en a vu deux cent cinquante, après avoir lancé un casting à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Je ne leur faisais pas répéter une scène, d’autant plus que l’enfant n’a quasiment pas de répliques. Je discutais avec eux. Lorsqu’il n’en restait plus que quelques-uns, je leur ai donné un exercice à faire : je leur disais de se mettre dans un coin et de pleurer. Je leur ai demandé de penser à une chose très triste, la perte d’un être cher ou une situation qu’ils voudraient ne jamais vivre. C’est tout. Et Matveï Novikov s’en est tiré haut la main, se rappelle le cinéaste.

Entretien avec Andrey Zvyagintsev
Pensez-vous que l’absence d’amour se transmette de génération en génération ? L’image de la mère de Genia semble donner des clés sur le comportement de cette dernière. Je sais que les psychiatres utilisent une expression : « le scénario qu’écrivent les parents à leurs enfants ». Ils l’écrivent par leur seul comportement, leur seul rapport à la vie… On transfère sur soi le regard qu’ont porté nos parents sur celle-ci. Cela laisse des traces… Cependant, je ne veux pas me laisser entraîner à dire qu’on hérite de nos parents l’absence d’amour, fût-elle bien réelle. Je ne veux pas dire qu’on est dans la répétition permanente et que nos parents sont à l’origine de tous nos comportements : on ne peut pas toujours se référer à eux, l’homme est responsable de lui-même devant lui-même. Par ailleurs, dès lors que le pays où l’on vit n’est pas un pays libre, qu’on y étouffe, qu’on y est à l’étroit, qu’on ne donne pas aux gens la possibilité de se développer, de vivre paisiblement, confortablement, protégés par des lois, il va de soi que cela a un impact sur nos actes...
http://distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-prochainement/faute-amour.html

Andrey Zvyagintsev
voir fiche du film Elena
http://www.citebd.org/spip.php?film788

Oleg Negin
http://www.imdb.com/name/nm2697466/

Mikhaïl Krichman
Né à Moscou le 17 juin 1967.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Kritchman

Evgeny Galperine
http://www.imdb.com/name/nm1342398/

Maryana Spivak
http://www.imdb.com/name/nm3539159/

Aleksey Rozin
http://www.imdb.com/name/nm3729612/

Marina Vasilyeva
http://www.imdb.com/name/nm6934859/

Andris Keiss
http://www.imdb.com/name/nm1213235/

Alexey Fateev
http://www.imdb.com/name/nm6730651/

Sergeï Borisov
http://www.imdb.com/name/nm5347629/

extrait(s) de presse

Télérama - Durant de longues minutes, le cinéaste filme, avec un effroi visible, un face-à-face extraordinaire entre deux femmes qui ferait passer l’affrontement, dans "Sonate d’automne" de Bergman, d’Ingrid Bergman avec Liv Ullmann, pour une aimable bluette destinée à la Bibliothèque rose. Moment absolument terrifiant…
Lci - Un drame visuellement splendide, d'une violence sourde, véritable charge au vitriol contre la société contemporaine...
L'Express - On sort de "Faute d'amour", le coeur glacé. Et l'envie de réchauffer ses proches en tête. C'est ça, un grand film...
Le Monde - (...) "Faute d’amour" se déploie comme un grand poème triste, une déploration sincère...
Paris match - La démonstration est implacable et si l'émotion est longtemps refoulée, difficile d'oublier le cri d'effroi de Zhenya, ce très beau personnage féminin qui rappelle beaucoup celui d'«Elena», précédent film d'Andreï Zviaguintsev dont elle pourrait être la voisine de palier.
La Croix - Le réquisitoire glacé que livre Zviagintsev, avec toujours la froideur et la maîtrise implacable de ses exposés, dépasse la pénible inconscience de ce couple...
Film de culte - (...) le long métrage fait également preuve d'une grande maîtrise formelle, un puissant travail visuel dû notamment au directeur de la photographie Mikhail Krichman, collaborateur habituel du cinéaste.
Arte - "Faute d’amouré est un film admirable et terrible qui vient nous rappeler l’intelligence et l’absolue maîtrise de Zviaguintsev, dont la direction d’acteurs et la mise en scène sont impressionnantes...