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le redoutable

France - 2017 - 1h42
sorti en France le 13 septembre 2017
compétition officielle Cannes 2017 - section "Les Flamboyants" festival du film francophone Angoulême 2017
film - film francophone
de

Michel Hazanavicius

scénario : Michel Hazanavicius
d'après l'oeuvre de : Anne Wiazemsky
direction de la photographie : Guillaume Schiffman
avec : Louis Garrel (Jean-Luc Godard), Stacy Martin (Anne Wiazemsky), Bérénice Béjo (Michèle Rosier), Micha Lescot (Bambam), Grégory Gadebois (Cournot), Jean-Pierre Gorin (Félix Kysyl), Jean-Pierre Mocky, Tanya Lopert, Eric Marcel (le conférencier), Marc Brun-Adryan (le journaliste), Emmanuele Aita (Marco Ferreri), Lola Ingrid Le Roch (une technicienne), Eva Chico (un étudiant protestataire), Zina Esepciuc (une protestataire)
séances : semaine du mercredi 23 août 2017
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
19:00*
séance spéciale :
* jeu 24 à 19h00 (espace Franquin)

synopsis

À Paris, en 1967. Le célèbre réalisateur Jean-Luc Godard tourne son film "La Chinoise". La tête d'affiche n'est autre que la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 17 ans sa cadette. Ils se sont rencontrés peu de temps avant, sur le tournage du film "Au hasard Balthazar" de Robert Bresson en 1966. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. À sa sortie, "La Chinoise" reçoit un accueil assez négatif et cela déclenche chez Jean-Luc une profonde remise en question. À cela vont s'ajouter les évènements de Mai 68. Cette crise que traverse le cinéaste va profondément le transformer. Il va passer d'un statut de réalisateur « star » à celui d'un artiste maoïste hors du système autant incompris qu'incompréhensible...

notes de production

Le premier titre du film, Le Grand homme, est l’adaptation du livre Un an après (1) d’Anne Wiazemsky, paru en 2015. Michel Hazanavicius est tombé par hasard sur ce bouquin dans une gare alors qu’il cherchait quelque chose à lire pour son trajet en train.
(1) http://www.telerama.fr/livres/un-an-apres,121466.php

Le Redoutable comporte quelques éléments tirés d’"Une année studieuse" (2), mais l’essentiel vient d’"Un an après". Quand je l’ai contactée par téléphone, Anne Wiazemsky avait déjà refusé plusieurs offres d’adaptation. Elle ne tenait pas à ce que ce livre devienne un film. Je me souviens que, juste avant de raccrocher, je lui ai dit que je trouvais cela d’autant plus dommage que le livre m’avait paru très drôle. Elle a tout de suite réagi en disant qu’elle aussi trouvait cela très drôle, mais que jusqu’à présent personne ne lui en avait fait la remarque. C’est ainsi que tout a commencé , confie le réalisateur.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_ann%C3%A9e_studieuse

Le titre du film fait référence à un extrait du film où Godard est impressionné par le sous-marin nucléaire du même nom (3). Suite à l’inauguration très médiatisée de ce sous-marin, Godard aurait lancé Ainsi va la vie à bord du Redoutable.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Redoutable_(S611)
Elle pouvait prêter à malentendu. En revanche le côté "belmondesque" du Redoutable me plaisait : on peut penser au Marginal (4), à L’Incorrigible (5), au Magnifique (6)… Et j’aime aussi que le mot puisse s’entendre de façon à la fois positive et négative : dire de quelqu’un qu’il est redoutable, cela peut être aussi bien un compliment qu’un reproche. Enfin j’aimais l’idée d’utiliser le gimmick "Ainsi va la vie au bord du Redoutable", et même de finir le film avec lui. Cela donne une petite touche ironique que j’aime bien, explique le metteur en scène.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Marginal
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Incorrigible
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Magnifique_(film,_1973)

Le Redoutable revient sur la période de la sortie du film La Chinoise (7) de Godard, film qui a connu un échec cuisant. En effet, le public a été déconcerté par ce film jugé trop sérieux de la part du cinéaste ; les gens souhaitaient en effet le voir revenir vers des longs-métrages plus drôles comme ceux avec Belmondo (8).
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chinoise
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_bout_de_souffle
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierrot_le_fou

Michel Hazanavicius tenait à mettre en scène les événements de Mai 68 (9) à travers l’histoire de Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky : Mai 68 a peu été représenté par le cinéma français. J’avais envie d’y remettre un souffle, des couleurs, de l’élan, de la joie. C’était important car ces images montrent pour moi le respect au premier degré de cet esprit de Mai 68. Le film est parfois irrévérencieux, voire moqueur avec Godard, et je ne voulais pas maltraiter Mai 68. Je trouvais qu’il y avait là un danger de procès anachronique, ou d’ironie déplacée vis à vis de toute une époque. Respecter cette énergie, mettre en scène les foules, cette jeunesse, ses visages, ces slogans, me semblait être la plus grande marque de respect que je pouvais montrer à l’égard de Mai 68. C’est aussi un moyen de mettre un point fixe, au premier degré, autour duquel le personnage de Godard peut se décaler, permettant ainsi de la comédie, analyse le réalisateur.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68

Michel Hazanavicius ne souhaitait pas mettre en scène un biopic conventionnel avec Le Redoutable ; ainsi, il ne montre pas le cinéaste au travail par exemple. Il explique : d’abord parce que ce n’est pas un film "sur Godard", c’est une histoire d’amour. Il ne s’agissait pas de faire une thèse sur Godard, ni même un biopic. Et puis il y a autre chose. Un réalisateur n’est pas un sauteur à perche, il n’y a pas un moment où, soudain, tout se cristallise pour donner lieu à un exploit. Il n’y a pas de performance. C’est un long travail, laborieux… Et puis, si j’avais filmé Godard au travail, il aurait fallu que je l’entoure d’acteurs présentant une vague ressemblance avec les originaux, Jean-Pierre Léaud (10), Raoul Coutard (11), ou encore Jeanne Moreau (12), François Truffaut (13)… Je ne voulais pas.
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film964
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film916
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film961
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1411

Michel Hazanavicius nous livre sa vision du personnage de Jean-Luc Godard et la manière dont il a voulu le dépeindre dans Le Redoutable : Godard n’est pas un homme gentil, il n’a jamais cherché à l’être. Comment réaliser un film sur un personnage destructeur et paradoxal ? J’aurais pu gommer toutes les aspérités pour en faire une figure entièrement positive et lui ériger une statue, mais j’aurais eu l’impression de le trahir. Dans son parcours, et notamment à cette époque, Godard a pu se montrer dur, sans concession : il fallait montrer cela. Godard a été très violent, il s’est mal comporté publiquement avec de nombreuses personnes… Cela étant, je n’avais aucune envie de le critiquer ou d’instruire a posteriori un procès contre lui. Même pour maoïsme. C’est pourquoi, très tôt, je me souviens avoir noté dans un coin qu’il fallait que je lui laisse, littéralement, le dernier mot. Ce que j’ai fait. Mais c’est vrai que c’était un des enjeux du film, trouver le bon équilibre… Entre l’aspect destructeur du personnage et l’empathie que je voulais qu’on ait pour lui.

Michel Hazanavicius explique le choix d’engager Louis Garrel pour interpréter Jean-Luc Godard : Louis a su amener toute une gamme de nuances pour humaniser le personnage. Mais plus profondément, il porte en lui quelque chose qui le rend crédible dans ce genre d’univers, avec ce genre de problématique, ce vocabulaire. Au-delà de Godard, on peut voir qu’il comprend ce qu’il dit. Il a à la fois un côté élitaire, très pointu, et un potentiel comique énorme, qui convient parfaitement au cinéma populaire que j’aime faire.

Jean-Luc Godard n’a pas du tout été impliqué dans le processus de création du Redoutable. Michel Hazanavicius confie avoir envoyé le scénario au réalisateur et lui avoir écrit une lettre. Godard, fidèle à lui-même, n’a jamais fait de retours sur le script et ne souhaite pas voir le film.

Michel Hazanavicius et Louis Garrel n’avaient pas la même vision de l’interprétation de Jean-Luc Godard. Le metteur en scène revient sur la façon dont il a travaillé avec le comédien pour construire le personnage : Louis pensait à séduire les spectateurs qui adorent Godard, et moi ceux qui ne l’aiment pas ou qui - ils sont beaucoup plus nombreux - n’en pensent rien de particulier. Louis était le garant d’un grand respect pour le vrai Jean-Luc Godard, là où j’avais tendance à le tordre un peu plus pour améliorer mon Jean-Luc de fiction. Pour caricaturer, je dirais qu’il le tirait du côté de la révérence, et moi du côté de l’irrévérence. Mais autant je me suis accaparé Godard, autant Louis a fait de même. Et mon Godard est devenu le sien. Au final, le personnage est un croisement entre le vrai Godard, la vision qu’en a eue Anne Wiazemsky, la mienne, et l’incarnation de Louis.

Michel Hazanavicius a choisi la jeune comédienne Stacy Martin, révélée dans Nymphomaniac (14) de Lars Von Trier, pour camper Anne Wiazemsky, la femme de Godard à l’époque : Bérénice Béjo a joué avec elle dans The Childhood of a leader (15) de Brady Corbet. Elle tournait en Bulgarie, je l’y ai rejointe pour quelques jours, et c’est là que j’ai fait la connaissance de Stacy. Quand j’ai commencé à chercher une jeune actrice, Bérénice m’a soufflé son nom, je l’ai appelée, elle est venue faire des essais et c’était plié. Son choix s’est imposé comme une évidence. Stacy ressemble à une jeune femme des années 1960. Elle est née à Paris, mais elle vit à Londres et a passé une partie de son enfance à l’étranger, elle a une pointe d’accent, et son phrasé possède quelque chose d’intemporel qui me plaît beaucoup. Il y a dans son visage une beauté tragique, un peu distante, qui permet au spectateur de se raconter plein d’histoires. D’y greffer plein de sentiments, plein de nuances. Elle a un visage de films muets, un peu à la Garbo (16), confie le cinéaste.
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1195
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Enfance_d%27un_chef_(film)
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Greta_Garbo

Michel Hazanavicius
Né à Paris le 29 mars 1967.
Oscar du meilleur réalisateur pour The Artist, devient le second réalisateur français, après Roman Polanski, à gagner cette récompense...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Hazanavicius

Anne Wiazemsky
Née le 14 mai 1947 à Berlin.
Elle est l’une des signataires du manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Wiazemsky

Guillaume Schiffman
voir fiche du film Une Histoire banale
http://www.citebd.org/spip.php?film1230

Louis Garrel
voir fiche du film Les Fantômes d’ismaël
http://www.citebd.org/spip.php?film1894

Stacy Martin
voir fiche du film High-rise
http://www.citebd.org/spip.php?film1708

Bérénice Béjo
voir fiche du film Fais de beaux rêves
http://www.citebd.org/spip.php?film1763

Micha Lescot
voir fiche du film Demain et tous les autres jours
http://www.citebd.org/spip.php?film1932

Grégory Gadebois
voir fiche du film Au plus près du soleil
http://www.citebd.org/spip.php?film1527

Jean-Pierre Gorin
Né le 17 avril 1943 à Paris.
Connu pour son travail avec Jean-Luc Godard au sein du groupe Dziga Vertov...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Gorin

Jean-Pierre Mocky
voir fiche du film Les Compagnons de la pomponnette
http://www.citebd.org/spip.php?film1776

Tanya Lopert
voir fiche du film L’Indomptée
http://www.citebd.org/spip.php?film1755

Eric Marcel
http://www.imdb.com/name/nm3192937/

Marc Brun-Adryan
http://www.imdb.com/name/nm2180640/

Emmanuele Aita
http://www.imdb.com/name/nm7777154/

Lola Ingrid Le Roch
http://www.imdb.com/name/nm8503957/

Eva Chico
http://www.imdb.com/name/nm7283109/

Zina Esepciuc
http://www.imdb.com/name/nm6976452/

extrait(s) de presse

Télérama - "Le Redoutable" est un détournement fantaisiste et attendri de la figure d’un magnifique, mais incorrigible obsessionnel de sa propre révolution permanente...
Les Inrocks - Comme dans "The Artist", Hazanavicius ciselle un créateur en pleine crise artistique car confronté à une importante mutation historique...
Le Monde - (...) le film s’attaque, se moque de, pastiche, caricature et réimagine Jean-Luc Godard, sujet et objet avec lequel d’habitude, en pays cinéphile, on ne rigole pas...
Paris match - Comédie pop réjouissante, "Le Redoutable" est aussi l'affirmation d'un grand talent comique, celui de Louis Garrel, parfait dans un rôle pourtant totalement casse-gueule...
Vanity fair - Avec "Le Redoutable", en compétition officielle, il ne signe pas un biopic mais un film méta dans lequel il pastiche les effets de celui qu’il entend raconter...
La Tribune de Genève - La surprise du "Redoutable", c’est l’humour. Louis Garrel campe un Godard vraisemblable et comique, aux saillies redoutables, créant un personnage chargé et rarement tendre...