nos années folles - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > nos années folles

nos années folles

France - 2017 - 1h43
sorti en France le 13 septembre 2017
film - film francophone
de

André Téchiné

scénario : André Téchiné, Cédric Anger
d'après l'oeuvre de : Fabrice Virgili, Danièle Voldman
direction de la photographie : Julien Hirsch
musique ou chansons : Alexis Rault
avec : Pierre Deladonchamps (Paul Grappe / Suzanne), Céline Sallette (Louise Grappe), Grégoire Leprince-Ringuet (Charles de Lauzin), Michel Fau (Samuel), Virginie Pradal (la grand-mère), Mama Prassinos (Valentine), Axelle Equinet (Rachel), Peter Bonke (Ludwik), Willy Gauzin (passant armistice), Clotilde Le Roy (Arlette), Nicolas de Lavergne (le médecin), Jonathan Louis (un homme dans un cabaret)
séances : semaine du mercredi 23 août 2017
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
19:00*
séance spéciale :
* sam 26 à 19h00 (espace Franquin) - festival du film francophone 2017 - section les Flamboyants
séances : semaine du mercredi 13 septembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
14:00
16:15
18:30
20:30
18:30
20:30
18:45
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:45
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:45
18:30
20:45
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 septembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
16:30
18:30
21:00
20:30
18:30
21:00
14:30
16:30
18:45
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:45
18:30
21:00
18:30
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 27 septembre 2017
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
16:30
21:00
14:30

synopsis

La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des "années folles", il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul…

notes de production

La véritable histoire de Paul Grappe (1) a donné lieu à un essai des historiens Danièle Voldman et Fabrice Virgili, La Garçonne et l’assassin (2), et à une bande dessinée de Chloé Cruchaudet, Mauvais genre (3).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Grappe
(2) http://www.payot-rivages.net/livre_La-garconne-et-l-assassin--Fabrice-Virgili_ean13_9782228906500.html
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mauvais_Genre_(bande_dessin%C3%A9e)

C’est la folie de cette histoire et son caractère baroque qui a donné envie à André Téchiné de l’adapter sur grand écran. Le metteur en scène voit ainsi Nos années folles non pas comme un biopic sur Paul Grappe (1), mais comme un biopic sur le couple qu’il forme avec Louise et qui va donner naissance à un enfant en la personne de Suzanne : c’était un récit d’une telle folie qu’il fallait inclure le mot "fou" dans le titre. Et en plus ça reposait sur des faits avérés. C’est tout à fait excitant pour un projet de cinéma. Après, c’est dans le travail avec Cédric Anger que j’ai essayé de dégager les lignes qui me paraissaient les plus intéressantes à partir de cette matière documentaire. Principalement, la création et la naissance de Suzanne, à partir du personnage de Paul le déserteur, qui se réfugie chez sa femme, Louise. La fabrication de Suzanne, ça va entièrement transformer leur existence et leur relation conjugale. Et là ce sont les chemins d’une aventure tout à fait inédite que ce couple va emprunter. Ils vont marcher vers l’inconnu.

André Téchiné voulait dès le départ éviter la reconstitution, pour des raisons de coût mais aussi parce qu’il ne voulait pas faire un film d’époque. Le cinéaste souhaitait davantage se centrer sur les sentiments des personnages.

Très tôt, André Téchiné a fait des essais perruque et maquillage avec Pierre Deladonchamps. Le réalisateur se souvient : j’avais besoin de mettre à l’épreuve ces effets de mascarade qui faisaient vraiment partie du sujet. On a fait plusieurs séances, des essais de maquillage, et de perruque. J’ai résolu ça au fur et à mesure de la préparation, en me rendant compte que finalement il fallait confronter le personnage de Paul Grappe à tous ces essayages. Dans le film, on montre tout ce processus, on assiste à des transformations successives, à des corrections, des erreurs, à des choses qui ne marchent pas. A partir du moment où je rendais visible tout ce parcours ça devenait crédible, intéressant, vivant. Je tenais aussi beaucoup à ce qu’il y ait des scènes sans perruque, où la féminité n’est pas liée à cette prothèse.

En ce qui concerne les choix esthétiques, André Téchiné a, en compagnie de son directeur de la photographie Julien Hirsch, cherché à éviter le noir et blanc nostalgique. Le metteur en scène explique : dans les films d’époque, on a tendance à éliminer les couleurs, alors qu’au contraire c’était une époque où les couleurs étaient éblouissantes. Je pensais à Vuillard (4), à Bonnard (5), aux Nabis (6). Ce travail sur les couleurs aussi bien dans les costumes que dans les décors a été mon idée fixe. Je voulais qu’elles soient le plus éclatantes possibles, même quand elles étaient noires comme dans la scène des tranchées. Je ne voulais surtout pas de la grisaille, et pas d’une lumière qui égalise les couleurs. Au contraire je tenais à dégager les lueurs et les ombres. Pas de lumière blanche qui dévitalise tout ce qu’elle éclaire.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Vuillard
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bonnard
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabi_(peinture)

Dans le film, la musique provient soit du spectacle de cabaret, soit des circonstances d’une scène et il n’y a jamais aucune musique de film. André Téchiné a voulu éviter les musiques d’accompagnement qui, dans les films, tombent du ciel et soulignent les intentions. Le cinéaste confie : avant le tournage, avec Alexis, on avait déjà mis au point pas mal de musiques, comme celle de la fête chez le comte, ou cette espèce de valse d’automate, qui est liée à la création de Suzanne, et dans la dernière partie, à sa dislocation. Ce sont des musiques de source ou des musiques décalées. Je tenais beaucoup aussi à la présence de chants dans le film. Une chanson populaire "Auprès de ma blonde" (7), l’hymne national "la Marseillaise" (8), mais aussi un lied (9) de Schubert (10) et une mélodie jazzy de Bessie Smith (11). Et puis il y avait aussi les musiques composées pour les parties dansées du cabaret, depuis la marche militaire jusqu’au tango en passant par la valse.
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aupr%C3%A8s_de_ma_blonde
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Marseillaise
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lied
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Schubert
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bessie_Smith

André Téchiné voit le personnage de Louise comme une femme éperdument amoureuse qui va tenter de protéger l’homme qu’elle aime en le cachant et le déguisant en femme pour qu’il ne ressemble pas au déserteur recherché : tout cela est très clair dans un premier temps. Et elle va peu à peu être dépassée par le chemin qu’il va prendre. Elle, elle travaille la journée, lui passe ses nuits au Bois (12). Tout à coup c’est une vie complètement nouvelle. Elle essaye de le suivre mais leurs fantasmes ne sont pas compatibles. Ils vont s’éloigner. Alors que lui vit une sorte de bonheur en conciliant ses appétits sexuels d’un côté, et son amour pour elle de l’autre, elle ne trouve pas son compte dans cette alternance, elle peine à le suivre dans ses aventures, et surtout dans la prostitution. Là il y a une forme d’aliénation amoureuse, mais qui va se muer en oppression, parce qu’elle accepte pour lui de faire des choses qui ne correspondent pas à son désir. C’est cette femme opprimée que je voulais montrer jusqu’à son passage à l’acte.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_de_Boulogne

Le film d’André Téchiné, son meilleur depuis des années, avance entre deux influences protectrices. D’un côté, le lyrisme poétique de Jean Renoir (13), avec ces ouvrières au travail dans leur atelier de couture : gestes précis, rires en dépit des privations subies et solidarité sans faille devant les obstacles que leur oppose la vie. On se croirait dans une chanson du Front populaire (14)… De l’autre, l’extravagance superbe de Max Ophüls : la petite scène du cabaret où se produit Paul / Suzanne évoque, en modèle réduit, le cirque de Lola Montès (15). Le meneur de jeu à houppette (Michel Fau) est le reflet grotesque de Peter Ustinov, et le public pose à ceux que l’on contraint de s’exhiber sur scène des questions brutales et impudiques, auxquelles Paul, comme Lola chez Ophüls, ne peut pas répondre...
http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2017/cannes-2017-nos-annees-folles-de-techine-plein-fard-sur-le-destin-tragique-d-un-deserteur,158388.php
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1227
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1632
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lola_Mont%C3%A8s_(film)

(...) Ce que réussit Téchiné, c’est, par un travail splendide sur les décors et les vêtements (digne de Max Ophuls) (15), à nous faire sentir la séduction (radicale) qu’exerce sur Paul le rôle de Suzanne et la recherche de beauté qu’implique sa nouvelle apparence de femme, même au prix d’expériences sordides. Dorénavant, il se cherche, tel un fantôme, comme Le Gilles d’Hôtel des Amériques (16). Et cela à vitesse soutenue, comme dans le brûlant Rendez-vous (17), où Téchiné s’intéressait chez chaque personnage à sa vitesse intérieure, qui le portait vers son destin. En tout cas, même pas assez décadent, Téchiné a ici retrouvé une certaine intensité.
Paul Fabreuil in Fiches du cinéma n° 2113 (septembre 2017)
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_des_Am%C3%A9riques
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rendez-vous_(film,_1985)

André Téchiné
voir fiche du film Quand on a 17 ans
http://www.citebd.org/spip.php?film1653

Cédric Anger
voir fiche du film La Prochaine fois, je viserai le cœur
http://www.citebd.org/spip.php?film1302

Fabrice Virgili
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Virgili

Danièle Voldman
https://histoire-sociale.univ-paris1.fr/spip.php?article46

Julien Hirsch
voir fiche du film Tout de suite maintenant
http://www.citebd.org/spip.php?film1711

Alexis Rault
Né à Nantes le 12 août 1981.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_Rault

Pierre Deladonchamps
voir fiche du film L’Inconnu du lac
http://www.citebd.org/spip.php?film1186

Céline Sallette
voir fiche du film Corporate
http://www.citebd.org/spip.php?film1889

Grégoire Leprince-Ringuet
voir fiche du film La Forêt de quinconces
http://www.citebd.org/spip.php?film1728

Michel Fau
voir fiche du film Les Malheurs de Sophie
http://www.citebd.org/spip.php?film1838

Virginie Pradal
Née le 2 juillet 1942.
http://www.imdb.com/name/nm0694947/

Mama Prassinos
voir fiche du film Quand on a 17 ans
http://www.citebd.org/spip.php?film1653

Peter Bonke
voir fiche du film Suite armoricaine
http://www.citebd.org/spip.php?film1671

Willy Gauzin
http://www.imdb.com/name/nm3282034/

Nicolas de Lavergne
http://www.imdb.com/name/nm7352209/

Jonathan Louis
http://www.imdb.com/name/nm5338435/

extrait(s) de presse

Télérama - Tous les héros de Téchiné se métamorphosent, à leurs risques et périls. Pour le meilleur ou pour le pire. C’est leur transformation - telle une mue - qui le fascine. Nous aussi, grâce à lui.
Rétro - L'aspect reconstitution du film est remarquable, on n'est guère loin de Jean Renoir...
Pop and films - (...) le film est ambivalent, double, entre classicisme et folie, intensité dramatique et comédie...
Cineuropa - "Nos années folles" est un film fougueux, entier et assez moderne sur deux personnages historiques étonnants, incarnés avec énergie et abandon par deux acteurs parfaits dans leurs rôles...